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M. Besancenot pose ses conditions pour un candidat unique à gauche du PS

mercredi 30 août 2006 - Contacter l'auteur - 8 coms

de Sylvia Zappi

En lançant sa campagne, lundi 28 août, lors de l’université d’été de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) à Port-Leucate, dans l’Aude, devant plus de 700 personnes, Olivier Besancenot a affiché sa détermination à porter le flambeau de la "vraie gauche anticapitaliste" lors de l’élection présidentielle de 2007.

Cette ambition suscite des interrogations récurrentes à l’intérieur de la LCR sur l’opportunité pour son candidat de se présenter seul alors que la gauche du non au référendum du 29 mai discute toujours d’une candidature unitaire. Elle se heurte aux consignes du premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, demandant aux élus socialistes de ne pas donner leur signature aux petits candidats. Mais aussi aux divisions de l’extrême gauche. Lundi soir, sur LCI, Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle, a estimé "un peu surréaliste" le fait d’évoquer la possibilité d’un candidat unique.

LOIN DEVANT LE PCF ET LO

Olivier Besancenot n’a abordé cette question qu’après une heure et demie de discours. "Je suis favorable à une candidature unitaire de la gauche anticapitaliste", a répété le dirigeant de la Ligue. Il a indiqué qu’il n’a pas la "prétention" d’incarner lui-même une telle candidature, conscient qu’"être porte-parole d’un parti, ce n’est pas évident pour fédérer tout le monde". Mais, pour que la LCR se rallie, il veut d’abord "une garantie de ne pas servir de caution à une nouvelle gauche plurielle". En clair, que le PCF ou José Bové ne participent pas à un gouvernement ou à un accord avec le PS.

Depuis que l’organisation trotskiste a décidé, à la fin juin, lors d’une conférence nationale, d’une nouvelle candidature de M. Besancenot, les sondages semblent la conforter : avec des intentions de vote oscillant entre 5 % et 6 % selon les instituts - loin devant Marie-George Buffet (PCF) et distançant Arlette Laguiller -, la direction de la LCR est certaine que son candidat représente le mieux l’alternative au PS. Elle mise sur le fait que M. Besancenot soit jeune, simple salarié de La Poste, et populaire - au contraire de la campagne de 2002 où il était un inconnu pour le grand public. Il serait "la personnalité qui répond à la crise de représentation politique", veut croire Pierre-François Grond, membre du bureau politique. En attendant, la LCR continue de chercher ses 500 signatures. "Pour avoir le choix."

Le porte-parole de la LCR a également défini la tonalité de sa campagne à venir : très "anti-Sarko" mais aussi très critique à propos de la "ligne sociale-libérale" du PS. Les militants ont pu l’entendre reprendre le langage radical de sa première campagne en 2002. Avec un peu moins de bagou et d’assurance que d’habitude.

Pour sa rentrée, M. Besancenot entend "transformer (les) colères en espoir". Fustigeant un "gouvernement violent" avec les étrangers comme les jeunes de banlieue, une campagne électorale "placée sous le signe de l’insécurité et de la lutte contre l’immigration", et un Parti socialiste "téléchargeant le programme de la droite",

M. Besancenot a prévenu : "Nous sommes repartis comme en 2002. Je ne vois pas qui a intérêt à jouer à ce petit jeu qui ne favorisera que le Front national." "Entre l’immigration choisie de Sarkozy et l’immigration concertée et régulée du PS, il va bientôt falloir un dictionnaire pour voir la différence", a-t-il dénoncé.

Le candidat a ensuite déroulé la longue liste de revendications classiques de l’extrême gauche. Redistribution des richesses, réappropriation collective de la propriété privée, contrôle social des usagers et des salariés, interdiction des licenciements... des propositions "à la Arlette", comme le remarquait perfidement un responsable politique invité.

http://www.lemonde.fr/web/article/0...

Mots clés : Collectifs Unitaires / Elections-EluEs / Partis politiques / Présidentielle 2007 / Rencontres-débats / Sylvia Zappi /

Messages

  • Il sera difficile, après le texte "Ambitions et Stratégie" du Collectif national (29 août 2006) de maintenir le prétexte d’une quelconque ambiguité du Collectif relativement au PS.

    Si Besancenot veut se présenter pour le plaisir narcissique de "passer devant" le PCF, au mépris des aspirations populaires, c’est un choix.

    Il aura le soutien d’Arlette.

    Et il apprendra à ses dépens ce qu’est le miroir aux alouettes des sondages...

    Boudine, Marseille

    • Ah, cher Boudine, les aspirations populaires ?

      Qui peut encore savoir avec précision ce qu’elles sont et parler doctement en leur nom ?

      On osait ça encore dans les années 50/60...peut-être 70, mais plus après, tout de même !

