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Les communistes et le gouvernement : "de facto nous sommes dans la majorité" !

jeudi 21 juin 2012 , par Antoine (Montpellier) - Contacter l'auteur - 10 coms

« C’est dur à encaisser... » À Paris, le candidat communiste Ian Brossat a fait bonne figure dans le XVIIIe arrondissement, avec plus de 13 % au premier tour des législatives. Mais ailleurs, le PCF a subi une semi-débâcle, perdant près de la moitié de ses sièges, dont cinq dans ses bastions d’Île-de-France. Avec un paradoxe qui laisse les dirigeants du siège de la place du Colonel-Fabien dans une insondable perplexité : malgré sa progression en voix par rapport à 2007, le parti communiste perd encore et toujours un nombre important d’élus. Si bien que le deal implicite passé avec Jean-Luc Mélenchon, à travers le Front de gauche, “À toi la présidentielle, à nous les législatives”, s’est avéré incapable d’endiguer le déclin entamé depuis trente ans déjà. [...]

Pour autant, ce reflux électoral après une présidentielle pleine de promesses ne remet pas en cause la poursuite de la stratégie de Front de gauche. Le conseil national du PCF a voté ce mercredi à une écrasante majorité (4 voix contre, 16 abstentions, sur près de 500 membres) de ne pas participer au gouvernement de Jean-Marc Ayrault. [...]

Cette fois, avance aussi Ian Brossat, responsable des questions de sécurité au PCF, « il suffisait de présenter une chèvre avec le poing et la rose pour être élu, surtout à Paris et dans la région parisienne où les gens se positionnent surtout par rapport à des éléments nationaux ». [...]

[Les communistes] estiment que la ligne “ni majorité ni opposition” leur a coûté des voix aux législatives. « C’était difficilement lisible », plaide Brossat. Parce qu’il pense avoir contribué à la victoire de la gauche, le PCF se veut dans la majorité. « On ne va pas passer notre temps à dégoupiller des grenades pour les jeter sous les jambes des ministres, promet André Chassaigne, futur président du groupe que le Front de gauche va former avec cinq élus ultramarins. On se considère davantage comme dans le cadre d’une majorité de gauche, voire d’une forme de solidarité parlementaire".

C’est d’autant plus probable que les communistes ont un rôle pivot au Sénat où le PS ne dispose pas de la majorité absolue. « De facto nous sommes dans la majorité, explique la sénatrice Assassi. Nous continuerons à faire ce que nous avons fait depuis le passage à gauche du Sénat. Ce n’est pas le ni-ni. Sinon, on serait avec la droite ou pire le FN ! » Rien à voir, donc, avec la ligne Mélenchon. Or, dans les deux assemblées, l’ancien candidat a peu de prise sur ses camarades communistes : au parlement, un député (sur 10) est membre du Parti de gauche, au Sénat, aucun.

[c’est moi Antoine (Montpellier) qui souligne]

Tiré de Front de gauche : les communistes en pleine analyse (article de Mediapart réservé aux abonnés)

Commentaire

Le mot clé de ce positionnement post-électoral du PCF est "de facto" : "de facto nous sommes dans la majorité".

Les anticapitalistes qui attendaient, en croisant nerveusement les doigts, que le PCF manifeste son refus d’aller au gouvernement pour justifier leur ralliement au Front de gauche se trouvent confrontés à l’habileté rhétorico-politique de toujours d’un parti sur le déclin, malgré une "dynamique" mélenchonienne décidément bien fragile car foncièrement électoraliste, d’un parti obstinément accroché ..."de facto" à une alliance avec le PS qui reste sa bouée de sauvetage politique. Ledit parti peut bien ironiser sur la "chèvre avec le poing et la rose [qu’il suffisait de présenter aux législatives] pour être élu", il maîtrise, lui, parfaitement l’art de ménager la chèvre radicale et le chou socialiste : prenant la Bastille, le temps de la présidentielle, avec le trublion stigmatiseur du "capitaine de pédalo" social-libéral mais se pliant, après les catastrophiques législatives, à la solidarité avec celui-ci pratiquée docilement déjà dans les régions, les municipalités, au Sénat et, désormais réaffirmée, au Parlement... Au fond rien de nouveau sous le soleil d’un réformisme toujours aussi plat malgré les virevoltes citoyennes par temps électoral ; rien de nouveau sauf l’utilisation justement de cet épouvantail de la radicalité du Front de gauche pour tenir, mieux qu’avant, deux fers contradictoires au feu. Il restera pourtant à vérifier ce qu’il adviendra de ce double jeu, de cette véritable duplicité, face à un mouvement social que rendra nécessaire la politique nécessairement austéritaire que Hollande et Ayrault ont maintenue dans les tuyaux le temps des élections législatives.

