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Les excuses de FINKIELKRAUT

vendredi 25 novembre 2005 - Contacter l'auteur - 33 coms

de Bernard Lallement

Ce matin au micro d’Europe1, Alain Finkielkraut est revenu sur l’interview qu’il avait donnée au journal israélien Haaretz, le 18 novembre, sur les émeutes dans les banlieues.

"Je présente des excuses à ceux que ce personnage a blessés. Je n’ai en moi aucun sentiment de mépris ou de haine à l’égard de quelque collectivité que ce soit et je me sens solidaire par vocation des nouveaux immigrés en France et notamment des immigrés de la deuxième ou troisième génération."

"Je recherche la vérité (...) Mais là, il s’agit de tout autre chose : du puzzle de citations qu’il y a eu dans ’Le Monde’, surgit un personnage odieux, antipathique, grotesque auquel je n’aurais pas envie de serrer la main. Et on me dit, là le cauchemar commence, que ce personnage c’est moi. Je n’ai aucun rapport avec le personnage que dessine ce puzzle."

Alain Finkielkraut faisait référence à l’article que le quotidien, dans son édition du 23 novembre, lui avait consacré en reprenant les extraits de ses propos. Le journaliste-philosophe, comme il se qualifie lui-même, avait également donné son point de vue au Figaro, daté du 15 novembre, dans lequel il affirmait, notamment, que « la violence actuelle n’est pas une réaction de l’injustice de la République, mais un gigantesque pogrome antirépublicain. »

De telles allégations avaient provoqué un vif émoi et suscité un débat passionné, y compris ici même à voir les commentaires reçus. Le MRAP a exprimé son intention de porter plainte et de demander au CSA le retrait d’Alain Finkielkraut de l’antenne de France Culture sur laquelle il anime une émission hebdomadaire

Notre nouveau philosophe découvre, peut-être un peu tard, le poids et la signification des mots mais aussi que la philosophie, temps de l’interrogation et de la réflexion, ne fait pas bon ménage avec la scène médiatique, lieu de villégiature d’une métaphysique de m’éphémère.

Au sujet du caractère ethnico-religieux des émeutes, Alain Finkielkraut a précisé « Je l’ai dit, mais tout le monde le pense... » Et c’est bien là le (son) problème. Nous n’attendons pas des intellectuels, du moins ceux qui se revendiquent comme tels, d’adhérer complaisamment à une opinion dominante mais d’être des décrypteurs de sens, ce qui suppose un recul sur les évènements et une pensée à l’articulation fine.

Alain Finkielkraut n’a pas agi en philosophe, mais en journaliste-chroniqueur de ses tourments. En cela, il adhère parfaitement aux affres de son temps et nous délivre un discours qui se sous-tend de lui-même. Il y a, chez cet homme, une peur de l’Autre et un enfermement de la pensée qu’il vient, nous l’espérons pour lui, de découvrir.

Un homme vrai, disait François Mauriac, ça ne coure pas les rues, ni les salles de rédaction, ni les antichambres des éditeurs.

Dont acte !

- http://sartre.blogspirit.com

Mots clés : Bernard Lallement / Dazibao / Discriminations-Minorités / Médias-Presse-Sondages /

Messages

  • Comme c’est pratique d’accuser son reflet dans le mirroir. D’ailleurs n’est -ce pas ce que "l’opinion dominante" (UMP en tête) est entrain de faire en montrant du doigt un ennemi qui n’en est pas un puisqu’il s’agit....de français (qu’on appelle à tort "immigrés de 3ème génération" expression fort révélatrice d’un ostracisme à la fois conscient et inconscient).
    Mais les faits sont là, dans les tribunaux :

    http://www.lemonde.fr/web/article/0...

    Démontant ce que l’opinion dominante croyait déjà savoir. Mais voilà bien le problème, l’opinion fusse-t-elle dominante n’est justement qu’une opinion et non une vérité : ce que la majorité pense (à commencer par la majorité parlementaire) n’est pas forcément marqué par le sceau du bon sens et l’urgence de la situation a permis aux moins bien intentionnés d’en profiter.
    A quand les excuses du ministre de l’intérieur ?

  • Bravo à Maler, Warshawski et tous les autres !
    J’ai lu l’interview de Finkielkraut in extenso sur le site de Haaretz.com (en anglais, peut-être est-il archivé à présent ?)
    Finkielkraut dit qu’il ne serrerait pas la main du "personnage" résumé par l’article du Monde.
    Mais que faire au type en chair et en os qui a donné l’interview complète (soit dit en passant au café Le Rostand, face au jardin du Luxembourg, pour la petite histoire de ce grand pourfendeur de bobos).
    Personnellement je ne pourrais pas lui serrer la main, car les bras m’en tombent.
    D’aucuns voudront non pas lui serrer la main mais lui mettre leur poing dans la figure.
    C’est une mauvaise idée, il n’attend que ça, c’est ce qui peut lui arriver de mieux au point zéro où il en est, cela en fera une victime et il hurlera au pogrome antirépublicain.
    Non, ill faut lire in extenso ce que dit ce type. il faut mettre à plat ce gros chaudron de bile, de ressentiment, de contre-vérités, de demi-vérités...
    Encore un effort, Monsieur Finkielkraut, vous n’êtes pas loin d’être digne de la machinerie paranoïaque du Président Schreber, superbement analysée par Freud !

  • Les excuses certes ... mais, faudra tout de même les présenter devant Monsieur Le Juge.

    Ce prétendu "philosophe" doit assumer pénalement ses nombreuses incitations à la haine raciale , personne n’est dupe, personne n’ignore que cet individu n’a cessé de cracher, vomir sa haine des français musulmans et ou la communauté française noire sur les ondes et autres torchons haineux.

