Le site Bellaciao: coloré, multiple, ou le meilleur cotoie fort heureusement le pire, mélangé, bizarre, picabien et dadaîste, explorant toutes sortes de registres et de régimes rhétoriques, drole et polémiqueur, surréaliste: rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection, têtes de Lénine sur le clavier d'un piano Steinway ou Bosendorfer...
FR
ES
Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !

La "décroissance soutenable", une utopie réactionnaire.
de : La Riposte
mardi 22 février 2005 - 11h20 - Signaler aux modérateurs
7 commentaires
JPEG - 5.1 ko

de Jérôme Métellus

De plus en plus de gens se soucient à juste titre de la situation écologique de notre planète. Nous avons assisté, ces dernières années, à un certain nombre de catastrophes écologiques, dont les naufrages de L’Erika et du Prestige. A ces « accidents », qui en fait résultent de la course au profit à laquelle se livrent les capitalistes, s’ajoute le réchauffement de la planète, qui est très probablement dû à de trop grandes émissions de gaz carbonique. Il en résulterait des dérèglements climatiques qui, à terme, pourraient prendre des dimensions effrayantes. Enfin, les ressources fossiles (pétrole, gaz, etc.), sur lesquelles l’industrie repose encore largement, seront épuisées d’ici quelques décennies, ce qui pose la question des énergies alternatives.

Nous ne pensons pas qu’il faille minimiser ces problèmes. Nous ne partageons pas l’optimisme intéressé des multinationales qui polluent ou sont spécialisées dans le pillage des ressources naturelles. Il semble clair que l’écosystème est à terme gravement menacé - et nous avec - par des catastrophes de type écologique et climatique.

A ce sujet, certains pensent qu’il est possible de « réguler » le capitalisme, de le réformer, de l’aménager, de façon à en maîtriser les conséquences écologiques. Nous estimons au contraire que les mécanismes fondamentaux du système capitaliste s’opposent à toute régulation durablement efficace, et qu’il faut par conséquent lui substituer un système socialiste, c’est-à-dire une planification démocratique et rationnelle des ressources productives et naturelles.

Il existe encore une autre tendance, qui a produit ces derniers temps un certain nombre d’articles dans la revue Silence ! et dans Le Monde Diplomatique : la tendance des partisans de la « décroissance soutenable ». Face aux menaces climatiques et écologiques, ses « théoriciens » pensent que le problème, ce n’est pas le capitalisme, mais... la croissance économique. Dès lors, la solution coule de source : l’économie doit « décroître », et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nous nous proposons ici de sonder l’argumentation sur laquelle repose cet ambitieux programme.

« Faire tourner à l’envers la roue de l’histoire » A la lecture des écrits des apologues de la « décroissance soutenable » (voire « conviviale » !), la plupart des gens hausseront simplement les épaules. Cependant, nous aurions tort de considérer que ces idées émanent simplement d’esprits farfelus. En réalité, l’idée que la croissance économique est ce qui pose problème et qu’il faudrait faire marche arrière en ce domaine se rattache à un courant idéologique et politique qui remonte au début du XIXe siècle.

Comme tout autre courant intellectuel, celui-ci a des racines de classe. Autrement dit, il exprime, fut-ce confusément, la situation et les intérêts d’une classe sociale déterminée. En France, au milieu du XIXe siècle, Proudhon proposait de réorganiser l’ensemble de l’économie nationale sur le modèle d’un immense réseau de coopératives paysannes et artisanales. Il fustigeait la grande industrie et la concentration du capital qui l’accompagne. Ce faisant, il exprimait les intérêts et la situation matérielle des petits artisans, commerçants et paysans, autrement dit des classes moyennes, dont la position était menacée par le processus d’industrialisation et de concentration du capital. Par le biais de la concurrence, la production de grande échelle avait tendance à les pousser à la ruine et à les jeter dans la classe des travailleurs salariés, qui, eux, ne possèdent ni terre ni moyen de production, mais seulement leur force de travail. Dans la mesure où il refusait d’adopter le point de vue socialiste, expression générale des intérêts du salariat, Proudhon en était réduit à réclamer un retour à une économie fondée sur la petite propriété artisanale et agricole. Comme l’écrivait Marx, Proudhon voulait « faire tourner à l’envers la roue de l’histoire ».

