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L’économiste Christophe Ramaux claque la porte du Parti de gauche

mardi 18 janvier 2011 - 6 coms

C’est un départ à bas bruit dans l’entourage de Jean-Luc Mélenchon. L’économiste Christophe Ramaux, co-animateur de la commission économie du Parti de gauche (PG), vient d’envoyer sa lettre de démission du parti. En désaccord depuis plusieurs mois avec l’orientation trop personnalisée et le fonctionnement interne, ce maître de conférence à Paris-I avait déjà pris ses distances. Il claque la porte en expliquant ses désaccords, dans un courrier envoyé le 12 janvier à la direction du parti.

Le fonctionnement interne apparaît comme la première des raisons qui motivent le départ de ce chercheur, un des responsables du Manifeste des économistes atterrés. "Je m’imaginais un parti ouvert, où l’on réfléchit, discute, débat (…). Le PG fonctionne, au contraire, comme un petit groupe ’discipliné’", écrit M. Ramaux.

Et de critiquer les statuts qui n’autorisent la présentation d’un texte alternatif que s’il obtient 20 % des signatures de membres du conseil national : "Avec une telle règle, Jean-Luc Mélenchon et ses amis auraient-ils pu constituer un courant [à l’intérieur du PS] ?"

M. Ramaux aborde ensuite un autre travers qu’il ne supporte plus : la personnalisation du PG. "Au regard de son projet, n’est-il pas paradoxal que le PG soit aujourd’hui, et de loin, le parti à gauche le plus personnalisé", questionne l’économiste avant d’en lister les symptômes : faiblesse des débats internes, "souci d’affichage" de la direction, au congrès du parti, en décembre, qui a vu défiler les discours des dirigeants au détriment des délégués ; "phénomènes d’autosatisfaction et de cour en cascade", "énergie disproportionnée mise à critiquer les médias"…

UNE LIGNE TROP ALÉATOIRE, PEU SÉRIEUSE

"N’est-ce pas l’indice qu’il y a décidément un problème" au PG, interroge encore l’ancien membre du bureau national. Enfin, le démissionnaire en vient au fond de ses désaccords avec le parti de M. Mélenchon : l’absence de programme.

Alors que, comme il le rappelle, le PG avait affiché dès sa création son ambition de forger un programme solide, deux ans plus tard, il n’en est rien. Et de préciser qu’une commission devait élaborer ce corpus idéologique, mais qu’elle n’a jamais réellement fonctionné, laissant au président du parti la latitude de forger ses discours. Le dernier congrès n’a présenté qu’une motion d’orientation, sorte de "long tract".

Résultat, explique le démissionnaire : une ligne trop aléatoire, peu sérieuse, notamment dans sa réflexion sur la crise économique et financière, thème cher à l’économiste hétérodoxe. Il s’est permis d’en faire la critique et s’est pris une volée de bois vert de la part du président. Ce fut la goutte de trop.

Christophe Ramaux précise qu’il ne fait pas de sa démission "une ligne à suivre" et qu’il reste attaché à cette expérience militante. Mais il résume ainsi le sentiment de bon nombre de cadres qui sont partis sur la pointe des pieds depuis la création du PG en février 2009.

Sylvia Zappi

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/01/18/l-economiste-christophe-ramaux-claque-la-porte-du-parti-de-gauche_1467294_823448.html

Messages

  • dans le 06 il y a eut ce genre de probleme qui a conduit a de nombreuses defecftions de militants, le PG est un parti trés controlé par la direction parisienne

    • ... je ne connais pas les détails.
      Je ne suis pas au PG mais je suis le Front de gauche.
      Tout au moins puis-je réagir à ce que je viens de lire
      en me disant qu’un parti, quel qu’il soit, ne peut se contenter d’être un cercle
      de débats ou d’échange. Ce n’est pas un "salon où l’on cause" mais un lieu de concertation devant proposer des actes concrets, avec, par la foce des choses, un minimum de discipline. Cela me semble évident...

      Henry.

    • Je croyait au contraire que Mélenchon militait pour une Réédition de l’ouvrage " Suicide mode d’emploi "

      J’ai été déçu !

      "M. Jean-Luc Mélenchon attire l’attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur les conditions d’application de la loi n° 87-1133 du 31 décembre 1987 donnant à la justice les moyens d’agir contre la provocation au suicide. Il lui demande où en sont les poursuites en cours concernant la réédition au quatrième trimestre 1989, de l’ouvrage " Suicide mode d’emploi ", toujours diffusé et qui avait été à l’origine de nombreux suicides."

      http://www.senat.fr/questions/base/1992/qSEQ920521232.html

    • les travers internes du PG ne ressortent pas d’un problème de discipline des militants, mais d’une organisation sans démocratie interne, qui taille partout où elle le désire dans l’organisation.

      Le PG est également taillé autour d’un homme qui n’est pas seulement tribun mais également autocrate

      les directions locales débarquées, un congrès construit comme un hymne sans véritable débat, elle est moche la démocratie PG

      C’est un subtil mélange entre PS (chaque courant taillé autour d’un potentat, il a transporté son courant en dehors) et son parti trotskyste d’origine qui était assez spécialisé dans les messes congressistes sans débat réel et contradictoire.

      alors évidemment on a connu ça aussi ailleurs et ça ne caractérise pas tout de ce qu’est le PG, mais bon...

      On est là en dehors des clous d’un parti tel qu’on pourrait plus ou moins le souhaiter.

      même quand on n’est pas trop bégueule (l’histoire du 06 est assez glaçante si pour autant qu’elle ait été racontée avec honnêteté par les démissionnaires ...) ça tâche...

      enfin ça regarde le PG
      pour les observateurs ça donne des indications sur la nature contradictoire de ce parti.

  • Pratiquement tous les partis connaissent des problèmes de respect de la démocratie interne . UNE des raisons est que ces partis fonctionnent selon un mode d’organisation pyramidale qui favorise la concentration des pouvoirs entre les mains "des chefs" .

    La démission de ce dirigeant national du PG survient après celles d’autres responsables locaux et d’au moins une section entière .
    Au PCF ça commence à bouger à la base et à cette grogne s’ajoute celle du candidat à la présidentielle CHASSAIGNE qui s’estime désavantagé par sa propre direction qui favorise MELANCHON au mépris des décisions du CN .

    Ce FDG souffre visiblement d’un important déficit démocratique , et pour cause, c’ est une création imposée par le sommet des deux principaux partis qui le composent qui l’ont ensuite imposé à leur base lors de congrès ou conventions bidonnés .

    Comment peut-on prétendre instaurer une vrai démocratie dans notre pays , lorsqu’on la bafoue dans sa propre organisation et que l’on traite par le mépris les interrogations des ses propres adhérents .

    OUI , décidemment la construction d’un vrai parti révolutionnaire est plus que jamais d’actualité ...

    MILITANTS REVOLUTIONNAIRES ENCARTES OU NON , UNISSEZ-VOUS !!!

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