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L’étrange « antidote au découragement » de David Grossman

de : Yves Lemarié
vendredi 28 mai 2004 - 20h23 - Signaler aux modérateurs

Courrier postal envoyé le 27 mai 2004 à Monsieur Laurent Neumann, Directeur de la rédaction, Marianne

Copie à Madame Elisabeth Lévy

Monsieur le Directeur,

Dans l’édition du 10 mai, votre journal Marianne consacre deux pages à une interview de David Grossman, écrivain israélien. Je me permets de vous faire part de remarques que la lecture de l’entretien m’a inspirées.

Tout d’abord, pour s’exprimer, David Grossman emploie à 35 reprises la première personne du pluriel (22 « nous » et 13 « notre » ou « nos »). Presqu’à chaque fois, cette première personne du pluriel désigne non pas les Israéliens, non pas l’ensemble des habitants de la Palestine mandataire (Israéliens et Palestiniens), non pas l’humanité en général, non pas un groupe de réflexion mais uniquement les juifs israéliens ou peut-être plus généralement les juifs (« ce qu’Israël pourrait signifier pour nous, juifs »). Manifestement, David Grossman réduit son identité à la seule dimension juive.

C’est bien comme « Etat juif », « Etat national juif » et « Etat-nation juif » qu’il présente ce que doit être l’Etat d’Israël. Pour autant, il ne prend pas le soin de véritablement définir le concept d’« Etat juif » ni surtout d’expliquer quelle est la place que peut bien accorder un tel Etat à ses citoyens non juifs. Tout au plus, se contente-il, entre l’évocation de l’« histoire singulière et tragique » juive et celle « des aspects les plus tragiques de l’histoire juive », de mentionner la nécessité d’apprendre à être « tolérants et égalitaires envers les non-juifs ». Mais il n’illustre pas, par des exemples concrets, cette allusion à la discrimination pratiquée envers les non-juifs dans l’Etat d’Israël et il n’indique aucune piste, aucun moyen qui permettrait de répondre à la nécessité d’égalité.

David Grossman déclare : « du fait de notre histoire singulière et tragique, parce que le monde a échoué à protéger les juifs dans l’histoire, nous avons besoin d’un endroit à nous, un endroit où inscrire notre héritage, vivre selon nos valeurs ». Bien qu’invoquant l’histoire de l’ensemble des juifs, son affirmation ne concerne manifestement que les seuls juifs israéliens puisque, par exemple, les français juifs n’ont pas besoin d’un endroit « à eux », la république française leur suffisant amplement pour mener une vie citoyenne. Par ailleurs, Grossman semble ignorer qu’à l’endroit qu’il désigne comme étant « à nous » (les juifs israéliens), vivaient et continuent de vivre des non juifs pour lesquels, on les comprend, l’endroit est aussi à eux. D’ailleurs, plus loin dans l’interview, son interlocutrice Elisabeth Lévy rappelle clairement que « [les] Palestiniens [ont été] chassés de chez eux », c’est-à-dire de « l’endroit à nous » de Grossman.

Le lecteur ne peut savoir sur quels principes, David Grossman fonde sa réflexion puisque dans l’interview, quand il est confronté à des questions de morale ou de logique, il revendique à la fois un « droit à [une] singularité » et une irresponsabilité fondue dans l’anonymat d’un « toutes les nations naissent sur un terrain moralement mouvant » qu’il invoque en réponse à la question de l’injustice commise par « l’Etat juif » lorsqu’il fut créé sur le territoire habité par les Palestiniens. D’ailleurs, les trois fois où David Grossman emploie, dans l’interview, les mots « justice » et « injustices » méritent d’être relevées. Tout d’abord, sur les responsabilités du sionisme dans le conflit, il déclare « beaucoup d’injustices ont été commises en 1948 et avant » sans préciser de quelles injustices il parle ni par qui et contre qui elles auraient été commises et il évacue totalement la question de l’injustice en déclarant qu’on retrouve des injustices originelles chez « toutes les nations ». Puis, il introduit, de lui-même et sans le justifier, le concept inattendu de « justice absolue » qui lui permet d’expliquer qu’en la recherchant, « nous n’aurons jamais la paix ». Pourtant, rechercher la justice n’est pas nécessairement une quête de l’absolu. Enfin, il invoque son point de vue « d’écrivain » pour affirmer qu’« il n’y a pas une seule justice ». Dans l’ensemble, David Grossman considère donc que l’idée d’une justice un tant soit peu universelle n’est pas utile dans le conflit qu’il évoque. Il est vrai que la référence à l’universel semble être inexistante chez celui qui attache tant d’importance à sa seule identité juive (« un endroit à nous », « notre histoire », « nos valeurs »).