    Il n’est pas interdit de philosopher un peu en france, mais tomber dans l’incitation à la haine raciale , ou tomber dans le négationisme pour d’autres est un délit sur le territoire national français.

    Il est temps de mettre hors d’état de nuire les chauffards de la haine raciale dans ce pays, l’ordre public est à ce prix.

    Ludovic P.

    • Je trouve lamentable que Alain Finkielkraut ait été lynché par le Monde qui a découpé frauduleusement des phrases de l’interview hors de leur contexte pour faire suggérer des horreurs qu’il n’a jamais exprimé. On peut ne pas être d’accord avec ce que raconte Finkielkraut mais il me semble malhonnète de travestir ainsi ses propos pour les rendre odieux. C’est un procédé franchement anti-démocratique, car cela rend impossible tout débat.

    • Je ne suis pas d’accord, car c’est justement cette technique du fragmentage, de la récupération des petites phrases, qui est massivement utilisée pour mettre en cause d’une manière généralisée une partie de la population, et pour ainsi innocenter les coupables, et même , permettre aux coupables de se comporter en accusateur.

      Je ne dis pas que FINKIELKRAUT est un coupable . Je dis qu’il se fait passer pour un innocent injustement accusé d’un délit qu’il a commis, après un flagrant délit.

      Je m’explique : les coupables ne sont pas une catégorie ethnique, politique de la population, mais ceux qui monopolisent la parole, parlent tout le temps, et hurlent dès qu’une voix contradictoire (même malpolie) ose s’élevée.

      FINKIELKRAUT n’est pas innocent des propos qu’il a tenu, car les émissions radios ne sont pas improvisées. il a forcément fait exprès de paraphraser LE PEN.

      J’ose donc faire un parallèle entre un intellectuel célèbre et une "vulgaire racaille".
      Que ferait-on des excuses d’une "racaille" de banlieue surpris en train d’allumer une voiture d’un pauvre ?

      C’est une analogie pleine de mauvaise foi, mais qui permet juste de clarifier mon point de vue : On peut s’excuser et recevoir des excuses si on a pas fait exprès.

      Sinon on est juste un hypocrite. Cela ne vaut pas la tôle, même pas une amende, mais peut-être quand même des commentaires négatifs...

      jyd.

    • Travestir ses propos ? Mais les phrases sont là, en lettres et en ponctuations.
      Si Le Monde emploie les procédés que vous dénoncez pourquoi ne pas porter plainte contre lui ?et en passant également contre le Figaro qui a également rapporté ses délires éthnocentrisants en tout cas peu philosophiques.

    • "Travestir ainsi ses propos pour les rendre odieux" ?
      Erreur : les phrases de Finkielkraut DANS LEUR CONTEXTE et IN EXTENSO sont tout aussi odieuses.
      voir Haaretz.com (en anglais)

    • Ce n’est pas la première fois que Finkie dérape. Ce type il parle trop pour ce qu’il a dire. Il ne cesse de dire à voix haute ses fantasmes, il a peur des noirs, des arabes, il les accuse de tout et n’importe quoi, il dérape dans le racisme.
      Qu’on l’empêche de diffuser son message vénéneux à travers ses multiples tribunes médiatiques (qu’il occupe à quel titre d’ailleurs ?). Devra-t-on on faire appel à la justice ou à la médecine psychiatrique pour le faire taire ?

    • BRAVO , DEMANDONS SA DÉMISSION ;

      CORDIALEMENT

      CLAUDE ORENGO

  • Un spectre hante la France : le spectre de l’explication sociale.
    De Finkielkraut à Carrère d’Encausse les intellectuels médiatisés se sont unis en une Sainte Alliance pour traquer ce spectre et mettre en avant l’ethnicité, la polygamie, l’Islam...
    Mais attention le spectre prend corps !
    Vive la Sociale !

  • Tiens tiens apparemment Finki est un chantre du double discours dont il aime tant affubler les sois disants islamistes (TR and Co). Il n’a de cesse de dire dans son interview qu’il ne pourrait pas tenir de tels propos en France, mais si c’est pour un journal israélien alors là no problemo ca restera entre eux. Mais bon pas de bol cette fois ci.

    A noter qu’haaretz avait publié cet été un article truffé d’erreurs sur X. Ternisien du Monde qui avait decidé de clore suite à cela son blog.

  • Alain Finkielkraut fait une sorte d’acte de contrition, mais il ne s’excuse pas vraiment.
    Allez voir sur le site de l’Obs le verbatim et vous verrez qu’il est pour le moins ambigu :
    http://permanent.nouvelobs.com/societe/20051125.OBS6590.html.
    En fait, il nous raconte que ce n’est pas lui qui parle dans l’interview, que c’est le Monde qui a fait un "puzzle" de ses citations et qu’il n’a pas dit ça à Haaretz. Pire, à la fin, le puzzle n’est plus le fait du Monde mais carrément du Haaretz, pourtant il n’en veut pas à Haaretz. Il s’excuse mais ses excuses sont arrachées par un Elkabach toujours aussi complaisant avec les hommes de droite et de pouvoir.

  • Ce "pseudo-intellectuel" dit qu’il ne se reconnait pas dans ce qu’il a écrit,
    Sûrement qu’il ne reconnait l’homme éructant à Apostrophes sa haine...

    cela ressort d’un cas pathologique ? je plains cet homme qui doit être en grande souffrance pour avoir tant de haine et de ressentiments.

    Mais peut-être ne reconnait-il pas plus celui qui voulait la guerre en Irak !

    tout compte fait, nous parlons trop de cette merde.

    ARLEQUIN

  • Je suis un peu surpris que des commentateurs ci-dessus s’interrogent où trouver le contenu intégral de cet article, et puissent accuser le Monde de "manipulation".

