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Solidarité avec la grève étudiante en Autriche

vendredi 6 novembre 2009 - Contacter l'auteur - 3 coms

Depuis plus d’une dizaine de jours, une forte contestation étudiante partie de Vienne s’est propagée dans toute l’Autriche. Elle est monté en intensité jusqu’à la journée du 29 octobre au cours de laquelle plusieurs manifestations ont notamment rassemblé 40 000 étudiant‑e‑s à Vienne ou encore 5 000 à Graz. Ainsi, de manière spontanée, la plupart des universités ont été occupées, les étudiant‑e‑s ont appris à s’organiser eux/elles mêmes afin de répondre aux impératifs de la grève et pour réfléchir collectivement à des projets alternatifs d’enseignement supérieur.

Les causes de ce conflit sont nombreuses : manque cruel de financement public dans l’enseignement supérieur, mise en place de la réforme LMD (Licence/Master/Doctorat) restreignant l’accès à un nombre considérable de filières pour les étudiant‑e‑s, manque de places dans les cursus, introduction de frais de scolarité...

Face à cette situation socialement intenable, les étudiant‑e‑s revendiquent une université réellement ouverte à tou‑te‑s, une hausse de financement public de l’enseignement supérieur, une égalité homme/femme dans l’université, une recherche indépendante, etc.

Cette lutte des étudiant‑e‑s autrichien‑ne‑s ressemble profondément aux différentes luttes que nous avons connues ces dernières années, que cela soit en France ou dans les différents pays européens. Depuis l’application des préconisations du fameux « processus de Bologne » de 1999, en Espagne, en Italie, en Allemagne, les luttes étudiantes se sont multipliées afin de s’opposer aux processus de privatisation de l’enseignement supérieur.

En effet, partout en Europe, les États se désengagent financièrement des universités, avec pour conséquence : des hausses généralisées des frais de scolarité, l’aggravation des conditions d’études pour les étudiant‑e‑s, le recours à des financement privés conditionnant les formations des étudiant‑e‑s. De la même manière, les procédés de sélections se multiplient, restreignant l’accès de toutes et tous à l’enseignement supérieur.

Aujourd’hui, les conséquences néfastes du processus de Bologne se font sentir dans tous les pays d’Europe. Néanmoins, la contestation étudiante se généralise, touchant toujours plus de pays. Si nous n’avons pas encore réussi à faire plier les logiques libérales que l’on cherche à nous imposer, nous n’avons pas renoncer à livrer bataille.

La Fédération des Syndicats Sud Étudiant soutien la lutte des étudiant‑e‑s autrichien‑ne‑s. Nous nous battons contre le même système, il est temps de mettre un terme au processus de Bologne.

Mots clés : Ecole-Université / Europe / Manifs-actions / Syndicats /

Messages

  • une greve de tout les etudiants a travers l’europe ça aurait de la gueule !!!

    • D’autant plus que depuis l’an dernier ça bouge un peu partout et sur les mêmes réformes.
      Italie (ou le mouvement repart en ce moment)
      Espagne
      Croatie
      France
      Allemagne (où dans certains coins les étudiants se solidarisent avec leurs camarades d’Autriche)...
      Il y a des tentatives d’unification des luttes. Une en Belgique où au printemps dernier se sont retrouvés 200 étudiants français, belges et italiens.
      Il existe un appel international lancé par le syndicat français FSE pour créer un réseau européen...
      bref...plein d’idées, plein de chantiers.

  • Ces manifestations d’étudiants ça ressemble à cette situation pré-68 décrit par la brochure « De la misère en milieu étudiant ». Plus de 40 ans après, triste est de déploré que l’université se trouvent, quasi, dans la même situation, lisez plutôt :

    « L’étudiant ne se rend même pas compte que l’histoire altère aussi son dérisoire monde "fermé". La fameuse "Crise de l’Université", détail d’une crise plus générale du capitalisme moderne, reste l’objet d’un dialogue de sourds entre différents spécialistes. Elle traduit tout simplement les difficultés d’un ajustement tardif de ce secteur spécial de la production à une transformation d’ensemble de l’appareil productif. Les résidus de la vieille idéologie de l’Université libérale bourgeoise se banalisent au moment où sa base sociale disparaît. L’Université a pu se prendre pour une puissance autonome à l’époque du capitalisme de libre-echange et de son Etat libéral, qui lui laissait une certaine liberté marginale. Elle dépendait, en fait, étroitement des besoins de ce type de societé : donner à la minorité privilégiée, qui faisait des études, la culture générale adéquate, avant qu’elle ne rejoigne les rangs de la classe dirigeante dont elle était à peine sortie. D’où le ridicule de ces professeurs nostalgiques, aigris d’avoir perdu leur ancienne fonction de chiens de garde des futurs maîtres pour celle, beaucoup moins noble, de chiens de berger conduisant, suivant les besoins planifiés du système économique, les fournées de "cols blancs" vers leurs usines et bureaux respectifs. Ce sont eux qui opposent leurs archaïsmes à la technocratisation de l’Université, et continuent imperturbablement à débiter les bribes d’une culture dite générale à de futurs spécialistes qui ne sauront qu’en faire. »

    Il est si étonnant que cette même crise "juvénile" de l’université se reproduit dans un contexte similaire. Mais contrairement à la situation de pré-68, un mouvement comme mai 68 ne risque pas de se reproduire, ou même si, ce qui ne serai guère joyeux ! Le double jeu des étudiants (qui ne désirent pour la plupart qu’à "s’insérer" grâce à leurs diplôme-passeports dans cette société qu’ils dénoncent parfois, mais pour sûr qu’ils ne changeront pas fondamentalement), et ces professeurs qui pensent à leurs statuts, n’osant affronter le courage d’être pauvre comme leurs pionnés (pauvre ne signifiant pas miséreux), véritable garanti de leurs libertés de recherches. Des alternatives à l’université existe si la question est d’acquérir du savoir et de le partager (les systèmes d’échanges des savoirs, universités populaires, université libre (« Freie-Uni », regardez ce que font les voisins allemands !)). C’est la valeur « passeport » du diplôme et la valeur « confort » du statut de rechercheur qui ne fera que reproduire le même schéma écrit depuis plus de 40 ans. Que les étudiants d’europe se réveil dans un mouvement commun ? Qu’ils le fassent s’ils s’ennuient ! Cette valeur passeport du diplôme, les étudiants les moins hypocrites en tiennent compte dans leurs choix de faire grêve ou non, ils sont "vrais", eux, ce sont finalement ceux qui agissent avec le plus de justesse, de sincérités, de maturité, ceux qui sont la plupart du temps contre les blogages ou qui agissent passivement, que l’on confond trop vite avec ces droiteux (qui ne sont finalement que l’expression la plus arrogante et cynique de ces valeurs). Si cette valeur "passeport" du diplôme n’est pas la sienne, si la liberté de recherche est plus importante que son confort personnel, alors la meilleur chose à faire pour l’étudiant et le chercheur est de quitter l’université, cette institution. C’est aussi simple que ça ! Vous voulez quelque chose ? Faites le vous-même ! Les crédits de l’État semblent si important pour ces archéologues, physiciens, ... soit ils acceptent leurs sorts, en acceptant la L.R.U., soit ils doivent révolutionner le capitalisme de fond en comble, pour ne pas être financé par ce privé(-là). En étant tout à fait réaliste, en crêvant leurs bulles, ils n’ont pas d’autres choix que ces deux alternatives. La seule question importante n’est pas de savoir comment empêcher les réformes et avoir plus de moyens, mais auront-ils, aurez-vous assez de courage pour faire un choix ?

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