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C’EST PAS LA FAUTE DE L’EUROPE MAIS DU PATRONAT QUI A CONSTRUIT L’UE !

dimanche 23 février 2014, par Orwell

Cette publication est une réponse à l’article de Robert GILL publiée ici :
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article140000

Robert Gill nous dit :

« Les opposants à L’Europe nous disent une chose très juste : « L’UE c’est la machine de guerre des patrons européens. C’est l’arme d’exploitation massive du capitalisme européen. » . Je suis entièrement d’accord, mais je constate également que parmi ces patrons et ces capitalistes européens, il y a nos braves patrons et capitalistes français ! »

Cela discrédite il la critique de l’UE, de ses institutions non démocratiques et de sa politique de casse sociale ?

« Alors oui c’est bien l’UE qui organise le dumping social et la mise en concurrence des salariés français avec l’ensemble des travailleurs d’Europe. Oui, c’est bien l’UE qui nous pond des directives « travailleurs détachés ». Oui c’est bien l’UE qui exige qu’il y ait des réformes structurelles permettant de baisser le coût du travail, c’est à dire les salaires. Oui c’est bien l’UE qui fait pression sur des Etats pour casser le droit du travail. Oui, de nombreuses lois « votées » au parlement ne sont que le résultat de la transposition de directives européenne, qui, elles, sont décidées et établies à Bruxelles par la commission et les lobbys patronaux. Oui, il faut le dire clairement, l’UE est une dictature capitaliste qui respecte de moins en moins ce que l’on appelle démocratie, et donne des droits démesurés au patronat. »

A ce titre ne devrions-nous pas en conclure que l’UE cette « dictature capitaliste qui respecte de moins en moins ce que l’on appelle démocratie, et donne des droits démesurés au patronat. » est une arme de destruction massive conçue par le patronat européen et américain et qu’il convient de détruire cette arme qui les sert tant ?

« Mais l’Europe n’envoie pas des agents pour mettre un fusil sur la tête de nos braves patrons et capitalistes français pour les obliger à mal payer leurs salariés, à délocaliser des entreprises rentables afin de faire plus de profits, à avoir recours à des contrats précaires et à des méthodes de management destructrices pour leurs employés. »

Ça c’est l’argumentaire du FN.

Ma vision des choses est très différente dans le sens où je pense que c’est exactement l’inverse.
Ce sont les patrons qui envoient leurs agents aux postes de commande de l’UE et accessoirement aussi des gouvernements nationaux afin de prôner la déflation salariale au nom de la lutte contre l’inflation, la facilitation des licenciements au nom de le flexi-sécurité, le libre-échange , le marché libre, la concurrence libre et non faussée, la libre circulation des capitaux au nom de la liberté individuelle d’entreprendre qui serait par essence plus porteuse de progrès que l’action collective trop chargée de considérations passionnées pour l’intérêt général qu’il serait plus aisé d’atteindre en additionnant les intérêts particuliers…

« Non, nos braves patrons et capitalistes français le font d’eux mêmes, parce que cela correspond à leurs intérêts et à leur idéologie ! »

Et l’UE n’est-elle pas l’instrument de propagande par excellence des capitalistes français ou pas (du reste cela a t-il une quelconque importance ?) ?

« Et ce n’est pas non plus l’Europe qui oblige les électeurs à voter pour tous les cumulards qui se présentent à nos élections nationales, et qui nous pondent des lois scélérates pendant qu’eux mêmes vivent au frais de la princesse ? Non, les électeurs le font naturellement ! »

S’il est vrai que personne ne les oblige à voter pour les cumulards, il ne faut pas perdre de vue qu’une grande majorité de la classe politique européenne défend avec acharnement les préceptes de l’UE et que l’extrême droite s’y attaque uniquement par démagogie.
Cette dernière sentant que l’UE n’est pas en odeur de sainteté auprès des peuples et qu’elle pourrait en collecter les dividendes électoraux n’hésite pas à surfer sur la gronde sociale qui grandit au sein des peuples englués dans l’austérité imposée par l’UE des patrons.
Une fois éliminée ces deux composantes de la classe politique que reste t’il ?
D’une part les marxistes/trotskystes du NPA ou de LO qui n’ont visiblement rien compris des mutations du capitalisme depuis la révolution industrielle et d’autre part le FDG et son leader (lui-même ancien de la socdem) qui n’a pas le courage d’envoyer chier les sociaux traitres de la place du colonel Fabien mais qui prétend pouvoir déclarer la guerre au MEDEF et imposer des changements démocratiques à l’UE des 28.
Dans ces conditions je ne doute pas un instant que nombre de gens politiquement déroutés par l’audace dont font preuve les chiens de garde cumulards pour satisfaire les désirs de leurs maîtres, peuvent être tentés de croire aux illusions diffusées par la propagande du changement.

