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José Bové entre en lice

dimanche 4 février 2007

A la bourse du travail de Saint-Denis, le syndicaliste paysan a déclaré officiellement son entrée en campagne pour l’élection présidentielle.

Côté médias, l’événement est plus que réussi, ils sont tous là. Toute la presse écrite, plusieurs dizaines de caméras et de micros, autant d’appareils photos ont pris position dans la salle de la Bourse du Travail de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Parmi eux aussi, des supporters venus de la région parisienne ou, pour quelques-uns, de plus loin. Applaudissements lorsque José Bové fait son entrée et s’installe à la tribune, entouré notamment de l’élue Verte Francine Bavay, des élus communistes, Jacques Perreux et Patrick Braouezec, de l’ancien candidat à la candidature antilibérale Yves Salesse, de Claire Villiers d’alternative citoyenne, du chercheur Raoul-Marc Jennar.

José Bové ne revient pas sur les conditions qu’il avait lui-même mises à sa candidature : ne pas être un candidat antilibéral de plus à côté de Marie-George Buffet et Olivier Besancenot. S’il y va aujourd’hui, c’est parce que « plusieurs dizaines de milliers de personnes m’ont proposé d’être candidat à l’élection présidentielle », explique-t-il, en faisant référence aux 32 000 signatures recueillies sur Internet. À l’évidence, les collectifs antilibéraux qui majoritairement ne l’avaient pas mis dans le peloton de tête de leurs choix sont donc contournés, mais lui affirme ne pas se résigner à la division actuelle et vouloir « être le trait d’union ». « Je ne suis pas le candidat d’un parti. Je ne suis pas un professionnel de la politique », insiste-il, réactivant ainsi, peu ou prou, une exclusive à l’égard des partis politiques qui avait été débattue par les collectifs et écartée. Pour José Bové, cette candidature est celle « d’un rassemblement de forces et de citoyens issus du mouvement social, du monde syndical, de courants politiques et des associations issues de l’immigration ». Et il lance un appel aux élus « communistes, écologistes, alternatifs, socialistes antilibéraux » pour lui donner les parrainages nécessaires.

Côté contenu, José Bové appelle d’emblée à « décréter une insurrection électorale contre le libéralisme économique » et dénonce les inégalités qui font qu’« un grand patron gagne 300 fois plus qu’un smicard ». Il désigne Nicolas Sarkozy comme « l’homme de la dissolution de l’État social et de sa transformation en État policier et carcéral ». C’est, dit-il, « un homme dangereux pour notre pays ». Quant à Ségolène Royal, selon lui, elle « incarne une gauche qui a renoncé », et refuse « de rompre avec la logique économique libérale ». Et s’il assure vouloir, lui, « opposer une gauche de transformation sociale et démocratique, une gauche antiraciste, féministe et écologique. Une vraie gauche », il n’est pas plus précis sur les suites de l’élection présidentielle, sur son attitude dans le cas d’une victoire de la gauche.

Son programme reprend à son compte celui des collectifs et il dégage huit priorités en tête desquelles « un plan d’urgence sociale », avec en particulier « la réduction massive du chômage et de la précarité », « la revalorisation des minima sociaux et des bas salaires ». Il plaide pour « un nouveau modèle de développement », avec la « redéfinition du type de croissance, de production, d’échange et de consommation ». Il affirme sa volonté de voir les habitants des quatiers populaires, « quelles que soient leurs origines et leurs croyances », ne plus être « considérés comme des sous-citoyens », ainsi que celle de régulariser les sans-papiers. Il se prononce pour une VIe République et « en cohérence avec le "non" de 2005 », pour une « refondation de la construction européenne ». Il s’engage à « laisser le choix de l’autodétermination » aux départements et territoires d’outre-mer. Il veut défendre « le droit à la souveraineté alimentaire et le libre accès pour tous aux biens communs de l’humanité dont l’eau », en s’attaquant à des institutions comme la Banque mondiale, le FMI, l’OMC. Enfin il veut faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une réalité.

Grands sourires, congratulations, à l’issue de cette présentation certains militants affichent leur enthousiasme. Pour d’autres, la posture semble plutôt un pied dedans, un pied dehors. C’est le cas de Léonce Aguirre et Christian Piquet, du « courant unitaire de la LCR », ou de Claude Debons, animateur du collectif unitaire national, qui appelle les militants des collectifs à « garder leur unité pour préparer les élections législatives et préserver les chances d’un rassemblement durable ».

Jacqueline Sellem
L’HUMANITE
Article paru dans l’édition du 2 février 2007.

Messages

  • ""Il s’engage à « laisser le choix de l’autodétermination » aux départements et territoires d’outre-mer. ""

    En dehors de la nouvelle calédonie pour laquelle le processus de consultation est prévu , je ne connais pas de DOM ou de TOM qui ait manifesté une volonté de quitter la république .
    Monsieur Bové doit confondre , ou ne pas connaitre le dossier .

    claude de Toulouse .

  • FRANCINE BAVAY...

    ...n’est-elle plus en campagne pour Dominique Voynet ?
    Ces gens qui obtiennent des sinécures avec certains partis et qui font girouette pour d’autres, on ne sait plus trop ni ce qu’ils représentent ni quelles idées ils défendent...

    NOSE

  • pourrai je connaitre le resultat des élections
    élisant Bove merci

  • oui pourrait on avoir le resultat total ???
    32000 sur combien ?
    Le % ??
    Peut on voter 2 fois ?
    Les morts peuvent ils voter ?.
    Je ne savais pas que le vote par internet etait possible ?
    Si je lance une petition voteriez vous pour moi ? et si j’ai plus de 32000 signatures je me presente et je demande a JB de retirer sa candidature car c’est moi qui aurait alors la plus grosse.....
    Un peu d’humourrrrrr

    • oui tu as raison je vais me présenter
      alors votez pour moi
      et je demande à Bové de se retirer
      ca serait drole ce petit jeu José ?

      et pourtant c’est le tien

      tu a pensé que c’est la vie des gens
      qui est en jeu....
      Sarko doit bien rire