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Legault se lance dans la guerre de classes

mercredi 23 février 2011 - Contacter l'auteur

Il fallait s’y attendre. François Legault ancien péquiste issu du riche monde capitaliste des affaires et de la finance a décidé de prendre en mains la défense de sa classe socio-économique en allant à l’offensive contre ses ennemis jurés des classes inférieures défavorisés.

Les amis de monsieur Legault, ceux des chambres de commerce et des rendez-vous d’affaires, lui seront reconnaissants s’il réussit à transformer le Québec un peu plus à l’image des États-Unis, pays qui s’est désindustrialisé au profit de l’Inde et de la Chine.

Il faudrait se rappeler ce que le célèbre humaniste anglais du 16e siècle Sir Thomas More disait au sujet des dirigeants politiques de son époque :

"La pitance quotidienne des pauvres est chaque jour écornée par les riches, qui font jouer aussi bien les lois de l’État que leurs supercheries personnelles. On estimait injuste autrefois de mal récompenser ceux qui avaient bien mérité de l’État : voilà que par une loi promulguée, cette ingratitude est érigée en loi."

"Quand je reconsidère ou que j’observe les États aujourd’hui florissants, je n’y vois, Dieu me pardonne, qu’une sorte de conspiration des riches pour soigner leurs intérêts personnels sous couleur de gérer l’État. Il n’est pas de moyen, pas de machination qu’ils n’inventent pour conserver d’abord et mettre en sûreté ce qu’ils ont acquis par leurs vilains procédés, et ensuite pour user et abuser de la peine des pauvres en la payant le moins possible. Dès que les riches ont une fois décidé de faire adopter ces pratiques par l’État - qui comprend les pauvres aussi bien qu’eux-mêmes - elles prennent du coup force de loi."

"Ces hommes détestables, avec leur insatiable avidité, se sont partagés ce qui devait suffire à tous ;

"La prospérité à ses yeux ne se mesure pas d’après le bonheur de chacun, mais d’après le malheur des autres. Elle (la nature humaine corrompue) refuserait même de devenir dieu si elle ne pouvait garder autour d’elle des misérables à insulter, à traiter en esclaves, dont la détresse serve de repoussoir à son éclatante félicité, qu’elle puisse torturer, irriter dans leur dénuement par l’étalage de ses richesses."

Monsieur Legault est-il bien différent des dirigeants politiques de l’époque de Thomas More ?

Mots clés : Canada-Québec / Gouvernements /
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