« Et en attendant, on continue à licencier dans l’indifférence générale. Alors, les anti-européanistes attendent-ils patiemment que tout soit détruit et bradé pour agir ? »

La même question pourrait être posée au marxistes et trotskystes qui depuis 1848 nous disent qu’il faut laisser faire le libre échange qui fera prendre conscience aux prolétaires du monde entier de l’utilité d’unir leurs luttes contre le capitalisme.
Le problème avec ce raisonnement c’est que ça fait 160 ans qu’on attend et que les prolétaires qui n’ont pas de patrie unissent leurs luttes.
Or depuis la révolution industrielle jusqu’à aujourd’hui l’observation des luttes sociales partout dans le monde démontre qu’elles sont circonscrites aux territoires où elles naissent.
On a jamais vu la CGT/FO/SUD manifester contre le sort réservé aux travailleurs allemands sous Schröder ni aux syndicalistes britanniques que Thatcher a fait massacrer pas plus qu’on la voit s’élever contre le travail des enfants au Bengladesh...

Et à ce moment-là ils diront « de toute façon, y’a plus rien à faire ! »

Monsieur Gill anticipe les réponses des opposants réels à l’UE. Cette affirmation n’engage que lui.
Quoi qu’il en soit ce n’est pas en prêtant des paroles à ceux qu’il combat il fait le jeux de l’extrême droite coutumière de ce genre de pratique.

« Alors on cherche des excuses »

Non on ne cherche pas d’excuse la menace est réelle et tous les jours l’actualité sociale nous le rappelle : FLORANGE/VIRGIN/PSA/FRANCE TELECOM/FRANCE TELEVISION/MICHELIN/ALCATEL/ELECTROLUX/RENAULT/EADS etc ...
Et oui je ne veux plus être récupéré par les syndicats dont le silence complice sur la question du libre-échange et du commerce international exacerbé me fait m’interroger sur qui ils défendent réellement.

« car tout est contrôlé par les banquiers, les francs maçons, les sionistes…, j’en passe et des meilleurs.
Ah, ils sont forts pour crier lors de leur manif : « non au complot juif, non à l’islamisation de la France, non aux homosexuels, …et non à la pression fiscale »

De qui parlez-vous ? Moi je suis opposé à l’UE, à la BCE, au FMI, à l’OMC, à l’OTAN, au libre-échange , à l’impérialisme , au (néo)colonialisme , à l’économie de marché, à la logique d’accumulation du capital, à toute forme d’économie qui s’appuierait sur le pillage des richesses des autres et qui serait tirée par l’industrie militaire et je ne partage aucune des opinions que vous prêtez aux anti UE en les assimilant à l’extrême droite !!!
Mais je reconnais bien là le procédé : Qui n’est pas convaincu que les prolétaires n’ont pas de patrie et pense que le seul échelon possible pour l’exercice de la démocratie est la nation alors celui-là est forcément d’extrême droite et il convient de lui prêter des idées qui elles sont bien d’extrême droite pour éviter de débattre sur le fond de ses propres idées.

« On s’en fout qui contrôle qui, le changement et les avancées sociales ont toutes été conquisse par des luttes et ce sont nos résignations qui les détruisent ».

Ba bien sûr. Allez dire ça à ceux qui se sont fait gazer par les flics en allant manifester devant le QG de sarkozy en 2012, ou à ceux qui ont perdu deux mois de salaire pendant la manif sur les retraites en 2010, à ceux qui se sont battu car ils ne voulaient pas sucer les sucettes à l’ANI ...

Enfin pour illustrer ce qui fait que je m’oppose à l’UE autant qu’à la vision internationaliste (au sens unie d’une seule et même voie) de la lutte des classes, je vais reproduire l’analyse - à mes yeux brillante - de A.C qui a formidablement résumé la cohérence de la lutte contre l’UE avec la nécessité de rompre avec le capitalisme :

Orwell

DEBUT DE L’ARGUMENTAIRE D’A.C


Je ne veux commenter que ceci car le lien entre "nous" et le vote FN..c’est vieux comme..l’argument de certains qui n’ont pas voulu voter NON à Maasstricht parce que Pasqua en faisait autant.