Face à de tels biais politiciens qui jouent impunément avec les espoirs suscités durant la présidentielle, il convient que l’anticapitalisme conserve son indépendance vis-à-vis du Front de gauche sans renoncer à une démarche unitaire vis-à-vis de lui, démarche dont cependant tout le monde comprend (devrait comprendre) pourquoi...de facto il ne veut pas et pourquoi il ne sert à rien de s’obnubiler à la susciter ! Ainsi va la nave des appareils, au logiciel décidément sans surprise, d’une gauche à la gauche du PS qui n’arrive pas à s’émanciper de lui pour être vraiment la gauche, celle qui défend, quoi qu’il en coûte, sans ambiguïté, avant, pendant et après les élections, les intérêts des salariés et des plus pauvres ! Comme a fait et fera, contre vents et marées, le NPA.

Antoine (Montpellier)

Les communistes et le gouvernement : "de facto nous sommes dans la majorité" !

http://npaherault.blogspot.fr/

Mots clés : Législatives 2012 / Partis politiques /

Messages

  • Il serait peut-être temps que les dirigeants du PCF se rendent compte que leurs alliances avec les réformistes leur sont léthales.

    • Ils le savent, car ils ont vu les autres PC disparaitre.

      A la direction, il ne font que chercher à faire durer un peu les sinécures.

      A la base, c’est très différent : des milliers de militants, dans la crise d’effondrement en cours, comprennent et surtout vont comprendre qu’on s’approche de l’alternative socialisme ou barbarie. Et que pour en sortir, il faut un parti révo, qu’on l’appelle comme on veut.

      La bonne nouvelle, c’est qu’ils sont pas seuls...
      Des milliers pensent la même chose dans le NPA...débarassé enfin des saboteurs réformistes.
      Autant dans LO, sans parler des libertaires.
      Il est temps d’unifier la résistance contre la barbarie, pour le socialisme !

    • Je pense au contraire qu’elle LEUR sont salutaires : trop peur de se faire virer et de devoir se par les Communistes retrouver au boulot ou à la rue, ils assurent leurs arrières, comme Hue l’a fait dès l’époque du gouvernement Jospin (ce qui lui a même permis de partir avec la caisse créer la Fondation Gabriel Peri.

    • "DIFFICILE,TRES DIFFICILE d’expliquer que les communistes n’iront pas au gouvernement et conservent toute liberté de vote au Parlement."

      Ils peuvent même se payer le luxe de ne pas voter les budgets, et même l’investiture du gouvernement, puisque le PS n’aura pas besoin de leurs voix !
      Mais je lis qu’ils ont l’intention de voter pour le candidat socialiste au perchoir, afin de montrer qu’ils font bien partie de la majorité de gauche ou présidentielle.

      Avec un pieds dans la majorité et l’autre dans les appareils syndicaux (ce qui leur permettra de s’appuyer sur l"intervention populaire", comme ils l’ont si bien fait pendant l’automne social de 2010 sur les retraites, en l’envoyant dans le mur !), le front de gauche espère pouvoir les utiliser dans le seul but de tirer la majorité présidentielle et parlementaire vers la gauche. C’est ce qui fonde ’’état d’esprit du front de gauche" a rappelé Pierre Laurent dans son rapport au conseil national du PCF mardi.

    • Des milliers pensent la même chose dans le NPA...débarassé enfin des saboteurs réformistes.

      Des saboteurs réformistes ? En t’exprimant souvent sur ce mode, je pense que tu fais un sacré tort au NPA. Je me demande ce que tu cherches, au fond...

