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Du fascisme a Guerlesquin et ailleurs

Publie le dimanche 31 mai 2009 par Open-Publishing
8 commentaires

Du fascisme a Guerlesquin et ailleurs

II y a quelques semaines l’hebdomadaire le Trégor faisait part de l’implantation dans le finistère, plus exactement à Guerlesquin d’un mouvement fasciste : les « Identitaires ».

Qu’ils avancent en promulguant la défense de la culture bretonne, de l’environnement, en ayant un discours pseudo gauchisant, les « Identitaires » ne trompent ni les antifascistes ni les libertaires averti-Es.

Nous avons affaire à une énième manifestation du fascisme aux relents de nazisme. Qu’ils tentent de passer pour d’honorables pêcheurs à la ligne ou pour une amicale de boulistes propre sur elle, pour le groupe anarchiste « jes futuro » un fasciste reste un fasciste.

Les Identitaires se prononcent pour l’existence d’une civilisation européenne correpondant à un espace mythique indo-européen (ce dernier terme est à considérer d’abord dans une acceptation pseudo raciale plus que linguistique).

D’un peuple mythique issu du Nord de l’Europe viendraient toutes les valeurs fondatrices civilisatrices. Cette « race européenne » se déclinerait en « patries charnelles », fondement d’un régionalisme « racialiste », réunies en « patries historiques » : les nations européennes au sein d’une civilisation européenne. Leur projet politique rejoint celui d’une certaine frange SS : une europe fédérale sur la base d’une civilisation indo européenne divisée en régions autonomes mais unies par les liens du sang.

Leurs discours pseudo gauchisants anticapitalistes excluent l’entraide avec les travailleurs-se-s étranger-e-s et leurs descendantEs, ainsi que la lutte des classes. Leur anticapitalisme est de façade, l’histoire montre que le fascisme n’accède au pouvoir qu’avec l’aval du grand capital, de la bourgeoisie et souvent le plus légalement du monde grâce aux élections, ceci en pleine crise du capitalisme et en l’absence de dynamique révolutionnaire (comme actuellement).

Pour le groupe « jes futuro » la démocratie parlementaire n’est donc pas un rempart contre le fascisme (union sacrée en 1914, pleins pouvoirs à Pétain en France...). Pour qui a enduré les injures racistes, sexistes, homophobes, les coups de bottes plombées, les « Identitaires » ne sont pas un détail mais restent pour l’instant un épiphénomène du système capitaliste et patriarcal actuel.

Le fascisme se dilue tous les jours dans notre société : chasse aux travailleurs -se-s sans papiers, atteintes aux droits des femmes, attaques homophobes, religions et sectes ultra réactionnaire, lois liberticides, mise au pas et précarisation du prolétariat...

Pour le groupe anarchiste « jes futuro », seul un mouvement de base authentiquement révolutionnaire anticapitaliste, pro-féministe, libertaire, anti parlementaire peut vaincre le fascisme.

Groupe anarchiste « jes futuro », mai 2009

http://groupeanarchistejesfuturo.over-blog.com/articles-blog.html

Messages

  • Extrait de l’indispensable livre "Le Choix de la Défaite" (Ed. Armand Colin) de l’excellente historienne Annie Lacroix-Riz sur la montée du fascisme organisé par la très grande majorité des "élites" françaises dans les années 30 (les passages entre guillemets sonts des extraits des fonds des renseignements intérieurs). Ce livre, comme de nombreux autres ouvrages de cette historienne est essentiel pour tous les militants progressistes ou révolutionnaires. Trois de ses conférences sont également disponibles sur Dailymotion sur le compte de worldhistoria :

    Première Partie : Vers le choix de la défaite : des débuts de la crise aux élections de 1936

    Chapitre 4 : L’Allemagne en France : les débuts glorieux de la Cinquième Colonne 1933-1936

