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Le NPA ébranlé par son échec aux élections régionales

vendredi 2 avril 2010 - 8 coms

de Sylvia Zappi

Un an après sa création, c’est la crise au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Le bilan ainsi formulé a été tiré par le conseil politique national les 27 et 28 mars. Pas moins de six positions se sont exprimées, dont quatre issues de la majorité. Vendredi 2 avril, les militants recevront ces contributions. La thérapie de groupe est lancée.

Depuis son score calamiteux de 2,5 % aux élections régionales, le NPA était muet. L’hebdomadaire de l’organisation, Tout est à nous, avait sobrement avoué le 18 mars, que "les résultats obtenus par le NPA ne sont pas bons".

Le journal reconnaissait un "très net affaiblissement", un repli sur son électorat traditionnel d’extrême gauche et même - fait nouveau - une désertion des électrices due à la présence d’une candidate voilée dans le Vaucluse. Elles ne sont plus que 35 % alors qu’il existait "une parité parfaite auparavant", expliquait le journal. Le débat a ébranlé les militants et la direction a reconnu son "erreur".

"Un message diviseur"

Mais la crise résulte de divergences plus profondes au sein de la direction sur la stratégie isolationniste adoptée par le NPA. Le noyau le plus proche d’Olivier Besancenot et l’aile la plus identitaire emmenée par les anciens de Lutte ouvrière continuent à défendre la présentation en solo des listes aux régionales. Ils estiment que le NPA aurait dû être plus offensif, en " dénonçant clairement et publiquement les choix du PCF et de ses alliés" d’aller dans les institutions régionales. Si le NPA n’a pas réalisé de bons scores, expliquent-ils, c’est à cause de l’absence de lisibilité et de l’entrée tardive en campagne.

D’autres membres influents de la direction, impliqués dans les négociations avec le Front de gauche, font le constat inverse : le NPA a "délivré un message diviseur" et son insistance à faire de la non-participation aux exécutifs un préalable à l’union, a été une erreur.

"Pour être audible, il faut être candidat au pouvoir. Et ne pas apparaître comme refusant a priori toute responsabilité", écrivent Pierre-François Grond, bras droit de M. Besancenot, Myriam Martin et Anne Leclerc, respectivement têtes de liste en Midi-Pyrénées et à Paris. Prenant le contre-pied des discours officiels, ils ajoutent : "Les élections ne sont pas qu’une tribune" où le NPA se limiterait à un discours de "syndicat rouge".

Cette analyse n’aura pourtant pas de suite. La direction a refusé d’organiser un congrès extraordinaire comme le demandait la minorité unitaire emmenée par Yann Cochin. La résolution de synthèse adoptée réaffirme un positionnement d’opposition au reste de la gauche. Le NPA fait le dos rond... jusqu’à son congrès en novembre. Objectif : la présidentielle de 2012 avec le "camarade Olivier".

http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/04/02/le-npa-ebranle-par-son-echec-aux-elections-regionales_1327930_823448.html

Messages

  • il faut que le NPA garde une ligne d’independance totale envers le PS et EE, ensuite le plus dur c’est de faire voter les abstentionistes,et là c’est pas gagné !

    L’exemple, c’est le Limousin, mais cela ne dépend pas que du NPA, si la direction du PC fait de l’adhesion au PS une condition, comme cela a été le cas en PACA, l’union est impossible. Le but final ce n’est pas d’avoir des elus, mais de changer de politique, sinon il suffit de fusioner directement avec le PS !

  • Bah si tout se passe malheureusement comme prévu la ligne de la petite bourgeoisie collaborationniste dominante dans ce nouveau parti, devrait hélas, l’emporter à terme.

    Ca donnera donc, plus d’alliances, plus d’élections, plus de "cogestion" etc....

     :-(

    • CQFD, merci de le rappeler

      CQFD ? Et ben tu n’es pas exigeant, question démonstration ! Tant mieux si certains lisent dans le marc de café, mais ne pas appeler ça une démonstration, svp.

      A part ça, difficile de commenter un article de Zappi sur le NPA, vu la qualité de l’objectivité de cette dame lorsqu’il s’agit des concurrents de "son" Picquet...

      Juste un exemple :

      "Pour être audible, il faut être candidat au pouvoir. Et ne pas apparaître comme refusant a priori toute responsabilité", écrivent Pierre-François Grond, bras droit de M. Besancenot, Myriam Martin et Anne Leclerc, respectivement têtes de liste en Midi-Pyrénées et à Paris. Prenant le contre-pied des discours officiels, ils ajoutent : "Les élections ne sont pas qu’une tribune" où le NPA se limiterait à un discours de "syndicat rouge".

      Cette analyse n’aura pourtant pas de suite.

      Pas de suite ? Alors que dans le même article il est dit que toutes les orientations, toutes les analyses seront transmises aux militants, qui en débattront longuement avant de voter lors des congrès qui se dérouleront dans quelques mois.

      Mais bon, c’est du Zappi, on connait le contexte et les vieux contentieux...

      Chico

    • les riches toujours plus riches, la france des pauvres s’agrandit et le NPA vise la radicalité idéelle !

      le théoricien bensaid n’est plus parmi nous, nous pouvons enfin penser à changer les choses maintenant même de façon imparfaites pltôt que les changer théoriquement dans mille ans !

    • Ce n’est d’aligner des phrases creuses qui va changer la vie des pauvres...

      Quand les communistes quelque soit la chapelle auront fait le ménage en interne et rendu au PS tous les mous du genou, alors oui l’unité se fera et beaucoup plus vite que tu ne le pense.

      Et c’est d’ailleurs le sens du SCUD Mélanchon balançé par le PS pour torpiller une unité basée sur une réelle indépendance à l’égard du PS !

      Pari gagné en plus, il faut bien leur reconnaitre ça !

      Carland

    • les riches toujours plus riches, la france des pauvres s’agrandit et le NPA vise la radicalité idéelle !

      Il faut se baser sur les faits. C’est sous des gouvernements de gauche que s’est fait, depuis 1980, l’essentiel du déplacement du curseur en faveur du capital, dans la répartition du PIB (perte d’environ 10 points pour les revenus du travail).

      Depuis 1980, la gauche (et la classe qu’elle est censée représenter) a-t-elle plus pâti d’un excès de "radicalité idéelle" ou au contraire d’un excès de compromis/compromissions ? D’un excès de rigidité sur les principes, ou bien d’un excès de "réalisme" ?

      Bref, prendre prétexte de l’évolution négative de la répartition des richesses, en grande partie due aux renoncements de la gauche de gouvernement, pour justifier l’abandon d’une certaine "radicalité idéelle" me semble un contre-sens.

      Chico

  • La "Zapi" tu la veux anchois ou fromage ???

    ((- :

    G.L.

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