Ce n’est pas par hasard que l’on retrouve ces idées, presque mot pour mot, dans les écrits des « décroissants ». Voilà ce que Bruno Clémentin et Vincent Cheynet nous proposent comme « premier niveau » de leur « modèle économique alternatif » :

« Le premier [niveau] serait une économie de marché contrôlée évitant tout phénomène de concentration. [...] Tout artisan ou commerçant serait propriétaire de son outil de travail et ne pourrait pas posséder plus. Il serait nécessairement le seul décideur de son activité, en relation avec sa clientèle. Cette économie de petites entités, outre son caractère humaniste, aurait l’immense mérite de ne pas générer de publicité, ce qui est une condition sine qua non de la mise en place de la décroissance soutenable. »

La référence à la publicité est ici la seule nouveauté par rapport à Proudhon. Si, dans cette citation, les seuls artisans et commerçants sont évoqués, un autre passage fait l’apologie de « l’agriculture extensive non motorisée », c’est-à-dire des petites exploitations agricoles. Nous voilà renvoyés à la bonne vieille économie précapitaliste.

Peut-être que les deuxième et troisième « niveaux » du « modèle économique alternatif » nous en diront plus ? Oui, mais ils pèsent tellement lourd sur le premier niveau que celui-ci s’écroule comme un château de cartes. En effet, « le deuxième niveau, celui de la production d’équipements nécessitant un investissement, aurait besoin de capitaux mixtes privés et publics, contrôlés par le politique. » Ainsi, loin de ne compter que sur leurs propres ressources, l’agriculture et l’artisanat de petite échelle jouiraient d’« équipements nécessitant des investissements ». Mais les choses s’aggravent avec le troisième niveau, qui fournit à ses petits paysans, commerçants et artisans des « services publics de base, non privatisables : accès à l’eau, à l’énergie disponible, à l’éducation, à la culture, aux transports en commun, à la santé, à la sécurité des personnes. »

Si on appliquait à la France le projet de Bruno Clémentin et Vincent Cheynet, il faudrait fermer un grand nombre d’entreprises, renvoyer des millions de salariés à leur campagne et ateliers artisanaux, mais garder quand même une infrastructure industrielle et une large main d’œuvre salariée pour alimenter tout ce petit monde en services publics de qualité. D’un côté, on ampute allègrement le potentiel productif de l’économie - mais, de l’autre, on exige de cette économie exsangue qu’elle dispense des services publics aux quatre coins de nos campagnes repeuplées !

Cette contradiction, caractéristique d’un mode de pensée utopique, ressurgit sans cesse sous la plume de nos deux candidats aux joies de l’économie locale. Prenons un exemple parmi tant d’autres. On nous assure que, sur la base d’une économie « décroissante », nous aurions accès à la santé. Tant mieux. La santé, cependant, suppose notamment des hôpitaux, des centres médicaux, etc, vers lesquels un malade puisse se rendre rapidement. Or, on apprend que « les véhicules à moteur à explosion seraient condamnés à disparaître. Ils seraient remplacés par la marine à voile, le vélo, le train, la traction animale. » Pour les malades que leur état de santé ne dispose pas à se déplacer sur une bicyclette, sur un chariot tiré par des bœufs ou sur un catamaran, il reste le train. Le problème, c’est que jusqu’à présent, les lignes ferroviaires ne desservent que les principaux axes du pays, les habitants des très nombreuses petites communes rurales se contentant d’utiliser les « véhicules à moteur à explosion ». Mais dans le monde que Bruno Clémentin et Vincent Cheynet appellent de leurs vœux, ceux-ci ont disparu. Il faudra donc élargir considérablement, soit le réseau ferroviaire, soit le réseau hospitalier (soit les deux). En résumé, s’ils voulaient tenir leurs promesses en matière de santé publique, les « décroissants » seraient obligés de lancer le pays passablement désindustrialisé dans... de grands travaux - et pas des moindres.

Il s’agit là d’un exemple assez trivial, mais ce type de contradiction est monnaie courante dans les écrits des « décroissants ». Au fond, elle exprime le caractère complètement abstrait et utopique de leur construction théorique. Ils ne se soucient nullement d’appuyer leur « programme » sur telle ou telle force sociale réelle. Ils s’adressent à la bonne conscience des citoyens « en général », à leur intelligence, en espérant que la graine des vérités qu’ils diffusent finira par germer. Leur problème, en effet, c’est que ni la classe capitaliste, ni le salariat - les deux forces essentielles de la société - ne peuvent s’identifier à un tel programme, qui est à l’antipode de leurs intérêts.

