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Lectures de l’été. 1934 : La Révolution asturienne
de : Antoine (Montpellier)
jeudi 26 juillet 2012 - 23h14 - Signaler aux modérateurs
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L’histoire ne se répète pas mais le fil rouge de la révolution, cassé parfois tragiquement, parvient cependant, tant bien que mal, à se renouer. L’actuelle grande mobilisation des mineurs des Asturies contre le plan d’austérité du gouvernement semble retrouver le fil de la révolution de 1934, qui éclata dans cette région, par-delà une dictature terroriste et une démocratie dominée par le syndrome de la bien nommée Transition et faisant payer au centième sur le plan social le gain politique de la fin du franquisme. Retour sur cette belle mais tragique histoire du mouvement ouvrier de l’Etat espagnol qui doit servir à éclairer le présent sans pour autant faire oublier que la défaite de 1934 comme celle de 1936-39 ont remodelé durablement les rapports de force sociaux et politiques dans une société qui, par ailleurs, n’a plus grand chose à voir avec cette époque passée.

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Les événements de l’Octobre asturien ont été précédés par une période de près d’une année de lutte des classes exacerbée. Rappelons que, sur le plan international, 1933 correspond à l’ascension d’Hitler au pouvoir en Allemagne et la répression du mouvement ouvrier autrichien qui culmine avec l’écrasement de l’insurrection de Vienne dirigée par les sociaux-démocrates. Ces deux défaites ont eu un impact profond sur le mouvement ouvrier européen et sur ses organisations, y compris en Espagne comme nous le verrons.

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1933-1934 : Offensive de la réaction

Pendant l’été 1933, la crise économique qui frappe l’Etat espagnol connaît une nouvelle aggravation. Le gouvernement républicain-socialiste entame quant à lui le compte-à-rebours de son existence après avoir frustré les espérances des masses pendant deux ans. C’est cette frustration qui a permis la victoire électorale de la CEDA (1) le 19 novembre 1933 au cours d’élections qui ont connu un taux d’abstention de 32%, en grande partie à l’appel de la CNT (2). La déroute électorale de la gauche représente le point de départ d’une nouvelle étape au cours de laquelle la bourgeoisie va se consacrer à éliminer, une par une, toutes les conquêtes partielles obtenues par les travailleurs pendant les deux premières années du régime républicain. A partir de décembre 1933, alors que les forces de l’ordre répriment avec brutalité les travailleurs, le nouveau gouvernement de droite se montre par contre largement permissif face aux agressions des forces fascistes, en plein développement, allant même jusqu’à amnistier le général Sanrurjo et d’autres officiers qui avaient tenté un coup d’Etat (déjà !) contre le gouvernement socialiste républicain précédent.

L’un des objectifs prioritaires de la droite est de liquider la timide réforme agraire entamée par le gouvernement républicain. C’est chose faite au cours de l’hiver 1933 et du printemps 1934 grâce à sa majorité parlementaire. Cette liquidation impliquait, entre autres, l’expulsion de 28.000 familles de paysans pauvres de leurs terres récemment acquises.

Ce gouvernement réactionnaire était principalement constitué par les ministres du parti radical bourgeois de Lerroux. N’y participent donc pas directement les représentants de la CEDA. Ce n’est que le 4 octobre 1934, après la crise du gouvernement Samper, que trois membres de la CEDA entrent dans le cabinet ministériel. Cette entrée est le détonateur de l’Octobre 34 ; la CEDA était l’aile la plus réactionnaire de la classe dominante, elle représentait alors la contre-révolution pure et dure et défendait sans masque les intérêts des grands propriétaires terriens. Tout cela, les travailleurs le savaient parfaitement et ils assimilaient un possible gouvernement CEDA avec la fin de la République et l’instauration d’un régime similaire à celui que subissaient les peuples allemand et autrichien.

Croissance de la lutte

Les mois qui précèdent la révolution asturienne connaissent, en réaction aux attaques gouvernementales que nous avons évoquées, d’importantes mobilisations ouvrières. Tout au long de l’année 1933 il y a eu 1.127 grèves. Paradoxalement, ce chiffre tombe à 594 en 1934, l’année des luttes les plus intenses (3). Mais le paradoxe n’est qu’apparent car le nombre total de grévistes n’a pas diminué pour autant : il est passé de 843.303 en 1933 à 741.848 en 1934. Cette année-là les conflits se sont déplacés vers des entreprises et des secteurs comptant sur une plus grande concentration ouvrière. De plus, les chiffres de 1934 ne reprennent pas ceux relatifs à la participation ouvrière dans les journées d’octobre, ni ceux de la grève générale paysanne de juin, ni enfin, ceux des grèves ayant “de clairs objectifs politiques”.

