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Pourquoi la paysannerie disparaît, mais pourquoi ?

mercredi 21 septembre 2011 , par JC DEPOIL - Contacter l'auteur - 5 coms

Je reprend mon chapeau de responsable agricole , pourquoi,

Parce que le pays marche sur la tête , notre paysannerie meurt devant une agriculture dite rentable ,ou plutôt industrielle .

Les paysans apprennent à connaitre les affres des jours noirs , des jours sans espoirs , des jours qui ressemblent à s’y méprendre à la route qui même au camp de concentration et à la solution finale .

Que leur restent ils à ces paysans sinon le travail , le travail et encore le travail ; je parle des paysans ,de ces femmes et de ces hommes qui ont donné leur vie pour nourrir les autres, et non pour les empoisonner , des femmes et des hommes qui veulent voir tous les gens pouvoir se nourrir de produits sains et non une élites de nantis , que leur restent ils à ces paysans qui voient les plus pauvres acheter les produits "echo" qui ne font que remplir le ventre et encore ! laissant tout le plaisir de manger aux plus aisés leur laissant à eux le devoir que de lutter pour vivre ....

Non cela ne peut plus durer , pourquoi ceux qui travaillent le mieux sont condamnés à mourir au figuré comme au sens propre , pourquoi ceux qui aiment tant cette terre sont délestés d’un revenu honnête et condamnés à émarger au RSA avec toute l’humiliation qui s’y rattache , pourquoi ces paysans qui connaissent encore le gout de la terre humide , de la bouse de vache ou de la patouille à leurs sabots sont ils dénigrés par cette intelligentsia pseudo agricole aux mains fines , par ces syndicalistes de salons qui finissent à la chambres des députés ou avec un cabinet ministériel.

Bien sur , on peut me parler d’agriculture bio ou de proximité , mais c’est toute une filière de distribution qui s’est retrouvée dans les mains de voyous en cols blancs plus généreux à donner des conseil de rentabilité qu’à payer les produits à leur juste prix sans pour autant étranglé le consommateur tous les consommateurs.....

Pourquoi faut ils que ces paysans soit condamné à voir tous ces gens "sans rien" mourir de faim même en France alors que les plus riches se goinfrent du fruit de leur travail.

Pourquoi mais pourquoi tous ces silences devant une civilisation née au néolithique et qui aujourd’hui disparaît entraînant avec elle l’environnement jusqu’alors protégé , POURQUOI ? Pour le fric ? quelle honte, quel déni d’avenir, quel gâchis sans nom...

Combien d’être humains meurent aujourd’hui parce que le politique a plié le genou devant la finance ?

JC DEPOIL

Mots clés : Agriculture - Pêche / Emploi-chômage /

Messages

  • Au delà du pathétique de cet article et de l’inexorabilité du devenir de cette corporation, il y a aussi la prise de conscience du consommateur à éduquer pour en changer le cours.
    N’oublions jamais que tous détendeur d’une carte de magasin (c’est à dire la petite carte que ne manque jamais de demander la caissière pour s’assurer de votre fidélité) se fait complice de cette exploitation de la paysannerie. Pourquoi ? simplement que celui qui accepte de l’argent sous forme de bons d’achats d’une entreprise qui s’enrichit en en exploitant d’autres accepte de partager la plus-value qui en résulte.
    Rien n’oblige un consommateur, hormis la cupidité, à s’allier à un puissant pour voler son prochain.
    Rendez vos cartes de magasins (de complices) et dénoncez systématiquement le rôle de cette carte à la caissière, devant les autres de la file d’attente en déclarant qu’une personne honnête ne se sert pas d’une carte de magasin. Personne ne m’a jamais contredit à ce jeu et beaucoup baissent leur tête, gênés d’une prise de conscience.
    J.Michel

  • Tu poses la question de l’homme honnête déchiré de voir ce qu’une minorité de gloutons réalise à son profit et tu sais que ce dessein est suicidaire pour l’humanité.
    Tu connais comme nous la réponse mais ta raison te commande de crier "pourquoi", tellement c’est moche et absurde .
    Nous sommes nombreux à crier parce que nous avons connu l’espoir d’autre chose.
    Il nous reste à entrainer ceux qui n’ont pas connu autre chose que la lutte de chacun contre tous les autres et qui ont été conditionnés au désespoir.
    Pas facile, mais la roue tourne.
    L’être humain est un être social et le monde d’individus dissociés et plus exploitables qu’une minorité de prédateurs dessine est incompatible avec sa nature.
    Comme tu le dis, on marche sur la tête. L’image est bonne pour décrire l’absurdité de la situation mais aussi parce que la marche sur la tête et assez douloureuse pour ne pas être prolongée longtemps.
    Dans les larmes, dans la fureur peut-être, mais nous en sortirons, parce qu’il s’agit de notre existence, de nos vies .

  • Dans la campagne alsacienne, mon voisin passe à 7H sous mes fenêtres et le soir à 22h il remonte voir ses bêtes ! Sa viande est bonne ,on lui achète 3e le kilo à l’abattoir et là dessus il doit payer 1,50 par kilo pour l’abattage ! Faites le calcul vous-même !Ces bêtes vivent au pré et donc mangent et vivent au rythme du temps ,elle ne nous empoisonnement par irradiation des stocks pour une longue conservation . De plus leur voisinage nous fait réfléchir sur une consommation modérée ,car ce n’est plus des "barquettes mais des animaux aux yeux doux, et si nous sommes responsable de sa mort ,il faut arrêter le caprice des "morceaux nobles " uniquement . De plus ces gens ont tous des vergers dans leurs prés, ils n’en ramasse que pour eux (et leurs amis) car on leur paye 0,10 le kilo !
    Qui veut travailler à ce tarif la ????????????????? marie.lina

  • Non mon camarade Paysan, la fin d’une agriculture à taille humaine n’est pas inexorable.
    Il faudra encore se battre, l’union de paysans ,des salariés et des consommateurs peut faire reculer le capitalisme. Ce capitalisme qui se cache dans le syndicat majoritaire que tu combats, comme nous le combattons au MODEF ou à la Conf. Ce capitalisme qui se pavanne avec arrogance dans les conseils d’administration des groupes des distribution ou des industries agroalimentaires. Une nouvelle génération d’agriculteurs qui refuse d’écouter les sirènes du libéralisme est entrain de voir le jour, il faut que nous soyons, nous les anciens à leurs cotés et il faut surtout que le consommateur prenne conscience de cela. C’est pas encore gagné, mais les seules batailles perdues sont celles que l’on a pas menées.

    Le Vieux Rouge (45 ans de militantisme syndical paysan)

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