Pour les capitalistes, le développement économique et la concentration du capital sont indispensables : leur course au profit en dépend. Pour les salariés, la « décroissance » signifierait une régression majeure de leur niveau de vie. Voilà ce qu’on trouve dans le programme « décroissant », entre autres envolées « humanistes » : « Le réfrigérateur serait remplacé par une pièce froide, le voyage aux Antilles par une randonnée à vélo dans les Cévennes, l’aspirateur par le balai et la serpillière, l’alimentation carnée par une nourriture quasiment végétarienne, etc. » La liste n’étant apparemment pas exhaustive, on craint le pire !

« C’est le prix à payer », nous expliquent en quelque sorte Clémentin et Cheynet. C’est ça ou la mort certaine. En effet, leur analyse de la situation et des perspectives écologiques conclue à la catastrophe imminente et inévitable, sous quelque système politique et économique que ce soit, si nous n’entrons pas très vite dans la « décroissance ».

Pour y parvenir, les « décroissants » en appellent d’abord au bon sens de chacun d’entre nous, à notre bonne volonté, mais dressent aussi quelques perspectives politiques en ce qui concerne la révolution décroissante. Dans ce domaine, la situation est assez sombre, comme l’expliquent bien nos deux professeurs dans le passage suivant : « L’écologiste millionnaire et conservateur Edward Goldsmith avance qu’en réduisant de 4% par an et pendant 30 ans la production et la consommation, nous aurions une chance d’échapper à la crise climatique " avec un minimum de volonté politique. " [...] La réalité sociologique est tout autre. Même les riches des pays riches aspirent à consommer toujours plus. Et ce n’est pas " un minimum de volonté politique " qui serait nécessaire si un groupe désirait conduire cette politique d’en haut, mais bien un pouvoir totalitaire. Celui-ci aurait toutes les peines à contrer une soif sans fin de consommation attisée par des années de conditionnement à l’idéologie publicitaire. A moins de rentrer dans une économie de guerre, l’appel à la responsabilité des individus est la priorité. Les mécanismes économiques conduits par le politique auront un rôle fondamental à jouer, mais demeureront secondaires. Le tournant devra donc s’opérer " par le bas " pour rester dans la sphère démocratique. »

La menace est claire. On nous dit : « soit vous vous pliez aux joies humanistes de la décroissance, soit il faudra une dictature. » En effet, les faux frais d’une dictature ne valent-ils pas mieux que l’auto-destruction à coup sûr ? La « réalité sociologique » est montrée du doigt : tout le monde veut consommer ; les travailleurs comme les patrons veulent garder leurs maudits privilèges. La société devra donc peut-être subir l’électrochoc d’un pouvoir fort, trônant au dessus des classes sociales, pour « remettre de l’ordre ». A leur façon, les « décroissants » expriment la tendance bonapartiste qui parcourt l’histoire politique des classes moyennes.

La menace écologique et climatique Les « décroissants » estiment que nous allons tout droit vers la destruction générale si nous ne faisons pas baisser nettement et au plus vite le PIB mondial. Selon eux, soit on reconstitue le « capital naturel » (énergétique) détruit au fur et à mesure, soit on meurt tous à coup sûr. En effet, « imaginer que l’humanité a les moyens de coloniser d’autres planètes relève du délire. Les distances dans l’espace sont hors de portée de nos technologies. Pour faire des sauts de puce dans l’espace, nous gaspillons inutilement des quantités gigantesques de ressources précieuses. » Et si, malgré les « sauts de puce », les capitalistes étaient capables d’importer de l’énergie à partir d’autres planètes, on est d’ailleurs prévenu : « si nous pouvions ramener sur terre et de façon rentable une ressource énergétique extra-terrestre, cela aurait pour conséquence une nouvelle dégradation écologique. » En effet, « l’arrivée d’une nouvelle ressource énergétique ne ferait qu’amplifier les changements climatiques » du fait de l’inévitable pollution qu’elle entraînerait.

Il fallait s’attendre à ce que, privé de « véhicules à moteur à explosion », l’homme soit aussi privé de navettes spatiales, fusées, satellites et autres fleurons de la technologie moderne. Mais il faut surtout remarquer que la conquête spatiale est présentée (avant d’être rejetée) comme la seule alternative à la situation actuelle. Ni le socialisme ni aucune autre forme d’organisation sociale susceptible d’augmenter ou de maintenir la capacité productive actuelle ne sont évoqués. Or c’est pourtant là qu’est tout le problème. Les catastrophes écologiques et les menaces climatiques qui pèsent sur notre planète ne peuvent être évaluées indépendamment du système économique et social dans lequel elles ont lieu.

