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MELENCHON ET "LA PATRIE"...

lundi 17 septembre 2012 , par Gérald PREVOT - Contacter l'auteur - 20 coms

"Gouvener LA PATRIE DES FRANCAIS dans un processus de révolution citoyenne"... dixit Mélenchon à la fête de l’Huma.
Avec ces propos aux relents franchouillards populistes, Mélenchon oublie que "les prolétaires n’ont pas de patrie" !
Chasserait-il sur les terres de la Marine ?
A vomir !

Mots clés : Jean-Luc Mélenchon /

Messages

  • les prolétaires n’ont pas de patrie ??? Mais alors pourquoi la résistance patriotique contre l’exploitation ?

  • Ceux de 1792/1793 étaient patriotiques , les communards étaient patriotiques , les résistants de 1940 étaient patriotiques.....est qu’ils étaient pour autant "franchouillards" voire fascistes ?....

    • mais on peut être français et internationaliste !!!

    • De race humaine et de nationalité terrienne !

      H.F. THIEFAINE

    • Ceux de 1792/1793 étaient patriotiques , les communards étaient patriotiques , les résistants de 1940 étaient patriotiques.....est qu’ils étaient pour autant "franchouillards" voire fascistes ?

      Je ne trouve pas que cette comparaison prouve quoi que ce soit car... on n’est pas en 1792, on n’est pas en 1871, on n’est pas en 1940.

      Et le contexte ?! (comme dans le débat sur l’islamophobie, attention aux généralisations, au manichéisme)

      La Marseillaise chantée à Valmy ou dans les stalags n’a pas le même sens que par exemple la Marseillaise chantée par les paras lors des concerts de Gainsbourg...

      A l’heure où le capitalisme est mondialisé, je doute que les frontières nationales aient encore un sens. Plus que jamais il n’y a qu’une véritable frontière, celle entre les classes.

      Chico

    • On est français ou chinois ou allemand ou martien ...par ACCIDENT.

      Donc c’est un état de fait on "est" français (on a cette nationalité ) oui (par accident, donc) et on peut être internationaliste (encore faut-il pour cela ne pas défendre des positions nationalistes)....

      Le jour où tu devras choisir : avec ou sans patrie ? C’est là que l’on mesurera où tu te situes dans le processus de la révolution prolétarienne (qui ne pourra pas être nationale même si elle aura des aspects locaux)...

    • Ceux de 1792/1793 étaient patriotiques , les communards étaient patriotiques , les résistants de 1940 étaient patriotiques.....est qu’ils étaient pour autant "franchouillards" voire fascistes ?

      Les résistants en France en 1940 étaient majoritairement des étrangers, combattants internationalistes, juifs, hongrois, allemands, espagnols, italiens, polonais, etc....

      Pensez qu’ils étaient patriotes pour la France est une injure pour ces hommes et femmes morts pour te libérer.

      Ils se battaient contre le fascisme et la révolution, pas pour la France, c’est après que dans le cours de la résistance les concessions au nationalisme ont grandis (à la différence des Yougoslaves qui étaient par nature internationalistes et ont conquis eux le pouvoir).

      La liste des 23 du groupe Manouchian exécutés par les Allemands :

      Celestino Alfonso (AR), Espagnol, 27 ans
      Olga Bancic, Roumaine, 32 ans (seule femme du groupe, décapitée en Allemagne le 10 mai 1944 )
      Joseph Boczov [József Boczor ; Wolff Ferenc] (AR), Hongrois, 38 ans - Ingénieur chimiste
      Georges Cloarec, Français, 20 ans
      Rino Della Negra, Italien, 19 ans
      Thomas Elek [Elek Tamás] (AR), Hongrois, 18 ans - Étudiant
      Maurice Fingercwajg (AR), Polonais, 19 ans
      Spartaco Fontano (AR), Italien, 22 ans
      Jonas Geduldig, Polonais, 26 ans
      Emeric Glasz [Békés (Glass) Imre], Hongrois, 42 ans - Ouvrier métallurgiste
      Léon Goldberg, Polonais, 19 ans
      Szlama Grzywacz (AR), Polonais, 34 ans
      Stanislas Kubacki, Polonais, 36 ans
      Césare Luccarini, Italien, 22 ans
      Missak Manouchian (AR), Arménien, 37 ans
      Armenak Arpen Manoukian, Arménien, 44 ans
      Marcel Rayman (AR), Polonais, 21 ans
      Roger Rouxel, Français, 18 ans
      Antoine Salvadori, Italien, 24 ans
      Willy Schapiro, Polonais, 29 ans
      Amédéo Usséglio, Italien, 32 ans
      Wolf Wajsbrot (AR), Polonais, 18 ans
      Robert Witchitz (AR), Français, 19 ans

      Voilà mon pote.

