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La LCR s’interroge sur les contours politiques du nouveau parti anticapitaliste

mercredi 10 septembre 2008 - Contacter l'auteur - 7 coms

de Sylvia Zappi

La décision a été prise sans accroc : la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) se dissoudra quelques jours avant la naissance, fin janvier 2009, du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), comme l’a voté sa direction nationale, qui était réunie samedi 6 et dimanche 7 septembre à Paris. Pourtant, malgré le succès affiché et l’unanimisme de façade, les débats internes sur les contours politiques du NPA ne sont pas clos. Les dissensions opposant les "anciens" et les "modernes" s’expriment en sourdine et les points de vue s’écrivent dans des publications externes, pour ne pas effrayer les nouveaux militants.

Faut-il reprendre les fondamentaux du trotskisme, même réactualisés ? Parler de révolution aboutissant au "renversement du pouvoir des classes dominantes", à l’instauration "d’un pouvoir des travailleurs" pour "l’autogestion socialiste" et un "projet socialiste et communiste", comme le préconise le dirigeant François Sabado sur le site Mouvements. info, dans une doxa marxiste classique ? Ou bien utiliser des termes plus accessibles, en parlant de "rupture avec ce système, appelant la construction d’une autre société", et faire de l’anticapitalisme la "valeur cardinale" du NPA, ainsi que l’écrivaient le sociologue Philippe Corcuff, et Pierre-François Grond et Anne Leclerc, membres de la direction nationale, dans un point de vue publié dans Le Monde du 7 juin ?

Les textes du congrès de fondation ne sont pas encore écrits. Les nouveaux sympathisants peuvent mieux saisir le projet proposé par Olivier Besancenot au travers d’une contribution de la direction nationale de la LCR, rédigée fin juin, mais qui laisse le débat en suspens. Le maître mot du NPA, c’est désormais la "rupture". Avec le capitalisme, mais aussi avec la "veille gauche", les directions du PS et du PCF comme avec les institutions, qu’elles soient locales, régionales ou nationales. Les "luttes" demeurent le centre de gravité de l’identité de la nouvelle organisation, comme son refus d’alliance avec le PS. Quant au changement de société prôné, il passe par un "mouvement social puissant" et une "transformation révolutionnaire de la société". Les voies et les moyens d’y parvenir, eux, restent inexpliqués.

"C’EST UN PARTI, PAS UNE AMICALE"

Au siège de la LCR à Montreuil, on prévient que l’objectif du congrès de fondation est de lancer un "parti processus", un "laboratoire" qui va "délimiter ses bases au fur et à mesure". "Nous sommes tous d’accord sur le fait que nous sommes un parti de rupture avec le système. Mais sur ce qu’est la révolution dans la société actuelle, les différences de génération et de vocabulaire modifient aussi le projet", reconnaît M. Grond, bras droit de M. Besancenot.

"Un parti ne peut pas vivre sans délimitation programmatique, même si ce n’est pas le trotskisme. Nous avons beaucoup de gens sans bagage politique qui viennent vers nous, il faut les faire progresser vers la perspective révolutionnaire et ne pas leur mentir", argumente de son côté M. Sabado.

La minorité n’est pas loin de partager cette exigence : "C’est un parti qu’on fait, pas une amicale. Il nous faut une déclaration d’orientation et des statuts, pas un vague document sur la rupture", s’agace Christian Picquet, chef de file de la minorité.

Le débat est d’autant plus délicat qu’il ne concerne pour le moment que les militants les plus aguerris, ceux de la LCR. Le basculement vers une nouvelle organisation après quarante ans d’existence ne s’avère pas si facile, reconnaît-on dans les rangs militants. "Dans la dialectique du nouveau et de l’ancien, selon une formule de Deleuze, on recommence toujours par le milieu", se rassure joliment le philosophe Daniel Bensaïd. Et les dirigeants continuent d’afficher une tranquille assurance : avec "pratiquement" 10 000 participants atteints dans les 300 comités de base annoncés, le succès du NPA serait "assuré".

http://www.lemonde.fr/politique/art...

Mots clés : Partis politiques / Sylvia Zappi /

Messages

  • je n’en reviens pas, que zappi n’arrive pas à balancer une ou deux crasse sur la lcr c’est une vrai première !!! encore toute étonnée qu’il y ait des débats dans la lcr et dans le npa, c’est meme à cela que l’on reconnait une organisation vivante !!! au fait, picquet le pauvre licencier, exclu semble ne pas trop mal se porter !

