Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
PUBLIEZ ICI PUBLIEZ VOTRE CONTRIBUTION ICI

Gaz et huiles de schiste : laisser dans le sol ou polluer ?

de : via Michel Mengneau
mardi 8 mars 2011 - 18h02 - Signaler aux modérateurs
1 commentaire
JPEG - 10.6 ko

L’indépendance énergétique d’un pays ne semble pas pouvoir relever d’une décision démocratique : jamais les citoyens n’ont été consultés sur le développement du parc nucléaire français.

Le même scénario se répète aujourd’hui avec l’extraction des gaz et huiles de schiste, aux conséquences dramatiques pour la nature et la santé humaine : aucune information du public, une stratégie de dissimulation et de fait accompli qui relève d’une logique militariste.

Petit rappel : qu’est-ce que le gaz de schiste ?

C’est un gaz dit « non conventionnel » qui est niché dans les couches de schiste du sous-sol c’est-à-dire des zones particulièrement difficiles à exploiter et dont les gisements sont disséminés dans de nombreux bassins sédimentaires dans le monde.

Exploiter ces gisements en France présente donc de nombreux avantages, notamment de s’affranchir de contextes politiques parfois instables, ainsi que de réévaluer les réserves mondiales de gaz.

Actuellement, quatre pays contrôlent 55 % des réserves de gaz naturel conventionnel. Il s’agit de la Russie, de l’Iran, du Qatar et de l’Arabie Saoudite. Les révolutions qui bouleversent l’Afrique du Nord, comme en Algérie, par exemple, et au Moyen Orient, inquiètent l’occident dont le mode de vie est totalement dépendant des sous-sols de ces pays. Nous sommes déjà en guerre en Irak et en Afghanistan… alors pourquoi pas la guerre contre l’environnement dans nos contrées ?

Le gaz de schiste semble être une solution miracle pour continuer la fuite en avant énergétique, tout en devenant indépendant des pays détenteurs de gaz naturels. Son exploitation prouverait la supériorité des scientistes, car ce serait le progrès technologique (avec la fracturation hydraulique et le forage horizontal) qui nous apporterait la solution au problème d’approvisionnement énergétique.

Mais des inconvénients apparaissent, car ces techniques ont des conséquences dramatiques pour l’environnement.

La fracturation hydraulique requiert en premier lieu d’importantes quantités d’eau, plusieurs millions de litres d’eau pour chaque gisement exploité. En outre, à cette eau sont mélangés de nombreux produits chimiques dont on ne connaît pas la liste exhaustive, ainsi que du sable, le tout étant injecté à haute pression dans le puits de forage.

C’est un véritable cocktail chimique qui est utilisé par l’industrie avec des composés souvent hautement cancérogènes, reprotoxiques et toxiques pour les milieux aquatiques. Une partie seulement de l’eau utilisée est récupérée (50 à 90 %) dans de vastes bassins et nécessite d’être traitée. Or, les stations d’épuration urbaines ne savent pas traiter ces effluents. Avec ce miracle énergétique, les nappes phréatiques sont en danger, encore une fois.

Les émissions toxiques dans l’atmosphère sont également catastrophiques : elles ont des répercussions sur des centaines de kilomètres et peuvent engendrer des émissions fugitives de méthane et de fuites de sulfure d’hydrogène, un gaz toxique et explosif !

En outre, les équipements d’extraction du gaz de schiste fonctionnent de façon continue et constituent une source importante de bruit qui s’ajoute à celui du transport sur route liées à l’activité.

A force de creuser, les foreurs peuvent percer des terrains contenant des minerais radioactifs (uranium, radium). Radioactivité qui risque de remonter, et de contaminer les eaux utilisées pour le forage.

Même Pierre Gadonneix, président du Conseil mondial de l’Energie, président d’honneur d’EDF reconnaît dans le Monde du 16 septembre 2010 qu’il ne faut pas se fier trop aux mirages de la technologie et qu’il faut ajouter « le coût écologique pour prévenir le « mitage » des zones de puits, les incertitudes quant aux effets des produits chimiques d’infiltration et in fine, le prix qui sera donné au CO2, sans compter le coût des règles de sûreté ».

L’exploitation des gisements de gaz de schiste apparaît à nos gouvernants comme un enjeu majeur, mais l’indépendance énergétique serait un sujet trop grave pour relever de la démocratie !

L’importation d’hydrocarbures ferait courir un risque si élevé à la France qu’il relèverait de la sécurité nationale de mettre en place une politique industrielle de grande ampleur pour l’éviter, même si le résultat est de transformer nos lieux de vie en de gigantesques décharges irrémédiablement polluées, hantées par des cancéreux, des enfants malformés, jonchées d’oiseaux morts et inondées de cancrelats.