    Je remets donc le lien vers l’article intégral traduction de l’hébreu vers le français, qui a été mis sur le site Bellaciao. (la version anglaise est incomplète)

    LE LIEN VERS L’ARTICLE lls ne sont pas malheureux, ils sont musulmans

    en répétant l’avertissement des traducteurs

    Traduction de toutes les questions et réponses du philosophe. La parties non traduites sont des passages de commentaires des journalistes qui semblent plutôt surpris de ce qu’ils entendent.
    Titre sur la couverture du supplément sous la photo de A. Finkielkraut : « Vous les Israéliens, vous me comprenez. »

    Et la réponse d L’Union Juive Française pour la Paix

    LE LIEN VERS LA REPONSE DE L’UJFP L’UJFP REPOND AU RACISME D’ALAIN FINKIELKRAUT

    LE LIEN VERS LA REPOSE DE RUDOLF BKOUCHE l’UJFP répond au racisme d’Alain Finkielkraut -suite - article de Rudolf Bkouche

    Voila qui devrait vous satisfaire

    Patrice Bardet, membre de l’UJFP

  • Monsieur Finkielkraut n’est pas interessant,ne perdons pas notre énergie sur ses propos, ça fait longtemps que je le trouve ridicule. Ce sont les journalistes qui jouent son jeu, avec lui ils sont sûr de leur coup, il aura toujours une "bonne pensée" à inculquer à la pauvre humanité, et parfois un mot de trop !
    L’autre jour il était chez riposte, il y avait aussi Tariq Ramadan, j’ai zappé, on connait leur chanson !
    Quand est-ce que les média inviteront des vrais français, qu’ils soient blacks, blancs, beurs, jaunes, rouges ou verts ? Ramadan est suisse, finkielkraut est français ou israélien (on se le demande), ces gens là ne peuvent en aucun cas parler et penser pour tous les français.
    Commencez donc, chers journalistes, par inviter des français qui connaissent et vivent avec les français, qui savent aussi penser et parler des vrais problèmes de chacun !
    ah, mais oui, vous n’aurez peut-être plus de polémiques en direct, ça manquera de piment à vos yeux ! Alors tant que vous inviterez les mêmes radoteurs, moi je zapperai !

  • Présentation faite par les journalistes du Ha’aretz, dans la version anglaise, traduite par Macina de l’Union des Patrons et professionnels Juifs de France ( UPJF) :


    Déclaration de guerre

    Finkielkraut, comme son nom l’indique, est lui-même l’enfant d’une famille d’immigrants. Ses parents sont venus en France, de Pologne, leurs parents ont péri à Auschwitz. Ces dernières années, son judaïsme est devenu un thème central dans ses écrits, également, surtout depuis le début de la seconde Intifada et la montée de l’antisémitisme en France. Il est l’un des chefs de file de la lutte contre l’antisémitisme en France, et aussi l’un des plus éminents défenseurs d’Israël et de ses politiques, face aux nombreuses critiques d’Israël en France. Sa réputation de porte-parole-clé au sein de la communauté juive de France a grandi, particulièrement depuis qu’il a commencé à animer une émission de discussion sur la radio juive RCJ, l’une des quatre stations radiophoniques juives du pays. Dans ce programme, Finkielkraut passe en revue l’actualité.
    Durant les deux dernières semaines, les émeutes dans les banlieues ont évidemment constitué le principal sujet.
    Du fait qu’il est réputé comme l’un des intellectuels juifs les plus largement écoutés dans la communauté juive de France, son point de vue sur les événements aura certainement une influence sur la manière dont ils sont perçus et compris dans la population juive de France - et peut-être aussi sur l’avenir des relations entre les communautés juive et musulmane.

    Mais ce philosophe juif et combattant pugnace de l’antisémitisme utilise les derniers événements pour déclarer la guerre à la "guerre contre le racisme".


    mon commentaire :

    Rien de moins !

    Alors, celles et ceux qui prétendent qu’il ne représente que lui-même... Il est extrèmement dangereux, par l’influence indéniable et considérable qu’il a

    P. Bardet

    • Ces propos font honte a l’Humanite !
      Comment se fait il qu’ il puisse etre encore professeur a la prestigieuse Ecole Polytechnique formant l’elite de la france ?

      Demandons sa demission de suite !

    • FINKIELKRAUT se grille tout seul. Ses propos sont parfois tellement chargés de haine et finalement simplistes que le personnage n’est plus crédible. L’histoire douloureuse de sa famille devrait lui faire préférer la psychanalyse (comme patient) plutôt que le journalisme. Il me fait penser à Nietzche, le talent en moins, peu de temps avant son effondrement. FINKIELKRAUT, montre nous que le libre arbitre existe.

      Perso j’ai apprécié "répliques" j’usqu’au début de 2003, au moment de l’invasion de l’Iraq. À partir de cette date le côté abject de F. a pris le dessus, c’est dommage.

  • Madame Monsieur

    Je voulais juste vous faire part d’un constat. Polémique, FINKIELKRAUT S’EXCUSE, du 25/11/2005.
    Soit ! A. Finkielkraut présente ses excuses, pour des propos soient disant déformés par une presse qu’il ne contrôle pas.Or lors d’une émission télévisée francaise cette fois ( Riposte je crois ), Mr A Finkielkraut a tenu les mêmes propos en français très clair.
    En conclusion, Mr A.Finkielkraut n’assumerait-il pas le fond de ses pensées, ou du moins ses propos.
    Mr finkielkraut ou vous assumez ou vous vous taisez !
    Un citoyen.

