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Consommation de viande : nous marchons allègrement vers notre perte

lundi 20 août 2007 - Contacter l'auteur - 10 coms

De Michel Monette

Produire de la viande est un désastre environnemental tel qu’il vaudrait mieux faire moins d’efforts pour en manger le moins possible.

Récemment, l’écologiste Chris Goodall a soutenu, calculatrice en main, qu’il est moins dommageable pour l’environnement de prendre sa voiture que de marcher pour se rendre au supermarché. Dans How to Live a Low-Carbon Life, Goodall est formel : alors que la conduite d’une voiture britannique typique sur une distance de 3 milles [4.8km] ajoute environ 0,9 kg de CO2 dans l’athmosphère, marcher l’équivalent fait dépenser environ 180 calories et il faudra alors ingérer 100 g de boeuf pour les récupérer, la production du dit boeuf se traduisant par l’émission d’environ 3,6 kg de CO2 (Times online, Walking to the shops ‘damages planet more than going by car’)

Le problème, c’est que la consommation mondiale de la viande et des autres produits alimentaires de l’élevage est en hausse constante.

Déjà en décembre 2006, la FAO publiait un rapport démontrant que le secteur de l’élevage est responsable, à l’échelle mondiale, de plus d’émissions de gaz à effet de serre que le secteur du transport. Or, la production de viande devrait passer de 229 millions de tonnes en 2001 à plus de 465 millions de tonnes en 2050, alors que celle du lait va passer pour sa part de 580 à 1043 millions de tonnes.

Voilà bien là un des grands paradoxes de l’amélioration du sort humain.

Certains diront qu’il y aurait une façon simple de résoudre ce paradoxe : remplacer la diette carnée par une diète végétarienne.

Pas si simple, en fait. Plus de 1,3 milliards de personnes vivent du secteur de l’élevage dans le monde, un secteur qui représente environ 40 pour cent de la production agricole mondiale. Imaginez un instant le virage formidable que représenterait le passage à une alimentation essentiellement végétale.

Ajoutons, pour compliquer le tableau, que l’élevage est, pour de nombreux agriculteurs pauvres des pays en développement, « aussi une source d’énergie renouvelable pour la traction animale et une source essentielle d’engrais organiques pour leurs cultures », toujours selon la FAO.

L’élevage est une véritable calamité environnementale. Jugez-en par ces chiffres :

- 65 pour cent des émissions d’hémioxyde d’azote (imputables essentiellement au fumier), qui a un potentiel de réchauffement global (PRG) 296 fois plus élevé que le CO2 ;
- 37 pour cent de tout le méthane dû aux activités humaines (agissant sur le réchauffement 23 fois plus que le CO2) ;
- 64 pour cent de l’ammoniac, qui contribue sensiblement aux pluies acides ;
- 30 pour cent de toute la surface émergée de la terre sert à l’élevage et 33 pour cent des terres arables sont utilisées pour la production fourragère ;
- 70 pour cent des anciennes forêts d’Amazonie ont été converties en pâturages.

Ajoutons que plus du cinquième des pâturages sont dégradés par le surpâturage, la compaction et l’érosion, sans compter les rejets de polluants dans les écosystèmes.

Or, non seulement devrons nous produire de plus en plus de végétaux afin de nourrir davantage d’animaux d’élevage qui coûtent cher en énergie, tout en polluant notre environnement, mais en plus, l’épuisement des sources d’énergie fossile, combinée à une demande d’énergie sans cesse croissante, fera en sorte que les végétaux seront utilisés en quantité croissante pour fabriquer du biocarburant. Résultat : le prix des céréales et autres végétaux destinés à la consommation humaine et animale augmente déjà sur les marchés mondiaux, le coût de l’élevage suit, le prix des aliments ne saurait tarder à emboîter le pas à son tour...

...et les petits paysans n’auront plus les moyens d’exploiter leurs terres. Ils iront gonfler le flot des citadins devant acheter, pour nourrir leurs familles, ce qu’ils produisaient.

- http://www.centpapiers.com/Consomma...

Mots clés : Agriculture - Pêche / Alimentation / Animaux-Elevage / Dazibao /

Messages

  • Si si, devenez tous végétariens... Manger "peu" de viande n’est pas plus glorieux que de frapper "peu" sa femme...