La menace écologique est fondamentalement le fait du système capitaliste. Pour accroître leurs marges de profits, gagner tel marché ou mettre la main sur telle source de matière première, les capitalistes ne s’embarrassent ni de principes sociaux, ni de principes écologiques. En fin de compte, ils polluent la planète pour les mêmes raisons qu’ils bombardent l’Irak ou licencient des milliers de salariés : pour accroître la rentabilité de leur capital. Pourquoi des tonnes d’hydrocarbures sont-ils constamment rejetés au large de nos océans ? Parce que cela coûte moins cher qu’un recyclage non polluant. Pourquoi l’Amazonie subit-elle une déforestation massive, au risque de graves conséquences écologiques ? Essentiellement pour accroître les profits des multinationales qui exploitent le bois. Et ainsi de suite.

Dans le cas des émissions de CO2, qui sont probablement responsables du réchauffement de la planète, le problème se pose dans les mêmes termes. La plupart des grandes puissances dépendent largement des énergies fossiles (pétrole, gaz, etc.), dont la combustion émet de grandes quantités de CO2. Pour s’en passer ne fut-ce que partiellement, elles devraient réaliser d’énormes investissements dans des industries énergétiques alternatives. Or, la concurrence est telle, dans le système capitaliste, que de pareils investissements désavantageraient les capitalistes qui les réaliseraient par rapport aux capitalistes qui se contenteraient de continuer d’exploiter l’industrie existante. La course au profit et la lutte pour des marchés poussent donc les dirigeants des grandes industries énergétiques à continuer d’exploiter les réserves fossiles. Certes, elles ne tarderont pas à s’épuiser et leur combustion constitue une menace écologique. Mais la bourse, elle, n’est pas sensible à de tels arguments. Or, dans le système capitaliste, c’est avant tout elle qui décide.

Dans la mesure où il n’y a pas de limite absolue aux progrès des sciences et de la technologie, le potentiel énergétique dont nous disposons est lui aussi illimité. Aux énergies « renouvelables » (énergie des marées, énergie solaire, éolienne, etc.) s’ajoute l’énergie atomique. Si celle-ci est aujourd’hui une grave source de pollution, c’est parce que les capitalistes ne veulent pas rogner sur leurs marges de profits en investissant dans un traitement sérieux des déchets radioactifs. D’un point de vue scientifique, cependant, rien ne permet d’affirmer que l’exploitation de l’énergie atomique ne puisse pas se réaliser de façon à n’impliquer ni pollution, ni risque de catastrophe nucléaire. En d’autres termes, la pollution et les différents risques liés à l’industrie énergétique reposent, non sur la « croissance », mais sur les mécanismes fondamentaux du capitalisme. Par conséquent ils ne disparaîtront que lorsque ce système lui-même sera renversé. Seule une planification rationnelle et démocratique de l’industrie et des ressources énergétiques permettra de concilier le développement de l’appareil productif avec l’équilibre écologique de la planète.

Croissance et « décroissance » Dans Le Monde Diplomatique du mois de novembre, l’un des chefs de file des « décroissants », Serge Latouche, reconnaît que la perspective d’une récession prolongée n’est pas propre à susciter l’enthousiasme des salariés, des jeunes et des chômeurs. Aussi s’empresse-t-il de préciser - à la différence ses amis Cheynet et Clémentin - que « décroissance » ne signifie pas nécessairement récession. Il écrit, en effet, que la « décroissance n’est pas la croissance négative ». Et c’est bien heureux, ajoute-t-il, car « on peut imaginer quelle catastrophe serait un taux de croissance négatif ! »

On pourrait faire remarquer qu’il n’y a pas besoin de « s’imaginer » quoi que ce soit, le système capitaliste ayant largement montré, au cours de son histoire, quels sont les effets d’une récession sur l’emploi, les salaires, etc. Mais le plus intéressant, c’est ce qu’il entend par « décroissance », après avoir écarté l’idée de récession. Selon lui, la « décroissance » se met en place, notamment, grâce à « la remise en question du volume considérable des déplacements d’hommes et de marchandises sur la planète, avec l’impact négatif correspondant (donc une relocalisation de l’économie) ».