      Et ils se battaient pour la patrie française ?

  • Purée, cette phrase je l’ai relue 450 fois. Elle est extraordinaire (si elle est vraie, bien sûr et n’ayant malheureusement pas de source, le doute doit rester permis).

    Déjà c’est une antithèse. Trouver "gouverner"et "révolution" dans le même couplet c’est bon :-D

    Mais se lâcher sur "la Patrie des Français", là nom de Zeus, c’est cornichon !!

    Alors, au cas où cela serait vrai, pour "l’ami" Juan-Lucho et s’Amer -(sa Mère) -Poterie qu’il peut si les propos rapportés sont exacts, se carrer bien profond où je pense, un petit rappel :

    "Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dirigeante de la nation, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot.

    Déjà les démarcations nationales et les antagonismes entre les peuples disparaissent de plus en plus avec le développement de la bourgeoisie, la liberté du commerce, le marché mondial, l’uniformité de la production industrielle et les conditions d’existence qu’ils entraînent.

    Le prolétariat au pouvoir les fera disparaître plus encore. Son action commune, dans les pays civilisés tout au moins, est une des premières conditions de son émancipation.

    Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation.

    Du jour où tombe l’antagonisme des classes à l’intérieur de la nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles. "

    • Libération : 15 Septembre 2012

      « Gouverner la patrie des Français dans un processus de révolution citoyenne. Voilà ce que nous sommes dès maintenant ! Dès maintenant ! Dès maintenant ! » scande Mélenchon. L’ex-candidat a la présidentielle en reste convaincu : « inéluctablement », le Front de gauche arrivera au pouvoir « dans la décennie qui vient ».{}

    • Pour essayer d’élever un peu le débat ,ou plutot de l’orienter diversement ,une citation de CIORAN :<< on n’appartient pas à une patrie mais à une LANGUE >>. Défendre notre langue est primordial car ,est ce accidentel si la langue anglaise est celle du "chancre de la planète ,de l’Empire du mal " comme Montherlant qualifiait les ricains dés 1956 ??, et cette langue n’en déplaise à WILLIAM SH. est tout de mème le signe de ralliement de tous les "etats puppets "(fantoches ) qui gravitent autour de l’engeance immonde susnommée ,et qui dictent au reste du monde leur volonté d’hégémonie totale par l’OTAN. L’ OTAN , cet organisme que le pantin des banques SARKO a réintégré ,et que Méluche ,votre ennemi mortel ,avait promis de quitter en cas de victoire .Finalement une bonne question serait : PEUT ON ETRE DEMOCRATE ET REPUBLICAIN si on fait partie d’un tel organisme ?? Que des français se proclament de gauche sincèrement (j’en connais pas mal )et ne voient pas qu’ils sont de GROS CONS finis ( évidemment c’est un oxymore ,au temps pour moi ..),c’est comme dire que Hollande est un gauchiste ....!!!!

    • ça se trouve là :
      http://www.liberation.fr/politiques/2012/09/15/melenchon-a-la-fete-de-l-huma-ceux-qui-prechent-le-consensus-sont-des-endormeurs_846605
      Le paragraphe entier dit ça :
      « Gouverner la patrie des Français dans un processus de révolution citoyenne. Voilà ce que nous sommes dès maintenant ! Dès maintenant ! Dès maintenant ! » scande Mélenchon. L’ex-candidat a la présidentielle en reste convaincu : « inéluctablement », le Front de gauche arrivera au pouvoir « dans la décennie qui vient ».