Dès le 8 décembre 1933, une insurrection anarchiste a eu lieu dans l’Aragon et la région de Rioja ainsi que dans quelques localités isolées d’Extrémadure et de Catalogne. Ces insurrections, conçues selon la stratégie des desesperados de la FAI (4) ont été rapidement écrasées et ont représenté un coup très dur pour la Confédération anarchiste(CNT). Au Pays-Basque, plusieurs grèves sont déclenchées le 20 janvier et le 13 février 1934 pour empêcher la tenue de meetings de la droite et pour protester contre la répression gouvernementale. A partir du 5 avril, la grève générale touche Saragosse tandis que Madrid connaît des grèves dans la métallurgie et une grève générale le 22 avril en protestation contre un rassemblement des JAP (les jeunesses de la CEDA, de caractère clérical-fasciste) à l’Escurial. Le 30 août, toujours à Madrid, l’assassinat du jeune militant communiste Joaquin Grado provoque une manifestation de près de 70.000 personnes. Finalement, les 8 et 9 septembre, à Madrid et dans les Asturies se développent des grèves générales en réponse à la marche des grands propriétaires terriens catalans sur la capitale appelée par la CEDA ainsi que contre la tentative avortée d’une concentration des JAP à Covadonga (Asturies).

Il est important de souligner l’attitude des travailleurs agricoles dans ce contexte car la question paysanne a été non seulement l’une des clés de la déroute de la révolution espagnole en général, mais également dans la défaite de l’insurrection d’octobre 34. Au printemps 1934, la Fédération Nationale des Travailleurs de la Terre (affiliée au syndicat socialiste UGT) de Tolède propose une grève durant la période de récolte si le patronat ne réagit pas face au chômage agricole. La proposition de Tolède est reprise par la direction nationale de la Fédération qui y ajoute une plateforme de cinq points. Mais lorsque la direction de l’UGT, contrôlée par le leader socialiste Largo Caballero, donne son accord à la grève, elle se refuse à organiser la solidarité, sous le prétexte que ce type “d’escarmouches” ne fait qu’affaiblir les forces du mouvement ouvrier en vue de la future insurrection.

Malgré ces réticences, la Fédération des Travailleurs de la Terre décrète finalement la grève générale paysanne qui est amplement suivie en Castille et en Andalousie où elle se prolonge même quinze jours de plus. Les paysans, sans l’appui de l’UGT, combattent donc seuls. Le résultat de cet isolement est éloquent : 13 morts, 10.000 arrestations et le démantèlement de la Fédération. Fin juin, il était clair qu’après une telle déroute, les paysans ne pourraient plus se mobiliser lorsque ce sera nécessaire afin d’appuyer les ouvriers. La bureaucratie syndicale social-démocrate ne pouvait être plus cynique ni œuvrer au mieux contre l’alliance ouvrière-paysanne dans un pays où 70% de la population est rurale. (5)

L’alliance et les partis de classe

La terrible défaite due à la victoire d’Hitler en Allemagne et la répression exercée par Dolfuss en Autriche a éveillé dans la classe ouvrière espagnole le sentiment de la nécessité d’une d’autodéfense armée face à la menace fasciste incarnée par le leader de la CEDA, Gil Robles. Cette prise de conscience s’est logiquement exprimée à travers une pression accrue des travailleurs envers leurs différentes directions afin d’aboutir à l’unité d’action ouvrière. Cette pression pour l’unité s’est ainsi forgée dans la dynamique des mobilisations ouvertes depuis la moitié de l’année 1933. Instinctivement, les travailleurs comprenaient que l’unité était la seule manière de stopper la marche en avant de la réaction. Les Alliances Ouvrières ont été le résultat concret de cette pression. “Par leur origine tout comme par leur rapide développement, les Alliances Ouvrières ont représenté la réponse organisée du prolétariat espagnol face à la possibilité de subir la même répression que celle qui s’était abattue sur la classe ouvrière allemande après l’arrivée au pouvoir de Hitler en 1933 et celle qu’avait déclenchée à Vienne le chancelier Dolfuss, ces deux événements ayant eu un écho considérable dans la péninsule”(6).

Ces Alliances ont été les instruments de l’insurrection asturienne. Mais elles étaient avant tout des organes du front unique ouvrier. Telle qu’elles étaient définies dans les pactes entre organisations ouvrières, elles répondaient en général à la tradition du Front unique qui avait marqué les IIIe et IVe Congrès de l’Internationale Communiste en 1921 et 1922. Si les Alliances ouvrières, dans les faits, ne se sont ensuite pas tout à fait ajustées au modèle classique, c’est parce que dans la majorité des cas il manquait les organismes unitaires de base qui devaient compléter les accords des directions.

