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Les Etats-Unis rejettent la notion d’« asile diplomatique » pour Assange

samedi 18 août 2012 - Contacter l'auteur

Le fondateur de WikiLeaks est réfugié depuis deux mois à l’ambassade équatorienne à Londres.

Les Etats-Unis rejettent la notion d’« asile diplomatique » invoquée par l’Equateur dans le cas du fondateur de WikiLeaks réfugié depuis deux mois à l’ambassade équatorienne à Londres, a indiqué vendredi le département d’Etat.

L’Equateur a accordé jeudi l’asile politique à l’Australien Julian Assange, considérant que sa vie serait menacée s’il était extradé vers la Suède, où il est accusé de crimes sexuels. Le président équatorien Rafael Correa a affirmé vendredi que M. Assange pouvait « rester indéfiniment » à la chancellerie équatorienne à Londres.

Quito s’est aussi tourné vers l’Organisation des Etats américains (OEA) réunie en urgence jeudi à Washington et qui devait décider ce vendredi si elle appelle à une réunion des ministres des Affaires étrangères de ses quelque 30 Etats membres pour traiter de l’affaire Assange.

Une « convention sur l’asile diplomatique » de l’OEA du 29 décembre 1954 dispose que l’« asile est accordé dans des missions diplomatiques (...) à des personnes recherchées pour raisons politiques » à l’exception de « personnes inculpées ou jugées pour des délits de droit commun ».

Interrogé jeudi sur la notion « d’asile politique », le département d’Etat a répondu vendredi dans un communiqué que « les Etats-Unis n’étaient pas signataires de la convention de 1954 de l’OEA sur l’asile diplomatique et ne reconnaissaient pas le concept d’asile diplomatique dans le droit international ».

« Nous pensons qu’il s’agit d’une question bilatérale entre l’Equateur et le Royaume-Uni et que l’OEA n’a aucun rôle à y jouer », a ajouté le département d’Etat.

Julian Assange, 41 ans, est embourbé dans un casse-tête de droit international entre Londres et Quito et est réfugié depuis le 19 juin à l’ambassade de l’Equateur dans la capitale britannique. Il redoute d’être transféré, après la Suède, vers les Etats-Unis pour y répondre d’espionnage après la divulgation par WikiLeaks de 250.000 télégrammes diplomatiques américains.

Le département d’Etat avait assuré jeudi n’avoir aucunement l’intention de le « persécuter » et nié toute pression sur Londres pour l’interpeller.

Même si Washington n’est pas partie à la convention de 1954, il s’est souvent servi de l’immunité de ses missions diplomatiques pour protéger des militants dans des pays jugés non démocratiques, comme en Chine.

http://www.liberation.fr/monde/2012/08/18/les-etats-unis-rejettent-la-notion-d-asile-diplomatique-pour-assange_840433

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