      Chico

    • Je ne cherche rien. Je constate :
      - le courant réformiste, entièrement rallié à Mélenchon et au PC aujourd’hui , a bien existé dans le NPA, même si celui-ci va enfin respirer.
      - saboteurs : de Picquet aux dirigeants de la GA, ils ont toujours tenté de saboter la construction du NPA, y compris "par tous les moyens" .
      Voici, après qu’ils aient été mis en minorité à la direction, la déclaration publique, largement diffusée, des dirigeants de la GA réunis à Paris le 12 Février ne peut être plus claire :

      Cela implique de ne pas tenir compte de la décision votée par le dernier CPN ... Nous chercherons à mettre en œuvre cette politique dès maintenant par tous les moyens à notre disposition, dans et en dehors du NPA

      Si on est pas majoritaire, on ignore le vote...et on appelle à agir "par tous les moyens" contre son parti...Les repentis partis vers les partis du système ont toujours agi ainsi.
      Ils ne sont pas pire que d’autres...Ils ont droit à une retraite méritée.

    • saboteurs : de Picquet aux dirigeants de la GA, ils ont toujours tenté de saboter la construction du NPA, y compris "par tous les moyens" .

      Tu mets tous ceux qui ne sont pas sur ta position dans le même sac, c’est primaire et sans nuance. Certains se sont mal comportés, comme Picquet, ça ne te donne pas le droit de cracher sur tous les autres

      Dans ces militants que tu honnis, il y en a qui ont mouillé la chemise pour faire vivre la LCR puis le NPA. C’est minable de les traiter de saboteurs. La plupart n’ont pas rejoint le FdG.

      Et quand bien même ! Certains l’ont fait (je ne parle pas des dirigeants), pensant que c’est par là que passait la route vers une société socialiste. Ils ne se sont pas ralliés aux thèse de Mélenchon ni du PCF, ils pensent pouvoir jouer au grain de sable révolutionnaire au sein de cet attelage. Je pense comme toi que c’est une erreur, pour autant je ne me permets pas d’avoir la bêtise de penser que de ce fait je suis plus révolutionnaire qu’eux.

      Je vais te dire, Luis, pour moi, le "vrai" révolutionnaire (si tant est qu’on puisse parler ainsi) c’est entre autre celui qui sera prêt à risquer sa vie ou à appuyer sur la gâchette pour défendre les pas vers le socialisme. Et ça, ça n’a rien à voir avec celui qui gueule le plus fort en tapant sur son clavier en 2012, ça n’a rien à voir avec les choix tactiques des uns et des autres en 2012. On a même souvent de grandes surprises, dans des situations critiques, c’est pas celui qu’on croyait qui...

      Bref, chaque militant révolutionnaire fait ce qu’il pense le plus efficace, certains se trompent, forcément, ça n’en fait pas des ennemis pour autant. D’autant qu’on ne saura qu’avec le recul qui se trompe.

      Chico

    • Erreur totale d’interprétation.
      Il suffit de lire tranquilement : j’ai parlé de ceux qui avaient quitté le NPA ("NPA débarassé de "), après avoir revendiqué de violer tout principe de démocratie ouvrière (déclaration publique des dirigeants réformistes du 12 février). J’ai plus de 40 ans comme MR et adore les débats.
      Et soujaite bonne retraite à ceux qui y ont droit. C’est OK

  • 3% sous R.Hue et + de 11% avec le FdeG....le choix est bon.
    l’anti-communisme est si bien organisé , ça rapporte gros aux grosses fortunes...
    mais sans eux Sarko serait toujours là...qu’on se le dise ........
    dans la "majorité" d’une gauche non représentée qu’à 28,5 % : 45% d’abstentions....ce n’est pas une grosse victoire pour personne d’ailleurs.
    le mur de l’austérité ...austérité pour qui ? ne se réglera pas par le Ps...pourquoi participer à ce gouvernement...sauf si les citoyens s’en mêlent....mais ils semblent se croiser les bras et laissent faire........pour l’instant.La gauche doit rougir pour réussir...........et les 45%s’y mettre !

  • Je viens de lire un truct à pêine sympa sur les pb du NPA quand je tombe sur cet article pas très méchant sur la PCf. Sauf que le ministère attribué au camarade De Facto n’est pas cité, c’est dommage....

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