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Bethléem, après Noël

lundi 26 décembre 2005 - Contacter l'auteur - 1 com

de Al Faraby

Les pèlerins empruntant la route traditionnelle de Jérusalem à Bethléem pour fêter Noël à l’église de la Nativité se sont heurtés cette année à un mur - celui de l’occupation et du racisme.

La route poussiéreuse que Marie et Joseph sont censés avoir empruntée il y a plus de 2000 ans pour se rendre à Bethléem est aujourd’hui barrée par un ouvrage de béton de huit mètres de haut avec une grille d’accès métallique dont les autorités d’occupation détiennent les clés.

Pour accéder au lieu de naissance présumé de Jésus-Christ, que le maire de Bethléem présente comme "la plus vaste prison du monde", pèlerins et touristes ont dû "montrer patte blanche" : ils ont été passés au rayon X et leurs passeports ont été scannés.

"Si Marie et Joseph revenaient aujourd’hui sur terre, il devraient franchir ce barrage comme tout le monde", imagine Soeur Erica, une religieuse chrétienne contrôlée au point de passage.

Pour la première fois, cette année, Noël a été fêté isolément à Jérusalem et à Bethléem en raison de ce mur dont la construction a été unanimement condamnée par la diplomatie et la justice internationales.

Les habitants de Bethléem expriment leur amertume d’être ainsi parqués derrière un mur.

"Il est maintenant évident qu’il ne sera pas abattu. Cela paraît définitif", estimé Mary O’Regan, une militante irlandaise pro-palestinienne.

Entamée il y a trois ans, la construction de l’ouvrage qui, une fois achevé, courra du nord au sud de la Cisjordanie en incluant les grandes colonies et la grande banlieue de Jérusalem..

Une fois franchie la grille d’accès, qui ressemble à une porte de garage, l’ancienne entrée de Bethléem, où se mêlaient autrefois Israéliens et Palestiniens dans les cafés et les boutiques, semble aujourd’hui bien déserte.

C’est que la porte de la ville ancienne est prise en sandwich entre le mur qui la sépare de Jérusalem et celui qui protège le tombeau de Rachel, un site biblique juif à quelques centaines de mètres de l’artère principale de Bethléem. "Cela a tué la vie du quartier et fait chuter les affaires", se plaint Nikola, un habitant qui tient le restaurant de l’Arbre de Noël, non loin du tombeau de Rachel.

"Il y a encore quelques années, ces lieux étaient si fréquentés que je n’aurais pas eu le temps de bavarder avec vous", confie-t-il en faisant frire des falafels dans son restaurant désert. "Cette année je compte mes clients sur les doigts de la main."

Les touristes ne se sont pas attardés dans le quartier du tombeau de Rachel, qui porte les stigmates d’affrontements armés, et ils se sont dirigés directement vers l’église de la Nativité.

Mais, même là, ils ne sont pas restés longtemps. Ils n’ont pas pris le temps d’un repas dans le quartier et ne se sont pas attardés dans les boutiques de souvenirs.

"Bethléem a été transformé en ghetto. Nous exigeons que les Israéliens restituent sa liberté à Bethléem", déclare le maire, Victor Batarseh.

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=2729

Mots clés : Al Faraby / Dazibao / Discriminations-Minorités / Proche & Moyen Orient / Religions-Croyances /

Messages

  • Il ya quelques années quand je suis allée en Israël, Bethléem est la seule ville où j’ai vu la paix entre palestiniens et israëliens... elle m’avait donné espoir...Je refuse de perdre celui de voir ce mur détruit.
    Paix pour ces 2 peuples.
    Fee2lune

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