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854 millions d’affamés dans un monde plus riche

lundi 30 octobre 2006 - Contacter l'auteur - 1 com

854 millions d’affamés dans un monde plus riche
LE MONDE | 30.10.06 | 12h33

uit cent cinquante-quatre millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde - elles disposent de moins de 1900 calories par jour-, dont 820 millions dans les pays en voie de développement (contre 823 millions en 1990).

Le rapport annuel publié, lundi 30 octobre, par la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ne traduit pas d’amélioration depuis dix ans. Les chefs d’Etat et de gouvernement de 180 pays s’étaient donné comme objectif, lors du Sommet de l’alimentation de novembre 1996, de diviser par deux le nombre d’affamés d’ici à 2015.

Certes, en raison de la croissance démographique, la proportion des personnes sous-alimentées dans les pays pauvres régresse de 20% en 1990-1992 à 17% en 2001-2003. Mais cette inflexion demeure faible. "Aucun progrès n’a été réellement accompli", se désole Jacques Diouf, directeur général de la FAO, pour qui la baisse de 3 millions du nombre de personnes sous-alimentées "peut être assimilée à une erreur statistique".

Selon l’Organisation, "les tendances les plus récentes sont vraiment préoccupantes" : elle relève une augmentation de 26 millions des personnes affamées entre 1995-1997 et 2001-2003, après une baisse de 100 millions dans les années 1980. La médiocrité de ces résultats cache d’importantes disparités régionales.

L’Asie et le Pacifique ont connu des progrès réels, hormis en Corée du Nord, au Bangladesh et au Pakistan. En Chine seule, le nombre des personnes mal nourries a reculé de 45 millions. L’Amérique latine connaît aussi des améliorations, sauf au Venezuela.

En revanche, la FAO souligne que le nombre des personnes sous-alimentées a augmenté au Proche-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne. Celle-ci a vu passer le nombre de ses mal nourris de 169 millions à 206 millions en dix ans, alors que les objectifs fixés en 1996 nécessiteraient de ramener ce chiffre à 85 millions en 2015. Les pays en danger sont aussi les pays qui ont connu des conflits armés : Burundi, Erythrée, Libéria, Sierra Leone ou République démocratique du Congo.

Si l’on projette les résultats de ces dernières années, seule l’Asie de l’Est parviendra à diminuer de plus de moitié le nombre de ses affamés, alors que celle du Sud-Est le réduira d’un tiers, tout comme l’Amérique latine.

Au Proche-Orient et en Afrique du Nord, la situation s’aggravera, car les personnes sous-alimentées seront 36 millions en 2015 contre 24 millions en 1990. C’est en Afrique subsaharienne que la situation est la pire. Or, elle devrait le rester. Le rapport de la FAO note que la concentration de la faim dans les zones rurales démontre qu’aucune amélioration significative n’est possible sans investissements forts dans le développement rural et agricole.

"L’augmentation de la productivité agricole peut accroître la production de denrées alimentaires, diminuer les prix des aliments sur les marchés locaux, augmenter les revenus agricoles et dynamiser l’économie locale en créant de la demande pour des biens et des services produits localement", souligne l’Organisation, qui estime que l’aide au développement "ne cible pas les plus nécessiteux".

Car la faim n’est pas seulement la conséquence de la pauvreté ; elle en est l’une des causes, tant il est vrai "qu’il est solidement établi que la faim nuit gravement à la santé et à la production des personnes et entrave les efforts que celles-ci déploient pour échapper à la pauvreté".

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3220,36-828890@51-828893,0.html

Mots clés : Alimentation / International / Pauvreté-Précarité /

Messages

  • Les 3/4 des personnes victimes de famine dans le monde se trouvent en zones de conflits et ce n’est pas un hasard. La famine est, comme au Moyen Age, utilisée comme une arme par les belligérants, le plus souvent d’ailleurs par les plus forts militairement pour faire pression sur les populations et les obliger à se soumettre au dictat de l’occupant. C’est le cas en Palestine où l’état sioniste affame les palestiniens par la destruction de leurs moyens de subsistance, le vol de leurs terres agricoles et des ressources en eau. La famine devient une arme de destruction massive. Les victimes de cette famine humainement provoquée ne sont pas comptabilisées comme victimes du conflit, ce génocide lent, soigneusement orchestré, rarement dénoncé, devient « politiquement » correct (complicité du bailleur de fonds de l’état sioniste, les Etats-Unis, leurs vassaux de l’UE, mais aussi de la Banque Mondiale).
    Pourtant une infime partie des depenses militaires mondiales ; plus de 1000 milliards de $ /an suffirait
    a eliminer la faim.

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