Après avoir expliqué la « signifi[cation] » de la création d’un « Etat juif » en rappelant que le « monde a échoué à protéger les juifs dans l’histoire », David Grossman nous apprend, un peu plus loin, que « le problème est que [la création d’Israël] a été considérée [par la communauté internationale] comme un acte moral, une réparation […] après la Shoah ». S’il était logique avec lui-même, cet intellectuel conviendrait que, selon lui, le « problème » de « l’Etat juif » découle directement et exclusivement de sa « signifi[cation] ».

David Grossman se désole de ce qu’ « Israël [soit] le seul Etat dont l’existence est toujours conditionnelle » et il enchaîne un « je ne peux pas l’accepter ». La solitude de « son » Etat n’est pas aussi totale qu’il l’affirme puisque l’existence de l’Etat palestinien est soumise à des conditions beaucoup plus exigeantes que celle de « l’Etat juif », à tel point que cet Etat palestinien n’existe toujours pas et que le territoire qui lui serait éventuellement attribué est toujours totalement occupé par l’armée de l’Etat d’Israël. David Grossman rappelle que, selon lui, « l’Etat palestinien […] a beaucoup moins de justification historique » que l’Etat d’Israël, ce qui laisse penser qu’il peut accepter que la création effective de cet autre Etat soit, elle, indéfiniment reportée.

Interrogé sur la capacité des Israéliens à comprendre le « point de vue des Palestiniens » et sur l’obstacle que cela représente pour la paix, David Grossman répond qu’il « ne voi[t] pas de possibilité » à ce sujet en invoquant la fatalité puisque « c’est très difficile de changer le cœur des hommes quand ils sont terrifiés ». Comme, même s’il ne le rappelle pas, les Palestiniens ont au moins autant de raisons que les Israéliens d’être terrifiés (les Palestiniens n’ont pas d’armée pour les protéger, ils sont occupés, colonisés, soumis à un blocus cruel et ont trois fois plus de morts que les Israéliens), l’approche de David Grossman revient à considérer que le conflit ne s’arrêtera que lorsque le plus fort aura totalement vaincu l’autre. Il renvoie même les questions sur la compréhension du point de vue de l’autre à un « quand la paix sera conclue » sans expliquer quand et comment elle pourrait parvenir dans ce contexte de totale incompréhension auquel il s’est résigné.

Lorsqu’il déclare « je ne laisserai pas qui que ce soit décider pour moi de ce qui est normal ou de ce qui devrait l’être ! », David Grossman apprend au lecteur qu’il refuse de se soumettre à la moindre norme collective et revendique une liberté absolue, pourtant difficilement compatible avec la notion de responsabilité.

David Grossman affirme qu’« Arafat n’est pas un partenaire fiable » tout en concédant un « et peut-être ne sommes-nous pas fiables non plus ». Plutôt que de se poser des questions qui ne peuvent pas avoir de réponse (savoir si on est « fiable » n’a pas grand sens si on ne précise pas par rapport à quoi la question de la confiance est posée), cet intellectuel aurait pu commencer par examiner si cela a un sens d’envisager les relations occupants-occupés sous l’angle du partenariat.

Bien entendu, en tant qu’intellectuel, David Grossman tient des propos qui se veulent constructifs. Mais il le fait en se cantonnant à de plates généralités abstraites sans jamais tenter de les connecter avec des faits concrets ou des propositions d’action : « nous ne pouvons nous permettre le luxe du désespoir », « nous pouvons changer notre situation et offrir à nos enfants une vie meilleure que celle que nous avons eue c’est le devoir de toute génération. »

La lecture de cet interview ne permet pas de voir en quoi les « réponses [de David Grossman] [...] constituent un antidote au découragement » face au « chaos » « entre Israéliens et Palestiniens » comme l’annonce pourtant votre journal. David Grossman, présenté comme « l’un des concepteurs des accords de Genève » qui « ont ouvert le chemin de la paix », ne parle à aucun moment de ce texte de Genève, ni de son contenu, ni de la façon dont ce document, théorique sur les questions clés comme celle de l’évacuation des territoires occupés, pourrait être réellement appliqué. En réalité, dans cet interview, cet intellectuel ne propose rien pour permettre d’aboutir à la paix. Au contraire, un intellectuel engagé pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien s’attacherait à dépasser la seule appartenance à un camp (« nous »), s’interrogerait sur la signification des normes collectives (au lieu de décider de s’en affranchir totalement), s’intéresserait à des principes universels qui pourraient réunir ceux qui s’affrontent aujourd’hui et prendrait garde à ne pas oublier les questions concrètes (aucune mention du mur de séparation, des blocus, de la colonisation).

La mise en perspective de cet interview laisse surtout penser que, selon la rédaction de Marianne, la recherche de la paix peut se limiter à l’approche autiste et abstraite d’un intellectuel aujourd’hui conformiste.

Je vous prie, d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments distingués.

http://www.presse-palestine.org/art...


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