    • ...et en plus, c’est meilleur pour la santé (voir, entre autre, la responsabilité de la consommation de viande dans le cancer du colon)

      Gérard

    • C’est ce qu’on appelle un cercle vicieux. Cette course folle pour le profit maximun qui conduit à la surproduction anarchique accompagnée d’un conditionnement psychologique tous azimuts à la surconsommation des citoyens pour la nourriture comme pour le reste, et même si de plus en en plus de citoyens ont de moins en moins les moyens.

      Mais le mal est fait au niveau des mentalités et des consciences sauf pour pas mal d’irréductibles quand même, capables de résistance à ce système "accumulateur de profits", prédateur et stupide qui conduit l’humanité et le monde à sa perte. Tout est fait pour faire intégrer, l’illusion dramatique dans ses conséquences à tous les niveaux et sur tous les plans de l’individu à la société toute entière que le bonheur dépend de l’accumulation de l’AVOIR en dissimulant soigneusement que c’est au détriment de l’ETRE et donc de son véritable épanouissement d’Etre conscient de ses responsabilités et de son pouvoir positif sur les politiques qui façonnent son quotidien et sur lui-même.

      La surproduction de l’agriculture d’élevage et de production de viande (dans des conditions abominables pour les animaux) qui repose sur la surconsommation effreinée de viande par des consommateurs inconscients et hypnotisés n’y échappent pas. Mais c’est la fuite en avant vers un déséquilibre effarant et autodestructeur que personne ne peut et ne pourra plus maîtriser si nous restons dans le cadre de cette société capitaliste. A moins que :

      Les citoyens transforment les difficultés sociales et la précarisation croissante qui vont s’abattre impitoyablement sur eux en prise de conscience irréversible, déterminée et agissante pour un choix de société radicalement opposé basée sur un véritable contrôle démocratique des citoyens sur tous les rouages, les tenants et les aboutissants d’une société de partage (où les VRAI besoins et les Faux besoins seront identifiés), une société d’équilibre de l’environnement et des ressources pour la santé et la sauvegarde de la diversité des vies sur cette planète, toutes choses sans lesquelles l’épanouissement social humain et culturel serait lettre morte.

      Il est temps que tout parti politique résolument moderne autant que révolutionnaire et voulant aider à l’avènement d’une telle société intègre une réflexion sérieuse et panoramique sur toutes les questions touchant à tous ces problèmes vitaux pour la qualité de notre vie. Identifier toutes ces répercussions en chaîne et ces mécanismes (très bien décrits dans cet article),

      tout comme une réflexion sur la dialectique réciproque entre les qualités humanistes d’une société et l’évolution positive des mentalités.... et l’évolution toujours possible des mentalités par un brassage d’informations de communication et d’échanges entre citoyens dès aujourd’hui pour l’avènement et le développement plus rapide et harmonieux par la suite, de la société plus juste et plus humaine que nous voulons.

      Maguy

    • Faites comme Louise Michel, combattez l’ignominie que ce carnage quotidien dans les abatoirs et autres terrains de supplices pour ces pauvres animaux qui purgent déjà leur peine, comme nous, en ce bas monde. Rendez-vous sur une autre planète ...

    • Tout à fait d’accord avec toi. La colonisation, l’esclavagisme, la torture, les maladies sont nés des mauvaises habitudes alimentaires. Jeûnons le plus possible pour vivre plus longtemps en bonne santé, et gardons à l’esprit que la petite vague que nous provoquons en violant impunément les lois de la nature, peut se transformer en tsunami.

  • je m e suis arrete au second paragraphe...un Chris Goodall qui "demontre" avec une calculatrice que les voitures tombent du ciel et qu’il ne faut pas de viande ou d’autre chose pour les fabriquer, les amener sur place etc...desole, je prefere mon steak et mon velo. ca me rappelle les fanas du bio-carburant qui oublient que leur colza est produit avec des engrais et des tracteurs qui consomment enormement (labourer c’est de l’energie !). Vive la crise, le meilleur remede a la surconsommation ! avec mon smic pour deux, j ai pas de voiture et - malheureusement de mon point de vue - je mange pas svt de la viande :)

  • Entièrement d’accord avec toi. Remplaçons les viandes, les poissons, les laitages par des protéines végétales. Chaque animal tué volontairement par l’homme provoque la maladie, la guerre, et l’injustice dans le monde. Vivons sainement en mangeant ce que la nature nous donne gratuitement.

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