  • C ’est exact
    Il a tenu les meme propos sous le sourir narquoi de Ramadan sur la television publique et a parlé d’apocalyspe sur une radio communautaire juive :

    fachos de toutes confessions unissez vous !!!


  • A propos des nouveaux philosophes et d’un problème plus général

    par Gilles Deleuze
    Mise en ligne le vendredi 30 janvier 2004
    Ce texte de Gilles Deleuze a été publié comme Supplément au n°24, mai 1977, de la revue bimestrielle Minuit, et distribué gratuitement.

    - Que penses-tu des « nouveaux philosophes » ?

    - Rien. Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D’abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d’importance, plus le sujet d’énonciation se donne de l’importance par rapport aux énoncés vides (« moi, en tant que lucide et courageux, je vous dis..., moi, en tant que soldat du Christ..., moi, de la génération perdue..., nous, en tant que nous avons fait mai 68..., en tant que nous ne nous laissons plus prendre aux semblants... »). Avec ces deux procédés, ils cassent le travail. Car ça fait déjà un certain temps que, dans toutes sortes de domaines, les gens travaillent pour éviter ces dangers-là. On essaie de former des concepts à articulation fine, ou très différenciée, pour échapper aux grosses notions dualistes. Et on essaie de dégager des fonctions créatrices qui ne passeraient plus par la fonction-auteur (en musique, en peinture, en audio-visuel, en cinéma, même en philosophie). Ce retour massif à un auteur ou à un sujet vide très vaniteux, et à des concepts sommaires stéréotypés, représente une force de réaction fâcheuse. C’est conforme à la réforme Haby : un sérieux allègement du « programme » de la philosophie.

    - Dis-tu cela parce que B.-H. Lévy vous attaque violemment, Guattari et toi, dans son livre Barbarie à visage humain ?

    - Non, non, non. Il dit qu’il y a un lien profond entre L’Anti-Œdipe et « l’apologie du pourri sur fumier de décadence » (c’est comme cela qu’il parle), un lien profond entre L’Anti-Œdipe et les drogués. Au moins, ça fera rire les drogués. Il dit aussi que le Cerfi est raciste : là, c’est ignoble. Il y a longtemps que je souhaitais parler des nouveaux philosophes, mais je ne voyais pas comment. Ils auraient dit tout de suite : voyez comme il est jaloux de notre succès. Eux, c’est leur métier d’attaquer, de répondre, de répondre aux réponses. Moi, je ne peux le faire qu’une fois. Je ne répondrai pas une autre fois. Ce qui a changé la situation pour moi, c’est le livre d’Aubral et de Delcourt, Contre la nouvelle philosophie. Aubral et Delcourt essaient vraiment d’analyser cette pensée, et ils arrivent à des résultats très comiques. Ils ont fait un beau livre tonique, ils ont été les premiers à protester. Ils ont même affronté les nouveaux philosophes à la télé, dans l’émission « Apostrophes ». Alors, pour parler comme l’ennemi, un Dieu m’a dit qu’il fallait que je suive Aubral et Delcourt, que j’aie ce courage lucide et pessimiste.

    - Si c’est une pensée nulle, comment expliquer qu’elle semble avoir tant de succès, qu’elle s’étende et reçoive des ralliements comme celui de Sollers ?

    - Il y a plusieurs problèmes très différents. D’abord, en France on a longtemps vécu sur un certain mode littéraire des « écoles ». Et c’est déjà terrible, une école : il y a toujours un pape, des manifestes, des déclarations du type « je suis l’avant-garde », (les excommunications, des tribunaux, des retournements politiques, etc. En principe général, on a d’autant plus raison qu’on a passé sa vie à se tromper, puisqu’on peut toujours dire « je suis passé par là ». C’est pourquoi les staliniens sont les seuls à pouvoir donner des leçons d’antistalinisme. Mais enfin, quelle que soit la misère des écoles, on ne peut pas dire que les nouveaux philosophes soient une école. Ils ont une nouveauté réelle, ils ont introduit en France le marketing littéraire ou philosophique, au lieu de faire une école. Le marketing a ses principes particuliers :

    1. il faut qu’on parle d’un livre et qu’on en fasse parler, plus que le livre lui-même ne parle ou n’a à dire. A la limite, il faut que la multitude des articles de journaux, d’interviews, de colloques, d’émissions radio ou télé remplacent le livre, qui pourrait très bien` ne pas exister du tout. C’est pour cela que le travail auquel se donnent les nouveaux philosophes est moins au niveau des livres qu’ils font que des articles à obtenir, des journaux et émissions à occuper, des interviews à placer, d’un dossier à faire, d’un numéro de Playboy. Il y a là toute une activité qui, à cette échelle et à ce degré d’organisation, semblait exclue de la philosophie, ou exclure la philosophie.

    2. Et puis, du point de vue d’un marketing, il faut que le même livre ou le même produit aient plusieurs versions, pour convenir à tout le monde une version pieuse, une athée, une heideggerienne, une gauchiste, une centriste, même une chiraquienne ou néo-fasciste, une « union de la gauche » nuancée, etc. D’où l’importance d’une distribution des rôles suivant les goûts. Il y a du Dr Mabuse dans Clavel, un Dr Mabuse évangélique, Jambet et Lardreau, c’est Spöri et Pesch, les deux aides à Mabuse (ils veulent « mettre la main au collet » de Nietzsche). Benoist, c’est le coursier, c’est Nestor. Lévy, c’est tantôt l’imprésario, tantôt la script-girl, tantôt le joyeux animateur, tantôt le dise-jockey. Jean Cau trouve tout ça rudement bien ; Fabre-Luce se fait disciple de Glucksmann ; on réédite Benda, pour les vertus du clerc. Quelle étrange constellation.

