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L’assemblage suspendu du Tricastin et la folie pure de Jaitapur
de : AIPRI et Reporterre via JYP
samedi 9 février 2019 - 17h32 - Signaler aux modérateurs

source : https://aipri.blogspot.com/2019/02/...

vendredi 8 février 2019

L’assemblage suspendu du Tricastin

Le 3 février dernier le réacteur N°2 du Tricastin a connu un accident aux conséquences potentiellement très graves comme le souligne à très juste titre la CRIIRAD http://www.criirad.org/installation... .

Un des 157 assemblages de quelque 750 kg et de plusieurs millions de Curie, qui aurait dû rester dans la cuve comme les autres, a été emporté avec le couvercle de plus de 66 tonnes durant les opérations de maintenance. Incorporé au couvercle, son système de blocage supérieur dans la cuve ne s’est pas déverrouillé et il est resté accroché au couvercle.

Il est à l’heure actuelle sous 9 mètres d’eau sans que l’on sache s’il a été partiellement ou intégralement retiré de son logement. Retirer sous l’eau un assemblage requiert une manipulation experte et un outillage adéquat car il doit être soulevé de manière parfaitement verticale tant le logement qui l’accueille est étroit. Tout balancement horizontal au moment de l’extraction risque de coincer si non de rompre ce parallélépipède rectangle de plus de 4 mètres de long qu’est un assemblage. En deux mots, sans compter le risque d’un déverrouillage impromptu qui le précipiterait sur le cœur, le couvercle n’est pas le treuil approprié pour extraire un assemblage.

Le fait est que plus de 66 tonnes en attente d’être calées sont suspendues au-dessus du réacteur ouvert, que plusieurs semaines inquiètes seront nécessaires avant de venir à bout de cet accident et que c’est là la troisième fois que ce type d’anomalie survient au Tricastin. L’AIPRI salue de tout cœur les agents qui maintenant s’efforcent de désamorcer ce potentiel désastre.

*****

Radioactivité effective et radiotoxicité potentielle de l’assemblage suspendu au Tricastin qui sera ici considéré composé d’UOX et émettant 1/157ème de la radioactivité des 157 assemblages de ce réacteur de 915 MWé. 

Estimations à deux dates différentes de l’arrêt. (NB. Si l’assemblage s’avérait au MOX la radiotoxicité potentielle serait là nettement plus élevée en raison de la quantité bien supérieure de plutonium et de ses dérivés d’activation, tous très fortement radiotoxiques.)

10 jours après l’arrêt l’activité radiologique initiale est divisée par 11 et s’élève à 8,5 millions de Curie soit 314 millions de milliards de Becquerel. La radiotoxicité par inhalation n’a cependant été elle divisée que par 1,09 et représente, selon les facteurs de dose de l’ICRP, encore un potentiel maximal de 16,6 milliards de Sievert pendant que la radiotoxicité par ingestion a été divisée par 2,7 et a encore un potentiel de 697 millions de Sievert. 

20 jours après l’arrêt l’activité radiologique initiale est divisée par 14,6 et s’élève à 6,4 millions de Curie soit 237 millions de milliards de Becquerel. La radiotoxicité par inhalation n’a cependant été elle divisée que par 1,12 et représente encore un potentiel maximal de 16,2 milliards de Sievert pendant que la radiotoxicité par ingestion a été divisée par 3,6 et a encore un potentiel de 521,1 millions de Sievert. (NB. A 20 jours, uraniums et trans-uraniums comptent pour seulement 1,2 % de la radioactivité résiduelle mais comptent par contre pour 84% de la radiotoxicité potentielle par inhalation, si l’on en croit l’ICRP.)

Estimations pour les seuls gaz.

Les gaz sont de par leur nature volatile toujours les premiers immanquables candidats à l’évasion, accident ou pas. A deux dates différentes de l’arrêt, voici leur radioactivité probable dans cet assemblage suspendu et la radiotoxicité potentielle qui leur est associée selon les paramètres officiels de l’ICRP de conversion des Becquerel de chacun en dose.

10 jours après l’arrêt l’activité radiologique initiale des gaz a été divisée par 29,3 et s’élève à 530,7 mille Curie soit 20 millions de milliards de Becquerel. Leur radiotoxicité potentielle rémanente par inhalation est de 53,1 millions de Sievert et par ingestion de 154,2 millions de Sievert.

