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Après la journée du 10 septembre, que propose la CGT ?

jeudi 19 septembre 2013, par A.Retesse - 5 coms

"Les manifestations organisées le 10 septembre ont montré que dans tout le pays des milliers de militants et de travailleurs ne sont pas prêts à accepter les attaques du patronat et du gouvernement sans rien dire. De ce point de vue cette mobilisation n’était donc pas cet échec que les médias aux ordres avaient annoncé. Mais nombre de travailleurs qui ont manifesté se posent naturellement la question de quoi faire après cette journée du 10 septembre. Et ce n’est pas la politique des directions syndicales, pas plus celle de la CGT que celles des autres syndicats, qui peut leur apporter une réponse.

Le secrétaire de la CGT, Thierry Le Paon, a annoncé l’organisation d’une autre journée de mobilisation, sans toutefois avancer de date. Mais quelle perspective la CGT propose-t-elle ? Début septembre, dans les meetings de rentrée qu’il a tenus, le ton du secrétaire de la CGT se voulait certes combatif. Mais sur le fond, qu’a-t-il défendu ? Il s’est félicité de la participation de la CGT aux conférences sociales, ces réunions entre représentants du patronat, du gouvernement et des confédérations syndicales qui n’ont servi qu’à écouter, et finalement, de fait, à approuver les diktats patronaux. Il a expliqué que ce gouvernement « écoute » trop le patronat, et « pas assez » la CGT, mais que, suite aux meetings de la CGT, « l’audition commencerait à revenir ». Et le secrétaire de la CGT de conclure : « Nous sommes donc sur la bonne voie ! », et ce, alors que ce gouvernement poursuit ses mesures antiouvrières !

Dans son entretien à L’Humanité Dimanche du 5 septembre, Thierry Le Paon est encore plus clair. « Avec ce gouvernement, tel qu’il est, dit-il, les choses peuvent avancer », ajoutant plus loin qu’« il y a une différence entre la gauche et la droite. Considérer que c’est la même chose c’est permettre au Front national d’empocher la mise. Jamais la CGT ne fera ce jeu. » Dénoncer le gouvernement pour ce qu’il est, un gouvernement entièrement au service des patrons, serait donc faire le jeu de l’extrême droite. Tout le monde l’aura compris, il ne reste donc qu’à le « soutenir ».

Alors proposer des journées d’action sans véritable plan, et surtout sans objectifs clairs, ne peut pas aider les travailleurs qui cherchent quoi faire. Il faut dire la vérité. On ne pourra s’opposer aux attaques des patrons sur les salaires, sur l’emploi, sur les retraites que si les travailleurs sont capables, par une mobilisation ample, déterminée, par leur organisation, de renverser le rapport de force avec le patronat. Aujourd’hui, le moral n’y est pas, et les travailleurs ne sont pas prêts à cela. Mais on peut s’y préparer en défendant dès maintenant des objectifs qui devront être ceux des luttes de demain, tels que l’interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous avec maintien du salaire, et encore l’échelle mobile des salaires et des retraites.

Il faut être convaincu qu’il s’agit d’une guerre avec le patronat et que ce gouvernement est entièrement à son service. Mais une telle politique, on ne peut visiblement pas l’attendre de la direction de la CGT."

Aline RETESSE

SOURCE : http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2355&id=3

Messages

  • Quand on voit le pétard mouillé du 18 septembre dernier, oui s’interroger est légitime. Ne nous faisons pas voler nos luttes par une direction réformiste. Il y a du monde à la base prêt à "remettre le couvert" des dernières luttes, pas par plaisir mais par nécessité.

  • La CGT est un outil à disposition des salariés,et ne s’use pas lorsqu’on s’en sert.Au contraire.

    Aujourd’hui, cet outil pour tous est laissé entre les mains d’hommes et de femmes qui l’utilisent à des fins politiques qui sont à des lustres des fondamentaux de classe de la CGT.

    Il devient urgent que cesse cette délégation de pouvoirs et que LES MASSES se réveillent et prennent en main l’outil CGT.

    "Attendre" l’individu providentiel pour"faire à notre place" nous conduit dans le mur.

    De "Lepaon providence" je ne retiens que son rapport au CESE, co-rédigé avec l’UMP sur l’ouverture à la concurrence du service voyageur de la SNCF.

    Donc pour la défense du service public je préfère m’en occuper avec mes camarades cheminots et les usagers de la SNCF.

    LR

  • citation :On ne pourra s’opposer aux attaques des patrons sur les salaires, sur l’emploi, sur les retraites que si les travailleurs sont capables, par une mobilisation ample, déterminée, par leur organisation, de renverser le rapport de force avec le patronat.

    langue de bois : On fait comment cette mobilisation ?

    Aujourd’hui, le moral n’y est pas, et les travailleurs ne sont pas prêts à cela.

    allons bon , c’est de la faute des travailleurs pas assez motivés !

    Mais on peut s’y préparer en défendant dès maintenant des objectifs qui devront être ceux des luttes de demain, tels que l’interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous avec maintien du salaire, et encore l’échelle mobile des salaires et des retraites.

    bis repetita : comment vous nous y préparez ?

    Il ne suffit pas de souligner l’impuissance ou les envies de négocier de la CGT, faut être aussi capable de proposer qq chose de concret ,maintenant, visant à bloquer ce système de m.......

    On espère vivement vos propositions d’action , camarades !

    • "bis répétita : comment vous nous y préparez"

      "on espère vivement vos propositions d’action,camarades !"

      Cet article date du 19 septembre 2013.A l’évidence tu n’es pas à jour de l’actualité des luttes.

      Je te conseille d’être un acteur dans la préparation des luttes plutôt que de sombrer dans la délégation de pouvoirs et "d’espérer ou attendre" .

      Là c’est un peu comme le paralysé qui va à Lourdes en "espérant" repartir en courant.

      On n’est plus,aujourd’hui dans des "propositions d’action" mais dans DES APPELS !

      Informe-toi auprès de ton syndicat CGT camarade !

      LR

    • Une des propositions d’action est que tu milites dans ce sens autour de toi pour populariser ces idées. La colère est une chose. Savoir où aller et ce qu’on veut en est une autre !

      Espérons que cette colère éclate le plus rapidement et consciensement possible !

      Alors milite camarade pour faire prendre conscience qu’on ne peut avoir confiance qu’en nos propes forces et qu’une mobilisation de grande ampleur comme en 1936 est nécessaire !

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