Quiconque a joué au jeu du Mikado sait bien qu’il est impossible d’enlever certains bâtonnets sans faire tomber tout l’édifice. C’est pourtant ce que s’efforce de faire Latouche. Dans le cadre du capitalisme (que Latouche ne remet jamais en cause), une diminution des « volumes de déplacements d’hommes et de marchandises » signifierait un affaiblissement correspondant des exportations et des importations, c’est-à-dire du commerce mondial. Or, le dynamisme économique du capitalisme repose, pour une bonne part, sur le dynamisme du commerce mondial lui-même. Par conséquent, la première conséquence de la mesure que propose Latouche serait une « croissance négative » du PIB mondial. Chassée par la porte, la récession revient immédiatement par la fenêtre !

Ce n’est pas la première fois que Le Monde Diplomatique publie des articles dans lesquels, sous couvert de préoccupations sociales ou écologiques, leurs auteurs font l’apologie de l’économie locale. Or, il s’agit là, encore une fois, d’une idée complètement réactionnaire. La mondialisation de l’économie, loin d’être un problème, constitue une prémisse fondamentale du socialisme, lequel est complètement inconcevable sur la base de petites économies locales. Le fait est, par contre, que le capitalisme a depuis longtemps atteint ses limites historiques, qu’il est incapable de faire progresser le niveau de vie de la vaste majorité de la population mondiale, et que, pour se survivre, il doit renforcer sa pression sur les salariés et piller toujours plus les ressources des pays sous-développés.

Loin de réduire la production, une organisation socialiste de la société aurait pour résultat de libérer les forces productives des chaînes d’un capitalisme en plein déclin. Elle donnerait une puissante impulsion à l’économie, ce qui ouvrirait la perspective d’une diminution progressive et indéfinie du temps de travail. Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, l’accès à une éducation de qualité se généraliserait. Le racisme, le fanatisme religieux et tous ces fléaux qui reposent, en dernière analyse, sur la misère que génère le système capitaliste, disparaîtraient. La science, les arts et la philosophie cesseraient d’être le monopole des classes dirigeantes pour devenir un bien collectif que tout le monde pourrait enrichir. L’humanité se débarrasserait enfin du fardeau du besoin matériel. En ce sens, comme le disait Marx, le communisme constituera le véritable commencement de l’histoire humaine.

Jérôme Métellus, Paris, le 01 décembre 2003

www.lariposte.com

BP 80378, 75869 Paris CEDEX 18



Imprimer cet article


Commentaires de l'article
> La "décroissance soutenable", une utopie réactionnaire.
22 février 2005 - 18h00

Pour être plus socialiste, il nous faut être plus mondialisé dis-tu ?

Et puis pourquoi pas voter OUI au référendum pour être plus libre de l’être moins.

La relocalisation est une forme de récession d’après toi et tu nous parles du mikado de l’économie.

Mais as-tu essayé de faire une omelette sans casser d’oeuf ? Bon appétit, et ne t’étonnes pas si tu as faim.

Après tout, un peu de récession, pourquoi cela ferait-il du mal ? A quoi sert toute cette croissance ? Elever des poulets en batterie, dans l’horreur la plus infame pour payer pas cher, et avoir plus d’argent pour un lecteur DVD. Voilà ce monde. Et ton monde socialiste libéralisé, il est pour le poulet ou pour le DVD ?

Je vois en la décroissance la joie que je n’ai plus à acheter un DVD. Cesser de courir, éteindre sa télé, et ne plus faire les magasins pour le fun. C’est moins de croissance c’est sur.. Mais lire un livre, faire du vélo, prendre un bain et attendre , c’est nettement mieux. A chacun sa façon de décroire. Mais ton mode mondialisé, qu’il soit libéral ou socialiste, pffff.
J’écoutais une chanson, pas plus tard que 10 minutes :
Je ne veux plus de ton butin
Car j’ai cessé d’être une putain.
J’ai la guerre en moi,
Il faut la guerre en eux.



> La "décroissance soutenable", une utopie réactionnaire.
22 février 2005 - 19h52 - Posté par

Ce sujet soulève toujours de graves tensions. Visiblement, quand les travailleurs osent critiquer les théoriciens intellectuels, ils sont mal vus, et violement critiqué.

Moi perso, je suis content d’acheter un DVD, je suis content de pouvoir acheter par internet mon dernier CD de musique, et je suis surtout content de vivre dans ce monde, de santé, et de pluralité. Le système décroissant (poussé à l’extrème), ne me semble pas trop laisser d’autre alternatives. Le système socialiste, lui, laisse la possibilité à chacun de vivre pleinement, et surtout de produire mieux. Car dès qu’on ne produit plus pour le profit immédiat, alors on peut penser à choisir une voie moins destructrice de l’environnement.

