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Maroc : la Ligue des Droits de l’Homme en France et la dictature marocaine

jeudi 24 novembre 2011 - Contacter l'auteur

On dirait que la LDH ne sait pas que le régime marocain est un régime dictatorial, tortionnaire et assassin. Le comble, ils invitent pour le 26 et 27 novembre un conseiller du roi, Driss El Yazami, pour parler des droits de l’homme au Maroc alors qu’il y a des organisations très engagées dans ce domaine, leurs militants sont victimes du régime marocain, mais elles ne sont pas invitées par la LDH.

C’est très curieux comme manière de soutenir les prisonniers politiques marocains, et la dénonciation des violations des droits de l’homme au Maroc.

Bien sûr que ce conseiller, payé quelques millions par mois, va dire que le Maroc est en bonne voie pour la démocratie et que les violations des droits de l’Homme sont mineurs ou inexistants et que le roi mène une révolution douce, la propagande que tous les militants sincère connaissent.

Ce conseiller est invité parmi des représentants de pays qui ont connu des révolutions ces derniers mois, on dirait qu’il représente la révolution marocaine, alors que la révolution marocaine est menée en ce moment par le mouvement populaire du 20 février.


La LDH met au même niveau les révolutionnaires et les tortionnaires.

Prière d’appeler ou envoyer un mail à la LDH pour dénoncer cet invitation. Notre objectif et que la LDH soit plus informé sur la situation catastrophique des droits de l’homme au Maroc et qu’elle ne soit pas une caution à la dictature marocaine.

Vive la lutte du peuple Marocain.

Ci joint un communiqué de l’ASDHOM, une association de lutte contre la violation des droits de l’Homme au Maroc. Son siège est à Paris.

Farce ou parti-pris : La LDH choisit un représentant de l’Etat pour être informé sur le printemps marocain !!
Bonjour,
Driss El Yazami
Du Maroc, la LDH a choisi Driss El Yazami, l’actuel président du CNDH et du CCME, pour parler des « soulèvements dans le monde arabe et l’avancée des droits » lors de sa 17ème université d’automne qui aura lieu les 26 et 27 novembre à Paris.
Après Europe Ecologie les Verts, la LDH vient de montrer, à son tour, son parti-pris dans le traitement de l’actualité relative aux atteintes des droits de l’Homme au Maroc. Nous rappelons à la LDH que M. Driss El Yazami n’est pas le mieux placé pour parler du Mouvement du 20 février que connait le Maroc.
Comme l’ont fait des militantEs de cette organisation, l’ASDHOM a adressé à ce sujet une lettre ouverte au président de la LDH (voir pièce jointe) pour lui dire sa désapprobation de ce choix partial et complaisant.
Cordialement,
Ayad Ahram,
ASDHOM


Par Abid EL KHATTABI, pour le Bureau exécutif de l’ASDHOM, Paris, 23/11/2011
A Monsieur Pierre Tartakowsky
Président de la LDH

Monsieur le Président,

La LDH organise sa 17ème université d’automne (les 26 et 27 novembre 2011) sur le thème : « Les soulèvements dans le monde arabe et l’avancée des droits ». Evénement présenté comme « un moment de réflexion sur les mouvements de réforme et de révolution qui se déroulent au Maghreb et au Machrek ». Nous ne doutons pas que les questions soulevées méritent l’analyse et la confrontation de points de vue. Néanmoins, nous regrettons vivement que parmi les intervenants censés aborder ou faire référence à l’expérience marocaine vous avez fait le choix de donner la tribune à un représentant de l’Etat marocain, en l’occurrence M. Driss El Yazami. Vous n’êtes pas sans ignorer que M. El Yazami, un des anciens dirigeants de la LDH et de la FIDH, est en charge depuis des années de multiples fonctions et missions qui lui ont été confiées par le roi du Maroc. Il préside, depuis 2007, le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME) et, à ce titre, il a un statut de ministre. Il est également nommé président du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) depuis mars 2011.

Vous affirmez à juste titre que la LDH entretient des liens étroits avec nombre d’organisations et de militant(e)s de cette région du monde. Pour ce qui est du Maroc, votre parti-pris et votre choix délibéré de faire intervenir une personnalité officielle ont suscité légitiment une désapprobation chez de nombreuses personnes qui apportent au quotidien leur solidarité aux luttes du peuple marocain et à ses forces démocratiques. D’autant plus que, depuis de nombreux mois, un formidable mouvement dit « Mouvement marocain du 20 février » ne cesse par ses imposantes marches pacifiques à travers toutes les contrées du pays d’exiger la démocratie, la liberté, la justice sociale et la fin de la corruption et le despotisme, soit un véritable Etat de droit. Le Mouvement du 20 février est victime de la répression (matraquage, arrestations, procès, intimidations, assassinats…) alors que l’instance (CNDH) que préside votre invité, M. Driss El Yazami, reste muette. Il en est de même pour les droits des citoyens marocains à l’étranger qui seront exclus du vote lors des élections du 25 novembre, avec le silence complaisant du CCME, présidé également par votre même invité et censé veiller à leurs droits.

Monsieur le Président,

C’est UNE Ligue engagée auprès des victimes et des défenseurs des droits humains que nous apprécions et souhaitons voir mobilisée en permanence pour les valeurs communes : l’universalité des droits humains. Nous ne pouvons passer sous silence ce geste inapproprié et qui offre une tribune supplémentaire à des portes paroles de l’Etat marocain pour perpétuer un message anesthésiant sur les soi-disant avancées et exception marocaines au niveau des droits humains.

C’est par respect aux relations que nous avons avec les militant(e)s Ligueurs(ses) et sections que nous tenons à vous faire part publiquement de ces observations et nous espérons que l’occasion se présentera pour échanger quant au contexte des droits humains qui prévaut au Maroc.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, nos sincères salutations militantes.

Abid EL KHATTABI

Adresse postale : 79, rue des Suisses 92000 Nanterre
asdhom@asdhom.org www.asdhom.org
Publié par Basta ! يكفي à l’adresse 09:51
Libellés : Abid El Khattabi, ASDHOM, Ayad AhramPierre Tartakowski,

Mots clés : Afrique / Démocratie /
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