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Attac France juillet 2006 : Que faire du CA croupion ?
de : Bernard Langlois
dimanche 27 août 2006 - 14h39 - Signaler aux modérateurs

dimanche 2 juillet 2006

Beauvais vice-président.

La rédaction de Politis sera sans doute très heureuse et fière d’apprendre que le directeur administratif du journal, à l’encontre duquel elle a déjà voté à l’unanimité (moins une voix) du personnel - journalistes et administratifs - trois motions de défiance successives, vient de se voir promu à la vice-présidence d’Attac par le CA croupion issu de l’AG de Rennes.

Elle ne pourra que féliciter le dit-CA de son sens aiguisé de la démocratie, qui lui fait considérer qu’un organe de presse est exclusivement représenté par l’ homme lige du capital, même lorsque celui-ci est désavoué par toutes celles et ceux qui le font (et qui n’ont du reste que rarement l’occasion de le croiser dans les locaux du journal).

Nul doute que les prochaines leçons de déontologie journalistique, dont les grands chefs à plumes d’Attac sont friands, seront pour elle des occasions de franche rigolade.

Bernard Langlois (fondateur et ancien directeur de Politis, membre-fondateur d’Attac à titre personnel)

PS-1 Je m’exprime en mon nom propre, mais sans risque aucun d’’être désavoué par l’ équipe du journal.

PS-2 Pour reprendre un slogan altermondialiste avant l’heure : " Ça suffat comme-çi ! ”. Je ne voit aucun inconvénient à ce que l’aimable Beauvais soit vice. Au titre de Politis, c’est une forfaiture. Nous saurons la faire connaître.

http://yonne.lautre.net/article.php...


AG Attac 2005 : Contribution de Bernard Langlois et de l’équipe de Politis

mercredi 31 août 2005

Chers amis d’Attac,

C’est avec un certain effarement que je suis jour après jour, sur les listes électroniques, la polémique qui oppose entre eux, depuis plusieurs semaines, les membres de la direction de notre association. On ne distingue, bien sûr, aucune divergence de fond entre les parties en présence, ce qui rendrait alors sans doute nécessaire un débat approfondi avec l’ensemble des adhérents. On voit bien, en revanche, qu’il est question de pouvoir : un pouvoir à prendre ou à garder, selon où l’on se situe.

Le pouvoir, à Attac, a une apparence : un président, flanqué d’une secrétaire générale, entouré de trois vice-présidents et d’un Bureau exécutif émanant d’un Conseil d’administration. Rien que de très classique. Il a une réalité : un président d’Honneur, ex-président en titre, dont chacun s’accorde à reconnaître le rôle éminent qu’il joue depuis la création de l’association.

Bernard Cassen, puisque c’est de lui dont on parle, a de grandes qualités intellectuelles servies par une puissance de travail redoutable ; il est aussi d’un commerce difficile, supportant peu la contradiction, affichant volontiers un mépris de fer envers ceux qui osent se mettre en travers de sa route et n’hésitant pas, pour servir ses fins (louables : la bonne santé de son bébé, Attac) à user de moyens manipulatoires peu compatibles avec la démocratie dont nous nous réclamons à l’envi.

Toujours la vieille histoire de la fin et des moyens. Un autre monde est possible, dites-vous ?

La crise a donc éclaté, qui couvait depuis les débuts (ou alors, qu’on m’explique pourquoi d’aussi solides militants que Pierre Tartakowsky ou Christophe Aguiton, co-fondateurs, ont été écartés sans ménagement).

Dans sa forme actuelle, elle oppose notamment‹ excusez du peu ! ‹, les trois vice-présidents au président sortant et à sa secrétaire générale, et donc au président d’honneur, véritable "patron", l’imam caché d’Attac :0) .