20 jours après l’arrêt l’activité radiologique initiale des gaz a été divisée par 95,7 et s’élève à 162,64 mille Curie soit 6 millions de milliards de Becquerel. Leur radiotoxicité potentielle rémanente par inhalation est de 22,1 millions de Sievert et par ingestion de 64,7 millions de Sievert.

*****

Activité totale du cœur atomique

Un réacteur atomique de 915 MWé engendre une radioactivité d’environ 14,66 milliards de Curie (5,42E20 Bq) qui représente selon l’ICRP un potentiel radiotoxique par inhalation de 2,84 mille milliards de Sievert et une radiotoxicité potentielle par ingestion de 292,80 milliards de Sievert. (Diviser les Sievert par 5 pour convertir en doses létales aigües potentielles, « à la Litvinenko » pour s’entendre.)

Publié par La terra non ha uscite di emergenza.

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https://reporterre.net/En-secret-la...

En secret, la France et l’Inde veulent construire la plus grande centrale nucléaire du monde

8 février 2019 / Réseau Sortir du nucléaire, DiaNuke.org et Jan Hakka Seva Samiti

Sur la côte occidentale indienne, à Jaitapur, la France et l’Inde projettent de construire ce qui serait la plus grande centrale nucléaire au monde. Alors qu’un grand secret entoure ce projet, les auteurs de cette tribune font état de leurs nombreuses préoccupations, notamment en matière de sûreté. Cette tribune est une déclaration commune du réseau Sortir du nucléaire (France), de DiaNuke.org (Inde) et Jan Hakka Seva Samiti (Inde).

Le projet de construire la plus grosse centrale nucléaire au monde à Jaitapur, sur la côte ouest de l’Inde, depuis longtemps en discussion, est maintenant engagé dans une étape décisive. Électricité de France (EDF) a fait une proposition technico-commerciale en décembre dernier à son homologue indien, le NPCIL (Nuclear Power Corporation of India Limited). Cette négociation vise à fixer le prix pour les six EPR (European Pressurised Reactors) proposés, en précisant le rôle des diverses entités impliquées dans le projet de construction ainsi que les niveaux de responsabilité des deux parties si des accidents devaient se produire à l’avenir. Il est déplorable que les deux gouvernements impliqués aient choisi de garder le secret le plus total concernant ces négociations cruciales, tout en multipliant les déclarations sur l’imminence de la signature du contrat et du début des travaux de construction. Nous, groupes de citoyens préoccupés par ce projet, demandons que l’offre faite par EDF au NPCIL soit rendue publique immédiatement. Étant donné que la sécurité et la vie de millions de personnes sont en jeu, ainsi que d’énormes investissements d’argent public, nous exigeons que l’ensemble de la négociation se fasse avec toute la transparence et la responsabilité qu’elle mérite. Les nouvelles questions de sécurité et de réglementation ne peuvent être repoussées d’un revers de main.

Avant d’avancer dans ces négociations, voici quelques préoccupations majeures à prendre en considération :

• Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis l’annonce du projet de Jaitapur en 2008. La catastrophe de Fukushima en 2011 a fait surgir de nouvelles questions de sécurité et de réglementation qui ne peuvent être repoussées d’un revers de main et doivent être prises en compte avec le plus grand sérieux.

• À la suite à la débâcle financière d’Areva, qui fut le premier porteur de ce projet, de nouvelles entités sont apparues et sont entrées dans le jeu sans aucune clarté sur leur rôle et leur responsabilité. À côté d’EDF pour la France et de General Electric pour les États-Unis, un certain nombre d’entreprises indiennes sont maintenant impliquées dans ce projet, sans avoir une quelconque expérience dans la construction de centrales nucléaires.

• Pendant cette même période, l’énergie nucléaire est devenue excessivement coûteuse et particulièrement non compétitive face aux alternatives reposant sur les énergies renouvelables. Un projet de la dimension de Jaitapur (six réacteurs EPR) ne pourra donc être envisageable sans un énorme apport de garanties et de subventions directes (et cachées) par le gouvernement indien. Une telle restructuration du projet ne peut se faire sans un large débat public cherchant à établir si un tel chantier mérite encore d’être réalisé dans un contexte maintenant très différent.

