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Le donneur de leçons souffrant d’un grave complexe de supériorité
Publie le vendredi 27 mars 2009 par Open-PublishingUn édito de tageblatt ... sur -entre autres- notre omniprésident !
cf Dabiele Fonck (rédac. chef)
Un cap à passer
Même en temps de crise et alors que la grogne monte, la classe politique européenne est capable de sursauts d’ego dont on lui en voudra durablement.
Au lieu de réfléchir plutôt deux fois qu’une à quoi ressemblera le monde demain et s’il sera possible de dépasser les problèmes économico-financiers actuels (une petite partie de la vérité n’étant connue pour l’instant) sans dégâts majeurs, les Vingt-Sept jasent sur la chute du gouvernement tchèque.
Oui, il est parfaitement désagréable de voir ceci arriver en pleine présidence. Mais ce n’est pas un drame insurmontable, chacun tirant de toute façon à hue et à dia dans une communauté qui manque d’unité et de solidarité.
Que le premier ministre défaillant, Mirek Topolanek soit affaibli ou non d’ici à la fin juin, importe peu en définitive. Le président, Vaclav Klaus, bizarroïde certes, néanmoins élu, est là, de même que les divers ministres de tutelle. Les affaires courantes et protocolaires ne poseront pas de problème, ni pour le G20 ni pour le sommet de l’OTAN. Car force est d’admettre qu’avec ou sans Topolanek, les „princes“ européens joueront leur propre partie.
N’a-t-on pas su dès décembre 2008 que Nicolas Sarkozy n’admettait pas vraiment de rendre le tablier européen ? Que de fois n’a-t-il laissé entendre que la République tchèque n’aurait qu’un moindre impact et que seule une „grande nation“ pouvait valablement défendre les intérêts européens sur la planète ?
Il y eut pis
D’emblée, les équipes de Prague ont été humiliées, sans égard et sans politesse et de ce fait fut ébranlé un principe de base de la Communauté, voire de l’Union européenne, à savoir celui du respect mutuel et de l’égalité entre Etats membres.
Pourtant, le premier ministre tchèque s’était plutôt mieux débrouillé lors du conflit russo-ukrainien sur le gaz que le président français lors du conflit russo-géorgien.
Il s’est vu du coup devancé au moment de l’invasion de Gaza, puis reprocher sa faiblesse au plus fort de la crise financière. Une crise pendant laquelle Paris, Berlin, Londres et les autres avaient tous des difficultés à accorder leurs violons. Ce qui est permis à un „grand“, ne l’est pas à un „petit“. Et les torts des premiers sont des péchés mortels chez les seconds.
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Oui, à Paris, pour d’obscures raisons, on s’inquiète de l’éventuel retard que pourrait prendre la ratification du traité de Lisbonne par le biais d’un second référendum irlandais. Ce qui, de la part d’un Etat membre qui a voté non d’abord, puis été à l’origine d’un mauvais traité réécrit, apparaît pour le moins comme surréaliste.
Cela dit : il faut espérer de tout cœur que la procédure soit reculée. Car il n’y a aucune raison pour faire plaisir à l’hyperomniprésident. Eternel donneur de leçons, souffrant d’un grave complexe de supériorité, autiste face à la rue qui s’insurge et aveugle face à la montée du chômage, l’augmentation quotidienne de licenciements, sourd face aux complaintes des marginalisés et des classes moyennes qui s’appauvrissent à vue d’œil, l’homme est plutôt mal placé pour jouer les chefs d’état-major.
NDLR :
(sarko habillé pour l’hiver ! + surlignage)
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Pas question donc de reporter sur les Tchèques les insuffisances inhérentes à l’Union depuis des années. Sarkozy, Merkel et les autres devront se résoudre à faire avec Vaclav Klaus. On a vu pareil, par le passé. Et maintenant. De Rome à Varsovie, entre autres. Sans mot dire. _ En continuant de s’embrasser (virilement) comme si de rien n’était.
Cessons donc d’incriminer la présidence tchèque en nous rappelant les faibles présidences antérieures.
Oui, elles furent légion !




