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LES DESSOUS, PEU RAGOUTANTS, DE LA CAMPAGNE ELECTORALE

dimanche 4 mars 2012 , par Patrick MIGNARD - Contacter l'auteur - 5 coms

Cette campagne électorale pue. Ce n’est pas nouveau, mais aujourd’hui cela atteint des sommets et de nombreuses narines… La tentation du Pouvoir et de ses privilèges se combine, dans une alchimie nauséabonde, aux perspectives qu’offre la crise aux démagogues de tous poils.

Cette lutte de places qui ne respecte même plus la plus élémentaire solidarité d’engagement partisan, donne une vision réaliste de la décadence de ce que l’on a coutume d’appeler le processus démocratique et qui n’a de démocratique que le nom.

L’ÉLECTION,… LE CONTRAIRE DE LA DÉMOCRATIE

Longtemps sujet tabou, la remise en question de l’élection comme principe de la pratique démocratique est entrain de faire son chemin dans une opinion publique qui est en passe de ne « plus croire en rien ». Bien sûr des millions de citoyens iront encore aux urnes, mais plus par habitude, par réflexe social conditionné et par manque d’ « autre chose », que par conviction… Car de l’élection on n’attend plus rien,… sinon la reproduction d’oligarchies qui se relaient au pouvoir.

Comment le démontrer ? C’est très simple,… on sait, en gros, qui sera élu… Pas le nom précis bien sûr, mais ce n’est pas le plus important, encore que la marge d’erreur est réduite, mais on sait absolument que le résultat n’apportera aucun changement,… qu’un des deux clans qui truste le pouvoir « gagnera » et surtout que tout changement est, dans ce cadre, tout simplement impossible.

Bien sûr me dira-t-on, les électeurs ne veulent pas le changement ! Ce qui est faux !… Tout le monde, sauf quelques profiteurs, voudrait un changement. Qui peut se satisfaire aujourd’hui de la situation catastrophique (école, santé, retraites, services publics, environnement, pouvoir d’achat,…) dans laquelle nous sommes et surtout vers laquelle nous allons ? Qui peut se satisfaire d’une situation où la génération montante vivra moins bien que la précédente ? Qui peut se satisfaire de la liquidation massive des services publics, des acquis sociaux ? Qui peut se satisfaire d’une situation qui nous met entre les mains des marchés financiers ?...

Mais personne ne sait comment ? pour quoi ? et avec qui ? Or, tout est fait pour que l’on ne réponde jamais à ces questions, et l’on peut dire même que tout est fait pour que ces questions ne se posent jamais.

Le système électoral, en apparence juste, n’est qu’une machine à verrouiller la situation actuelle et donc à la reproduire.

Le soit disant « choix » du citoyen est guidé, prédigéré, distillé durant des mois par les partis et les médias. Les « faiseurs d’opinions », politologues et experts de tous poils nous assènent leurs vérités, nous « guident », nous conseillent, nous mettent en garde,… Bref, d’une certaine manière votent par nous interposés.

Pourtant à regarder superficiellement «  nous sommes en démocratie  »… On nous le dit sur tous les tons… ce qui peut rendre d’ailleurs, devant autant d’insistance, l’affirmation tout à fait suspecte.

A cette réalité du verrouillage institutionnel s’ajoute une atmosphère délétère de règlements de comptes.

DES RELENTS DE DÉCOMPOSITION

A l’approche de l’élection, le leader choisi – ou présumé - se donne une allure respectable,… les seconds couteaux font le « sale boulot » : agression verbale de l’autre clan, désinformation, enfumage, et même règlements de compte et déstabilisation dans son propre camps.

Inutile de citer des noms, chacun/e voit de qui il est question. Démagogie, mensonge, vulgarité, incompétence, népotisme,… un florilèges d’attitudes de la part de celles et ceux qui se nomment l’ « élite » (sic) et qui se permettent, du haut de leurs privilèges de donner des leçons au « bon peuple ».