En Catalogne, le Pacte de l’Alliance ouvrière s’est réalisé en décembre 1933 et a été souscrit par l’UGT, le PSOE (le parti socialiste) ; l’USC de Joan Comorera, la Gauche Communiste, différentes organisations syndicales en opposition avec la ligne officielle de la CNT, le Bloc Ouvrier et Paysan et l’Union des Rabassaires (viticulteurs catalans). Dans les Asturies, l’Alliance ouvrière doit son origine au pacte de collaboration de mars 1934 entre socialistes et anarchistes, finalement ratifié au mois de septembre. En Catalogne, le pacte a été ratifié sous cinq conditions : 1) l’arrêt des hostilités mutuelles entre les organisations souscrivantes ; 2) l’oubli des préjudices reçus les uns des autres ; 3) que l’Alliance se construise non pas par la base, mais par le sommet ; 4) que chaque organisation concrétise réellement sa volonté du front unique et 5) que chacun soit disposé à faire aux autres les plus grandes concessions “ (7). Le pacte de l’Alliance ouvrière impliquait en outre la rupture des organisations signataires avec les organisations bourgeoises (8). En tant qu’accords exprimant le front unique, tout en garantissant l’unité d’action nécessaire, “cela n’obligeait pas les organisations signataires à abandonner leur positions idéologiques respectives“. (9) Chaque Alliance ouvrière régionale formait un comité exécutif qui se mettait en contact avec l’Alliance ouvrière au niveau de tout l’Etat espagnol, mais cette dernière n’a jamais eu de véritable existence du fait du boycott dont elle fut l’objet de la part de la direction nationale du PSOE.

Dans le cas asturien, l’Alliance a été réalisée jusqu’à ses dernières conséquences mais sans pour autant que l’on puisse l’assimiler - comme l’ont affirmé à tort les dirigeants du POUM, le Parti ouvrier d’unification marxiste, (communiste anti-stalinien) - à l’expérience des soviets russes car elle était avant tout le produit d’un pacte entre organisations ouvrières et non un organe basé sur des conseils ouvriers d’entreprises. Elle a malgré tout réalisé des tâches de type soviétique puisque, en plus d’être un organe d’unité d’action et de propagande, elle a été le noyau organisationnel du nouvel ordre politique, économique et social. Bref, elle fut bel et bien un organe de pouvoir.

Les plus fermes défenseurs de l’Alliance ouvrière étaient les groupes de communistes dissidents du PCE ou dans sa marge ; la Izquierda Comunista (la Gauche Comuniste) menée par Andréu Nin et, fondamentalement, le BOC (Bloc ouvrier et paysan) de Joaquim Maurin qui comprenaient respectivement 800 et 5.000 militants (ces deux organisations seront à l’origine de la création du POUM). Pour Maurin, l’Alliance ouvrière était la concrétisation d’un front unique comme préalable à la constitution d’un parti révolutionnaire et à la prise du pouvoir.

En 1933, suite au bilan critique fait par le leader socialiste Largo Caballero des deux années de coalition gouvernementale républicains-socialistes, Maurin change de perspective stratégique en passant de la lutte unitaire avec le syndicalisme et la CNT à celle avec le PSOE et l’UGT. Maurin et Caballero s’accordaient à reconnaître l’incapacité de la bourgeoisie à mener sa propre révolution et leurs conclusions se résumaient, particulièrement dans le cas de Maurin, dans une stratégie proche des conceptions de la révolution permanente.

“Tournant à gauche“ des socialistes

Depuis la fin des deux années de collaboration gouvernementale entre républicains et socialistes, un tournant à gauche s’est opéré dans la social-démocratie espagnole. Comme l’écrivait Nin ; “Le Parti socialiste s’est lancé, pendant un an, dans une campagne d’agitation révolutionnaire, mais sans fixer pour autant des objectifs concrets à la lutte“. Cette radicalisation s’exprimait dans le courant dirigé par Largo Caballero et dans les Jeunesses Socialistes (JS). Ce “gauchisme caballériste“ était toutefois ambigü car, en premier lieu, il maintenait la perspective que le chemin du pouvoir consistait à attendre dans l’espoir de voir surgir une insurrection nationale tout en repoussant toutes les mobilisations et luttes partielles. Ces dernières, selon eux, au lieu de renforcer le mouvement, ne faisaient au contraire que l’épuiser inutilement. Il s’agit là en somme d’une vieille conception du PSOE, héritée de Pablo Iglesias (fondateur de la social-démocratie espagnole) et qui ne répondait en réalité qu’à l’intérêt de l’appareil du parti de ne pas être perturbé par le rythme “incontrôlé“ de la lutte de classe. C’est à cause de cette conception attentiste que, comme nous l’avons vu, la lutte paysanne du mois de juin 1934 s’est retrouvée isolée et donc battue.

