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Le PCF menacé de perdre son dernier député dans son bastion du Val-de-Marne

samedi 26 mai 2007

Le PCF, laminé au premier tour de la présidentielle dans son bastion historique du Val-de-Marne, y est menacé de perdre son dernier représentant à l’Assemblée, élu dans la 10e circonscription, où son candidat doit faire face à une alliance MRC-PS.

"Cet accord, c’est une volonté de prendre la circonscription", dénonce Pierre Gosnat, maire d’Ivry-sur-Seine, investi pour conserver au PCF ce fief communiste, où Ségolène Royal a obtenu 62,41% des voix le 6 mai.

Dans le cadre d’accords nationaux PS-MRC, la circonscription, briguée par 16 candidats, a été réservée au MRC. Le maire chevènementiste du Kremlin-Bicêtre, Jean-Luc Laurent, vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, s’y présente donc avec le soutien du PS, sa suppléante étant Michèle Moranchel, maire-adjointe (PS) d’Ivry-sur-Seine.

Candidate pour son parti en 2002, celle-ci s’était désistée au second tour en faveur du député PCF sortant, Jean-Claude Lefort, qui ne se représente pas. "Si Jean-Luc Laurent présentait une candidature individuelle, il n’existerait même pas", souligne M. Gosnat, en référence aux 4,34% obtenus par son adversaire en 2002 sous l’étiquette Pôle républicain, tout en affirmant que son "premier objectif est de battre la droite".

"Il n’y a pas de député sortant (en lice), la situation est clairement nouvelle", rétorque M. Laurent pour qui "tous les candidats sont a priori sur un pied d’égalité". Ce proche de Jean-Pierre Chevènement renvoie aussi le PCF, qui a fait "un autre choix" pour la présidentielle, à ses "responsabilités".

Il se défend toutefois de vouloir "tuer" le PCF : "notre combat est à droite".

Vote utile ou non, dans cette circonscription, qui recouvre tout ou partie de trois villes communistes, outre celle du Kremlin-Bicêtre, les électeurs ont placé Ségolène Royal en tête dès le premier tour, avec 35,73% des suffrages. A 6,61%, Marie-George Buffet y pointait en cinquième position, loin des 11,59% obtenus par Robert Hue en 2002.

M. Gosnat ne s’avoue pas pour autant vaincu. D’abord parce que cette "manoeuvre est assez mal vue, y compris par les militants socialistes", dont certains lui ont "apporté leur soutien", dit-il. Il rappelle aussi que "les députés PS auront besoin des voix communistes" pour être réélus.

"On assiste à une guerre des maires. L’enjeu est de savoir lequel des deux sera en tête" le 10 juin, observe le candidat UMP Philippe Bachschmidt, qui "doute" de la présence de M. Gosnat au second tour. Même à Ivry-sur-Seine, où Marie-George Buffet a réalisé son deuxième meilleur score dans le département (8,78%), Ségolène Royal a fait "quatre fois plus", souligne-t-il.

L’érosion du vote communiste au profit du PS a aussi bénéficié à la droite. "Il y a 10 ans, nous étions marginaux. Aujourd’hui, nous sommes une force incontournable", se félicite M. Bachschmidt.

Pour Christian Favier, président (PCF) du conseil général, le Val-de-Marne, terre d’élection de Georges Marchais et un des deux derniers départements à être dirigé par les communistes (avec la Seine-Saint-Denis), a montré, en votant à gauche à la présidentielle, qu’il restait "terre de résistance". "L’échec" de Mme Buffet - 3,05%, derrière Olivier Besancenot (3,51%) - n’y est pas "significatif du rapport de force", assure-t-il.

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