      Je trouve donc ça un peu concon de dire qu’Olivier Besancenot s’il se présente, le fait en ignorant les "Les aspirations populaires" alors que le vote "populaire est aujourd’hui complètement dispersé et se porte sur tous les candidats de l’extrême gauche...à l’extrème droite (mais oui, hélas !).

      En plus, si Besancenot se présente, ce n’est pas par "plaisir narcissique" ni parce qu’il croit à de bons sondages en sa faveur. Il ne faut prendre ni lui, ni la LCR pour des imbéciles.

      C’est tout simplement parce qu’il ya une impossibilité majeure de candidature unique (c’est un fait) ce qui laisse à penser que la "gauche antilibérale" n’existe pas vraiment.

      Ce n’est pas en accusant la LCR d’être sectaire que cela guérit du sectarisme.

      Amicalement Bastien

    • Tout a fait d’accord avec Bastien !C’est tt de meme incroyable que l’on reproche a un parti anti-capitaliste de ne pas vouloir s’associer avec un autre qui l’est !les compromissions n’ont jamais arrangé les choses,et si cette cohalition softissime arrivait au pouvoir cela fera comme avec la gauche plurielle.

    • Merci de définir "l’impossibilité majeur de candidature unitaire", ce que j’en perçois dans la ville où je milite c’est que les copains de la LCR n’ont pas énoncé depuis un moment des propositions favorisant cette convergence. Bien sûr ça peut changer.
      Quant à l’idée que la gauche antilbérale n’existerait pas en tant que telle, je la trouve un peu abstraite. A priori on est à la moitié du nombre des collectifs pour la campagne TCE, encore un effort et on pourra peut être faire entendre un autre son de cloche, évidemment il faut le vouloir un peu.

      LR.

    • Nous savons tous que L’IMAGE importe plus que la réalité, faisons le compte de nos militants respectifs. Comment pourrions-nous mener campagne divisés comme le veulent certaines organisations révolutionnaires avec évidemment le soutien indispensable des signatures du PS et celui des médias. C’est quand même un gros paradoxe. La campagne du NON s’est faîte de manière massive et souterraine, et c’est avec cela qu’a pu s’affirmer un pôle plus révolutionnaire dans son plein sens, diversifié et massif qu’on ne le croit..
      Ce n’est pas une organisation seule qui va peser sur le PS, c’est notre prétention à nous unir pour mettre en minorité le courant majoritaire de droite du PS partout dans le pays. Nous avons besoin d’une force qui nous donnera une crédibilité nouvelle pleinement de gauche.
      Ce n’est pas des discours de préau (fortement médiatisés), même radicaux, et des financements basés sur des votes "sanction" sans lendemain, qui nous ont fait progresser depuis 1968 : voyez l’état de nos forces militantes réelles, observez le destin des révolutionnaires de ces années et la disparition ou le faible renouvellement de ces forces.
      Il n’y a pas que le PCF qui a souffert.
      Soyons lucides, qui tient à la main la poche de perfusion des organisations les plus sectaires ? C’est le PS. D’où l’avertissement de cet été de Hollande sur les signatures ( et en filigrane, autres "avantages" qui ne relèvent pourtant que de la simple démocratie) afin que tout le monde revienne au "bercail", c’est à dire à la routine du "travailleuses, travailleurs..." qui nous a mené doucettement à 2002. Vous avez peur du neuf ou quoi ? JdesP

    • Du Hollande dans le texte... Où l’on retrouve l’idée (saugrenue) que c’est l’extrême-gauche qui "a mené doucettement" au 21 avril... Mais pas le bilan de la gauche plurielle... On se croirait sur le blog de Royal !
      C’est sur des idées comme ça qu’on peut construire l’unité ? J’ai comme un doute...

    • ...Osons dire les choses telle quelles sont :
      Le pcf est ni plus ni moins qu’en train de perdre
      son "fond de commerce"...au profit d’Olivier Besancenot et
      de la LCR...
      Il est tout simplement plus représentatitf aujourd’hui des électeurs
      de gauche que ne l’est le pcf...c’est aussi simple que cela !!!
      Les "dinosaures" du pcf ont beau l’avoir mauvaise c’est un fait.
      C’est pas beau d’être jaloux...
      Si toute l’extreme gauche se solidarisait autour de lui...
      il irai beaucoup plus que ne la jamais fait le pcf.
      La logique, les faits penche en sa faveur :
      Que le pcf sache se mettre en second plan derrière lui
      parce que de toute façons s’il y a un espoir à gauche
      il ne viendrat pas du pcf, soyons réalistes bon sang !!!

    • Sauf que la LCR n’a aucun representant à l’assemblée nationale, alors que le PCF en a ! Et ça change beaucoup de choses. Pour le coup, je trouve qu’il serait plus judicieux que ce soit plutot la LCR qui s’aligne derrière le PC

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