Les opposants ont clairement dit qu’ils souhaitaient, non un changement de "ligne" de l’association, mais un changement de méthode de direction, plus conforme à l’idée qu’on peut se faire d’un gouvernement démocratique et collégial. Il semble qu’ils aient les moyens d’y parvenir, dans le cadre des statuts actuels, en disposant d’une majorité au collège des fondateurs et au conseil d’administration. Du côté de la défense (du statu-quo) il était donc urgent de trouver les moyens de changer les règles du jeu ; quitte à transformer une crise (grave) en catastrophe pour l’association (image dégradée, risques d’éclatement, perte d’adhérents, etc.)

Membre fondateur d’Attac (au titre de Politis et à titre personnel) je m’étais tenu jusqu’ici dans une réserve complète, bien que mes inclinations aillent aux opposants (dont les trois vice-présidents, qui sont de vieux amis dont j’ai toujours admiré le combat militant.) Plusieurs raisons à cela, dont une essentielle : les conseilleurs ne sont pas les payeurs, et je ne "paie" pas assez de ma personne à Attac (mes cotisations, oui) pour me sentir le droit de peser dans ses débats.

Mais voici que Jean-Pierre Beauvais juge bon, de façon parfaitement scandaleuse à mes yeux, de ranger Politis tout entier dans un camp (celui de la direction sortante), sans la moindre consultation de l’équipe, s’attirant de celle-ci la réponse méritée et unanime qui vous a été communiquée.

Amis d’Attac (et éventuellement lecteurs de Politis), vous pensiez que le journal que j’ai eu l’honneur de fonder et de présider pendant plus de dix ans était engagé avec vous dans Attac ? Détrompez-vous ! Il ne s’agit que d’une "personnalité juridique", représentée par Jean-Pierre Beauvais, qui n’a que faire des avis, convictions et éventuelles compétences de ceux qui, dans tous les secteurs qui font la vie d’un journal, assurent semaine après semaine, et le plus souvent en son absence (Politis offre, de fait, un permanent à Attac ; mais de cela non plus personne n’a débattu) la difficile sortie du titre ; pas plus que de ceux du fondateur, du reste, qu’il s’est bien gardé d’informer.

Du juridisme pourri pour masquer un déni démocratique évident à toute personne intellectuellement honnête. Quelque chose qui ressemble à une forfaiture. Voilà ce qui me contraint à sortir du silence et à user de mon droit de vote.

Je ne serai pas en mesure d’assister à la prochaine réunion du collège des fondateurs. Je donne mandat à Gérard Gourguechon, dont j’ai apprécié les contributions constructives et distanciées dans le débat en cours, pour voter en mon nom.

Bernard Langlois

Le 30/08/05 15:34, « Elisabeth Miclo »

AUX MEMBRES DU CA ET FONDATEURS

Vous trouverez ci-dessous

 un texte que les salariés de Politis ont demandé à Attac de diffuser

 des précisions apportées par Jean-Pierre Beauvais, représentant la société éditrice de Politis au Collège des fondateurs d’Attac.

Jacques Nikonoff Mise au point de la part de la rédaction et du personnel de Politis

Dans une lettre aux adhérents d’Attac en date du 24 août, à la veille de la rentrée de la rédaction de Politis, Jean-Pierre Beauvais, affirmant s’exprimer au nom de la Société éditrice Politis, a pris position dans les débats internes en cours au sein de l’association.

Il a préjugé de l’attitude de la SAS Politis et menacé de son retrait du conseil d’administration d’Attac si telle décision devait l’emporter plutôt que telle autre.

Nous, soussignés, membres de la rédaction et salariés de Politis, hebdomadaire qui compte parmi les membres fondateurs d’Attac, tenons à faire savoir que nous nous désolidarisons de ce qui constitue à nos yeux un abus de pouvoir.

N’ayant jamais été consultés sur ces questions, nous considérons cette prise de position comme strictement personnelle.

Quant à l’idée selon laquelle une entité Politis pourrait exister en dehors du journal qui porte ce nom et sans égard pour ceux qui le font, elle nous semble inacceptable. À propos du débat actuel au sein d’Attac, la rédaction et le personnel de Politis souhaitent s’en tenir à une stricte position de réserve.

