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Le Terminator israélien mis sous accusation

mercredi 13 octobre 2004


Enquête sur l’officier qui tira sur le cadavre d’une jeune palestinienne de treize
ans

de MICHELE GIORGIO

L’officier israélien de la Brigade Ghivati qui, la semaine dernière à Rafah,
a criblé de coups à distance rapprochée la jeune palestinienne de treize ans
Ayman Al-Hams est-il un "fruit pourri" ou la pointe de l’iceberg ? Etant donné ce
qui est en train de se passer à Gaza - 115 palestiniens tués (parmi lesquels
une trentaine de mineurs) en 12 jours d’offensive militaire israélienne dans
la zone nord-ouest de la Bande - la réponse semblerait toute trouvée. Mais rien
désormais n’est évident ou patent quand on parle de palestiniens qui, même s’ils
meurent en innocents, finissent de la même façon à être mis en cause comme coupables.

Face aux protestations de certains soldats contre le comportement de l’officier "Terminator" et à l’indignation suscitée également en Israël par l’histoire de Ayman, le chef d’état-major, le général Moshe Yaalon, a bien vite affirmé que, le matin où elle fut tuée par au moins vingt coups de mitraillette, l’enfant se trouvait très éloignée du trajet qu’elle aurait dû parcourir pour se rendre de la maison à l’école, peut-être avait-elle été poussée par des militants de l’Intifada à s’approcher du fortin pour distraire les soldats et les exposer aux tirs des francs-tireurs palestiniens. Par crainte d’un "attentat imminent", le feu est ouvert de trois postes différents sur la "figure suspecte", éloignée d’au moins 70 mètres. Une enquête de l’armée est en train de se dérouler actuellement sur l’officier qui a vidé un chargeur entier sur le corps, déjà inanimé, de Ayman. Au micro de la radio des forces armées, certains militaires ont rapporté qu’après les premiers tirs, l’enfant gisait immobile à terre. Le commandant de la compagnie s’est approché du corps et "a tiré deux autres coups" pour s’assurer qu’elle fût morte. "Il est revenu vers notre unité, puis il s’est de nouveau tourné vers elle, a mis son fusil en position automatique et a vidé le chargeur. Il l’a trouée comme une passoire". "Nous étions sous le choc - a ajouté un soldat -, nous tenant la tête entre les mains. Nous éprouvions une grande douleur pour elle".

"Ce n’était qu’une petite fille de treize ans. Comment est-il possible de la cribler, de but en blanc ? Il mourrait d’envie d’abattre quelque terroriste, il a tiré sur la fillette pour libérer une grande pression". L’officier sous enquête, de son côté, soutient que la plupart des projectiles ont été tirés dans la première phase de l’accident et pas par lui. En tout cas, tandis que tous montrent du doigt la "brebis noire" de service, personne ne semble troublé que parmi les 115 morts palestiniens de l’opération israélienne "Jours de Repentir" en cours à Gaza il y ait de nombreux enfants, petits et grands. Par ailleurs, hier, un Palestinien a été tué au cours d’une nouvelle incursion de garnisons israéliennes en chars. Deux autres, blessés dimanche, sont décédés à l’hôpital. Un dirigeant du Jihad islamique, Mohammed Sheikh Khalil a rapporté avoir échappé à une tentative d’assassinat ciblé (une fusée a frappé son habitation dans le camp de réfugiés de Rafah). Israël a nié toute implication dans l’évènement. Toujours hier, on a vu une flambée de protestations de milliers de salariés palestiniens de l’Unrwa, l’Agence de l’Onu qui assiste les réfugiés, qui reçoivent des salaires au moins dix fois inférieurs à ceux du personnel international. L’Unrwa qui développe une activité de grande valeur auprès des réfugiés palestiniens n’a toutefois pas soigné sa maladie chronique : les méga salaires des salariés étrangers (presque toujours anglo-saxons), entre autres dans une situation de manque chronique de fonds pour le déroulement de telles opérations.

A accroître le désagrément des Palestiniens - qui ne reçoivent pas d’augmentation de salaire depuis quelques années - il y a eu aussi la décision des hauts placés de l’agence de déplacer dans des zones plus tranquilles - Jérusalem et Amman - des dizaines de fonctionnaires internationaux, à cause de la situation à Gaza. En tout cas, hier, à l’ouverture des travaux de la Knesset, le premier ministre israélien Ariel Sharon, a communiqué que le vote du parlement sur le projet de retrait de Gaza aurait lieu le 25 octobre. Sharon a insisté à dire sa détermination à réaliser le retrait de Gaza dans les délais prévus (2005). Le premier ministre a aussi confirmé que l’opération "Jours de Repentir" continuerait (malgré les forts doutes des commandements militaires).

Traduit de l’italien par Karl et Rosa - Bellaciao

Sourse :

http://bellaciao.org/it/article.php3?id_article=6024