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Les maires communistes amorcent leur conversion à la propriété privée

lundi 18 février 2008 - Contacter l'auteur - 3 coms

de Zappi Sylvia

C’EST UN PEU la " marque de fabrique " des municipalités communistes. En province comme en banlieue rouge, la priorité au logement social a toujours été revendiquée par les maires PCF. Mais, depuis une dizaine d’années, ces élus ont infléchi leur politique en " diversifiant " leur offre de logements et en cherchant à attirer de nouvelles couches sociales.

Les premiers signes sont venus à la fin des années 1990. La désindustrialisation a laissé, en banlieue, d’immenses friches urbaines. Il a fallu réaménager cet espace en limitant la spéculation. La crise du logement - en particulier à Paris - a aussi poussé plus loin des centres-villes les jeunes ménages des classes moyennes qui ne pouvaient plus s’y loger. Les élus PCF ont vu là l’occasion d’attirer dans leurs villes des couches sociales plus aisées.

Officiellement, ils sont toujours maires de " villes populaires " et " fiers de leur diversité ". Le visage de leur ville a pourtant bien changé. " On a cherché à diversifier notre parc de logements, car, avec le TGV, on a vu arriver des cadres parisiens ", justifie Marie-France Beaufils, maire de Saint-Pierre-des-Corps, dans la banlieue de Tours (Indre-et Loire), où la part du privé a sensiblement grimpé. " On veut continuer à construire du logement social, mais aussi répondre à l’aspiration légitime d’une partie de la population, qui souhaite acheter son logement, explique en écho Stéphane Peu, adjoint au maire de Saint-Denis. Ça fait bouger la sociologie de la ville. "

Dans cette ville de Seine-Saint-Denis, le parc social représente 48 % du total des logements. Mais les constructions privées ont poussé un peu partout, tant dans le quartier d’affaires de La Plaine qu’en centre-ville. " Les élus ont compris qu’une partie de leur électorat voulait devenir propriétaire et qu’elle ne pouvait pas le faire à Saint-Denis ", remarque l’historien Emmanuel Bellanger.

ENCADRER LE MARCHÉ

Cette évolution semble générale en banlieue parisienne. Plus importante à Montreuil et à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), ou Vitry ou Ivry-sur-Seine (Val- de-Marne), moins à La Courneuve, Sevran ou Saint-Denis. Les élus insistent sur la qualité des réalisations qui n’ont plus rien à voir avec " les blêmes HLM ", chères au chanteur Renaud. " Nos immeubles n’ont rien à envier à certaines constructions privées ", s’enorgueillit Gilles Poux, maire de La Courneuve.

Certains élus ont tenté " d’encadrer le marché ". C’est le cas à Nanterre, Gennevilliers ou Saint-Denis, où une " charte " a été imposée aux promoteurs. " Chaque immeuble privé doit comporter 40 % de logements sociaux ", souligne Patrick Jarry, maire de Nanterre (Hauts-de-Seine).

Les programmes locaux de l’habitat (PLH) de ces villes, qui s’appliqueront au cours de la prochaine mandature, sont sans ambiguïté. Les maires PCF ont bel et bien entamé leur conversion. Même s’ils continuent à afficher leur priorité au logement social, le fait est qu’ils diversifient leur offre, en proposant de plus en plus de logements privés, aidés ou non. " Les élus n’assument pas ce rééquilibrage, constate la sociologue Marie-Hélène Bacqué. C’est une erreur. Ils vont ainsi au-devant de tensions sociales sur leurs territoires. "

http://www.lemonde.fr/municipales-c...

Mots clés : Logement - Urbanisme / Partis politiques / Sylvia Zappi /

Messages


  • Vive l’appropriation publique et sociale !
    Vive l’état éco-socialiste

    Anti-étatisme radical et coopérativisme béat
    LA CRITIQUE RADICALE DE L’ ETATISME COMPLEMENT DE L’APOLOGIE BEATE DES COOPERATIVES UNE TENDANCE CONTEMPORAINE DE L’ALTERMONDIALISME ?
    La critique radicale de l’étatisme combinée à l’apologie des coopératives ou des associations de base figure en de bonnes places parmis les thèmes de (...)

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article61325

    Pour un véritable service public du logement


    Christian DELARUE CA ATTAC Fce

    Sur le site ATTAC France

    Juste une courte introduction

    http://www.france.attac.org/spip.php?article6594

    Plus développé

    http://www.france.attac.org/spip.php?article7022

  • Vous en connaissez beaucoup des villes où il y a 43% de logements sociaux ? Venez voir par chez nous sur la Côte d’Azur ou les villes ont en général aux alentours de 10 % de logements sociaux et parfois moins. Alors pour ma part je trouve normal de diversifier les offres c’est aussi cela la mixité sociale.
    Il faut des logements adaptés à chacun en fonction de leurs besoins et aussi de leur possibilités financières , on pourrait envisager un véritable service public du Logement qui garantirait un toit à chacun, cela permettrait que plus personne ne dorme dans la rue sous des cartons, enfin une société normale quoi !

  • Un oubli, dans l’article de Zappi, l’augmentation des prix du foncier, la suppression de l’aide à la pierre, la baisse des subventions (hors ANRU) Comme si tous ces élèments autres qu’idéologiques, mais conséquence, d’une politique du logement, choisie tant par la droite, que par le social libéralisme, ne créaient pas une nouvelle situation.

    Laquelle pousse les équipes municipales qui veulent continuer à construire du logement social ( le plus souvent à direction communiste) à prévoir des programmes coktails, afin d’équilibrer leurs opérations.

    Dans ce domaine aussi, les responsables municipaux, subissent les conséquences de politiques décidées nationalement. C’est tout à l’honneur des maires communistes que de résister aux tendances lourdes, en continuant à augmenter le parc social.

    Cela dit et dans leur grande majorité, il n’oublient pas de lier leur résistance municipale à la bataille politique nationale de défense du logement social et pour un grand service public du logement. CF Etat généraux du logement.
    En cela, les maires communistes ne sont pas des maires comme les autres, car cohérent, dans une large majorité à tous les niveaux de la bataille.
    Michel PUJOL

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