Marie-Édith Alouf, Michèle Bassereau, Pascale Bonnardel, Thierry Brun, Gilles Costaz, Marion Dumand, Françoise Galland, Brigitte Hautin, Christophe Kantcheff, Jean-Pierre Jeancolas, Bernard Langlois, Claire Lescanff-Stora, Ingrid Merckx, Clotilde Monteiro, Isabelle Peresse, Patrick Piro, Jean-Claude Renard, Michel Ribay, Dante Sanjurjo, Denis Sieffert, Michel Soudais. Précisions de Jean-Pierre Beauvais

Les personnels administratifs et rédactionnels de « Politis » se sont exprimés sur l’implication du journal dans les débats actuellement en cours au sein d’Attac dans un document qui appelle de ma part les quelques remarques qui suivent.

1.- La seule personnalité juridique dont dispose « Politis » est celle de sa société éditrice : Politis SAS. C’est cette entité qui, avec le concours d’actionnaires extérieurs, uniquement motivés par le souci de garantir l’existence même du journal, est aussi garante de son indépendance rédactionnelle.

2.- Ce sont les structures de cette entité qui, sous la responsabilité du directeur de la publication, ont confirmé mon mandat de représentant de Politis SAS au collège des fondateurs d’Attac et à son conseil d’administration. Lors de deux réunions de ces structures, en particulier celle du mois de juin dernier, tenue en présence du directeur de la rédaction, cette confirmation, à ma demande, a été précisée à l’unanimité dans la perspective de la réunion du collège des fondateurs du 25 juin.

3.- A ce jour, le débat dans Attac porte principalement sur le fait de savoir si oui ou non les adhérents seront consultés au sujet des grandes orientations et de la structuration de l’association, avant même le dépôt des candidatures des membres fondateurs et des membres actifs. Cette consultation, compatible avec les statuts, est seule de nature à prévenir un hiatus entre le collège des fondateurs (composé de 58 personnes physiques et morales) et la volonté générale, dans sa diversité, des quelque 30 000 adhérents d’Attac.

4.- Dans ma contribution au collège des fondateurs, c’est essentiellement sur cette question démocratique centrale que je me suis exprimé. Je suis persuadé, à cet égard, de représenter les valeurs qui fondent l’identité de « Politis » et qui sont partagées par l’ensemble de ses personnels et structures de direction. De plus, cette intervention de l’ensemble des adhérents sur les affaires qui les concernent au premier chef - dans un exercice de démocratie participative identique à celui qui a permis d’engager Attac dans la campagne victorieuse pour le « non » au traité constitutionnel - me paraît indispensable pour jeter les bases du nouveau consensus auquel chacune et chacun aspire dans l’association. Consensus pour lequel de très nombreux fondateurs souhaitent ma participation active.

5.- Les 58 membres du collège des fondateurs d’Attac m’ont désigné, à l’unanimité, pour faire partie de la commission de 4 personnes chargée des consultations nécessaires sur la situation actuelle de l’association et sur leur implication dans la future direction d’Attac . J’ai vu dans cette désignation une marque de confiance personnelle dans le travail que j’ai effectué dans la direction d’Attac et, au-delà, de l’image positive dont « Politis » bénéficie dans Attac. Chacun sait, en effet, qu’environ un tiers des abonnés de « Politis » sont aujourd’hui adhérents d’Attac et, par conséquent, très attentifs à la cohérence entre les positions prises par le représentant de la société éditrice du journal dans l’association et les principes démocratiques défendus dans les colonnes du journal. Découle de cette volonté de cohérence le refus que j’ai exprimé de ne pas figurer sur une liste de candidats fondateurs dans l’hypothèse où les adhérents ne seraient pas préalablement consultés. Ce refus est partagé par d’autres structures et personnalités fondatrices.

6.- J’ai demandé au président de la SAS Politis et au président de son comité de prospective de prévoir une réunion de cette instance à bref délai pour faire le point, si nécessaire, sur l’exercice de mon mandat. Le directeur de la rédaction, membre de ce comité, informera la rédaction des conclusions de la réunion.

Le 30 août 2005, Jean-Pierre Beauvais, directeur général de Politis SAS

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