    Sollers avait été le dernier en France à faire encore une école vieille manière, avec papisme, excommunications, tribunaux. Je suppose que, quand il a compris cette nouvelle entreprise, il s’est dit qu’ils avaient raison, qu’il fallait faire alliance, et que ce serait trop bête de manquer ça. Il arrive en retard, mais il a bien vu quelque chose. Car cette histoire de marketing dans le livre de philosophie, c’est réellement nouveau, c’est une idée, il « fallait » l’avoir. Que les nouveaux philosophes restaurent une fonction-auteur vide, et qu’ils procèdent avec des concepts creux, toute cette réaction n’empêche pas un profond modernisme, une analyse très adaptée du paysage et du marché. Du coup, je crois que certains d’entre nous peuvent même éprouver une curiosité bienveillante pour cette opération, d’un point de vue purement naturaliste ou entomologique. Moi, c’est différent, parce que mon point de vue est tératologique : c’est de l’horreur.

    - Si c’est une question de marketing, comment expliques-tu qu’il ait fallu les attendre, et que ce soit maintenant que ça risque de réussir ?

    - Pour plusieurs raisons, qui nous dépassent et les dépassent eux-mêmes. André Scala a analysé récemment un certain renversement dans les rapports journalistes-écrivains, presse-livre. Le journalisme, en liaison avec la radio et la télé, a pris de plus en plus vivement conscience de sa possibilité de créer l’événement (les fuites contrôlées, Watergate, les sondages ?). Et de même qu’il avait moins besoin de se référer à des événements extérieurs, puisqu’il en créait une large part, il avait moins besoin aussi de se rapporter à des analyses extérieures au journalisme, ou à des personnages du type « intellectuel », « écrivain » : le journalisme découvrait en lui-même une pensée autonome et suffisante. C’est pourquoi, à la limite, un livre vaut moins que l’article de journal qu’on fait sur lui ou l’interview à laquelle il donne lieu. Les intellectuels et les écrivains, même les artistes, sont donc conviés à devenir journalistes s’ils veulent se conformer aux normes. C’est un nouveau type de pensée, la pensée-interview, la pensée-entretien, la pensée-minute. On imagine un livre qui porterait sur un article de journal, et non plus l’inverse. Les rapports de force ont tout à fait changé, entre journalistes et intellectuels. Tout a commencé avec la télé, et les numéros de dressage que les interviewers ont fait subir aux intellectuels consentants. Le journal n’a plus besoin du livre. je ne dis pas que ce retournement, cette domestication de l’intellectuel, cette journalisation, soit une catastrophe. C’est comme ça : au moment même où l’écriture et la pensée tendaient à abandonner la fonction-auteur, au moment où les créations ne passaient plus par la fonction-auteur, celle-ci se trouvait reprise par la radio et la télé, et par le journalisme. Les journalistes devenaient les nouveaux auteurs, et les écrivains qui souhaitaient encore être des auteurs devaient passer par les journalistes, ou devenir leurs propres journalistes. Une fonction tombée dans un certain discrédit. retrouvait une modernité et un nouveau conformisme, en changeant de lieu et d’objet. C’est cela qui a rendu possible les entreprises de marketing intellectuel. Est-ce qu’il y a d’autres usages actuels d’une télé, d’une radio ou d’un journal ? Évidemment, mais ce n’est plus la question des nouveaux philosophes. Je voudrais en parler tout à l’heure.

    Il y a une autre raison. Nous sommes depuis longtemps en période électorale. Or, les élections, ce n’est pas un point local ni un jour à telle date. C’est comme une grille qui affecte actuellement notre manière de comprendre et même de percevoir. On rabat tous les événements, tous les problèmes, sur cette grille déformante. Les conditions particulières des élections aujourd’hui font que le seuil habituel de connerie monte. C’est sur cette grille que les nouveaux philosophes se sont inscrits dès le début. Il importe peu que certains d’entre eux aient été immédiatement contre l’union de la gauche, tandis que d’autres auraient souhaité fournir un brain-trust de plus à Mitterrand. Une homogénéisation des deux tendances s’est produite, plutôt contre la gauche, mais surtout à partir d’un thème qui était présent déjà dans leurs premiers livres : la haine de 68. C’était à qui cracherait le mieux sur mai 68. C’est en fonction de cette haine qu’ils ont construit leur sujet d’énonciation : « Nous, en tant que nous avons fait mai 68 ( ?? ), nous pouvons vous dire que c’était bête, et que nous ne le ferons plus. » Une rancœur de 68, ils n’ont que ça à vendre. C’est en ce sens que, quelle que soit leur position par rapport aux élections, ils s’inscrivent parfaitement sur la grille électorale. A partir de là, tout y passe, marxisme, maoïsme, socialisme, etc., non pas parce que les luttes réelles auraient fait surgir de nouveaux ennemis, de nouveaux problèmes et de nouveaux moyens, mais parce que LA révolution doit être déclarée impossible, uniformément et de tout temps. C’est pourquoi tous les concepts qui commençaient à fonctionner d’une manière très différenciée (les pouvoirs, les résistances, les désirs, même la « plèbe ») sont à nouveau globalisés, réunis dans la fade unité du pouvoir, de la loi, de l’État, etc. C’est pourquoi aussi le Sujet pensant revient sur la scène, car la seule possibilité de la révolution, pour les nouveaux philosophes, c’est l’acte pur du penseur qui la pense impossible.

