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Hôpitaux : grève des urgentistes à partir de jeudi

mercredi 7 décembre 2005 - Contacter l'auteur

L’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) appelle à une grève reconductible à partir de jeudi dans les services d’urgence des hôpitaux publics. Le mouvement est relayé par plusieurs organisations de médecins d’autres services (chirurgiens, psychiatres) pour dénoncer le manque de moyens et la réforme des retraites des praticiens hospitaliers.

Les chirurgiens des hôpitaux publics menacent ainsi de ne plus assurer les gardes et les astreintes à partir du 2 janvier prochain s’ils ne sont pas entendus. Des négociations sont en cours avec le ministère de la Santé sur la réforme des retraites des praticiens. Une rencontre a notamment eu lieu à Paris mardi soir, sans qu’un accord ne soit trouvé.

Le mouvement des urgentistes, à l’appel de l’AMUF, association emmenée par le Dr Patrick Pelloux, habitué des coups de gueule et qui avait donné l’alerte lors de la canicule de l’été 2003, commencera jeudi matin dans les services d’urgence des hôpitaux publics et pourra être reconduit de 24 heures en 24 heures.

La Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH) et le collectif Chirurgie hôpital France (CHF) appellent également à une journée d’action jeudi, mais sans mot d’ordre de grève.

Ces mouvements ne devraient toutefois pas entraîner de perturbations dans les services, les personnels hospitaliers pouvant être réquisitionnés pour assurer les soins.

"Le gouvernement est en train de construire une logique de déstabilisation de l’hôpital public avec des fermetures de lits trop importantes, la mise en place de la tarification à l’activité, les restrictions budgétaires", explique le Dr Pelloux à l’Associated Press. "Nous voulons dans un premier temps que notre mouvement débouche sur des négociations".

L’AMUF dénonce également des réductions d’emplois avec des services d’urgence surchargés. L’association du Dr Pelloux s’était déjà lancée dans une grève reconductible en avril dernier, mouvement qui avait été suspendu le 20 avril après que le gouvernement eut octroyé une rallonge de 15 millions d’euros aux urgences.

"Une partie des moyens qui devaient arriver n’est toujours pas arrivé. Et on n’a jamais eu de réunion pour nous dire où était allé l’argent promis, sa répartition", affirme Patrick Pelloux.

Le collectif CHF entend de son côté dénoncer le manque de moyens du secteur de la chirurgie des hôpitaux publics et les engagements "non ou mal tenus" par le gouvernement en matière de démographie médicale ou de formation. Avec la CPH, le collectif rejette aussi le projet de réforme du système des retraites des médecins hospitaliers.

Selon le Dr François Aubart, porte-parole du CHF, la caisse de retraite des praticiens est "selon le ministère dans une situation de péril financier. La réforme proposée vise à diminuer de 30% le montant de la retraite des praticiens qui commenceront leur carrière en 2006".

Le Dr Aubart affirme par ailleurs que le plan Santé mentale et le plan Chirurgie, "annoncés à grand renfort médiatique par le gouvernement, peinent à se mettre en place faute d’engagement financier adéquat".

"Et malgré nos mots d’ordre, la seule réponse actuellement c’est un silence assourdissant de la part du ministre", ajoute-t-il, avant d’annoncer "à partir du 2 janvier un mot d’ordre de grève des gardes et astreintes en chirurgie. On n’y participera plus, sauf réquisition". (AP)

Mots clés : Emploi-chômage / Grêves / Hôpital / Retraites /
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