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Liban : Les hôpitaux bientôt obligés de fermer

dimanche 6 août 2006 - Contacter l'auteur - 1 com

de Al Faraby

Les hôpitaux libanais manquent de médicaments et, alors que les coupures d’électricité se multiplient, ils manquent aussi de fioul pour alimenter les générateurs. Un établissement de Beyrouth n’acceptera plus que les urgences à compter de lundi 07 août tandis qu’un autre, à Saïda dans le Sud, craint de devoir fermer d’ici dix jours.

Les forces d’occupation ayant bombardé vendredi 4 août le dernier axe routier qui reliait le Liban au monde extérieur, la pénurie ne peut qu’empirer. Elle ne touche pas que le domaine médical : les Libanais commencent à manquer de lait, de riz et de sucre. Les supermarchés sont à cours de nourriture pour bébé, de couches et de boîtes de conserve.

Batteries et bougies se font rares.

La pénurie est particulièrement alarmante dans les hôpitaux.

Le Dr George Tomey, qui travaille à l’Université américaine de Beyrouth depuis 42 ans, affirme que le centre médical de la faculté n’a jamais connu pire situation, y compris pendant la guerre civile de 1975-1990.

"C’est très triste. Nous n’avons jamais été obligés de fermer l’hôpital, même durant les pires jours de la guerre civile", rappelle le président de l’université. Les stocks de médicaments et les réserves de fioul s’amenuisent et "nous avons atteint un niveau très critique".

"A partir de lundi 7 août, si la situation reste inchangée, nous allons fermer la majeure partie de l’hôpital et ne conserver que les blocs opératoires et les urgences. Seuls les patients dans un état critique seront admis", ajoute le Dr Tomey, président de l’Université américaine de Beyrouth.

A Saïda, ville portuaire du Sud-Liban, "c’est une véritable catastrophe", commente le Dr Ghassan Hammoud, qui dirige un hôpital de 320 lits. L’établissement, qui manque lui aussi de médicaments et de fioul, pourrait être contraint de fermer ses portes d’ici dix jours. "Je pense que la situation va beaucoup empirer", prédit-il.

"Nous rationnons les médicaments. Déjà nous annulons ou nous reportons les opérations qui ne sont pas urgentes", explique le Dr Hammoud. L’hôpital n’est alimenté en électricité que six heures par jour et ses réserves de fioul ne lui permettront de faire fonctionner les générateurs que pendant une semaine.

Le Dr Hammoud s’inquiète surtout pour les patients placés sous respiration artificielle ou qui doivent subir des dialyses régulières. Les appareils qui les maintiennent en vie ont besoin de courant. "Je ne sais pas ce qui arrivera à ces malades si nous devons fermer. Ils mourront".

L’hôpital de Saïda a reçu du matériel d’organisations telles que Médecins sans Frontières (MSF) mais ça ne suffit pas, selon le Dr Hammoud. Le Liban commence à manquer de médicaments essentiels, notamment contre l’hypertension et le diabète.

Le blocus naval imposé par les forces d’occupation empêche les pétroliers de ravitailler le pays, qui manque donc d’essence. Devant les stations-service, de longues files de voitures se forment. Le carburant est rationné : chaque automobiliste n’est autorisé à prendre qu’une dizaine de litres d’essence.

Le Dr Tomey explique que certains employés du centre médical ne peuvent venir travailler à l’Université américaine de Beyrouth, faute de carburant. D’autres se terrent chez eux, de peur de mourir dans les bombardements des forces d’occupation.

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=3296

Mots clés : Al Faraby / Guerres-Conflits / Hôpital / Proche & Moyen Orient /

Messages

  • Excusez par avance le raccourci. Merci

    En ce Dimanche matin et à la lecture de cet article, je suis entrain de songer en essayant de me mettre dans la peau d’un grand tactitien :

    Tacticien Grand-Chef :"-si j’ai envie de laisser la nature faire les "choses", aprés une bonne période de bombardements et si possible avec des armes "perverses" qui auront touché beaucoup de personnes, je bloque l’approvisionnement du pays, des villes et surtout des hôpitaux pour revenir au post.
    Là dessus, personnes est à même de s’y appitoyer car je fais écran de fumé avec des pourparlers de cessez le feu en n’en plus finir et aussi je passe pour quelqu’un qui a du coeur en décrètant une accalmie médiatisée (mais qui en douce me permet bcq plus de reposer et repositionner les troupes. Vous connaissez le fameux : "reculer pour mieux sauter").

    Donc pour revenir à la nature qui "fait bien les "choses"", que pouvez-vous imaginer qui puissent se passer ne serait-ce que dans les hôpitaux, si ces derniers ne peuvent plus soigner...

    Ne serait-ce pas une forme de GENOCIDE ?

    Comment cela génocide ?

    Mais nous n’avons rien fait M.! ce sont ces personnes qui se sont mises dans cette situation en n’ayant pas choisi le bon camp.
    Et ce n’est pas de notre faute si le pays ne sait pas produire d’électricité et laisse sa source d’énergie polluer les pays voisins.
    Aussi, c’est incroyable, d’être à quémander de l’aide humanitaire de première urgence.

    Est-ce que l’on demande quelque chose, nous ? Eh, bé non et de plus on nous donne , sponsorise, aide et je vous passe sur les cours de géopolitique. Alors, c’est qui qu’on aide, hein ?

    Vous voyez bien que c’est les gentils ou les plus forts qu’on aide.

    Donc, laissez l’histoire naturelle se faire et ces gens n’auront d’ici peu, plus besoin d’aide.....

    (ce que je n’espère pas, naturellement pour rappel)

    Ainsi, pour revenir à moi et laisser ce "stratège à ses plans génocidaire", en ce dimanche, je me permets de songer à toutes ces nombreuses personnes alliter dans l’attente ne serait-ce de quelques choses pour oublier la douleur si ce n’est l’abréger.

    Pour celles et ceux qui ont eu l’occasion d’être à côté de blessés comprendrons ce que cela veut dire que faute de soins, on participe à la souffrance et à la mort de la personne.

    A INTERDIRE LES SOINS, ON GENOCIDE, ON TUE.

    Marcel

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