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Les attaques contre Freud de la part d’ONFRAY et d’autres

samedi 17 avril 2010 - Contacter l'auteur - 11 coms

Pour se permettre de dénoncer Freud et sa pensée de cette manière définitive, on pourrait penser qu’il est nécessaire d’être soi-même un penseur marquant son époque dans un domaine proche de celui où Freund a exercé son génie.

Alors que notre époque troublée interroge les philosophes sur l’avenir de l’humanité, la place de l’homme dans la société, dans l’univers même, la gestion de son pouvoir accru sur son être, …., on ne voit pas en quoi Michel ONFRAY, Philosophe, développe une pensée novatrice et de référence, ouvrant de vastes horizons, précisément ce qui a marqué la réflexion, les analyses et l’œuvre de Freud.

Là n’est pas l’essentiel. Se servir des doutes bien connus de Freud lui-même sur ses propres découvertes, ce qui est propre à beaucoup de grands penseurs et est plutôt une marque d’intelligence, et sur sa pratique thérapeutique, est médiocre et n’est nullement démonstratif.

Quant à l’affirmation péremptoire, « la psychanalyse freudienne ne guérit pas », elle a la fois absurde et dangereuse. Freud a bâti pour une bonne part ses théories et sa pratique sur les échecs et les impasses de méthodes qu’il a lui-même employé, comme l’hypnose. Qui connait la réalité actuelle des hôpitaux psychiatriques et peut imaginer ce qu’ils étaient au temps de Freud, leur côté terrifiant et inhumain, devrait se satisfaire de la moindre amélioration, du moindre répit dans l’évolution des maladies mentales. Et quelle chance y a-t-il d’effacer totalement un traumatisme profond qui génère des troubles mentaux ?

Dangereux, parce que finalement de telles affirmations renvoient aux médicaments. Qui ont leur utilité et leur nécessité. Mais est-ce que des médicaments guérissent entièrement, aujourd’hui, une schizophrénie lourde d’origine traumatique par exemple ?

Freud fait partie intégrante d’une époque bénie pour l’avancée de la pensée humaine vers le modernisme dans des domaines variés, notamment scientifiques. Il appartient aux intellectuels et penseurs actuels d’aller plus loin. Et non pas de démolir et de désacraliser, en attaquant bassement la personne notamment, ceux qui ont jeté les bases d’une meilleure compréhension par l’homme, de lui-même et de son environnement.

JM Berrniolles

Mots clés : Littérature-Philo-Livres / Michel Onfray / Santé - Médecine / Social /

Messages

  • Pour avoir entendu Onfray en parler, sans connaitre l’oeuvre de Freud, il parlait plus du personnage Freud, sans même parler de fond. Il lui reprochait d’avoir copier d’autres, ce qu’il a sans doute fait à son tour puisqu’il n’est pas le premier à déglinguer la psychanalyse et Freud... m’enfin bref.

  • Dialogue : Michel Onfray / Jacques Alain Miller

    http://philosophies.tv/spip.php?article221

    Le début est très soft. Miller parle peu de Freud et plus de Lacan. Onfray essaie de parler de Freud avec difficulté car Miller répond par Lacan.

    Et puis vers la fin de la vidéo 1iere partie c’est le clash entre Miller et Onfray à propos de « l’attention flottante » lors d’une psychanalyse où le psy pourrait aller jusqu’à s’endormir.
    Là-dessus Miller fait une colère noire en parlant « d’attention égale » lors de d’une séance de psychanalyse. Il y a un problème de traduction française dit Miller.

    Je pense que sur ce point je donne raison à Miller d’après mes maigres connaissances, tout doit être écouté avec une égale importance même les propos insignifiants et surtout eux (lapsus révélateur !).

    Après sur la psychanalyse, est-ce une science ? Ils semblent dire ensemble non. Onfray met la psychanalyse en rapport avec le chamanisme (ou l’effet placebo) pour guérir il faut y croire.

    Sur l’efficacité thérapeutique, il faut voir, le débat Onfray-Miller à peine amorcer n’apporte pas de réponse.