Tous les coups sont permis. L’important n’est pas le débat d’idées,… encore faudrait-il qu’il y en ai des idées, mais la démolition de l’ « adversaire »… Une lutte de clans pour le spectacle électoral. « Cadavres dans les placards », dossiers secrets, petites phrases volées au détour d’un entretien ou lors d’une émission de télévision… faire « feu de tout bois » pour rabaisser, salir, déconsidérer… jeter la suspicion sur l’autre !

Les vrais problèmes, ceux qui concernent les gens dans leur vie quotidienne, ne sont évoqués qu’accessoirement/accidentellement au travers de ces pratiques sordides, des opportunités offertes à l’occasion de coups bas.

Les médias, qui se nourrissent de cette fange, en rajoutent,… font caisse de résonance et font de l’élection un match que le vocabulaire sportif transforme en championnat.

LE RÔLE, PAS SI TROUBLE, DE L’EXTREME-DROITE

Les hurlements, trépignements et gloussements de vierges effarouchées de l’extrême droite ne doivent pas faire illusion. Elle n’est pas aussi méprisée par le « système » qu’elle veut bien le dire… Elle est en dernière instance sa « bouée de sauvetage »…. Elle l’a prouvé pendant tout le 20e siècle et continue à jouer ce rôle dans la crise actuelle : voir la Hongrie, l’Italie, la Grèce,… et de multiples exemples dans de nombreux pays. Elle n’a jamais remis en question les fondements du système,… au contraire elle a contribué partout à les pérenniser en portant gravement atteinte aux acquis sociaux et démocratiques et aux libertés publiques. Jamais elle n’a été et n’est aux côtés de ce qui luttent pour un monde meilleur. Ce n’est pas un hasard si elle fédère l’intégrisme religieux catholique, les anciens collabos, ceux de l’OAS, les néo-nazis,… Son credo est la haine et l’exclusion.
Après avoir été ultra libérale, la voici, ultra interventionniste,… son orientation, parfaitement opportuniste suit la tendance, les croyances, les fantasmes du temps. Elle se lave les mains dans la boue de la décomposition du « système » qu’elle semble honnir mais qu’elle n’a de cesse d’envier d’y appartenir.

Elle n’est qu’une variante des partis qui ont pour objectif de gérer le système marchand et sait toujours au moment où il le faut composer avec eux, voire leur prendre carrément la place si l’occasion se présente. Elle est le « bas fond » du système qu’elle prétend dénoncer.

En période de crise, l’extrême droite fait le « lièvre », dans un pseudo fuite en avant, elle sombre dans la démagogie et l’abjection. C’est sur le fumier de la crise, de la pauvreté, des inégalités, des fantasmes, qu’elle prospère et qu’elle a d’ailleurs toujours prospéré. Elle tient un discours radical – que l’extrême gauche ne sait plus tenir – en le mâtinant de fantasmes engendrés par la décomposition sociale : recours au bouc émissaire. Elle rabat les franges populaires les plus « apolitiques », les plus déstabilisées, les plus fragiles, les plus influençables pour finalement sauver le système. Elle a toujours agit ainsi.

Son discours n’est pas nouveau, il est simplement un peu plus nauséabond que celui des partis qui se succèdent au pouvoir et qui entendent y rester.

Ainsi va la « vie politique » dans ce que l’on appelle abusivement une démocratie moderne. Le choix qui est laissé au citoyen est entre l’insupportable et le pire.

L’infantilisation au travers des discours politiques et des médias assure une stabilité qui garantie que rien ne changera.

Les élections passent, les problèmes demeurent, voire s’aggravent.

Mars 2012 Patrick MIGNARD

Mots clés : Patrick Mignard / Présidentielle 2012 /

Messages

  • c’est entre autre pour cela que je vais m’abstenir au premier comme au second tour .