    Ce qui me dégoûte est très simple : les nouveaux philosophes font une martyrologie, le Goulag et les victimes de l’histoire. Ils vivent de cadavres. Ils ont découvert la fonction-témoin, qui ne fait qu’un avec celle d’auteur ou de penseur (voyez le numéro de Playboy : c’est nous les témoins...). Mais il n’y aurait jamais eu de victimes si celles-ci avaient pensé comme eux, ou parlé comme eux. Il a fallu que les victimes pensent et vivent tout autrement pour donner matière à ceux qui pleurent en leur nom, et qui pensent en leur nom, et donnent des leçons en leur nom. Ceux qui risquent leur vie pensent généralement en termes de vie, et pas de mort, d’amertume et de vanité morbide. Les résistants sont plutôt de grands vivants. Jamais on n’a mis quelqu’un en prison pour son impuissance et son pessimisme, au contraire. Du point de vue des nouveaux philosophes, les victimes se sont fait avoir, parce qu’elles n’avaient pas encore compris ce que les nouveaux philosophes ont compris. 5i je faisais partie d’une association, je porterais plainte contre les nouveaux philosophes, qui méprisent un peu trop les habitants du Goulag.

    - Quand tu dénonces le marketing, est-ce que tu milites pour la conception vieux-livre, ou pour les écoles ancienne manière ?

    - Non, non, non. Il n’y a aucune nécessité d’un tel choix : ou bien marketing, ou bien vieille manière. Ce choix est faux. Tout ce qui se passe de vivant actuellement échappe à cette alternative. Voyez comme les musiciens travaillent, comme les gens travaillent dans les sciences, comme certains peintres essaient de travailler, comment des géographes organisent leur travail (cf. la revue Hérodote). Le premier trait, c’est les rencontres. Pas du tout les colloques ni les débats, mais, en travaillant dans un domaine, on rencontre des gens qui travaillent dans un tout autre domaine, comme si la solution venait toujours d’ailleurs. Il ne s’agit pas de comparaisons ou d’analogies intellectuelles, mais d’intersections effectives, de croisements de lignes. Par exemple (cet exemple est important, puisque les nouveaux philosophes parlent beaucoup d’histoire de la philosophie), André Robinet renouvelle aujourd’hui l’histoire de la philosophie, avec des ordinateurs ; il rencontre forcément Xenakis. Que des mathématiciens puissent faire évoluer ou modifier un problème d’une tout autre nature ne signifie pas que le problème reçoit une solution mathématique, mais qu’il comporte une séquence mathématique qui entre en conjugaison avec d’autres séquences. C’est effarant, la manière dont les nouveaux philosophes traitent « la » science. Rencontrer avec son propre travail le travail des musiciens, des peintres ou des savants est la seule combinaison actuelle qui ne se ramène ni aux vieilles écoles ni à un néo-marketing. Ce sont ces points singuliers qui constituent des foyers de création, des fonctions créatrices indépendantes de la fonction-auteur, détachées de la’ fonction-auteur. Et ça ne vaut pas seulement pour des croisements de domaines différents, c’est chaque domaine, chaque morceau de -domaine, si petit soit-il, qui est déjà fait de tels croisements. Les philosophes doivent venir de n’importe où : non pas au sens où la philosophie dépendrait d’une sagesse populaire un peu partout, mais au sens où chaque rencontre en produit, en même temps qu’elle définit un nouvel usage, une nouvelle position d’agencements - musiciens sauvages et radios pirates. Eh bien, chaque fois que les fonctions créatrices désertent ainsi la fonction-auteur, on voit celle-ci se réfugier dans un nouveau conformisme de « promotion ». C’est toute une série de batailles plus ou moins visibles : le cinéma, la radio, la télé sont la possibilité de fonctions créatrices qui ont destitué l’Auteur ; mais la fonction-auteur se reconstitue à l’abri des usages conformistes de ces médias. Les grandes sociétés de production se remettent à favoriser un « cinéma d’auteur » ; Jean-Luc Godard trouve alors le moyen de faire passer de la création dans la télé ; mais la puissante organisation de la télé a elle-même ses fonctions-auteur par lesquelles elle empêche la création. Quand la littérature, la musique, etc., conquièrent de nouveaux domaines de création, la fonction-auteur se reconstitue dans le journalisme, qui va étouffer ses propres fonctions créatrices et celles de la littérature. Nous retombons sur les nouveaux philosophes : ils ont reconstitué une pièce étouffante, asphyxiante, là où un peu d’air passait. C’est la négation de toute politique, et de toute expérimentation. Bref, ce que je leur reproche, c’est de faire un travail de cochon ; et que ce travail s’insère dans un nouveau type de rapport presse-livre parfaitement réactionnaire : nouveau, oui, mais conformiste au plus haut point. Ce ne sont pas les nouveaux philosophes qui importent. Même s’ils s’évanouissent demain, leur entreprise de marketing sera recommencée. Elle représente en effet la soumission de toute pensée aux médias ; du même coup, elle donne à ces médias le minimum de caution et de tranquillité intellectuelles pour étouffer les tentatives de création qui les feraient bouger eux-mêmes. Autant de débats crétins à la télé, autant de petits films narcissiques d’auteur - d’autant moins de création possible dans la télé et ailleurs. Je voudrais proposer une charte des intellectuels, dans leur situation actuelle par rapport aux médias, compte tenu des nouveaux rapports de force : refuser, faire valoir des exigences, devenir producteurs, au lieu d’être des auteurs qui n’ont plus que l’insolence des domestiques ou les éclats d’un clown de service. Beckett, Godard ont su s’en tirer, et créer de deux manières très différentes : il y a beaucoup de possibilités, dans le cinéma, l’audio-visuel, la musique, les sciences, les livres... Mais les nouveaux philosophes, c’est vraiment l’infection qui s’efforce d’empêcher tout ça. Rien de vivant ne passe par eux, mais ils auront accompli leur fonction s’ils tiennent assez la scène pour mortifier quelque chose.

    5 juin 1977.