    Pour ma part s’il y a efficacité thérapeutique au-delà de l’effet placébo il y a un noyau rationnel dans la psychanalyse donc une amorce de quelque d’ordre "scientifique" (observations, modèles, activités efficientes sur le réel, le psychisme).

  • en tout cas les africains n’ont pas besoin de psychanalyse ! CQFD

  • D’abord, il est évident que Freud a utilisé, comme tout penseur, tout scientifique, même comme tout écrivain, des connaissances et pratiques antérieures.

    Les Grecs connaissaient le subconscient et l’hypnose pratiquée notamment par le Docteur autrichien Bauer qui a inspiré Freud, n’est pas autre chose qu’une tentative de dialoguer avec le subconscient du patient.

    Freud a conceptualisé le rôle du subconscient dans la notion de surmoi ... et largement développé la dépendance de l’individu à sa Libido, la relation père-fils ...

    Les psychanalystes qui, entre les différentes écoles, n’ont besoin de personne pour s’étriper n’ont jamais nié son apport et son rôle fondateur pour la psychanalyse.

    C’était un penseur puissant. Ainsi son essai sur Moïse (qui était Moïse ?) et le monothéisme est la meilleure démonstration qui soit, sans que ce fut son propos direct, du fait que les religions sont toujours des inventions de l’homme et qu’elles sont étroitement associées au pouvoir.

    Pour ceux qui doutent des possibilités de la psychanalyse d’aboutir à des résultats, il peut être intéressant de lire un livre d’un journaliste, Claude Roy je crois, à l’origine chroniqueur mondain, qu’une dépression a conduit à suivre une psychanalyse chez Lacan, au 5 rue de Lille. Son livre raconte tout simplement la longue psychanalyse qui l’a sauvé du suicide. Il n’est pas le seul.

    Il y a aussi un aspect important de cette attaque contre Freud. Un certain nombre de philosophes de pacotille sont employés par le système pour orienter les idées et la réflexion des gens. C’est à dire que le système ne se contente plus d’exploiter la force de travail, il veut aussi contrôler les consciences.
    Les attaques contre Freud ne sont pas gratuites, pratiquement cela signifie que l’on passe au stade supérieur. Contraindre à abandonner la tentative de la maîtrise du subconscient, c’est à dire au fait que l’homme renonce ainsi à la possibilité de comprendre sa propre destinée.

    JM Berniolles

    • Bonjour ! Cela fait plaisir de vous lire... Onfray est complètement remonté contre Freud et encore maintenant été 2010 il va de sa hargne !!! on se demande ce qu’il a à être si agressif, encore et toujours énervé, à vouloir prouver que Tonton Freud était un arnaqueur de A à Z et cela avec des arguments complètement ridicules !!! Alors que Freud s’interroge sur son efficacité dans une lettre, Onfray l’utilise pour dire "vous voyez, il reconnait que son invention ne marche pas !". Enfin... c’est idiot, stupide,...C’est complètement normal de douter d’in truc nouveau, expérimental...et même quand on est expérimenté, le doute c’est une bonne chose...!!!

      Comme le dit quelqu’un, on se dit, "il n’a jamais fait de thérapie celui-là" qui se permet de critiquer à n’en plus finir.

      Quelle arrogance, alors !

      Moi aussi, j’ai fait plusieurs "tranches" de thérapies et cela m’a fait bcp de bien !!!
      Ce n’était pas de la psychanalyse sur laquelle j’ai aussi un regard critique, mais je la reconnais comme fondatrice ! C’est d’elle qu’ont pu venir d’autres courants !

      Onfray me déçoit complètement et ce qui m’affole c’est d’entendre tous ces gens qui l’applaudissent !
      Ces gens qui n’ont probablement pas fait de thérapie non plus et sont (momentanément) rassurés de savoir qu’ils ont bien faits...

      Mais que propose Onfray ?

      Rien. Rien du tout. Il démolit gaiement. Il gagne sa vie avec ça, au moins en partie. Comme Freud qu’il critique pour ça. Et il ne propose strictement rien.