    Seules les masses en mouvement peuvent changer le système , alors oeuvrons en tant que communistes , là ou nous sommes , isolés ou organisés pour créer les conditions de cette mise en mouvement notamment en nous rassemblant dans un parti authentiquement révolutionnaire qui aura pour objectif premier de renverser le système et non de le "réguler" comme veut le faire HOLLANDE et LE FDG .

  • Franchement ne pas souhaiter qu’il DEGAGE me semble douteux même de la part d’un libertaire ou anarchiste !

    Certes, il y a risque de papandréousation mais comment pouvoir contribuer à un deuxième mandat de l’oligarche mafieux actuel qui au second n’aura plus à gagner un troisième et qui va se lâcher ?

    Je ne comprends pas !!!

    Tous ceux qui ont lutter dans la rue et ailleurs savent que sous cette droite, c’est la grande galère : manifs méprisées et gardes à vue violentes ...

    Il faut au contraire participer à du moins pire ( car c’est évident que cela le sera) et LUTTER après pour plus de vraie gauche.

    • Certes, il y a risque de papandréousation mais comment pouvoir contribuer à un deuxième mandat de l’oligarche mafieux actuel qui au second n’aura plus à gagner un troisième et qui va se lâcher ?

      Je ne comprends pas !!!

      Cela ne relève pas d’un risque mais d’une certitude, Hollande est déjà papandroué ...

      Tous ceux qui ont lutter dans la rue et ailleurs savent que sous cette droite, c’est la grande galère : manifs méprisées et gardes à vue violentes ...

      Il faut au contraire participer à du moins pire ( car c’est évident que cela le sera) et LUTTER après pour plus de vraie gauche.

      Les matraques de gauche ressemblent furieusement aux matraques de droite, il n’y a pas d’un côté des sucres d’orge et de l’autre des matraques.

      Rien ne prouve un moins pire avec Hollande.

      C’est plus le cours dévastateur de la grande crise du capitalisme et le désir prédateur exprimé avec une violence de plus en plus grande pour rétablir des taux de profits encore plus onctueux qui donneront le la aux gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite.

      La seule raison qui pousseraient à voter seraient l’affirmation de positions et, sur un 2e tour, le désir de virer une camarilla infecte.

      Mais ça ne nous mettra que face à une autre camarilla.

      On aura certainement la satisfaction d’avoir virer un gouvernement pourrissant et dangereux , il n’y a pas de raison de se cacher que ça ferait plaisir.

      Pourtant, tout autant que la chûte de Asnar ou celle de Berlusconi, etc..., les problèmes demeurent les mêmes et les gouvernements des riches se succèdent, ...de plus en plus violents et agressifs.

    • Il n’empe^che que Papadréou a proposé un référendum ...

  • SONDAGE IFOP JDD

    http://www.ifop.fr/?option=com_publication&type=poll&id=1782&utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Ifop2+%28Ifop%29


    Le jugement des Français sur la campagne présidentielle

    Près des deux tiers des Français interrogés par l’Ifop pour le Journal du Dimanche estiment que la campagne présidentielle actuelle leur plaît moins que celle de 2007. Cette perception est partagée dans toutes les catégories de population - excepté les moins de 25 ans – et dans toutes les familles politiques, y compris les sympathisants de gauche mais dans une moindre mesure. Plus largement, les jugements des Français sur la campagne présidentielle s’avèrent assez critiques. Certes, 64% des personnes interrogées reconnaissent que les sujets abordés les intéressent et une courte majorité (53%) déclare que la campagne présidentielle telle qu’elle se déroule leur permet de bien comprendre les propositions et les différences entre les candidats. Pour autant, on voit dans ce cadre émerger un sentiment déceptif lié à ce que cette campagne est très largement perçue comme ne se déroulant pas dans un climat serein et respectueux (70%) et n’apportant pas de réponses aux problèmes des Français (68%). En conséquence, elle ne parvient pas à susciter d’espoir auprès des citoyens (66%).

    Résultat détaillé :

    http://www.ifop.fr/media/poll/1782-1-study_file.pdf

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