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L’ami de la presse (enfin pas de toute)

mercredi 14 mai 2008 - Contacter l'auteur - 2 coms

de Slovar

On a beaucoup parlé ces derniers jours des propos que le Président de la République avait tenu au sujet de la presse française. Pour ceux qui auraient raté un ou plusieurs épisodes, nous leur proposons un retour sur info :

1er mai. Un porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, écrit au patron de l’AFP pour se plaindre. L’un de ses communiqués, évoquant la condamnation de Ségolène Royal dans un procès intenté par 2 ex-collaboratrices, n’a pas été relayé par l’agence de presse. Grosse colère du responsable UMP ... à laquelle l’AFP répond qu’elle ne saurait "répercuter systématiquement les très nombreux communiqués qu’elle reçoit"

Mercredi soir, l’UMP réagissait à une condamnation par les syndicats de l’AFP de "pressions exercées par le porte-parole Frédéric Lefebvre".

7 mai. Le président de la République parle de " censure " de la part de l’AFP. Quelques heures auparavant, lors d’une réception à huis clos des députés UMP à l’Elysée, Nicolas Sarkozy s’en était pris à plusieurs médias, avaient rapporté plusieurs participants.

Selon eux, le président a accusé le Parisien, l’Express et l’AFP de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation Ségolène Royal, son adversaire en 2007. Il a aussi, selon plusieurs témoignages, reproché au Journal du Dimanche de ne pas avoir publié dans son édition papier un sondage plus positif que les autres sur sa récente intervention à la télévision . Il a encore visé Marianne, dont la dernière "Une" titrait, sur une photo du président, "Putain 4 ans !".

9 mai. Le patron de l’AFP, Pierre Louette, a défendu ses journalistes. Il a estimé que son agence de presse n’avait pas "vocation à devenir une machine à diffuser des communiqués". Ce dont se sont félicités les syndicats

11 mai. Christine Albanel ministre de la Culture dans un entretien au JDD revient sur le différend qui oppose l’UMP à l’AFP Elle affirme que l’agence de presse "n’est pas une machine à reproduire des communiqués". Et d’ajouter : "Il est normal que les journalistes sélectionnent et hiérarchisent l’information à la condition de maintenir l’équilibre des expressions politiques".

Mais elle propose que "l’AFP mette à disposition de ses abonnés l’ensemble des communiqués de presse des partis et des organisations syndicales sur un espace spécifique ", via un nouveau service.

ça c’est en France. Mais savez-vous qu’au Canada, notre Président déchaîne également les passions ?

Nous vous donnons ci-dessous lecture de l’intégralité d’unarticle de Nathalie Petrowski journaliste à La Presse qui évoque les excellents rapports qu’entretient Nicolas SARKOZY avec les media de "la Belle Province"

La voix de la France ou de Lafrance ? - 19 avril 2008

À défaut d’être à la tête d’une télé qui diffuse 24 heures sur 24 des programmes consacrés à sa personne, le président Sarkozy a décidé de jeter son dévolu sur un joli petit joujou du nom de TV5, le plus grand partenariat télévisuel au monde.

L’été dernier, le président s’est non seulement mis en tête que TV5 était la télé de l’avenir, mais qu’elle devait subir un sérieux lifting. Comment ? En cessant d’être le fourre-tout de la francophonie pour devenir la voix de la France. La voix officielle de la France.

Pour que cette voix ait plus de poids, Sarko a proposé que TV5 fasse partie du nouveau holding audiovisuel France Monde en compagnie de France 24 (la chaîne d’information continue) et de RFI (Radio France Internationale).

En clair, cela signifiait deux choses : bye-bye, les bulletins d’informations de Bernard et de ses amis belges et suisses, diffusés aux quatre coins de la francophonie. Bye-bye, l’indépendance rédactionnelle de la programmation qui varie avec chaque partenaire et chaque pays. Bonjour, la centralisation. Bonjour, c’est Paris qui décide et vous n’avez rien à dire. Bonjour, le journal de David Pujadas diffusé en boucle jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Il n’en fallait pas plus pour que les Belges, Suisses et Québécois qui financent en partie TV5 grimpent dans les tours satellites en hurlant leur opposition à ce projet d’impérialisme télévisuel à la sauce Sarko. Pas question que TV5 devienne la voix unique et unilatérale de la France et que le Canada, la Suisse, la Belgique et le Québec soient de pauvres figurants dans le film de France Monde, ont-ils tonné.