Leur vision des tâches militantes à accomplir souffrait également des mêmes limites. Par exemple, pendant un an, alors que les Jeunesses Socialistes se sont préparées militairement et ont tenté d’obtenir des armes, aucun travail politique sérieux n’a été réalisé en direction des soldats. Pire, certains dirigeants socialistes ont été jusqu’à espérer qu’une partie de la hiérarchie militaire allait d’elle-même appuyer le mouvement insurrectionnel. Le prix de telles négligences et aveuglements sera payé très cher. Mais malgré ces importantes limitations, la volonté affichée du courant animé par Caballero était clairement la révolution socialiste. Pour le PSOE dans son ensemble, cela n’était pas du tout l’objectif à atteindre en octobre 1934. Tant pour le courant droitier du dirigeant Indalecio Prieto que pour celui de Julián Besteiro, il ne s’agissait que d’effectuer une simple démonstration de force dans le cadre de la “légalité” républicaine afin de freiner le cours réactionnaire du régime et de revenir à la même situation de 1931, c’est-à-dire à un régime démocratico-bourgeois plus libéral qui permettrait au PSOE de revenir au pouvoir.

Le PSOE dans son ensemble a donc boycotté l’Alliance ouvrière au niveau national précisémment parce que cela lui permettait assurer un contrôle hégémonique sur le mouvement à l’échelle des régions. C’est pour cela que Nin a pu dire que, à l’exception des Asturies et de la Catalogne où il fallait compter sur d’autres forces, le mouvement d’octobre et les Alliances ouvrières n’ont été qu’“un mouvement sectaire qui mobilisait exclusivement les membres du PSOE et qui était dirigé par des comités secrets”. De plus, au début de ce mois crucial d’octobre, le PSOE n’avait toujours pas de programme digne de ce nom à proposer - un tel programme n’a été diffusé par la presse du parti qu’en 1936 et, soit dit en passant, il ne remettait pas en cause les bases de la propriété privée.

Le PCE, jusqu’au dernier moment...

De son côté, le PCE a souffert tout au long de cette période des séquelles des conceptions de la “troisième période” dictées par l’Internationale communiste stalinisée. Des conceptions qui se caractérisaient par un ultra-gauchisme outrancier ; le PSOE et la CNT étant qualifiées comme des forces “social-fascistes“ et “anarcho-fascistes”. Le Front unique n’était conçu qu’à la base, ce qui n’avait pas grand chose à voir avec sa conception léniniste (10). Dans cette logique ultra-sectaire, le PCE a tout d’abord dénoncé les Alliances ouvrières comme des organes “contre-révolutionnaires”. Ce n’est que le 12 septembre 1934 qu’il a opéré un tournant brusque lorsque sa direction a demandé officiellement l’intégration du parti dans l’Alliance ouvrière en justifiant cette volte-face par la pression des masses en faveur de l’unité, par la gravité de la situation et de la menace fasciste.

De plus, les relations avec le PSOE se sont tout aussi subitement améliorées - des contacts avaient été établis entre les organisations de jeunesse respectives des deux partis, mais sans parvenir à des accords concrets. Du fait de cette conversion tardive, le PCE a intégré l’Alliance ouvrière asturienne le jour même de l’insurrection.

Quant à la CNT anarchiste, elle s’est purement et simplement abstenue de participer aux Alliances ouvrières car, selon elle, l’unité du prolétariat était déjà réalisée... dans ses propres rangs ! Seule la CNT asturienne a pleinement participé à l’Alliance ouvrière, après une trajectoire de plus en plus critique envers la ligne majoritaire de l’anarcho-syndicalisme de l’Etat espagnol. En Catalogne, lorsque la grève d’octobre sera déclenchée, elle appellera immédiatement au retour au travail.

Les journées d’Octobre

A la fin de l’après-midi du 4 octobre 1934 est rendu publique l’événement tant redouté par les travailleurs : après la démission du cabinet Samper en fonction depuis le mois d’avril, un nouveau gouvernement est formé avec la participation de trois ministres de la CEDA qui occupent rien de moins que les portefeuilles ministériels du Travail, de l’Agriculture et de la Justice. La veille, la presse ouvrière avait déjà sonné le tocsin. Le 3 octobre, l’éditorial d’“El Socialista” (organe du PSOE) affirmait : ”En garde camarades ! Nous sommes arrivés à la limite des reculs. L’arrivée de Gil Robles au pouvoir pourra provoquer l’écrasement des organisations ouvrières”. Le “Mundo Obrero” (organe de l’UGT) exigeait sur toute sa première page du 2 octobre “le pouvoir des ouvriers et des paysans“ (11).

