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Les contribuables européens vont payer des dizaines de milliards d’euros pour recapitaliser la Banque Centrale Européenne.

mardi 14 décembre 2010 - Contacter l'auteur - 1 com

Transcription de l’édito de Marc Fiorentino du mardi 14 Décembre 2010.

La FED est intervenue à nouveau hier, et cela a provoqué en partie le retour à la baisse du dollar. La Banque Centrale Européenne est intervenue massivement la semaine dernière. Dans tous les pays déclinants, ex-pays développés, on joue avec le feu de la planche à billets.

BFM : On a appris hier que la Banque centrale européeenne avait mené sa plus grosse intervention de rachat de dettes depuis juin.

Marc Fiorentino : Ca continue. Que ce soit aux Etats-Unis, comme ça a été le cas hier, ou que ce soit en Europe la semaine dernière, les banques centrales continuent à imprimer des billets à une cadence infernale. La Banque Centrale Européenne a racheté prés de 3 milliards d’euros de dettes, probablement irlandaises, portugaises et espagnoles pour calmer le jeu. Et ce n’est pas près de s’arrêter. D’ailleurs, en prévision de probables nouvelles interventions en début d’année 2011, il y a eu des rumeurs hier que la Banque Centrale Européenne allait même procéder à une augmentation de son propre capital.

BFM : En quoi le capital de la banque centrale est-il important ?

Marc Fiorentino : J’ai envie de dire que cela n’a aucune importance et que c’est purement psychologique. Car le capital de la Banque Centrale Européenne est aujourd’hui très bas, moins de 6 milliards d’euros, alors qu’elle a près de 150 milliards d’euros sur son bilan. Il faut s’arrêter quelques secondes sur ces chiffres pour comprendre à quel point les banques centrales jouent aujourd’hui aux apprentis sorciers. Elles achètent des dizaines de milliards d’euros ou de dollars d’emprunts d’état pour injecter des liquidités, mais elles n’ont bien évidemment pas d’argent pour le faire. Cet argent, elle le crée, elle l’imprime. On est dans l’économie virtuelle la plus totale. On est dans l’illusionnisme. Les banques centrales, et même la BCE du très sérieux Jean Claude Trichet, bluffent. Elles interviennent avec de l’argent qu’elles n’ont pas et qu’elles n’auront jamais.

BFM : Que se passe-t-il si la valeur des emprunts que la Banque Centrale Européenne achète baisse ?

Marc Fiorentino : C’est là que cela devient intéressant, ou plutôt effrayant. Si jusqu’à présent on est dans le virtuel, quand les emprunts achetés par la BCE ou par la FED baissent, on rentre dans le réel. Car la perte, elle, devient bien réelle. Et aucune banque centrale n’a les moyens de supporter une perte sur son portefeuille d’emprunts d’état. Vous imaginez bien qu’avec ses petits 6 milliards d’euros de capital, la BCE peut à peine couvrir quelques pour cents de baisse de son portefeuille massif d’emprunts de dettes périphériques. Et même si elle augmente son capital, cela n’y changera rien. Les banques centrales sont entrées dans une spirale infernale. Une fuite en avant. Avec une seule alternative. Ca passe ou ça casse. Il vaut mieux pour nous tous que ça passe…

http://www.euroland-finance.com/

Autrement dit :

Et maintenant, contribuables européens, préparez-vous à payer des dizaines de milliards d’euros.

Et maintenant, contribuables européens, préparez-vous à payer des dizaines de milliards d’euros pour recapitaliser la Banque Centrale Européenne.

Mots clés : Economie-budget / Europe /

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