• De nombreux chercheurs indépendants et ex-politiciens indiens ont soulevé de sérieuses questions et réserves concernant la sécurité sur un site tel que celui de Jaitapur : la faille sismique active découverte après l’annonce du projet ; les réticences du gouvernement indien, depuis des années, à créer une autorité de sûreté nucléaire plus indépendante et plus forte telle que celle proposée depuis de longues années par le projet de loi sur la NSRA (Nuclear Safety Regulatory Authority) ; l’absence de remise en cause de l’extension de l’autorisation environnementale qui avait été accordée en 2010 après une étude d’impact bâclée et une enquête publique frauduleuse ; la nécessité d’avoir un audit approfondi sur les mesures d’urgence à envisager dans la région qui prenne en compte les impacts sociaux pour toutes les parties concernées.

• Notons que le « réacteur de référence » proposé par EDF pour Jaitapur est l’EPR de Flamanville en France, à propos duquel l’Autorité de sûreté nucléaire française a souvent soulevé des problèmes de vulnérabilité sur des composants clés du réacteur, tels que la cuve. De plus, ce projet EPR de Flamanville n’a cessé, depuis le début du chantier, de cumuler de nombreux surcoûts et retards.   Le gouvernement indien n’a su répondre que par la répression des voix dissidentes  À la lumière de toutes les inquiétudes évoquées plus haut, nous demandons que les négociations entre l’Inde et la France sur ce projet de Jaitapur soient suspendues tant qu’une consultation publique ouverte et démocratique n’est pas mise en place pour débattre sur ce sujet, et ce, autant en Inde qu’en France. Dès l’origine du projet, les habitants de Jaitapur, des militants, des écologistes et des experts indépendants ont soulevé des questions cruciales auxquelles le gouvernement indien n’a su répondre que par la répression des voix dissidentes, en allant jusqu’à tuer des manifestants désarmés.

On ne peut permettre aux gouvernements (indien et français) de poursuivre la réalisation d’un tel projet alors que tant de questions concernant la sécurité des personnes et bien d’autres préoccupations demeurent sans réponse et que les conditions et les circonstances sont de moins en moins favorables à la réalisation d’un tel projet. Au vu de ces enjeux, nous réclamons avec force et urgence aux gouvernements concernés de mettre fin aux négociations et de renoncer à ce projet suicidaire qui consisterait à implanter la plus grande centrale nucléaire du monde (six réacteurs de 1.650 MW) dans l’environnement écologique fragile de la région de Konkan en Inde.

À la lumière de tous les points soulevés ci-dessus, nous réitérons notre opposition sans équivoque au projet insensé de centrale nucléaire à Jaitapur. Celui-ci représente une menace inacceptable pour les communautés locales, sur leur environnement, leur sécurité et leurs moyens d’existence. C’est pourquoi nous demandons que ce projet soit simplement abandonné.

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https://reporterre.net/La-centrale-...

La centrale indienne de tous les dangers

12 mars 2018 / Mathilde Gracia (Reporterre)

En voyage en Inde en mars 2018, Emmanuel Macron engage la vente de six réacteurs EPR au gouvernement indien. Mais le site d’implantation projeté est en zone sismique. Et le projet chasserait les populations de pêcheurs. Un documentaire, « Are Vah », raconte la lutte des paysans contre le vieux projet de cette centrale géante. Actualisation - Samedi 11 mars 2018 - Lors de la visite d’Emnanuel Macron en Inde, EDF a annoncé la signature d’un accord pour la construction de six EPR dans ce pays. La signature définitive n’est cependant pas encore faite. Le projet est discuté depuis des années. Et fortement contesté sur place.

Article original - 7 février 2014 :

A Jaitapur, en Inde, le gouvernement veut construire la plus grande centrale nucléaire du monde. Pourtant, le site se situe à moins de dix kilomètres d’une faille sismique. De surcroît, les activités de pêche et de production agricole de près de 10.000 habitants des alentours seraient menacés par la centrale nucléaire. Dans un documentaire présenté au Festival international du film d’environnement, Sarah Irion et Micha Patault montrent la fragilité d’un projet opaque, dangereux et réalisé aux dépens des populations locales. Are vah, le titre du film, signifie Wouah en hindi. Mais pour les habitants de la région de Jaitapur, la sonorité fait désormais allusion à la grande centrale nucléaire que l’Inde prévoit de construire dans l’Etat du Maharashtra, à environ 300 kilomètres au sud de Bombay. Le groupe français Areva prévoit de vendre six réacteurs EPR à l’Inde, totalisant une capacité électrique de près de 10.000 megawatts. La centrale serait ainsi la plus grande centrale nucléaire du monde. En 2009, Nicolas Sarkozy avait poussé à la signature d’un accord pour les deux premiers EPR.

