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ITALIE : Bolzaneto, la nouvelle enquête emporte Sabella et un général

dimanche 25 janvier 2004 - Contacter l'auteur

ITALIE : Bolzaneto, la nouvelle enquête emporte Sabella et
un général


Deux agents de la police des prisons confirment les violences dans la caserne
sur les personnes arrêtées. Maintenant c’est le tour des sommets de la police
des prisons.

Il s’agit de témoins, pas de "repentis".Ce sont un agent et un sous-officier
de la police des prisons qui étaient en service pour le G8 de juillet 2001 à Gênes :
par leurs révélations, recueillies ces derniers mois par les magistrats, ils
ont jeté une lumière nouvelle, encore plus sinistre, sur ce qui arriva dans la
caserne de Bolzaneto. Des abus systématiques. Des violences et des humiliations
généralisées. Sûrement pas des "bavures isolées" ! Des dépositions des deux témoins,
synthétisées hier par le Secolo XIX (quotidien gênois : NdT), est né un nouveau
chapitre de l’enquête qui va frapper les responsables de la police des prisons
présents dans le chef-lieu ligure et spécialement du Groupe central pour les
transferts.

Maintenant - en plus des 42 auxquels ont été adressés des avis de conclusion
d’enquête préparant les demandes de mise en examen pour abus d’autorité sur des
personnes arrêtées, pour violence privée, dans quelques cas pour lésions, dont
quatre médecins de la police des prisons, des gardiens de prison, des policiers
et des carabiniers - pourraient être appelés à payer le général Oronzo Doria
(colonel à l’époque du G8) et M. Adolfo Sabella, le magistrat qui dirigeait l’"expédition" génoise
du Département de l’administration pénitentiaire (Dap). Et il y a encore autre
chose : tandis que le Parti de la refondation communiste, les Verts et les Démocrates
de Gauche redemandent à haute voix la vérité sur le G8, au moins un autre agent
de la police des prisons a commencé à parler. Peut-être il y en aura d’autres,
la Procure protège jalousement leur identité.

Il racontent - quoi qu’en disent la droite et le syndicat autonome de la police
des prisons Sappe - s’être dissociés dès le début des abus des collègues, avoir
tout signalé aux supérieurs et avoir été plus ou moins brusquement invités à s’occuper
de leurs affaires. Ils risquent des rétorsions, comme les deux infirmiers qui
avaient dit la vérité en premier. Même le sous-secrétaire à la Justice M. Vietti
(Union démocratique de centre) reconnaissait hier que ces faits "s’ils sont vrais" sont "graves".
MM. Doria et Sabella sont enquêtés, et deux capitaines et d’autres officiers
tremblent aussi. Après de longues réunions, les magistrats de la procure de Gênes
ont mis sous enquête même M. Sabella, un confrère, un ministère public qui s’était
fait un nom dans la lutte contre la mafia et qui après le G8 avait défendu avec
acharnement dans les journaux et au parlement la police des prisons en disant
qu’à Bolzaneto tout s’était bien passé et que les no global avaient inventé les
violences.

M. Sabella fit encore mieux. En tant que chef de l’Inspection du Dap, il exigea
de diriger l’enquête interne à l’administration, en concluant naturellement qu’à Bolzaneto
il n’y avait eu aucune violence, sauf les "bavures isolées" habituelles. Pas
mal pour un magistrat qui a quitté entre-temps le Dap et est revenu à son poste
de ministère publique à Florence. Ses confrères génois MM. Vittorio Ranieri Miniati
et Francesco Albini Cardona l’avaient convoqué il y a quelques jours pour un
interrogatoire renvoyé ensuite - officiellement pour des raisons de sécurité - parce
que le quotidien La Repubblica avait publié la nouvelle. Le rendez-vous n’est
que renvoyé. Mais au-delà de la position du magistrat, l’enquête toute entière
en reçoit une nouvelle impulsion, la procure est en train de reconstruire le
contexte où les violences les plus graves ont mûri (même les doigts d’une main écartées
de force, jusqu’à les arracher), un traitement global qualifié par les ministères
publics comme abus d’autorité sur des personnes arrêtées (durant des heures le
visage au mur, des policiers des deux côtés du couloir pour frapper le malheureux
au passage) et des horreurs ayant réveillé à gauche la bataille pour introduire
le délit de torture. Mais il est probable que les délais s’allongeront : nombre
d’avis déjà remis devront être notifiés à nouveau.

Il faudra du temps aussi pour le procès éventuel aux hautes sphères de la police
pour l’irruption, le tabassage et les fausses bouteilles Molotov de l’ école
Diaz. Le dossier est maintenant en Cassation, aux mains du substitut du procureur
général M. Antonio Germano Abate qui doit prendre une décision quant à la demande
de déplacement des actes à Turin présentée par le chef de l’antiterrorisme M.
Francesco Gratteri et par d’autres enquêtés "excellents". Le seul procès qui
avance vite est celui fait aux 25 manifestants reconnus comme responsables des
affrontements dans la rue qui, contrairement aux différents responsables des
forces de l’ordre, ont étés arrêtés ou soumis à des restrictions de leur liberté déjà en
décembre 2002. Le débat s’ouvrira le 2 mars et ce même jour plusieurs composantes
du mouvement manifesteront à Gênes.

Article publié par "Il Manifesto" du 22 janvier 2004

ALESSANDRO MANTOVANI

Traduit de l’italien par MC. et G.R.

25.01.2004
Collectif Bellaciao

Mots clés : Dazibao / G5 > G20... / Italie / Justice-Droit /
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