Mais c’est vrai qu’Adam et Eve vivaient d’amour et d’eau fraiche... dommage que ce soit la bible qui le dise. ;)


> La "décroissance soutenable", une utopie réactionnaire.
23 février 2005 - 09h31 - Posté par

Le socialisme c’est la liberté pour tous d’accéder au superflux. Au fait camarade, combien d’années de cotisation sociale sur la base du SMIG ?
Si tu vis dans ce monde si idylique (consommer des biens à la portée du travailleur occidental européen) c’est bien que quelque part ailleurs pour le prix d’un CD et d’un abonnement à Internet, tu fait bouffer une famille durant un mois.
Et la réciproque est vraie ; si tu peux consommer du superflux ; c’est parceque quelque part un autre est privé de l’essentiel.
Notre bien être social, nos acquis sociaux, notre utopie d’accés à la consommation "égalitaire" facteur de paix sociale, n’est d’autre que le fruit de l’accumulation du capital . Cette accumulation du capital ne s’est pas faites que sur la sueur des prolétaires occidentaux ; elle s’est surtout constituée sur le pillage de millions de paysans pauvres que compte le reste de l’humanité.
Maintenant, si la question que tu te pose est pourquoi être obligé d’avoir un travail salarié, si ce n’est pour aquérir des biens de consommation ; tu es peut-être sur la bonne voie, camarade.
Johan de Dina.
Barbet do Comtat de Nissa. OC.


> La "décroissance soutenable", une utopie réactionnaire.
22 février 2005 - 20h42

Non seulement le capitalisme empoisonne et appauvrit la planète, mais il produit les mêmes effets sur une part croissante de l’Humanité.

Et le libéralisme fonctionne comme une écluse : quelle que soit le dgré d’ouverture des portes, toute l’eau va passer.
Ce n’est qu’une question de temps !



> La "croissance soutenable", une utopie réactionnaire et mortelle.
26 février 2005 - 10h39

De toutes façons on n’aura pas le choix !

seul le socialisme pourra éviter guerres famines et chaos ! A condition de s’y préparer intellectuellement et politiquement !

voir le site :

[- < http://perso.wanadoo.fr/coordinatio...]



> La "croissance soutenable", une utopie réactionnaire et mortelle.
26 février 2005 - 10h45 - Posté par
> La "décroissance soutenable", une utopie réactionnaire.
28 février 2005 - 20h36

Cet article a déjà fait l’objet d’une discussion, aussi bien sur des sites décroissants que sur le site de la Riposte. Il sera peut-être utile de prendre connaissance des débats alors entamés pour que ce nouveau fil puisse apporter des développements inédits (à défaut d’être durables, arf, arf...)

Démarrage ici :

http://zecc.free.fr/phpbb2/viewtopi...

Continuation là :

http://ymax.free.fr/forum/viewtopic...