Le choix est entre la barbarie, c’est-à-dire une récession subie et une fuite en avant techno-scientiste désespérée ou ce que nous appelons la Décroissance : une remise en question profonde de cette société de croissance qui nous amène toujours plus vite droit dans le mur. Nos politiques devraient s’orienter vers une relocalisation de l’économie, une souveraineté alimentaire en s’appuyant sur une agriculture paysanne de proximité, des relations consommateurs-producteurs directes, un exode urbain, un retour de la terre en ville. Nous devons aussi tendre vers une souveraineté énergétique locale se basant en premier sur une réduction drastique de notre consommation énergétique et le développement de production d’énergie locale artisanale. De telles mesures ne peuvent se prendre sans une décroissance drastique des inégalités, une remise en cause du pillage du Sud par le Nord, un remaniement du système financier dominant et une sortie de l’abrutissement généralisé faisant de nous des travailleurs-consommateurs compulsifs, abreuvés de programmes télé et de publicités plus débilitant les uns que les autres. Surtout, cela doit passer par une réappropriation par les citoyens de leurs choix de vie.

Le risque est trop grand pour envisager un tel virage. Il est donc aisé de comprendre qu’entre ces deux cauchemars, l’oligarchie et son valet Sarkozy n’hésitent pas une seconde. Ils sont prêts à tout pour nous imposer de faire exploser les entrailles de notre terre pour puiser encore quelques litres de gaz afin de faire encore un tour en jet privé, encore un survol de Paris en hélicoptère, encore un voyage aux Maldives (ah non mince ! Elles ont disparu…).

Mais voilà le hic, comment faire avaliser ce choix en démocratie ? Vous avez dit démocratie ? Elle est où au fait ?

L’exploitation des gaz et huiles de schiste est bien la suite d’un délire de notre système croissanciste mortifère qui ignore les dangers de l’extraction pour pouvoir continuer la fuite en avant et, surtout, ne pas réfléchir quant aux limites de notre environnement. Pouvoir continuer à polluer plus longtemps, ne pas se poser la question du sens de notre consommation énergétique, voilà pourquoi les gaz de schiste sont apparus comme une solution à la crise énergétique à venir aux yeux de nos gouvernants.

D’ailleurs, le prix du gaz naturel, et de manière plus générale des matières premières et des énergies fossiles, augmente régulièrement et devrait augmenter, comme pour nous obliger à accepter ces solutions navrantes pour l’environnement. Les gaz de schiste seraient, tout simplement, une fausse bonne solution, comme le nucléaire, à l’augmentation inéluctable du prix des fluides.

Mieux vaut un coût de l’énergie minimale (mais à quel prix pour l’environnement et pour notre santé) sans envisager de revoir nos modes de vie (isolation, comportement sobre, course à la productivité … ). Baisser son pouvoir d’achat est inacceptable … dans une société de Croissance, le plus simple serait donc de n’en pas sortir !

Faisons le bilan de la Croissance, le constat environnemental et social de la société capitaliste, pour se poser les bonnes questions et, enfin, trouver ensemble de bonnes réponses.

Refuser l’exploitation des gaz et huiles de schiste, c’est refuser de rester dans un système de pensée qui nous propose de fermer les yeux pour éviter le mur vers lequel nous nous dirigeons à vive allure. Conscients du danger, prenons le temps de remettre en cause la machine à broyer capitaliste et ses partisans qui nous trompent.

Pour ces raisons, on ne peut que s’opposer à l’exploitation des gaz et huiles de schiste et demander un arrêt total de toutes activités visant à une future exploitation. La solution n’est pas de trouver d’autres énergies pour continuer à croître, mais de réfléchir ensemble à une transition vers une sortie de notre dépendance aux énergies fossiles et donc, à une remise en question de notre civilisation productiviste, consumériste et capitaliste.

No Gazaran

Quelques liens :

 http://www.manifestegazdeschiste.org/

 http://gazdeschiste.free.fr/

 http://www.aldeah.org/fr/carton-rouge/gaz-de-schiste – IDF-non- gaz-petrole-de-schiste@aldeah.org

 http://www.journaldelenvironnement.net/article/gaz-non-conventionnels-un-bilan-environnemental,21904

 http://www.developpementdurablelejournal.com/spip.php?article7524

Gaz de schiste France – Forum
 http://gazdeschistefrance.forumgratuit.fr/

Gaz de schiste animation flash
 http://www.partipourladecroissance.net/?p=5600

Gaz de Schiste – Communiqué d’Objecteurs de Croissance du Languedoc-Roussillon
 http://www.partipourladecroissance.net/?p=5322

Prenons le temps de réfléchir


Partager cet article :

Imprimer cet article
Commentaires de l'article
Gaz et huiles de schiste : laisser dans le sol ou polluer ?
8 mars 2011 - 19h37 - Posté par Mengneau Michel

C’est encore plus vicieux que cela puisque Besson a modifié le code minier pour favoriser l’extraction du gaz incriminé tandis que la miss Kisuce- Maurice faisait des simagrées pour expliquer que l’on allait mettre en place un moratoire... Voiçi un extrait d’Univers-Nature dénonçant la duplicité de nos dirigeants

