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APPEL POUR LE MAYDAY 003

mardi 1er avril 2003 - Contacter l'auteur

la parade du précariat européen.

Blair, Aznar, Berlusconi : quel point commun ? Ils
sont tous trois les alliés de Bush dans la guerre
d‚agression contre l‚Irak et ses habitants ; une
guerre pour le contrôle du monde qui veut étouffer
dans l‚ ?uf le projet d‚un autre monde ; d‚une Europe
sociale, construire par en bas, par les mouvements
transnationaux e par la démocratie globale.
Le trio des atlantistes à outrance part en guerre avec
Bush pour défendre le néolibéralisme autoritaire et
mensonger, qui manipule la réalité à travers le
contrôle direct de tous les médias, l‚occultation des
toutes les images de souffrance et d‚offense qui se
déroulent en Mésopotamie (M. B. assure la couverture
de ces événements en Italie, Rupert Murdoch assure
l‚information globale du régime) Bush et les fidèles néolibéraux qui le suivent dans
une guerre d‚agression folle et aventureuse, sont les
mêmes qui veulent réduire en esclavage éternel les
corps et les vies des personnes qui travaillent, à
commencer par les femmes, les immigrés, les
marginalisés, les plus jeunes, les plus faibles. Bush
et les trois serfs qui liquident les règles du droit
international, sont aussi ceux qui veulent annuler
tous les droits syndicaux et tous les liens sociaux
existants.

C‚est l‚Europe néolibérale stupide et servile qui
soutient l‚Amérique ultralibérale et hypermilitariste.
Elle donne carte blanche pour la destruction
permanente à l‚Amrique patriarcale et WASP qui possède
l‚industrie mondiale des armes et du pétrole.
L‚Amérique féodalisée par les myriades de Wal-Mart et
Mac Donald‚s qui dégradent l‚environnement et
exploitent le précariat social, celui des Noirs, des
Latinos, des Blancs pauvres, des mille ethnies
poussées par le besoin et assujetties à la nécessité.
C‚est ce même précariat qui se mettra en action dans
les métropoles européennes et asiatiques, fait de
travailleurs temporaires et semi-clandestins, salariés
jetables, embauchables et débauchables à volonté,
exploitables jusqu‚au dernier instant de la vue,
soumis à une prévarication ignorante et à une cruelle
offense.

Ceux qui aujourd‚hui sont précarisés et exclus au
Nord, sont ceux qui sont massacrés et affamés au Sud.
Et les sinistres stratèges du triangle des Açorres
expérimentent aujourd‚hui sur les civils la nouvelle « 
flexibilité » militaire de Rumsfeld et de ses
stratèges, parce qu‚ils veulent asservir le travail « 
flexible » et dominer les corps « sans valeur » des
un(e)s et des autres. L‚élite globale euro-américaine
ne fait plus de distinction entre public et privé,
entre richesse et privilège, entre travail et
esclavage, entre liberté et mort. Au nord, les élites
globales qui dominent la finance, la technologie, la
consommation, les médias, engloutissent le travail, le
temps, la vie des êtres humains ; au sud, ils
engloutissent leurs vies, leurs corps, les
transforment en marchandises, les violentent.
Mais l‚Europe, l‚Amérique latine, la Terre tout
entière ont donné vie ces dernières années et ces
derniers mois à un nouveau continent : l‚océan
pacifique des millions d‚individus et de réseaux
mobilisés pour un projet plus fort que tout
militarisme hypertechnologique et que tout
fondamentalisme chrétien ou musulman. C‚est le projet
d‚une démocratie sociale globale, qui promeut et
défend les droits de toutes et de tous, où la guerre
est bannie pour toujours des relations entre les
collectifs eco/sociaux et ethno/politiques.
Le mouvement global de Seattle et de Porto Alegre, de
Gènes et de Florence, qui aujourd‚hui s‚oppose à
l‚invasion de l‚Irak a fait émerger et a diffusé en
Europe un nouvel acteur politique capable de réédifier
à travers l‚agitation, l‚activisme, la participation
réticulaire, l‚architecture moribonde de l‚Europe des
banquiers et des technocrates. Ce nouvel acteur
politique est le précariat social et sa seule arme est
le média-activisme. Ce sont les millions de femmes et
d‚hommes qui en Italie et en Europe travaillent pour
un avenir indéterminé et un salaire incertain, qui
triment de jour comme de nuit, même le samedi et le
dimanche, qui ne se possèdent même plus : pas de vie,
pas de sentiments, jetés en pâture aux entreprises en
échange d‚une absence de protection sociale, en
échange d‚un déni d‚accès au logement, à la santé, à
l‚instruction, à la liberté d‚information, en échange
d‚une atmosphère minérale, d‚une eau minérale, d‚une
circulation fatale.