  • J’AI ÉCRIS 4 MESSAGES À FRANCE CULTURE SUITE À SON INTERVIEW DE CE MATIN. DEMANDANT SA DÉMISSION DE FRANCE CULTURE, QU’IL AILLE AU CÔTÉ DE RADIO MONTE-CARLO, ET DES SES FLEURONS NÉO - LIBÉRAUX... LES POUR LES CONTRES, LA VENTE ACHAT, AVEC FRÉDÉRIC MITTERAND ET SES VIEILLES DENTELLES, , LUI QUI SE VOIT COMME UN PETIT PRINCE PHILOSOPHE , . IL PARLE DES CAMPS DE CONCENTRATIONS , AFIN DE NOUS VENDRE L’EXCÉDENT DE SA CULTURE LITTÉRAIRE, N’A T-IL DONC PAS LU ADORNO (QU’IL DOIT DÉTESTER, CAR IL EST AVANT TOUT ANTI- MARXISTE (FINKELKRAULT)) S’IL AVAIT LU CE QUE DIT MARX SUR LA NÉGRITUDE, IL AURAIT ENFIN COMPRIS QUE CE N’EST PAS DE RACE DONT IL S’AGIT , MAIS :< UN NÈGRE EST UN NÈGRE , CE N’EST QUE DANS UN CERTAIN CONTEXTE ÉCONOMIQUE QU’IL DEVIENT UN ESCLAVE> AUJOURDH’HUI LES PETIS ENFANTS DES ESCLAVES SONT LES SALARIÉS QUE L’ON EXTERMINE AVEC LE CHOMAGE, ET L’HYPOCRISIE D’UNE SOCIÉTÉ BASÉ SUR LE PROFIT.

    VOILÀ LA RADIO FRANCE CULTURE SOLIDAIRE AVEC LUI, AVEC LA MENACE DE DÉMISSION D’ALEXANDRE ADLER ( CE MATIN MÊME , RENSEIGNEZ VOUS , IL DISAIT QU’IL PARTIRAIT, SI FINKELKRAULT ETAIT LICENCIÉ, ET BIEN QH’IL PARTE AUSSI ; LE MÊME ADLER QUI NOUS VANTAIT BUSH, LORS DE SA PREMIÈRE ÉLECTION, UN BON ^PRÉSIDENT DISAIT -IL, LA SUITE , C’EST L’IRAK...

    NOUS NE SOMMES PLUS DES AMÉRICAINS......

    QUE SERA LA SUITE POUR FINKELKRAULT...... LES PARIS SONT LANCÉS

    CLAUDE ORENGO

    • Vous avez tous raison : Finkielkraut, voilà l’ennemi !
      Ceux qui brûlent les écoles et les transports en commun sont de pauvres victimes.
      Comme vous avez raison : il n’y a aucun caractère antirépublicain à ces émeutes, juste une mauvaise humeur passagère. Ceux qui ont déclaré sur Canal+ qu’ils combattaient comme des Palestiniens à Jérusalem (http://media.putfile.com/French-riots) sont bien moins dangereux qu’un animateur de France Culture qui prône l’intégration par la réussite scolaire. Lui, il faut le mettre en prison.
      Eux il faut leur pardonner et imposer la discrimination à l’embauche. Ne pas parler de dimension ethnique, surtout pas, seulement de discrimination positive.

      Ah comme il est plus doux de se voiler la face. Rien qu’à me mettre à penser comme vous l’espace de trois lignes, je me sens beaucoup mieux.

      Le problème c’est Finkielkraut, évidemment, sinon tout va bien.

      Arnaud du tilh

  • pourquoi tout le monde a t il le droit de dire tout et n’importe quoi , et pourquoi A.FINKELKRAUTH n’aurait pas le droit de dire tout haut ce que beaucoup de français pensent tout bas ;

  • Au sujet de l’etnnicisation, A. Finkielkraut dit : "je le dit, mais tout le monde le pense."
    Vous en déduisez qu’il a un problème...
    Relisez vous bien
    Relisez vous bien
    Relisez vous encore...

    Prenez le temps de reconnaître qu’alors,il y a
    des vérités que l’on ne peut plus dire.

    Ne confondez pas opinion et constat.
    La différence se situe dans le procès d’intention que fait celui qui écoute mal.

  • Il est difficilement acceptable de défendre la thèse d’une origine sociale à ces émeutes accompagnées de destruction massive de biens et d’atteintes aux personnes. Dans beaucoup de discours c’est un présupposé mais précisément l’analyse critique repose sur le questionnement de ce qui apparait ou que l’on veut nous faire admettre comme une évidence. Il est encore plus difficile d’admettre que l’origine serait liée à l’immigration. La proportion de personnes impliquées ne doit pas dépasser 1% de la population immigrée. C’est d’ailleurs un signe flagrant de la volonté d’idéologiser cette explosion de violence que l’absence de données chiffrées…Que reste-t-il ? Précisément ce qui ne convient pas aux bonnes âmes de gauche et à ceux qui de l’autre côté de l’échiquier voudraient que l’amalgame se fasse tout seul. Cette insurrection est un déchainement de violence qui ressemble sur un autre terrain et avec un autre réseau à ce qui se passe dans les stades quand on casse des sièges, des voitures et des êtres humains. N’avez vous pas remarqué que c’est ceux qui ont des billets bon marché qui se battent avec les policiers ou qui jouent au racisme vulgaire vis à vis des noirs. Vous viendrait il à l’esprit de dire que c’est là la preuve que c’est un malaise social ? J’en doute sauf si vous avez pour idéologie l’incrimination systématique de la position socio-économique à des fins d’explication politique, comportementale et émotionnelle. Cette idéologie est un postulat sans aucune base rationnelle mais je conviens qu’elle fait encore de sérieux ravages en France. La question est donc ouverte, d’où vient cette explosion de violence aveugle, quels sont les composants de la déflagration ? Il est une autre question pour laquelle je n’ai pas de réponse : à qui a profité cette quinzaine d’absence de l’État de droit ? Certainement pas aux personnes sans parole qui ont continué à travailler dans des conditions que l’on imagine. Certainement pas non plus aux enseignants, éducateurs, infirmières, médecins qui n’ont pas pu effectuer leur mission ou si partiellement. Certainement pas aux émeutiers eux-mêmes qui ont été soigneusement fichés, interpellés et pour le moins repérés. Alors à qui ? Imaginons le scénario où dès le premier jour des mesures drastiques sont prises en particulier et immédiatement vis à vis des mineurs pour d’abord les mettre à l’abri de tout affrontement et directement sous la responsabilité des parents. Imaginons que pour rétablir l’ordre public au bénéfice de tous les citoyens l’armée française soit immédiatement positionnée avec le professionalisme qu’on lui connait et qui a fait sa réputation au Kosovo. Il ne se serait presque rien passé. Surtout le fossé ne se serait pas creusé entre les émeutiers que je tiens pour des voyous manipulés et les autres habitants qui sont aujourd’hui non pas excédés par le manque de sommeil mais atterrés par les dégats au niveau du système scolaire et sportif. Alors je repose la question à qui profite les émeutes !
    Fabien Eriates