Dans la nuit du 4 octobre, le mot d’ordre pour déclencher la lutte est lancé. A l’aube, la grève est générale dans les villes de Madrid, Barcelone, Valence, Oviedo, Séville, Cordoue, etc. - mais seulement dans les grandes villes car la campagne ne suit pas le mouvement. Le mouvement d’Octobre a connu plusieurs types de grèves selon les régions : pacifiques et de solidarité - à Saragosse et à Madrid - ; grèves insurrectionnelles - en Catalogne - et une véritable révolution, uniquement dans les Asturies.

Madrid et Barcelone

Au moment décisif donc, la direction socialiste n’accomplit pas sa promesse de “déclencher la révolution”. Elle se borne au contraire au mot d’ordre de “grève générale pacifique” au niveau national dans l’espoir que cela suffirait pour faire pression sur le président de la République, Alcalá Zamora, afin qu’il écarte le gouvernement récemment formé et qu’il nomme des ministres socialistes à la place des ministres réactionnaires. Bref, c’est une grève “pacifique” de pression politicienne qu’ils impulsent alors que les masses, dans les rue de Madrid et ailleurs, demandant des armes ! L’erreur ne peut pas être plus grave. À Madrid les travailleurs se sont pourtant concentrés sur les points stratégiques, par intuition, sans direction, et sans que les forces “de l’ordre” puissent intervenir.

A la fin de la journée du 5 octobre, bien que le gouvernement ait repris avec l’aide des troupes quelques points vitaux, il n’avait pas totalement confiance en ces dernières. La garnison de Cuatro Caminos avait ainsi envoyé un message à l’Alliance Ouvrière en indiquant le nombre d’hommes, l’emplacement des mitrailleuses, et en assurant que la majorité des soldats, y compris un lieutenant, était disposée à passer du côté des révolutionnaires s’ils étaient attaqués. La situation était donc mûre pour lancer une offensive généralisée contre le gouvernement et appeler à de nouvelles élections générales. La classe ouvrière était disposée à combattre tandis que le gouvernement était, du moins au début, dominé par les doutes et paralysé par les événements. Mais la direction a fait marche arrière au moment décisif. Si la grève, à Madrid, a duré jusqu’au 13 octobre, l’occasion en or, le “moment” décisif n’avait duré que 2 ou 3 jours et il n’avait pas été exploité. La jeunesse, désespérée devant le manque de direction, a spontannément essayé de prendre d’assaut la caserne de la Montagne, mais sans un plan d’action, la tentative était condamnée à l’échec.

En Catalogne, le mouvement ne s’impose que le 5 octobre et sans la participation de la CNT comme on l’a vu, ce qui va exclure de l’insurrection une bonne partie de la classe ouvrière. Le 6 octobre, à Barcelone, Sabadell et Gérone, l’Alliance ouvrière proclame la “République Catalane”. Le leader indépendantiste Luis Companys proclame pour sa part “l’Etat Catalan” tout en refusant de donner des armes à l’Alliance. Il perd un temps précieux en tentant vainement de convaincre le général Batet, chef militaire de la région, de rejoindre le mouvement. Fin tacticien, Batet fait mine de tergiverser afin de se donner le temps de rassembler ses troupes pour ensuite diriger la répression sous les ordres de Madrid. Les hésitations du gouvernement Companys, qui traduisent celles de la petite-bourgeoisie à franchir clairement le Rubicon de l’insurrection, provoquent ainsi la défaite du mouvement en Catalogne.

La Commune asturienne

L’Octobre asturien ne surgit pas du néant. En 1932, 59.236 travailleurs asturiens ont participé à des grèves et en 1933 leur nombre explose pour atteindre 105.286 travailleurs. A cette époque, il y avait dans cette province 70.000 travailleurs syndiqués, soit plus de 50% de sa population salariée. Le noyau moteur du prolétariat asturien était l’ouvrier, et plus particulièrement le mineur, au nombre de 30.000. L’année 1934 voit une escalade progressive de la lutte. Il y a des luttes importantes à Trubia, usine d’armes, contre une réduction de personnel. En avril, on compte 11.000 grévistes dans le bassin minier, avec des affrontements armés contre les forces répressives. En mai les meetings et les manifestations se succèdent. Le 1er septembre, le groupe des femmes socialistes de Sama de Langreo, soutenu par des mineurs souvent armés, manifeste contre “la guerre et le fascisme”. Cela donne lieu à des affrontements et à des échanges de tirs lorsque la Garde d’Assaut occupe une partie de la ville.