C’était il y a six mois. La crise dure depuis ce temps-là. Elle devait en principe se régler cette semaine avec la réunion à Paris du conseil d’administration de TV5. Le président sortant, un certain Bonnemain, devait remettre sa démission et céder sa place à un certain Alain de Pouzilhac, le nouveau président de France Monde. Celui-ci était censé jurer devant les partenaires étrangers que le prochain directeur de TV5 pourrait gérer ses affaires en toute liberté à l’écart du holding de France Monde.

Sauf qu’à la dernière minute, Pouzilhac a changé d’idée et réclamé les pleins pouvoirs comme son prédécesseur. Les partenaires étrangers se sont levés pour réclamer à leur tour... une pause café. Ils ne sont jamais revenus.

Pendant ce temps-là, de l’autre côté de l’océan, profitant d’un séjour en sol québécois, un dénommé Joyandet, secrétaire d’État français chargé de la Francophonie, a eu une idée de génie. Il a lancé un nom comme on lance un ballon ou un bonbon : celui de Sylvain Lafrance, l’actuel VP de Radio-Canada qui, selon le secrétaire d’État, ferait un excellent directeur pour TV5.

C’est ainsi qu’au plus fort de la crise, le secrétaire d’État a chassé la vision apocalyptique d’une télé dictatoriale mandatée pour être la voix de la France. Il l’a remplacée par l’image apaisante d’un Lafrance québécois la gouvernant en toute liberté.

La stratégie était brillante, mais nous ne sommes pas dupes. L’important, ce n’est pas que TV5 soit gérée par un Lafrance, un Lafond ou même un Lapin. L’important, c’est que le prochain directeur général de TV5 ait les pleins pouvoirs et qu’il ne soit pas soumis à la loi d’aucun holding. Tant que ce ne sera pas le cas, le secrétaire d’État à la Francophonie peut garder ses bonbons pour lui, merci.

Décidément tout est possible, y compris ... se mettre la francophonie à dos en en seule année de mandat

Merci qui ?

Slovar les Nouvelles
http://slovar.blogspot.com

Sources crédit et remerciements

Com4News

Cyberpresse

Crédit et copyright photos

Point de Vue

Mots clés : Dazibao / Gouvernements / Médias-Presse-Sondages / Slovar /

Messages

  • Sarko se voit tout simplement maître du monde.À part cela,il n’est pas mégalo le mec.

    C’est un fou à sa façon mais très dangereux,il nous faut l’empêcher de nuire.

    François.

  • Je vous lis depuis la Suisse,

    Ici, nous sommes choqués que l’on ait ainsi tenté de venir s’approprier ce média francophone, international qu’est TV 5. Et c’était vraiment sympa pour nous autres suisses romands d’entendre aussi les Canadiens, les Belges,.... On avait l’impression de faire une famille. Des liens d’amitié de longue date s’étaient ainsi crées. J’ai toujours eu l’impression d’une grande liberté rédactionnelle, sans parti pris politique. Alors ces manoeuvres qui visent à mettre le grapin là-dessus, nous énervent. Le Conseil Fédéral a sèchemment réagi en s’opposant et ils ont bien raison. Je crois, les Belges et les Canadiens sont aussi fâchés qu’on essaye de faire main basse sur TV 5.

    Il nous inquiète votre président ! Pourquoi est-ce qu’il s’acharne comme ça contre votre ex-candidate, cette Madame Royal ? Il veut donc que ce soit l’autre, le maire de Paris, au PS ? Ou bien, est-ce qu’il veut la pousser au suicide ? En tout cas, vu de Suisse romande, ça nous laisse une très mauvaise impression.

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