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Le gouvernement Raffarin III est annoncé

jeudi 1er avril 2004 - Contacter l'auteur

Le gouvernement Raffarin III, composé de 43 ministres, ministres délégués et secrétaires d’Etat, a été annoncé mercredi 31 mars peu après 19 heures. Malgré le désaveu cinglant infligé par les électeurs au gouvernement sortant lors des élections régionales, le chef de l’Etat avait reconduit mardi le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, dans ses fonctions. Mais le chef du gouvernement est désormais encadré par trois poids lourds : Nicolas Sarkozy, "ministre d’Etat", conforté dans son statut de numéro deux du gouvernement, va s’installer dans un grand ministère des finances, Dominique de Villepin, fidèle de Jacques Chirac et possible contrepoids au nouvel hôte de Bercy, rejoint l’intérieur, et François Fillon, ministre de l’éducation nationale, apparaît comme le numéro trois du gouvernement.

La plupart des ministres et secrétaires d’Etat issus de la société civile, qui étaient la marque de Jean-Pierre Raffarin dans le gouvernement sortant - Francis Mer, Luc Ferry, Noëlle Lenoir, Jean-Jacques Aillagon, Dominique Versini - sont écartés de la nouvelle équipe, constituée pour l’essentiel de "professionnels" de la politique. Seuls restent Claudie Haigneré, qui passe de la recherche aux affaires européennes, Jean-François Lamour, qui récupère la jeunesse et la vie associative, en plus des sports, et Tokia Saïfi, qui reste secrétaire d’Etat au développement durable.

Alors qu’on s’attendait à une équipe resserrée, ce gouvernement compte en fait cinq membres de plus que l’équipe précédente, qui comptait 38 ministres et secrétaires d’Etat autour de Jean-Pierre Raffarin. Les femmes n’y sont plus que 10, au lieu de 11, et l’UDF n’est représentée que par Gilles de Robien, qui reste ministre de l’équipement, des transports, perd le logement mais gagne l’aménagement du territoire.

Véritable premier ministre bis, le nouveau locataire de Bercy est flanqué par un de ses proches au poste de ministre de l’industrie, Patrick Devedjian, à la place de Nicole Fontaine, et par Dominique Bussereau, ami de Jean-Pierre Raffarin, qui remplace donc Alain Lambert. Il sera également épaulé par Christian Jacob, promu ministre délégué aux PME, au commerce, à l’artisanat, aux professions libérales et à la consommation, et par François Loos, qui reste ministre délégué au commerce extérieur.

Parmi les promus figurent également Jean-Louis Borloo, à qui échoit un grand ministère de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale, Philippe Douste-Blazy, jusqu’ici secrétaire général de l’UMP, hérite d’un ministère de la santé et de la protection sociale, poste sensible dans la perspective de la réforme de l’assurance-maladie. Il remplace à la santé Jean-François Mattei, victime de la gestion calamiteuse de la crise de la canicule d’août 2003.

Ce sera à Philippe Douste-Blazy et à Jean-Louis Borloo de mettre en musique l’orientation sociale que le premier ministre a promis de mettre en œuvre après la débâcle de la droite aux régionales.

Renaud Dutreil obtient le ministère de la fonction publique et de la réforme de l’Etat à la place de Jean-Paul Delevoye, qui disparaît de l’organigramme.

Place Beauvau, Dominique de Villepin, qui connaît son baptême du feu en politique intérieure, est épaulé par Jean-François Copé, désormais ministre délégué à l’intérieur mais qui reste porte-parole du gouvernement.

Dominique de Villepin est remplacé aux affaires étrangères par le commissaire européen Michel Barnier (qui devrait lui-même être remplacé à Bruxelles par Jacques Barrot, actuel président du groupe UMP à l’Assemblée nationale), tandis que Michèle Alliot-Marie reste à la défense, Dominique Perben à la justice, Hervé Gaymard à l’agriculture, Nicole Ameline à la parité et l’égalité professionnelle (mais en tant que ministre et non comme secrétaire d’Etat) ou Hubert Falco, aux personnes âgées. L’ex-ministre de l’enseignement scolaire, Xavier Darcos, devient pour sa part ministre de la coopération.

Parmi les victimes de l’hécatombe des ministres sortants figure la ministre de l’écologie Roselyne Bachelot qui est remplacée par l’ancien secrétaire général du RPR, Serge Lepeltier.

En revanche, outre Michel Barnier, font leur entrée dans ce gouvernement Renaud Donnedieu de Vabres, porte-parole de l’UMP, qui remplace Jean-Jacques Aillagon à la culture et à la communication, et une flopée de parlementaires, comme Marie-Josée Roig (famille et enfance), Henri Cuq (relations avec le Parlement), François d’Aubert (recherche), Nelly Olin (lutte contre la précarité et l’exclusion), Xavier Bertrand (secrétaire d’Etat à l’assurance-maladie) ou Marc Philippe Daubresse (logement).

Le monde Avec Reuters et AFP

Mots clés : Gouvernements /
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