Le lendemain éclate la grève générale dans tout le bassin minier et la région industrielle de Duro-Felguera. Les affrontements s’étendent et, comme on l’a vu, le 8 et le 9 septembre, on appelle à une grève générale totale contre un rassemblement de la droite réactionnaire dirigée par Gil Robles en personne à Covadonga. Le meeting des cléricaux-fascistes est finalement mis en échec, les travailleurs ayant levé les rails des trams, arrêté les trains, empêché la vente de repas et la location des logements et dressé des barricades sur les chemins et les routes qui ont repoussé et dispersé les groupes réactionnaires.

En octobre 1934, c’est sur ce terrain fertile que le mot d’ordre de grève générale “pacifique” se transforme dès les premiers instants en une véritable insurrection armée ; une grève générale mettant immédiatement à l’ordre du jour la question du pouvoir. A partir du 5 octobre, les mineurs et les ouvriers métallurgistes se lancent dans l’action sous la direction d’un Comité provincial révolutionnaire à majorité socialiste. En 24 heures, tous les postes de la Garde Civile de la zone minière sont neutralisés. Sama de Langreo, Mieres et La Felguera, où sont institués des comités révolutionnaires locaux, deviennent les bastions de la révolution. Des colonnes de milices ouvrières se forment et marchent sur Oviedo, la capitale provinciale, où le 7 octobre les révolutionnaires contrôlent plusieurs centres vitaux - l’Hôtel de ville, le quartier général des Carabiniers, la centrale télégraphique, etc. Dans l’importante usine d’armements Trubia, les ouvriers se joignent au mouvement et participent à son occupation.

Malheureusement le prolétariat d’Oviedo, freiné par ses dirigeants afin de respecter la consigne initiale de grève générale “pacifique”, n’entra pas en action jusqu’à ce qu’arrivent les colonnes minières. Ce retard, qui a donné le temps aux forces de l’ordre de s’organiser défensivement, a mobilisé une grande partie des énergies dans la lutte pour le contrôle de la ville. Malgré l’occupation des usines Trubia et des stocks de fusils, les révolutionnaires ne parviendront jamais à prendre la caserne militaire principale où sont entreposés les stocks de munitions. Les 30 à 40.000 insurgés asturiens se sont donc retrouvés avec des milliers de fusils souvent inutilisables, faute de munitions adéquates ou en quantités suffisantes. Une carence grave qui ne sera comblée, en partie seulement, qu’avec l’emploi massif de la dynamite.

Au cours des combats, dans les villes et villages aux mains des insurgés, le ravitaillement des colonnes, les services sanitaires et la distribution des vivres à la population ainsi que la production dans les mines et les entreprises sont assurés sous contrôle ouvrier. A partir du 7 octobre, les femmes participent massivement à ces tâches, mais aussi directement aux combats en première ligne (12).

Le 9 octobre, l’aviation gouvernementale bombarde la population civile à Gijón et à Sama. Des renforts gouvernementaux venus de tout le pays commencent à arriver sous les ordres des généraux Bosch et López Ochoa tandis que des navires de guerre croisent au large de Gijón. C’est le général Franco qui dirige les opérations depuis le Ministère de la Guerre à Madrid, où il est désigné grâce à sa longue expérience répressive dans la région ; sous la Monarchie, il y avait écrasé la grève générale de 1917. L’avant-garde de la contre-révolution armée était composée par les troupes de “regulares” marocains et par le “Tercio”, la Légion étrangère espagnole, des unités de mercenaires dont le gouvernement savait parfaitement qu’elles ne pourraient pas fraterniser avec les ouvriers. Ces troupes progressaient tout en appliquant les méthodes classiques de la guerre coloniale ; destructions systématiques, pillages, viols et en utilisant les prisonniers, femmes et enfants y compris, comme boucliers humains pour avancer à couvert.