Vous dites à Orwell

« avec ou sans l’europe c’est le medef, le capitalisme et le patronat français qui vous exploite. Ce n’est pas de l’europe qu’il faut sortit mais du capitalisme. »

Réglons une question : "sortir" de l’europe", sauf à la tronçonneuse géante, pour que nous devenions une ile ..cela ne veut rien dire.
Nous sommes, par ailleurs, quelques uns-pardonnez nous- qui pratiquons la LDC depuis des décennies, qui travaillons à l’abolition su Capitalisme, qui tentons modestement de"semer" de l’espoir COMMUNISTE, et qui n’avons pas attendu d’apprendre sur B.C que le Capitalisme était une monstruosité à combattre PARTOUT, pour le mettre en terre, pour nous investir dans les combats , de ce côté ci de la barricade.
Par contre , la question reste posée d u processus révolutionnaire et de la nécessité d’intégrer dans la réflexion collective la REALITE si l’on entend la changer !
Si le Capitalisme s’est attelé dès la fin des années 40 à la construction de ce qu’ est aujourd’hui l’U.E ce n’est pas que pour chercher , dans la sphère économique le meilleur taux de profit, au nom de coopérations genre CECA de 1949 et du Traité de Rome
On (re)pardonnera à un vieux de râbacher
La façon dont cet article du monde diplo que je cite parfois , reprécise la stratégie "géopolitique" du K ,est digne de débat :
Il faut relire Boiral qui est loin d’être un "stalinien franchouillard"..
 :)
Citations partielles

http://www.monde-diplomatique.fr/2003/11/BOIRAL/10677

Il commence son papier en notant
Dirigeants des multinationales, gouvernants des pays riches et partisans du libéralisme économique ont vite compris qu’ils devaient se concerter s’ils voulaient imposer leur vision du monde. Dès juillet 1973, dans un monde alors bipolaire, David Rockefeller lance la Commission trilatérale, qui va marquer le point de départ de la guerre idéologique moderne. Moins médiatisée que le forum de Davos, elle demeure très active, au travers d’un réseau d’influences aux multiples ramifications.
et dans son papier il précise
Ces interventions s’articulent autour de quelques idées fondatrices qui ont été largement relayées par le politique. La première est la nécessité d’un « nouvel ordre international ». Le cadre national serait trop étroit pour traiter des grands enjeux mondiaux dont la « complexité » et l’« interdépendance » sont sans cesse réaffirmées. Une telle analyse justifie et légitime les activités de la Commission, à la fois observatoire privilégié et contremaître de cette nouvelle architecture internationale.
Je partage cette analyse
La question est donc, pour moi, assez simple :
=> Si l’UE et ses divers traités ne sont pas d’un dispositif de LUTTE DES CLASSES, pourquoi le Capital se battrait il, becs et ongles, pour en renforcer la nocivité ?
Si Orwell a"tout faux" comme moi, pourquoi avons nous mené la bataille du NON au TCE, vous et nous j’imagine ?

=> Si la Nation est un "gros mot" pourquoi chantons nous l’INTER-..NATIONALE ?
pourquoi l’Internationalisme prolétarien comme référence ?

=>Si ce cadre dit" Etat-Nation" est un "machin" dont il faut se contrefoutre..pourquoi le CAPITAL cherche t il à dépasser même la"supranationalité" pour essayer de "nous" préparer une "Europe des Régions, des"landers".

Ceci en lien avec les plans , chez nous, visant à passer au karcher tout ce qui est considéré cadre dangereux pour l’adversaire de classe(Communes notamment).

=> En quoi refuser de considérer la construction capitaliste de ce continent serait ce contraire à notre combat pour abolir , faire"dépérir" l’ETAT bourgeois ?

=>Ainsi donc il serait sans intérêt que cet ETAT à conquérir pour le détruire , EXISTE encore ou pas, dans le processus révolutionnaire ?

=>Si "la preuve du pudding c’est qu’on le mange" -ce qui est aussi la preuve de la pauvreté des goûts culinaires anglais- :)
................la preuve du besoin de démolir cette construction capitaliste, n’est elle pas dans le fait qu’elle est un "sacré outil "qui sert AUSSI (c’est la lutte des classes et donc normal !) à pourrir tout ce qui serait restes de conscience révolutionnaire.

=> Si j’en crois le lien CGT-CES avec ce que devient ce qui fut repère du Syndicalisme de CLASSE
Et quand je parcours les textes de ce Parti de la Gauche Européenne des Laurent-Mélenchon e leur demi dieu Tsypiras.., comment ne serais-je pas convaincu que le combat contre cette UE c’est un aspect à mesurer si l’on veut rester Communiste, en analysant à la loupe de CLASSE, la réalité du Capitalisme de 2014..

Cordialement
A.C


FIN DE L’ARGUMENTAIRE D’AC