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Guyane : Mais que se passe t-il (vraiment !) à l’IUT de Kourou ?

jeudi 19 juin 2014

En plein débat sur l’université de plein exercice en Guyane et quelques jours après l’annonce de la secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, sur la création d’une Université de Guyane dès la rentrée 2014, il y a des cris de détresse qui ne passent pas inaperçus.

C’est par le biais des réseaux sociaux* qu’un salarié de l’IUT de Kourou, de plus de 20 ans d’ancienneté, a décidé de tirer la sonnette d’alarme. Son constat est lapidaire, ses propos sont percutants et invitent à se poser de sérieuses questions sur la gestion de cet établissement d’enseignement supérieur qui est, pour l’instant et jusqu’à ce jour, encore rattaché à l’Université des Antilles et de la Guyane.

Décrivant de très longues années "d’injustice et de calvaire au sein de I’IUT Antilles-Guyane" et ne voulant plus se taire, ce salarié de l’IUT de Kourou dénonce une politique opaque "des avancements par promotion et favoritisme". Il s’étonne d’ailleurs que "la Direction et le Responsable des services disent ne pas avoir d’autorité sur le personnel détaché" souvent absent.

Il cite ainsi un exemple, parmi d’autres, du concierge de l’IUT de Kourou, "un agent de la municipalité de la ville de Kourou mis à disposition de l’établissement" qui effectuerait ses heures de travail "à la mairie et non de l’lUT" bien qu’il semblerait que ce dernier soit logé dans l’établissement d’enseignement supérieur et qu’il bénéficierait de congés de l’lUT.

Les relations du personnel ne sont pas épargnées elles aussi. "Mes collègues demandent une université de plein exercice alors qu’ils sont pas capables de s’entendre entre eux et d’être solidaires. (...) Quand je regarde le temps qu’ils prennent pour se battre entre eux, pendant que leurs homologues des Antilles font des démarches pour nous devancer au ministère avec leur président de Région, pour signer des conventions avec nos voisins le Surinam et le Brésil, alors que nous sommes pourtant frontaliers avec ces deux pays".

Et même les délégués syndicaux, en prennent pour leur grade. "Je trouve inadmissible qu’ils ne réagissent pas lorsque l’établissement transforme les postes techniques en postes administratifs. Cette transformation empêche un agent de l’extérieur de postuler".

Plus grave, le salarié de l’IUT de Kourou évoque les nombreux vols commis dans l’enceinte de l’établissement. "La Région et le Département [de la Guyane] octroient des subventions pour la pédagogie des étudiants" pourtant "certains chefs commandent des ordinateurs à 3000 euros pour leur bureau et, ces ordinateurs disparaissent ou sont volés". Inquiet de la situation, le salarié de l’IUT de Kourou va plus loin dans ses déclarations "Je soupçonne que ce sont des gens de l’établissement qui commettent ces actes" lâche t-il !

Plus choquant, avec le cas des diplômes qui a vraiment de quoi interpeler plus d’une personne. "Depuis 21 ans que je travaille dans cet établissement, c’est la première année que je constate que le DUT GEI était soldé. (...) Un chef de département qui demande à ses enseignants d’augmenter la note de leurs étudiants afin qu’il obtiennent leurs diplômes sans problème. Réussite à 80%, très peu de redoublant et d’exclus !".

Quant à l’état des bâtiments de l’IUT de Kourou, ce n’est guère mieux. Les photos publiées parlent d’elles même. "Depuis 2010 des travaux devaient être réalisés [à l’IUT de Kourou]" car "vétusté". "Enfin, en 2013 les travaux ont vu le jour (...) Quelle honte pour notre pays, pour le non suivi des travaux de la part des partenaires qui les subventionnent".

Mais que se passe t-il véritablement à l’IUT de Kourou ? Tous ces faits seraient-ils avérés et seraient-ils sciemment cautionnés ? Après les révélations de Médiapart sur l’affaire du CEREGMIA où subventions et fonds européens ont été siphonnées à grande échelle, y aurait-il aussi matière à creuser du côté de la Guyane et de l’IUT de Kourou ?

À cette allure, l’Université des Antilles et de la Guyane semble ne pas avoir fini d’être sous le feu des projecteurs.

(*) Le témoignage du salarié de l’IUT de Kourou est consultable publiquement sur Facebook. Cette déclaration est publique et assumée par son auteur qui ne cache ni identité ni sa fonction.

Messages

  • De très graves problèmes aussi à l’IUT d’Evry : la direction impose des heures sup en pagaille, de la flexibilité, modifie les emplois du temps, et le harcèlement règne en maitre. Ca tourne avec une majorité d’enseignants précaires...
    Les DUT ne valent pas lourd...

    La CFDT et le SNESUP ne sont pas pour rien dans cette situation.

    • L’IUT de Saint Denis (93) n’est pas mal non plus : des emplois fictifs, des associations qui tentent d’imposer des salles de prières et des points de vente de nourriture halal dans l’établissement, le directeur qui est harcelé puis finalement agressé en sortant du local parisien de la Franc Maçonnerie.

      "L’autonomie" et la "responsabilisation" de l’université voulue par la droite et par la "gauche", est train de détruire l’université en France : ca va vite, très vite.

  • Un tissu de mensonges sur un établissement de qualité. Manifestement ce personnel est en souffrance et tente de le dire d’une façon peu honorable pour un agent publique. Quel dommage !

    • Ah, un cadre qui vient essayer de nettoyer le caca de l’IUT ? Avec tout le respect dû : même quand on est très saoul on sait que "qualité" et IUT Kourou ne vont pas ensemble. Les problèmes d’ingérence et corruption sont sujets de moquerie même parmi les élèves. Si vous voulez faire valoir votre fiche de paie, au lieu de gâcher votre temps en essayant de créer un mensonge sur un fait connu milles fois. Arrêtez vos histoires de cancan, et des disputes de pouvoir. Vous êtes payés pour servir au public, pas à vous mêmes. Le cas échéant allez bosser dans le commerce ! Vous êtes vraiment basiques...

      Bisous, bon week-end.