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La grève des journalistes de Radio France a été reconduite

samedi 7 février 2004 - Contacter l'auteur

Réunis jeudi soir en assemblée générale, ils ont décidé de prolonger leur
grève, qui en est à son onzième jour, jusqu’à lundi inclus, et préparent une
action au cours du week-end.

La grève des journalistes de Radio France, entamée le 27 janvier dernier, a
été prolongée jusqu’au 9 février inclus. Selon l’intersyndicale, la
reconduite de la grève a été décidée vendredi "à l’unanimité" par une
centaine de grévistes, réunis en assemblée générale en début d’après-midi à
la maison de la Radio, à Paris.

La prochaine assemblée générale se tiendra le 9 février, à 11 heures. Elle
sera suivie d’une conférence de presse au cours de laquelle les grévistes
ont l’intention de faire connaître un certain nombre d’"armes dures"
susceptibles d’être employées pour faire aboutir leurs revendications
salariales.

L’intersyndicale a également indiqué, sans autre précision, qu’elle
préparait une "action" pendant le week-end, à l’intention des auditeurs des
différentes antennes de Radio France (France-Info, France-Inter,
France-Bleu, France-Culture, France Musiques, Le Mouv’).

Après la brève réunion infructueuse de jeudi soir, les délégués n’ont été
invités à aucune nouvelle rencontre avec la direction. "La direction de
Radio France est venue devant l’intersyndicale sans la moindre base de
négociation", ont déploré les syndicats SNJ, FO, CGT, CFDT, CFTC et CGC.
Par ailleurs, les grévistes, qui ont demandé publiquement, jeudi soir,
l’arbitrage du premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, n’ont pas eu de
réponse de Matignon. "Nous attendons une réponse du cabinet du premier
ministre. Parallèlement, il n’y a aucune nouvelle rencontre prévue avec la
direction pour le moment", a dit un porte-parole de l’intersyndicale.
Les grévistes de Radio France réclament un alignement de leurs salaires sur
ceux de France Télévisions, une revendication rejetée jusqu’à présent par la
direction et le ministre de la culture. Ils demandent également une
augmentation générale des salaires dès 2004.

Or la direction aurait fait savoir aux syndicats que le ministère des
finances refusait "par principe tout engagement sur une augmentation de
salaires pour les journalistes de Radio France pour les trois années à
venir", selon l’intersyndicale.

Dans un communiqué, la société des journalistes souligne de son côté les
contradictions entre "la direction de Radio France et son autorité de
tutelle". Selon elle, la direction affirmait, jeudi, que le ministère de la
culture avait avalisé une solution salariale au conflit mais que celui de
l’économie et des finances s’y opposait. "Trois heures plus tard, le
ministère de la culture et de la communication démentait : ’Nous avons
toujours indiqué à la direction de Radio France que prendre aujourd’hui des
options concernant les années 2005, 2006 ou 2007 ne pouvait être envisagé.’

Qui ment ?", demande la société des journalistes.
Le conflit, qui perturbe les programmes d’information des antennes de Radio
France, est le plus long depuis dix ans chez les journalistes.
L’intersyndicale faisait état, vendredi, de 65% de grévistes et la direction
de 41,19 %, soit 180 grévistes sur les 437 journalistes inscrits au tableau
de service.

Les grévistes, qui tentent de susciter un mouvement de solidarité autour
d’eux, ont publié, jeudi, un appel de 40 personnalités affirmant que "le
service public radiophonique est en danger". Parmi les signataires figurent
le photographe Raymond Depardon, la comédienne Monica Belluci et Rony
Brauman, président-fondateur de Médecins sans frontières.

LE MONDE

Mots clés : Grêves / Radio / Service public /
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