Ce projet est l’objet du documentaire Are Vah, réalisé par Micha Patault et Sarah Irion. Respectivement photographe et journaliste Micha et Sarah ont passé quatre mois en Inde afin d’éclaircir les problèmes que pose la construction du complexe nucléaire. Sans voix off, rythmé par les photographies et la technique du time-lapse (ultra-accéléré), le documentaire nous plonge dans une ambiance grave, au cœur du village de Sakrinate, où près de huit mille pêcheurs travaillent aux abords du site choisi pour la centrale. Leur activité pourrait être menacée par les rejets d’une eau trop chaude dans la mer (eau qui aurait servi à refroidir les réacteurs), qui détruirait la faune locale. Les normes sécuritaires les empêcheraient par ailleurs de naviguer sur leur territoire de pêche. « C’est le seul village où les habitants ne reçoivent pas de compensation », explique Sarah Irion, alors que 95 % de la population dépend de l’activité de pêche.

Le nucléaire en toute opacité

En 2011, les habitants se sont révoltés et les affrontements avec la police ont entraîné la mort d’un villageois. Depuis, les policiers n’ont plus le droit de pénétrer dans l’enceinte du village. Mais la situation reste tendue : « Le plus difficile c’était la zone des pêcheurs, raconte Sarah Irion, car c’est très surveillé. » Lors du tournage, les deux Français se sont camouflés pour ne pas se faire interpeller par la police. « Je portais un voile, raconte Sarah, on n’était pas en sûreté, on était toujours en train de regarder partout ».

Si les Français étaient inquiets, c’est que l’Inde ne semble pas tolérer les critiques à l’encontre du projet nucléaire. Le géographe américain Roger Bilham (interviewé par Skype dans le documentaire) en a fait les frais. Auteur de recherches sur la sismicité de la région de Jaitapur, il est aujourd’hui interdit de séjour sur le territoire indien. « Seuls les journalistes et les terroristes sont proscrits, j’ai donc été banni en tant que terroriste », ironise-t-il dans le documentaire. Bilham est persuadé que l’administration veut l’empêcher de faire des recherches approfondies sur la faille sismique située à une dizaine de kilomètres du site nucléaire.

Selon lui, les méthodes utilisées par le gouvernement indien pour affirmer que la faille est inactive sont datées et doivent faire l’objet de nouvelles évaluations. Un danger que dénonçaient déjà les Amis de la terre en 2011. Le risque est d’autant plus inquiétant que l’autorité de sûreté nucléaire indienne (Atomic Energy Regulatory Board) n’est pas indépendante du gouvernement. Son ancien directeur, le docteur Gopalakrishnan, affirme ainsi que le gouvernement « étouffe les choses » et s’oppose à la création d’une entité autonome.

Les Français ne veulent pas assumer la responsabilité d’un accident

Pour l’heure le projet de Jaitapur est en pleine négociation. Suite à l’accident de Bhopal en 1986, les Indiens ont inclus une clause qui élargit la responsabilité du constructeur, ce qui ennuie les Français. François Hollande n’a donc signé aucun contrat en février 2013 lors de son voyage en Inde.

Il n’empêche que l’Inde veut donner une place importante au nucléaire dans son mix énergétique. Elle produit aujourd’hui 2,5 % de son électricité grâce à l’énergie nucléaire et prévoit d’augmenter la part à 25 % d’ici à 2050. Avec un documentaire critique, Sarah Irion n’exclut pas de figurer à son tour sur la liste des personnes indésirables en Inde. Mais la co-réalisatrice est satisfaite du travail accompli : « Je suis fière que l’on ait quand même réussi à mener une enquête, parce qu’en Inde tout est très opaque. »

• Voir le film : Are Vah http://www.arevah-blog.com/

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JaitapurTricastin Giscard c’est ton destin...
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