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Connaissez-vous Sally Bercow ?

lundi 7 février 2011 - Contacter l'auteur

Malgré notre kleiner Mann et ses amours fascinantes et glorieuses, il faut bien reconnaître que la vie politique française a des côtés plan-plan, comparée à ce qui se passe outre-Manche.

La Chambre des Communes est présidée par un Speaker, un député particulièrement respecté par ses pairs, choisi généralement de manière consensuelle. Il arrive que ce Speaker soit issu des rangs de l’opposition.

Mais dans le Royaume-Uni post-thatchérien, plus encore que dans la France sarkozyste, tout est possible. John Bercow, qui préside actuellement aux destinées de la Chambre des Communes depuis 2009, s’est arrangé pour ne pas payer d’impôts sur la plus-value consécutive à la vente de deux de ses résidences après avoir rétribué 1200 euros un conseiller fiscal qui l’avait aidé à remplir sa déclaration de revenus. On lui reprocha également d’avoir dépensé 50000 euros d’argent public pour rafraîchir son appartement de fonction. Il expliqua que la peinture rouge perturbait un de ses enfants autistes.

Mais le plus piquant est tout de même sa femme. Sally (42 ans) fut virée de l’université d’Oxford pour mauvais résultats. Elle militait à l’époque dans les rangs conservateurs. Peu de temps après, une firme de relations publiques la licencia car elle avait omis de mentionner sur son CV qu’elle n’avait pas accompli un cycle normal d’études supérieures.

Lorsqu’elle fréquenta Oxford, Sally fut, selon ses dires, une « laddette ». Ce mot récent est le féminin de « lad » (un gars). En français de Côte d’Ivoire, on dirait une « go ». Une « ladette » est une jeune fille qui se comporte comme un mec qui se lâche : elle boit, elle braille en public, elle chante des chansons paillardes. La future épouse du Speaker buvait comme un trou (deux bouteilles par jour) et se tapait le premier mec venu qui avait l’extrême obligeance de lui payer un coup.

Toujours selon ses dires, Sally est une abstinente totale depuis dix ans. Elle vit avec John (qu’elle dépasse d’une tête, hum-hum !) depuis 2002. Ils ont trois enfants. Il est loin le temps où elle cuvait jusqu’au bout des lignes des métros qu’elle empruntait.

Est-ce parce qu’elle est désormais sobre, elle défend désormais les idéaux travaillistes ? Elle vitupère contre les conservateurs, parti des privilégiés, fossoyeur des services publics. Elle a annoncé sa candidature pour un siège de député. Elle a décidé de ne pas envoyer ses enfants dans un lycée de la circonscription bourgeoisie détenue par son mari. « Je suis farouchement opposée à la sélection », dit-elle, « car cela nous confine dans nos privilèges ». Lorsque la grande figure de la gauche du parti travailliste Michael Foot nous a quitté (http://blogbernardgensane.blogs.nou...), elle a fait une donation substantielle à ce parti.

Elle trouve la vie politique très sexy et a récemment posé nue dans un drap.

« Eccentric, isn’t she ? »

Mots clés : Bernard Gensane / Europe / Partis politiques /
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