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La grande boucle des antinucléaires

samedi 24 avril 2004 - Contacter l'auteur

En France, le réseau Sortir du nucléaire lance à Fessenheim un Tour en 28 étapes.
Par Thomas CALINON

Quatre mille kilomètres, 28 étapes et 46 sites visités. Le réseau Sortir du nucléaire lance cet après-midi à Fessenheim (Haut-Rhin) son premier tour de France pour sortir du nucléaire, dont l’arrivée sera jugée le 23 mai à Penly (Seine-Maritime), l’un des sites pressentis pour accueillir le futur réacteur européen à eau pressurisée (EPR). La semaine dernière, lors du débat d’orientation sur l’énergie, Nicolas Sarkozy a confirmé que le gouvernement avait fait de cette nouvelle technologie sa priorité. Selon le nouveau ministre des Finances, « ce réacteur est 10 fois plus sûr, 10 % moins cher et produit 15 à 30 % de déchets en moins » que le parc nucléaire actuel, composé de 58 réacteurs dont la moyenne d’âge sera de 30 ans en 2011.

« Fuite en avant ». Ce tour est un moyen de « s’opposer à cette relance du nucléaire qui n’est qu’une fuite en avant », explique Nicole Roelens, porte-parole alsacienne du réseau. Avec l’exemple de Tchernobyl dans toutes les têtes, à la veille du 18e anniversaire de la catastrophe (1). Au programme des 28 étapes, concerts, représentations théâtrales et exposition itinérante sur les énergies renouvelables. L’objectif étant « d’apporter au plus grand nombre une information attrayante, à la fois contre le nucléaire et pour les alternatives écologiques ». En prologue à cette première étape, des manifestants suisses et allemands franchiront le Rhin pour un « tour de Fessenheim » à vélo, avant de rejoindre les antinucléaires français.

Arrosoirs. Le choix de Fessenheim n’est pas anodin. « Cette centrale est dangereuse, mais c’est aussi une aberration économique », soutient Jean-Marie Brom, expert des associations membres de la Commission locale de surveillance (CLS) de la centrale et membre de Sortir du nucléaire. Mise en service en 1977, cette centrale de 1 800 mégawatts est la plus vieille de France. Elle a connu une série de ratés cet hiver, principalement après un incident lié à une erreur de manipulation fin janvier. Douze personnes ont été légèrement irradiées dans les semaines qui ont suivi et le réacteur en cause est toujours à l’arrêt.

La CLS, Sortir du nucléaire et les Verts ont demandé la fermeture immédiate de la centrale. Aujourd’hui, ils appellent « tout ce que l’Alsace compte d’antinucléaires » à manifester munis d’arrosoirs. Manière de rappeler la peu banale improvisation qui a conduit à l’arrosage des bâtiments en août quand la canicule a dangereusement fait grimper la température de la doyenne des centrales. Une doyenne qu’EDF souhaite maintenir en vie jusqu’en 2007 au moins, 2017 sans doute.

(1) Kaysersberg accueille ce soir une représentation de la pièce Tchernobyl Now (compagnie Brut de béton), une adaptation de la Supplication, de Svetlana Alexievitch, qui a recueilli les témoignages des victimes de la catastrophe de 1986.

Programme détaillé du tour sur www.sortirdunucleaire.org

Mots clés : Manifs-actions / Nucléaire /
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