La fin de l’insurrection

Le 11 octobre, il est déjà clair que la victoire n’est plus possible, les renforts gouvernementaux (plus de 40.000 hommes) ne cessant d’affluer de toute part vu que le reste de l’Espagne ne s’est pas joint au mouvement. Ce jour là, l’avancée de l’armée bourgeoise entraîne la dissolution du premier Comité révolutionnaire à majorité socialiste. Une débandade plutôt qu’une dissolution car elle n’a pas été expliquée aux masses et que bon nombre de ses membres ont tout simplement pris la fuite. Un débat a alors traversé les membres de l’Alliance ouvrière asturienne divisant les partisans de la lutte à outrance et ceux qui optaient pour la nécessité d’organiser la retraite et la fin du mouvement. Dans cette querelle, le PCE était favorable à la première option car il s’appuyait sur une base beaucoup plus radicalisée que celle qui avait soutenu le premier Comité - certains miliciens ont même proposé de fusiller pour trahison les membres en fuite de ce dernier. Un second Comité révolutionnaire provincial a alors été constitué, à majorité communiste, au moment même où les troupes du général López Ochoa étaient aux portes d’Oviedo. Au final, ce Comité dû malgré tout organiser la retraite mais il faut souligner l’importance du geste du PCE. En apparaissant comme le parti de la résistance maximale, il s’octroyait un immense prestige qui lui a permis de “capitaliser” Octobre et de se constituer en parti de masse dans les Asturies.

Le 13 octobre, après avoir initié la retraite des révolutionnaires au sein des montagnes de la zone minière où il était plus facile de résister, un troisième Comité, de nouveau à majorité socialiste, se constitue à Sama. Le 15 octobre, ce Comité décide d’entamer des négociations avec le général López Ochoa, les socialistes ayant pensé avant l’insurrection qu’il rejoindrait le mouvement. C’est le dirigeant socialiste Belarmino Tomás qui mène la négociation en offrant la reddition à la seule condition que les troupes coloniales n’entrent pas en tête de l’armée gouvernementale dans les localités minières encore aux mains des insurgés.

Au matin du 19 octobre, l’insurrection est officiellement terminée après une déclaration du Comité révolutionnaire provincial appelant au retour au travail qui est diffusée dans la nuit du 18. La répression, la “terreur blanche”, qui s’abat sur le mouvement ouvrier asturien après le 19 octobre est sans pitié. Au total, avec les victimes des combats et de la répression, le nombre de morts atteint les 5.000, auxquels il faut ajouter 7.000 blessés et 20.000 prisonniers.

La nature de la Commune asturienne

Les événements d’Octobre 1934 dans les Asturies peuvent être qualifiés sans aucune hésitation de révolution socialiste. En premier lieu, de par son caractère de masse. Sur les 27.604 mineurs, 20.000 ont pris les armes et le reste s’est consacré au travail des différents services (13). D’après certaines données, il y a eu au total 30.000 combattants et 50.000 personnes mobilisées, d’autres secteurs ouvriers (métallurgistes notamment) s’étant joints aux mineurs. En second lieu, le mouvement fut pleinement unitaire, au point que les organisations les plus réticentes au Front unique, le PCE et la CNT, se sont finalement intégrées à l’Alliance ouvrière. Une volonté d’unité ouvrière parfaitement résumée dans les initiales de son sigle qui était tout autant un cri de guerre et de fraternité : “Uníos Hermanos Proletarios (UHP : Unissez-vous, frères prolétaires)”.

La Commune asturienne a instauré un nouvel ordre des choses. Toute la vie sociale s’est organisée à partir de comités nettement ouvriers afin de répondre aux différents besoins. La production ne s’est pas arrêtée un seul instant et, si elle a été en grande partie réorientée vers les nécessités militaires (fabrication d’obus, d’autoblindés, de fusils), les mines, les boulangeries et d’autres entreprises ont maintenu leurs activités sous contrôle ouvrier. La consommation des biens a été réorganisée de manière alternative ; la nourriture et les vêtements étaient équitablement distribués à toute personne, sans distinction de classe, tandis que des cantines communautaires étaient créées. Des services de santé gratuits ont également été instaurés en abolissant la médecine de type privé. Les biens d’intérêt général furent collectivisés. Dans cet embryon de société nouvelle, la milice ouvrière assurait le maintien de l’ordre et réprimait durement les actes de pillage et de sabotage. De manière tout à fait significative, malgré la courte durée de l’expérience, les femmes ont massivement participé au mouvement, à toutes les tâches de ravitaillement, de services et de contrôle mais également aux tâches militaires. Toutes ces caractéristiques, affirmées ou embryonnaires, sont le propre d’un pouvoir ouvrier, d’une révolution socialiste.

Les causes de la défaite

Les causes de la défaite de la Commune asturienne ont déjà été en partie soulignées. Ce qui a principalement manqué, c’est une direction et un parti révolutionnaire décidés à l’échelle de tout le pays. Sans minimiser la passivité de la CNT, les responsabilités du PSOE sont immenses vu son poids dans le mouvement ouvrier et son rôle dans l’Alliance ouvrière qui, mis à part dans les Asturies et en Catalogne, se résumait à ses seules forces.