    Du reste de la France aux colonies

    L’autonomisme, soutenu depuis la fin de la guerre entre autres par Robert Ernst, prospéra à partir de février 1933. "En relations avec le mouvement autonomiste de l’Alsace-Lorraine, le Partitu Corsu Autonomiste (Parti autonomiste de Corse) [et] le mouvement autonomiste breton" dépendaient d’un "comité central des minorités nationale en France (CCMNF) [...] créé sous l’influence du parti national-socialiste." "Le Parti national Breton" (PNB) figurait au second rang des visées avec un "centre pour la propagande national-socialiste en Bretagne [...] à Rennes [...] baptisé Roazon". Siège de l’imprimerie de Breiz Atao (Bretons Toujours), "organe officiel de la "Nation Bretonne" ", le groupe était dirigé pa le nazi Ernst Fritsch auquel succédèrent après la Nuit des Longs Couteaux (30 juin 1934), "une kyrielle d’Allemands [...] amis de Göbbels et de Goering". L’un d’eux, Fritz Schmitz, adressait ses directives à Rennes de Munich, siège de "L’Eveil des Celtes (Erwaschenden Kelten)". Rudolf Schleier consacrait au PNB une part notable de "ses fréquents voyages dans notre pays" et se "rend[it] à plusieurs reprises à Rennes et à Brest" pendant son séjour en France de mars-avril 1935.
    "La carte de membre du parti autonomiste breton port[ait] deux croix gammées sur fond rouge" et ses "buts" furent définis par Breiz Ata le 17 juin 1934 : "Combattons pour que lors de la prochaine guerre la Bretagne devienne libre et indépendante. La France cherche la guerre, attention Bretons... Rompons les chaînes qui nous lient à la France." Le PNB était doté d’une "organisation terroriste, [...] "Gwenn ha Du" ", dont un tract relat[ait] tout au long les sabotages [qu’elle avait...] commis". "L’étroite liaison [...] entre les séparatistes bretons et l’Allemagne" se lisait sur la "carte géographique de la "nation bretonne" circul[ant] dans toute l’Allemagne comme carte postale aini que [dans les] brochures relatant la lutte pour la liberté nationale des Bretons sur un ton dépassant en animosité celui de l’Elssass-Löthringer Zeitung ou de l’Angriff et que le Dr Göbbels ne se permettrait nulle part ailleurs." "La propagande escomptée par les attentats de Rennes et d’Ingrandes n’a pas donné de résultats tangibles et durables", écrivit le préfet d’Ille-et-Vilaine en février 1933, pendant le congrès de Rennes du PNB qui révéla le "peu d’empressement [des...] sympatisants"79

    79 : E.L./3, Paris, 8 février 1933, F7 12962, AN. Fritsch simple homonyme du grand peintre impressionniste.

    En cette période crise majeure, systémique du capitalisme, il y a fort à parier que la classe dominante va nous resservir en partie les bonne vieilles recettes pour diviser la classe dominée afin d’anéantir sans trop de résistance les meilleurs lutteurs et ceux qui défendent avec le plus d’acharnement les intérêts de ceux d’en bas. Je ne veux donner de leçon à personne, mais il y a extrême urgence à reconstruire tous les outils de classe et de masse dans un but d’efficacité maximum et donc sans compromission avec le Capital. Il est absolument nécessaire de le faire avant qu’il ne déclenche une nouvelle guerre mondiale, car il n’a plus d’autre solution pour résorber le gouffre abyssal de ses pertes. Qu’il y ait consensus sur ce constat au sein de toutes les organisations de gauche serait une bonne base de départ.

  • Breizh dieub ha sokialour. Prenez garde à ne pas mélanger indépendantistes ou autonomistes de tout bord. Hélas, c’est pas mieux que l’hexagone, il y de tout en Bretagne, de Adsav, nationaliste fasciste, en passant par le PB (parti breton), plutôt centriste, l’UDB (gauche modérée), Emgann (gauche radicale), et les anarchistes. Revenir sur les années 30/40, ce n’est jamais inutile, mais est-ce comparable avec aujourd’hui ?
    Le message informe pour prévenir des implantations fascistes en Bretagne, sous couvert de culture, de lutte sociale etc
    A nous tous d’agir pour qu’ils disparaissent rapidemment.

    • Tout à fait. L’extrait publié n’avait pour but que de conforter l’analyse faite dans l’article principal et également de mettre en garde sur le fait que des moyens très conséquents ont été par le passé et peuvent donc encore être mis en place dans l’infiltration des groupes autonomistes.

    • bon d’accord, mais les temps changent et tous les bretons, les basques, les corses, comme les kanakes, les gualeloupéens, les guyanais... qui luttent pour leur indépendance, ne sont pas tous des fachos et des national-socialistes... ils seraient plutôt du côté de CUBA que des USA...non !

      Annie a fait une très bonne et étoffée analyse historique d’un moment de l’histoire, mais pas la dialectique de la montée du fascisme... il vaut mieux relire DIMITROV (2-08-35), c’est excellent pour comprendre le fascisme et son ascension,

    • Je n’ai dit nulle part que tous les indépendantistes étaient des fachos, mais bon je ne doit pas m’expimer clairement... J’avais d’ailleurs publié un message de modeste soutien à A. Mosconi contre les diffamations du site de l’Huma.

  • c’estE pénible ce politequementE correctE de mettre des EE partoutE.....