      Alors oui, je trouve aussi qu’il n’aide pas du tout les gens, sauf à leur dire, surtout ne faites rien, ne "travaillez" pas sur vous même, ne vous interrogez pas, ne tentez pas de vous épanouir.... restez des gros cons sans nuances qui écoutez des imbéciles comme moi...des réducteurs de pensée comme moi...

      C’est lamentable... quel culot !
      Enfin, je vois que bcp de gens ne le suivent pas du tout, dieu merci !!!

      Bonne soirée à tous.

      Katia

  • << Dangereux, parce que finalement de telles affirmations renvoient aux médicaments. >>

    Ah bon ???

    Le but de ce nouveau faux ’débat’, prononcez concours de bruit, est donc de faire croire au peuple qu’il n’existe que la psychanalyse comme alternative aux médicaments.

    Pour que le peuple ne voie pas ce qui existe non pas << plus loin >>, mais simplement ailleurs et certainement beaucoup plus près.

  • L’intérêt de la méthode freudienne réside dans l’investigation psychique au moyen des "associations libres". Il a reconnu le rôle de l’inconscient du sujet œdipien.Cependant il a méconnu l’Inconscient qui est en amont de la vie affective pulsionnelle et qui englobe la totalité de l’Être.

  • Il fut un temps où les officiels de la médecine pensaient que le sang ne circulait pas ! Il fut un temps où la pensée tournait autour d’une âme et de Dieux ! il fut un temps où des êtres humains ont bousculé ces certitudes ! Freud en a fait partie ! Onfray a-t-il fait au minimum une psycho thérapie ? Moi oui ! et avec une méthode freudienne basée sur les rêves ! et cela a été une réussite complète ! cela m’a confirmé qu’une bonne stratégie se vérifie par le lien entre les théories et les pratiques !

  • Je me permets de rappeler mon livre que le philosophe Onfray s’est bien gardé de critiquer :
    Le Régaleux, Introduction à la Gastroanalyse ; Editions Aleas, Lyon.
    Voici le quatrième de couverture :

    Le narrateur, qui recherche un équilibre alimentaire (et donc pondéral) improbable, s’engage dans diverses thérapies, dont une psychanalyse freudienne.
    Confronté à l’échec de ces diverses tentatives, et persuadé qu’il a un problème d’oralido, il décide de se lancer dans une auto-analyse d’un type nouveau, une gastroanalyse. Il y a un siècle, le regretté Sigmund Freud présentait sa découverte dans une Introduction à la Psychanalyse qui devait faire date. La présente Introduction à la Gastroanalyse aura t-elle le même retentissement ? Attendons moins d’un siècle, s’il se peut.
    Dans l’immédiat on appréciera les trois mutations importantes que propose la nouvelle analyse. La première est un changement de cadre : la cure ne se déroule plus dans le cabinet d’un psychanalyste mais dans une salle de restaurant. La deuxième est le changement du thème qui sera au centre du travail de l’analysant : ce sera la nutrition plutôt que le sexe. La dernière mutation, plus inattendue, amène l’analysant à la position assise, selon un mouvement inverse de celui inauguré par Freud.
    Avoir couché le patient est considéré par les exégètes comme un pas méthodologique essentiel dans la démarche de Freud. Ici on propose de "dé-coucher" l’analysant. Alors, retour à l’Avant-Freud ? Il y aura débat. Le lecteur partagera avec le narrateur les soucis d’un laborieux tête à tête avec l’assiette blanche dans laquelle il faut associer librement les aliments et ne rien mettre de coté. On a reproché à Freud d’avoir centré son propos sur les préoccupations sexuelles de la société viennoise de la fin du 19e.
    De même certains regrettent que, dans le présent ouvrage, l’attention soit par trop portée sur les préoccupations alimentaires de la société lyonnaise (et française aussi bien). On sait que les praticiens de l’analyse actuellement dominante se désintéressent des pulsions alimentaires. Devons nous accepter cette frilosité ? C’est ce défi là que la Gastroanalyse entend relever.

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