  • Bonjour,

    Arrière petit-fils d’esclave, originaire de Martinique, je lutte depuis 10 ans contre l’Etat français qui couvrent des officiers tortionnaires, racistes et antisémites. J’ai défendu les juifs dans l’armée. L’armée m’a viré à l’âge de 50 ans. Alors, lorsque je lis les écrits de Finkielkraut, il me vient l’envie de vomir ! Ce type est un raciste, homophobe, qui fait honte à ses origines ! Le lien joint ci-après donne un aperçu de ce je pense de lui :

    http://www.yoyotte-armee.com/Finkielkraut.htm

    Adjudant-chef (er) Lucien Fulbert YOYOTTE

  • "Alain Finkielkraut n’a pas agi en philosophe, mais en journaliste-chroniqueur de ses tourments. En cela, il adhère parfaitement aux affres de son temps et nous délivre un discours qui se sous-tend de lui-même. Il y a, chez cet homme, une peur de l’Autre et un enfermement de la pensée qu’il vient, nous l’espérons pour lui, de découvrir."

    Je n’ai pas le talent pour trouver les mots qui décrivent le brouillon de ma pensée. Cependant certains éléments de cette citation résument quelques sentiments qui jaillissent en moi après la lecture de l’intégralité de l’interview de A. F.

    Effectivement, je sens un tourment et une angoisse terrible chez A.F. Ses propos dépassent alors le cadre de l’analyse et du questionnement pour tomber dans les lieux communs de l’opinion organique et viscérale.

    Quel dommage, car certaines choses sont intéressantes.

    1) Pourquoi DES écoles ont brulé ? Il ne m’était jamais venu à l’esprit que ces émeutiers cherchaient à détruire les intermédiaires. "c’est la volonté de liquider les intermédiaires entre eux et les objets de leurs désirs. Et quels sont les objets de leurs désirs ? c’est simple : l’argent, les marques, et parfois, des filles." Je pense qu’il y a ici un début de réflexion intéressant, mais hélas, le lieu commun est encore le même. Ne désirons-nous pas tous arriver facilement au "sea, sex and sun" ? Peut-être faudrait méditer sur le fait que dans ces banlieues, il n’est pas facile d’avoir sous les yeux les fruits du travail et de la persévérence. Tous ceux qui ont la chance de pouvoir profiter des fruits de leur travail quittent ces cités. Tous les autres habitants ou presque semblent souffrir d’une sorte de "dépression". Peut-être que ces écoles représentent l’autorité et que cette autorité est perçue uniquement comme une force de coercision ? Le malentendu serait alors tragique . . .

    2) Pourquoi les valeurs républicaines ne sont-elles pas revandiquées par les enfants des banlieues ? Je ne vois pas particulièrement où ces valeurs sont revandiquées en France. Ni dans les médias, ni avec mes collègues de travail, ni dans les bars ou au restaurant. Pas plus dans les écoles ou dans les lycées. La seule priorité que je perçois semble celle d’obtenir un travail, d’avoir le confort matériel et de se noyer dans l’action. Les valeurs fondamentales de la république "pour tous" ne me semblent être qu’un mythe qui n’a trouvé de réalité ni dans le passé, ni maintenant. La différence tient peut-être à ce que maintenant plus personne n’y croit plus (ou presque). Peut-être la France dans son ensemble et même au delà, l’ensemble de l’Europe souffre d’une crise de ses valeurs devenues celles de l’économie : rentabilité à outrance, profitabilité, plan de carrière, réussite, compétition, ... Je pense que ces enfants des banlieues sont nés perdants, nourris d’angoisses et de frustrations. Comment expliquer ce que je ressens : ces gagnants que l’on nous montre, ne sont que des dieux chimériques. On ne peut se contenter d’une vie de consommation. Et les gagnants du système sont si rares. Il est déjà si difficile de se contenter d’une vie de travail et de la persévérence. Et dans ces banlieues dépressives, il est encore plus rare de pouvoir avoir de tels exemples. Une culture de "contre-valeurs", basée sur le mythe d’une vie facile assassine les enfants de la France. Les seuls à pouvoir empêcher ce meurtre, ce sont les parents. Mais quand on a trois heures ou plus de transport par jour, que l’on ne fait que croiser ses enfants et que les fins de mois sont éternellement difficiles, comment faire ? Une solution pourrait être de cha

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