Gilets jaunes : un acte 45 réussi ? L’avis de Faouzi Lellouche (vidéo)
dimanche 22 - 02h22
de : nazairien
3 commentaires
Marche du 21 sept à Paris : 1 km et lacrymos |
samedi 21 - 20h12
de : Christian DELARUE
Gilets-Jaunes - Acte 45 - Dès ce matin mobilisation massive à Paris !
samedi 21 - 11h21
de : joclaude
C3H8NO5P
vendredi 20 - 20h51
de : L’iena rabbioso
LIBERTE POUR VINCENZO VECCHI
vendredi 20 - 18h39
La liste des 11 membres du gouvernement à avoir « oublié » des biens dans leur déclaration de patrimoine
vendredi 20 - 17h20
de : joclaude
La France équipe les troupes égyptiennes soupçonnées d’exactions dans le Sinaï
vendredi 20 - 14h11
de : joclaude
2 commentaires
TROIS QUESTIONS À CORINNE MOREL DARLEUX à propos de PLUTÔT COULER EN BEAUTÉ QUE FLOTTER SANS GRÂCE
jeudi 19 - 09h40
de : Ernest London
1 commentaire
Climat : comment les syndicats préparent-ils la grève du 20 septembre ?
jeudi 19 - 08h46
1 commentaire
D’aucun devrait apprendre que nous vivons un monde Multipolaire et non plus unipolaire !
mercredi 18 - 17h02
de : joclaude
Assez cautionné le « dialogue social » bidon avec le gouvernement et ses représentants !
mercredi 18 - 13h26
de : Jodez
3 commentaires
Urgence pour l’Hôpital ! Urgence totale des luttes sociales !
lundi 16 - 22h07
de : Lepotier
ACTE 44 des Gilets Jaunes : Les BRUTES de macron à l’oeuvre ! (video)
lundi 16 - 19h17
de : joclaude
2 commentaires
Les "affaires" en régime macronien ! Vertueuse prédiction : Plus jamais ça ?
lundi 16 - 11h59
de : joclaude
2 commentaires
Venezuela : les très gênantes photos de Guaidó en compagnie des narco-paramilitaires colombiens
lundi 16 - 10h45
de : Olivier Arendt
Les sous-traitants du nucléaire en grève le 18 septembre contre le dumping social
lundi 16 - 08h11
DÉCÈS D’UN TORTIONNAIRE EN ALGÉRIE.
dimanche 15 - 15h17
de : Transmis par Nuits de septembre 1965
Que la Terre nous sauve.
samedi 14 - 13h27
de : L’iena rabbioso
1 commentaire
Mesures Buzyn, c’est du Coluche : Dites nous ce dont vous avez besoin, nous vous dirons comment vous en passer (vidéo)
samedi 14 - 13h12
de : nazairien
1 commentaire
MANIFIESTA 2019 - C’est l’heure de l’mettre !
samedi 14 - 11h47
de : Hdm
Patrick Balkany, proche de Sarkozy, condamné à 4 ans de prison ferme et incarcéré (vidéo Verdi)
vendredi 13 - 16h16
de : nazairien
10 commentaires
Les corbeaux , les vautours en passe de disparaître ?
jeudi 12 - 20h12
de : joclaude
1 commentaire
Réaction de LFI après la diffusion des images de Quotidien sur le jour des perquisitions (video)
jeudi 12 - 12h38
de : LFI
40 minutes d’images cachées : le coup monté médiatico-judiciaire contre LFI (video)
jeudi 12 - 08h57
de : L’Ère du peuple
1 commentaire
Je suis prêt ! « Et ainsi de suite… »
jeudi 12 - 08h44
de : Jean-Luc Mélenchon
FÊTE DE L’HUMANITÉ 2019
jeudi 12 - 08h41
de : Info’Com-CGT
Grèce : l’expérience autogestionnaire des Viome menacée
jeudi 12 - 08h04
Le Val-de-Marne, premier département de France à bannir le glyphosate
mercredi 11 - 09h40
de : Agnès Vives
2 commentaires
Perquisition chez Mélenchon... Un autre son de cloches (video)
mercredi 11 - 09h01
11 Septembre 1973 : LES DERNIÈRES PAROLES DE SALVADOR ALLENDE (video)
mercredi 11 - 07h51
de : Roberto Ferrario
2 commentaires
Samedi 14 septembre 2019, les éditions Noir et Rouge présentent le second tome de La CNT dans la révolution espagnole de
mardi 10 - 22h09
de : Frank
UNE JUSTE COLÈRE - Interrompre la destruction du monde
mardi 10 - 13h55
de : Ernest London
1 commentaire
Le RN face à la destruction sociale
mardi 10 - 12h08
de : Christian DELARUE
3 commentaires
Toute la macronnerie : Menteuse ! La Révolution est permanente !
lundi 9 - 15h44
de : joclaude
4 commentaires
Gaspard Glanz (journaliste), à nouveau inquiété par la flicaille, ridiculise ces flics(quettes) (vidéo)
lundi 9 - 13h59
de : nazairien
Thales : petits meurtres entre amis, ou la politique des bâtons dans les roues
lundi 9 - 11h26
de : Bertrand F
Au moins 2000 gilets jaunes convergent à Montpellier pour leur rentrée
dimanche 8 - 15h42
2 commentaires
arret de la grêve de Petit Jean
samedi 7 - 12h32
de : promedic
"Opération Aéroport de Paris" : L’initiave citoyenne en action, dans le var (vidéo)
samedi 7 - 00h50
de : nazairien
Plan et marché à Cuba des années 1960 à aujourd’hui
vendredi 6 - 13h47
de : P. Del Castillo
2 commentaires

accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

L'histoire c'est la passion des fils qui voudraient comprendre les pères. Pier Paolo Pasolini
Info Com-CGT
Facebook Twitter Google+
DAZIBAO
FÊTE DE L’HUMANITÉ 2019
jeudi 12 septembre
de Info’Com-CGT
Cette année encore notre syndicat participera à la Fête de l’Humanité les 13, 14 et 15 septembre à La Courneuve. Cet événement est à la fois un moment de débats politiques, syndicaux et sociaux, mais également des moments de partages entre camarades. C’est pour notre syndicat une manifestation grâce à laquelle nous pouvons faire connaître les combats que nous portons, rencontrer des salarié.es de nos secteurs d’activité et d’autres, échanger et approfondir des (...)
Lire la suite
11 Septembre 1973 : LES DERNIÈRES PAROLES DE SALVADOR ALLENDE (video)
mercredi 11 septembre
de Roberto Ferrario
2 commentaires
Mes amis, C’est certainement la dernière fois que j’aurai à m’adresser à vous. La force aérienne a bombardé les tours de Radio Portales et de Radio Corporación. Mes paroles ne sont pas marquées d’amertume mais de déception, et seront le châtiment moral de ceux qui ont trahi leur serment : les soldats du Chili, les commandants en chef titulaires et l’amiral Merino, qui s’est promu lui-même, sans oublier Monsieur Mendoza, général perfide qui, hier encore, (...)
Lire la suite
(video) LE SYNDICALISTE GAËL QUIRANTE EN GARDE A VUE. RASSEMBLEMENT DES 12H30
lundi 17 juin
de Roberto Ferrario
1 commentaire
LE RASSEMBLEMENT POUR GAËL AURA LIEU AU COMMISSARIAT DU 15e 250 RUE DE VAUGIRARD (Métro Vaugirard) aujourd’hui lundi 17 juin dès 12h30 Venez nombreux et faites tourner !! "On était au siège de La Poste pour négocier, la police a débarqué en mode Shining, à la hâche. Ils accusent T3s GaelQuirante de dégradations : mais c’est eux qui ont démoli les portes !" Gaël Quirante a été emmené en GAV ce dimanche, à 6h. "On était à deux doigts de signer un accord après un an de grève. (...)
Lire la suite
Présentation-débat « Le président des ultra-riches » Jeudi 4 juillet 2019 de 18:30 à 21:00
mardi 4 juin
de Roberto Ferrario
Pour des raisons de disponibilités de Monique Pinçon-Charlot nous sommes contraints de décaler la rencontre débat prévue initialement le jeudi 20 juin au jeudi 4 juillet à 18h30. Excusez nous pour cet imprévu et espérons que vous pourrez venir à cette nouvelle date. Monique Pinçon-Charlot (sociologue de la grande bourgeoisie) nous fait l’honneur de venir présenter son dernier ouvrage "Le président des ultra-riches". Un livre passionnant qui enquête sur la dérive oligarchique du (...)
Lire la suite
En mémoire de Marceline Lartigue 10/11/1961 - 28/04/2018
mercredi 30 mai
Le but de cet page est de récolter le maximum de souvenirs de Marceline, tout les contributions sont les bienvenues (photos, vidéos commentaires, pensée etc. etc.), et permettre doucement de faire passer ces moments si difficiles, merci https://www.facebook.com/MARCELINELARTIGUE.ORG
Lire la suite
Marceline Lartigue : une femme, une artiste flamboyante
mardi 8 mai
de Raphaël de Gubernatis
Marceline Lartigue, qui vient d’être victime d’une rupture d’anévrisme à la veille des défilés du 1er mai, à Paris, avait une beauté d’une autre époque. Éclatante et pulpeuse, un peu à la façon de Brigitte Bardot dans son jeune temps. Et avec cela un chic extraordinaire pour se vêtir, une élégance toute théâtrale dont elle était sans doute la première à s’amuser, même si elle devait être parfaitement consciente de l’effet de ses tenues si recherchées dans (...)
Lire la suite
Adieu Marceline
lundi 7 mai
de Nicolas Villodre
Une cérémonie aura lieu lundi 7 mai à 13h30 au crématorium du Père Lachaise à Paris. Marceline Lartigue est partie avec le froid d’avril, samedi 28, victime d’une rupture d’anévrisme. Elle était danseuse, chorégraphe, militante de gauche depuis toujours, de père (Pierre Lartigue) et mère (Bernadette Bonis) en fille. L’attaque l’a prise, en plein mouvement, en pleine rue. Son compagnon Roberto Ferrario l’a vue tomber devant lui « pendant la diffusion de (...)
Lire la suite