  • "Quant au changement de société prôné, il passe par un "mouvement social puissant" et une "transformation révolutionnaire de la société". Les voies et les moyens d’y parvenir, eux, restent inexpliqués."

    Le hiatus, il se tient là. Les voies et les moyens d’y parvenir. Depuis que le mouvement révolutionnaire existe, c’est à cette étape qu’il s’arrête en route. Celle qui ouvre la voie au concret. Et on en reste à la théorie.

    La régulation de la propriété foncière, le salaire de vie, l’abolition du travail forcé, le retrait de l’Europe néolibérale, le retour aux coopératives agricoles de proximité, la renationalisation des services publics, l’autogestion, le mandat électif unique et non renouvelable, la taxation des capitaux, des opérations boursières, des plus-values, le contrôle des changes...

    Les voies et les moyens d’y parvenir ?

    D’abord, on laisse la situation actuelle pourrir et l’oppression nous grignoter chaque jour un peu plus de liberté.

    Ensuite, on essaie de survivre à la guerre civile.

    Après quoi il faudra bien laisser la théorie et les assemblées générales de côté, et enfin, enfin, S’Y METTRE !!!!!!!

    • cela fait des lunes que l’on entends les même discours , des reu erunionites, de la théorie à deux balles, des appels à l’électoralisme , et après circulez il n’y a rien à voir , il fait cesser de nous endormir !!! et se remuer les fesses
      que parler pour rien dire , il faudrait que les français sachent lire entre les lignes , et se bougent car on ne va pas tous leur amener sur un plateau d’argent et croire aux paroles de guru formaté au dictionaire obsolète

    • """Les voies et les moyens d’y parvenir ?"""

      le programme du NPA doit être clairement socialiste et ne pas oublier la vision communiste de l’avenir de l’humanité.
      Déja le primat donné aux luttes est une garantie,qui demandera une vérification pratique (ne jamais cesser d’être vigilant) surtout avec la venue de milliers de militants sans expérience et culture révolutionnaire .

      la reflexion sur la participation aux institutions doit être menée ,ce qui ne veut pas dire que l’electoralisme ,parcequ’on s’inscrira aussi dans ce moment des luttes,est la caractéristique essentielle du NPA.
      Alors ..les voies...les moyens..

      c’est le mouvement des luttes,la conscience de notre force en tant que classe,de l’affirmation de notre volonté de prendre le pouvoir qui débouchera sur des structures ,des formes de double pouvoir qui devront devenir tellement légitime que la population(le prolétariat) les reconnaitra comme les leurs.

      en fait faire ce que le pcf refusa en 1968 ;organiser les travailleurs en acteurs de leurs révolution.

      Damien

  • 1 la "rupture" ca sent son mitterand

    2 les "moyens" peut-être une ligne politique qui ne cherche pas à "faire du concret" benoitement (au sens : on soutien telle loi, paske c’est quand même mieux que rien), mais qui cherche à faire une sorte d’éducation populaire en refusant les compromis. Juste une suggestion, hein, le reste ayant déjà été beaucoup tenté...

  • Tout ça...si la LCR arrivarait bien a coupé son cordon umbulicale avec la Socialdemocracia(avec el PS quia !!) S’ils proposent la transformation et pas la"reforme" comment le font actuallement.
    Moi je voit ça !dificile !! Ce que m’inquieté ce que les perssonnes comme vous et moi (pauvres,precaries,seules)on va a continuér comme ça,parce-que nous n’avons pas éte capables de creer un Party qui sorte de "nous" avec le quel on puise autentiquement defendre notres interet et trouvé des solutiones a notres besoins,
    ce n’est pas eux que lutteront pour nous "les eclaires" lutten pour son pognon
    pendant que nous on se true l’estomac et on dorme a l’intérperie.On reste sans travail merci a la deloca....et eux ne le dit mémé pas)
    Ils diran ancore !viva la Revolucion !!! et je demandaré La quel ? de qui ? comme
    toujours !!!!.......et rien se paserait !!! Sauf la represion que continuara a s’ aug
    mente merci a la complicite de la "gauche capitaliste".......

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