Le gouvernement, tout en annonçant le lancement d’une mission d’évaluation des impacts des futures exploitations, a validé une ordonnance pour simplifier le Code Minier français. Eric Besson, le ministre auprès de la ministre de l’économie, a déclaré lors du Conseil des ministres du 19 janvier 2011 : « Attendu depuis longtemps par la profession, le nouveau code facilitera la valorisation des ressources du sous-sol français. ». En langage plus direct, on peut traduire ses propos par : « nous avons répondu favorablement aux requêtes du lobbying de la profession ». Il est vrai que les enjeux financiers sont de taille et ont été résumés ainsi par le ministre : « Le secteur des matières premières représente, avec près de 4 500 entreprises, un chiffre d’affaires de près de 100 milliards d’euros, soit 4% du produit intérieur brut ».







accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

(test au 15 juin 2021)
Facebook Twitter
DAZIBAO
14e festival des Canotiers mercredi 7 au dimanche 11 juillet 2021
lundi 5 juillet
L’association Ménil Mon Temps présente le 14e festival Les Canotiers, « cinéma et concerts en plein air », qui se déroulera du mercredi 7 au dimanche 11 juillet 2021 sur le parvis de l’église de Ménilmontant. Au programme : Des concerts (20h30) : Mer 7 : Dominique Grange et Mymytchell, avec Jonathan Malnoury (guitare) et Alexis Lambert (accordéon). Jeu 8 : Cheikh Sidi Bemol (solo). Ven 9 : TyArd, [Duo Électro-Pop]. Dim 11 : M.A.J, [Duo Électro-Folk’n’Roll]. (...)
Lire la suite
Une lettre de Cesare Battisti, en grève de la faim et des soins depuis le 2 juin
jeudi 10 juin
de Cesare Battisti
Je m’adresse à mes enfants bien-aimés, à ma compagne de voyages, aux frères et aux sœurs, aux neveux, aux amis et aux camarades, aux collègues de travail et à vous tous qui m’avez bien aimé et soutenu dans votre cœur. Les effets destructeurs de la grève Je vous demande à vous tous un dernier effort, celui de comprendre les raisons qui me poussent à lutter jusqu’à la conséquence ultime au nom du droit à la dignité pour chaque détenu, de tous. La dignité (...)
Lire la suite
QUI ATTAQUE UN CAMARADE ATTAQUE NOTRE SYNDICAT DANS SON ENSEMBLE !!!!
samedi 5 juin
de Roberto Ferrario
Après mon expulsion de infocom ordonné par Romain Altmann ma colère est très froide je peux dire glaciale... Je me réveille cet matin avec plein d’idées de comme organiser la riposte... mais tranquillement... Ma première adhésion syndicale à 17 ans mon premier boulot dans le plus grand hôpital de Milan, je ne 64 et certainement n’est pas un Romain Altmann qui va m’empêcher de continuer mon combat, probablement solitaire... Mais aussi avec mes camarades de mon syndicat, la (...)
Lire la suite
La purge interne chez Info’Com-CGT se poursuit...
vendredi 4 juin
de Collectif Bellaciao
La direction du syndicat #InfoComCGT dirigé par le secrétaire général Romain Altmann : après avoir poussé à la démission Mickaël Wamen (délégué CGT Goodyear) du syndicat #InfoComCGT après avoir expulsé Sidi Boussetta (secrétaire-adjoint UL CGT Blois) du syndicat #InfoComCGT après avoir expulsé Roberto Ferrario (porte parole du site bellaciao.org) du syndicat #InfoComCGT après la démission de Stéphane Paturey secrétaire général-adjoint d’#InfoComCGT après la démission de (...)
Lire la suite
Israël. Exemple du déséquilibre d’information…
lundi 17 mai
de Roberto Ferrario
2 commentaires
Le gouvernement israélien a toujours peur de l’information comme aujourd’hui après la démolition du siège de l’AP et comme par le passé les « ennemis d’Israël » sont des journalistes ... Exemple du déséquilibre d’information. Des journalistes à Gaza sur les décombres de leurs anciens bureaux détruits par l’armée de l’air israélienne ... A Paris, la discussion sur « nos » médias grand public tourne autour du nombre de fois où l’expression (...)
Lire la suite
Liberté de la presse, version israélienne (video)
samedi 15 mai
L’armée israélienne a détruit samedi le bâtiment qui abrite les bureaux de l’agence de presse américaine Associated Press et Al Jazeera dans la bande de Gaza La tour de la ville de Gaza qui abritait les bureaux des médias internationaux a été pulvérisée samedi par une attaque annoncée quelques minutes plus tôt par l’armée israélienne. Le bâtiment de 13 étages, visé par l’armée de l’air israélienne et qui venait d’être évacué, s’est effondré, (...)
Lire la suite
Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
vendredi 7 mai
de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
Lire la suite