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L’élite de l’élite en conférence secrète à Ottawa

jeudi 8 juin 2006 - Contacter l'auteur

Loin des yeux du public, 120 représentants de l’élite financière et politique d’Amérique du Nord et d’Europe se rencontreront cette semaine, vraisemblablement dans un hôtel de luxe d’Ottawa, pour une conférence ultra-privée connue sous le nom de Groupe Bilderberg.

Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, et le secrétaire américain de la Défense, Donald Rumsfeld, ont déjà reconnu publiquement participer aux conférences du groupe. Stephen Harper y a aussi été aperçu en 2003, alors que la conférence se déroulait à Versailles. Jean Chrétien et Pierre Trudeau comptent également parmi les politiciens canadiens qui ont fréquenté la mystérieuse organisation.
La conférence annuelle, organisée pour la première fois en 1954 à l’hôtel Bilderberg d’Oosterbeek, aux Pays-Bas, se déroule toujours dans une ville du Canada, des États-Unis ou de l’Europe de l’Ouest.
Le groupe Bilderberg n’a pas de site Web et refuse de rendre publics son ordre du jour ou la liste de ses participants. Il n’existe aucun compte rendu des discussions.
Selon des informations qui circulent sur Internet, la rencontre se déroulera cette année au luxueux hôtel Brookstreet, de jeudi à dimanche prochains. La direction de l’hôtel, sollicitée à plusieurs reprises par La Presse, n’a pas voulu confirmer l’information. Des employés questionnés au téléphone ont affirmé n’être au courant de rien.
Le magna déchu de la presse Conrad Black, qui a fait partie du « comité directeur » du groupe Bilderberg dans les années 80, explique dans son autobiographie (Conrad Black, Québec Amérique) que la conférence a pour but de « favoriser la compréhension entre gens éminents de la communauté de l’Atlantique Nord ».
« La clé du succès exceptionnel des rencontres Bilderberg, c’est qu’elles ont lieu dans des endroits retirés, presque sans épouses ni adjoints, qu’on y décourage le texte écrit, qu’on impose des échéances rigoureuses et qu’on confine les délibérations autant que possible à l’anglais », explique M. Black.
Le caractère opaque des discussions a valu au groupe Bilderberg d’être à l’origine de plusieurs théories du complot. Certains observateurs qualifient ainsi ses rencontres de « forum décisionnel des grands prêtres de la mondialisation ». Le président d’honneur du groupe, Étienne Davignon (ancien vice-président de la Commission européenne), assure cependant qu’il n’en est rien. « Un vrai consensus, avec un plan d’action contenant des points précis, n’émerge pas de nos rencontres », assurait-il à la BBC en septembre.

Éminents canadiens

Selon ce qu’a appris "La Presse", le ministère canadien des Affaires étrangères a déboursé 9813,27$ pour permettre à l’ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis, Frank McKenna, de se rendre à la conférence Bilderberg de 2005, à Rottach-Egern, en Allemagne. La somme inclut un billet d’avion Denver-Munich (9 564,70$) et des frais de repas (248,57$).
Après avoir consulté l’ambassade canadienne à Washington, le ministère n’a pas été en mesure de donner quelque détail que ce soit sur l’ordre du jour de la conférence à laquelle a participé l’ambassadeur. « M. McKenna a reçu et accepté l’invitation avant d’être nommé ambassadeur, a indiqué la porte-parole Kim Girtel. Nous avons jugé qu’il s’agissait d’une excellente façon d’établir des contacts, alors nous avons décidé d’assumer les dépenses. »
« L’ambassadeur y a établi des contacts qui nous sont toujours utiles avec plusieurs officiels américains », a ajouté Mme Girtal. Parmi les contacts cités par la porte-parole figurent les noms de Ken Mehlman, administrateur principal de la campagne Bush-Cheney 2004, Allan Hubbard, assistant du président Bush à la Politique économique, et Paul Wolfowitz, secrétaire de la Défense.
Il s’agissait de la troisième participation de M. McKenna à la conférence Bilderberg, indique un document du Comité permanent des affaires étrangères.
D’autres Canadiens n’appartenant pas à la sphère politique gravitent aussi autour du groupe Bilderberg. C’est le cas de la PDG de Chapter-Indigo, Heather Reisemen (épouse du propriétaire du holding ONEX, Gerry Schwartz). Elle affirme même, dans une note biographique publiée sur le site Web de son entreprise, être une des membres du comité directeur du groupe Bilderberg.
La principale de l’Université McGill, Heather Munroe-Blum, a aussi participé à la conférence Bilderberg l’année dernière. Une porte-parole de l’établissement contactée cette semaine, Céline Poissant, a indiqué qu’aucune entrevue ne serait accordée à ce sujet.

Texte de Tristan Peloquin, paru dans la presse aujourd’hui
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