Le PSOE s’est refusé à créer une véritable Alliance ouvrière unitaire au niveau national capable de centraliser et coordonner efficacement le mouvement dans les différentes régions. Il n’a pas non plus proposé un programme révolutionnaire adéquat (ni même un programme tout court !). Le courant caballériste a utilisé une stratégie qui, malgré sa phraséologie révolutionnaire, n’avait pas grand chose à voir avec celle des bolchéviques. Avec l’idée stupide que les batailles partielles affaiblissaient l’organisation du parti et n’étaient qu’un gaspillage d’énergies en vue de l’affrontement décisif, il a abandonné les paysans et enterré toute possibilité d’alliance avec eux au moment où cette unité était vitale. Enfin, il s’est bercé d’illusions sur les supposées sympathies d’un secteur des officiers au lieu d’entamer un travail antimilitariste révolutionnaire soutenu parmi la troupe, c’est-à-dire par la seule voie capable de garantir la destruction - ou du moins la neutralisation - de l’appareil répressif de la bourgeoisie. En Catalogne, la capitulation de Luis Companys, et, avec lui, celle de la petite-bourgeoisie indépendantiste, a amplement démontré que le rôle du “sujet révolutionnaire “ principal ne pouvait être joué que par le prolétariat et ses organisations.

Fondamentalement, la Commune asturienne été défaite à cause de son isolement. Octobre 1934 a représenté une dure bataille perdue pour le mouvement ouvrier, mais ce dernier n’était pas pour autant définitivement écrasé et démoralisé, comme on le verra deux ans plus tard. L’insurrection et la répression du mouvement d’Octobre ont au contraire été des éléments qui ont galvanisé les énergies et qui ont directement mené à la spectaculaire victoire du Front populaire aux élections de février 1936 - dont l’un des principaux points programmatique était l’amnistie pour les milliers de travailleurs emprisonnés. Une amnistie qui fut concrètement réalisée avant même la publication du décret gouvernemental du Front populaire, du fait de l’ouverture des prisons par les masses elles-mêmes. Octobre 1934 fut le combat d’avant-garde décisif qui a permis la Révolution de 1936-1937.

D’après un dossier de José Babiano, Inprécor spécial “1934, nuestro Octubre”, novembre 1984.

Notes

(1) Confédération Espagnole des Droites Autonomes, principal parti de la bourgeoisie réactionnaire.

(2) Confédération Nationale du Travail, syndicat anarcho-syndicaliste.

(3) Chiffres du Ministère du Travail cités par Tuñón de Lara dans “La segunda república”, tome II, siglo XXI, Madrid, 1976, page 59.

(4) Fédération anarchiste ibérique.

(5) Félix Morrow, “Revolución y contrarrevolución en España”, Pluma, Bogota 1976, page 23.

(6) David Ruiz, “Asturias contempóranea (1808-1936)”, Siglo XXI, Madrid 1975, page 51.

(7) ”El frente único obrero”, El Socialista 29.12.1933. Cité par Marta Bizkarondo dans “Octubre del 34 : reflexiones sobre una revolución”, Bibliothèque de textes socialistes n°9, éditions Ayuso, Madrid 1977, page 26.

(8) Exigence explicite dans le point 9 de l’accord.

(9) Narcís Molins i Fábrega : “UHP, la insurección proletaria de Asturias”, éd. Júcar, Madrid 1977 page 94.

(10) Cité par Tuñón de Lara, op. cit. pages 76 et 77.

(11) Molins i Fábrega, op.cit. pages 161-163.

(12) “Des jeunes filles de 18 à 22 ans, en manche de chemise et robe courte, avec un ceinturon de cuir sur lequel elles fixaient un revolver, portaient la nourriture à ceux qui combattaient en première ligne, dans les montagnes de Vega del Rey”. (Aurelio de Llano de Ampudia, “La revolución en Asturias”, Instituto des estudios asturianos, Oviedo 1977.

(13) Tuñón de Lara, op.cit. page 95.

1934 : La Révolution asturienne

Tiré des pages Histoire, que nous recommandons vivement, du site de la LCR belge d’où nous extrayons les liens suivants sur les années 30 dans l’Etat espagnol :

Révolution et contre-révolution en Espagne

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Commentaires de l'article
Lectures de l’été. 1934 : La Révolution asturienne
27 juillet 2012 - 22h24 - Posté par CSR

Impossible de ne pas lire la brochure du CSR sur le sujet.

Une référence sur cette révolution inconnue qui nous donne des leçons sur la stratégie syndicale révolutionnaire.

Présentation de la brochure....






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