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Dire non aux prélèvement d’ADN

mardi 8 novembre 2011 , par CAPJPO - Contacter l'auteur - 1 com

Le procès de Xavier Renou qui devait se tenir ce matin (7 novembre) au tribunal correctionnel de Senlis a été renvoyé au 22 février matin, à la demande du Parquet. En attendant, les militants qui se sont déplacés pour témoigner leur solidarité, se sont sentis renforcés dans leur détermination de ne pas de laisser la police constituer ces dangereux fichiers génétiques avec nos fragments d’ADN.

Il est désormais établi que les segments de notre ADN, prélevés lors de gardes à vue, ne sont pas seulement "identifiant" comme le soutenait le gouvernement, mais bien "codant", nous a expliqué Catherine Bourgain, généticienne (Paris Sud et INSERM Paul Brousse), à la sortie de cette audience écourtée.

C’est à dire qu’ils ne permettent pas simplement d’"identifier" une personne" (ne pas la confondre avec une autre), mais bien de connaître son patrimoine génétique, ses ascendances géographiques, ses pathologies actuelles et potentielles, en un mot de pénétrer très profondément dans notre intimité.

Comment ne pas s’inquiéter, faisait remarquer Xavier Renou, de potentielles dérives de nos "démocraties", des régimes qui peuvent leur succéder et hériter de ces fichiers hautement invasifs, sans parler de l’absence de sécurité concernant ces fichiers. On sait notamment que des fraudes extrêmement graves ont déjà été commises et révélées en France comme en Grande-Bretagne où des compagnies d’assurance ont réussi à se procurer certains de ces fichiers (ce qui leur permet d’obtenir de précieuses informations sur leurs clients actuels ou potentiels).

Le Comité National d’Ethique lui-même a estimé en 2007 que ces fichiers comportaient des risques de stigmatisation et d’exclusion, en particulier pour les minorités ethniques.

Et il faut savoir qu’un prélèvement d’ADN est actuellement exigé de n’importe qui —ou presque— préjugé coupable ou ayant eu une condamnation.... sauf.... les coupables de délinquance économique et financière !!!

Me Etienne Ambroselli, défenseur de Xavier Renou, souhaitait au demeurant soulever plusieurs QPC (Question prioritaire de constitutionnalité), dont une majeure contestant le fait que le refus de donner son ADN est le seul "délit" dans le droit pénal entraînant toute possibilité de réduction de peine, en cas de peine de prison, c’est à dire ôtant aux juges la liberté essentielle de moduler une sanction en prenant divers éléments en compte.

Le procureur a estimé ne pas avoir eu le temps d’étudier les documents de la défense et a obtenu le renvoi de l’audience.

A n’en pas douter, cette mesure liberticide, qu’est le prélèvement de plus en plus systématique d’ADN par la police, constitue un enjeu de taille pour nous. Et nous serons présents au tribunal de Senlis le mercredi 22 février à 8 H 45 pour afficher notre désobéissance commune à des lois indignes.

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com/spip.php?article6623

Mots clés : FR - Ile de France (01) / Justice-Droit / Manifs-actions / Numérique-Techno. / Police - Répression /

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