Le précariat est au néolibéralisme ce que le
prolétaire était au post-fordisme : il est le groupe
social émergeant des transformations de l‚économie, la
masse critique qui émerge des éternels sommets de la
globalisation multinationale, pendant que les usines
et les quartiers populaires sont éventrés pour qu‚on y
érige des bureaux de direction et des centres
commerciaux. Le tertiaire des hypermarchés et des
chaînes, des services pour les entreprises et les
personnes, les centres de recherche technologiques,
l‚information, l‚industrie de la communication : nous
sommes désormais tous précaires, ou proprement
vampirisés, perfidement piégés par l‚idéologie de la
flexiblité.

C‚est le précariat, cet acteur social nouveau et
crucial, à qui le MayDay 003 veut donner voix et
énergie. C‚est pour cela que nous te demandons de te
joindre, de t‚allier, de t‚unir avec
l‚Eurosocialactivisme qui met déjà en réseau
aujourd‚hui les hommes et les femmes de Chainworkers,
les Strikers, Critical Mass, Equilibrio Precario, et
de nombreuses autres réalités autogérées de Milan,
Rome, Bologne, Bergame, Brescia, Laveno,
Abbiategrasso, Novara, Pavia, des collectifs de
média-activistes et de précaires de Barcelone, Madrid,
Paris, Glasgow, des organisations syndicales
autonomes, des jeunes communistes, des jeunes
anarchistes, des catholiques et non catholiques, des
démocrates méthodiques

Nous avons aujourd‚hui une tâche historique à
accomplir : abattre le gouvernement de M. B. et le
nommer au conseil de Téléprison, tout comme les
compagnons catalans, basques et castillans ont le
devoir de réexpédier Aznar à son activité
d‚organisateur de petites fêtes de mariage. La
question du travail, avec celle de la paix, est celle
qui fait vaciller de manière la plus cruciale M.B
comme monsieur A.

Avec le referendum sur l‚art.18 (OUI, clair, on vote
OUI), nous avons une occasion unique d‚écrire noir sur
blanc que ce gouvernement liberfasciste et une
minorité et qu‚il doit s‚en aller, peut-être en exil.
Mais, que ça soit clair pour tous, le précariat social
se mobilise autour du OUI parce qu‚il s‚agit de la
première étape pour affirmer de nouveaux droits
européens sur les conditions de travail et de vie et
pour s‚assurer de nouveaux droits à la lutte, au
contrat, à la représentation syndicale.

La « delega 848 » sur les contrat à temps ni plein ni
déterminés, des ceux qui ne sont ni indépendants ni
dépendants, augmente encore la précarité ; déjà de
nombreux nouveaux pauvres créés par le néolibéralisme
italien sont des travailleurs précaires. Nous risquons
de rendre la société italienne encore plus défigurée
et barbare. Nous, animateurs du MayDay, nous voulons
une simplification radicale des contrats de travail :
ou indépendant ou dépendant, ou à temps partiel ou à
temps plein, ou à durée déterminée ou indéterminée.
BASTA ! Y‚en a marre d‚être cococo ? ? ? en formation
comme apprentis pour une agence d‚interim qui sous
traite pour une coopérative de services. COMPRIS ?
Y‚en a marre de ne pas arriver à joindre les deux
bouts et de ne jamais savoir quand on sera payé.
COMPRIS ? Y‚en a marre de se voir refuser le bail ou
le compte bancaire, la carte de crédit ou la mutuelle
parce que nous ne sommes pas sovables.

MAYDAY 003 : LE PRECARIAT SE REBELLE
1er mai, Milan, Porta Ticinese, 15h

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esa@inventati.org

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Mots clés : Emploi-chômage / Europe /
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