      C’est parce que tu es victime du sens "moderne" (démocratie représentative) de ce mot gouverner.
      Voir Castoriadis :
      http://www.youtube.com/watch?v=CJCq6Vy_YRM&feature=player_embedded (ou sur la page d’acceuil de la-bas.org ces temps-ci)

      évidemment la démocratie directe des athéniens n’est pas transposable à l’échelle d’un pays (d’une patrie ? ;-) ), mais c’est une base (et quelle base !) de réflexion qui peut mener par exemple à un genre de fédéralisme à la Proudhon http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon#La_transformation_de_la_soci.C3.A9t.C3.A9_:_le_cr.C3.A9dit_gratuit.2C_le_mutualisme.2C_le_f.C3.A9d.C3.A9ralisme

      Le terme "patrie" est plutôt pas terrible, je le concède. Mais Mélenchon se dit patriote c’est pas une nouveauté (moi pas, que ce soit clair, mais moi c’est facile je n’exerce aucune responsabilité politique). Encore faut-il chercher à comprendre ce qu’il entend par là, s’il n’a pas employé ce mot à tord et/ou comment ce concept s’articule dans le programme du FDG le cas échéant...
      Enfin merde pour gérer la cité, il faut bien que cette cité soit délimitée !

      Pour ce qui est de l’internationalisme, c’est marqué dedans.
      Le contraire de l’internationalisme - qui suppose coopération - à mon sens n’est pas le nationalisme (je ne cautionne pas, hein, on se calme...) mais la mondialisation telle qu’elle se réalise sous nos yeux, qui elle suppose une désorganisation totale des structures sur lesquelles s’adossent les citoyennetés.

      Sinon, ne pas oublier que Mélenchon, on s’en tape !
      ça n’est qu’un outil (un des plus efficaces depuis pas mal de temps, je trouve, mettons depuis Besancenot, qui lui était à mon goût un peu trop gentil avec le PPA)

      C’est dingue quand même cette parano ambiante !
      y a une ambiance de défiance quand pas carrément de délation à gauche du PS qui fait peine quand même (voir affaire Le grand soir vs Ornella Guyet entre aurtes)

    • post très mal amené au départ qui fausse le débat réel :

      mélanchon et le pcf pensent qu’il faut donner de l’indépendance à une bourgoisie nationale fantasmée pour pouvoir négocier avec elle une amélioration des conditions de vie des salariés.

      C’est comme ça que le PCF analyse ses succès ( certes relatifs) des trentes glorieuses (alors que c’était pas ses négo avec la bourgeoisie nationale qui pesaient mais le rapport de force international. Lesdits relatifs succès ont été obtenus au prix du soutien au goulag d’une part et de l’exploitation du tiers monde par l’impérialisme occidental de l’autre.

      AUjourd’hui la situation internationale a changée. la bourgeoisie française en tant que telle pèse des cahuètes, mais le fdg continue à défendre "la souveraineté nationale" contre la crise du capital.

      On connait la fin de l’histoire, quand ça commence à pèter entre les empires, ce type de parti soutien sa bourgeoisie contre les autres...

      On attend le prochain congrès de tour...
      allez des bises

    • Le problème, c’est que les mots ont un sens.

      Les termes de citoyen, citoyenneté, etc, ont des sens juridiques bien précis. En appeler à tout bout de champ, parce que le mot est à la mode, aux citoyens c’est bien exclure ceux qui n’ont pas la citoyenneté. C’est bien faire une séparation du point de vue de la citoyenneté entre ceux qu’on appelle au combat et les autres qu’on écarte.

      Sur la question de l’internationalisme, on peut maintenant, à l’heure d’une homogénéisation mondiale des prolétariats modernes urbains, si le terme ne commence pas à être dépassé , mettant face à face 2 classes sur toute la planète.

      Quand Marx parle de l’internationalisme, c’est à une époque de construction des états-nations , l’Italie et l’Allemagne sont en cours de construction, l’empire austro-hongrois n’est pas un état-nation (et ça se verra après), etc.

      Chaque période a vu ses unifications par la force et la violence qui ont contribué à laisser en arrière des bombes politiques issues de cultures et de peuples écrasés physiquement dans les processus de construction des états (on voit bien que même pour la France, qui est un des plus vieux états-nation, Corse, Pays Basque, Occitanie, Bretagne, conservent des flambées de résistance et de récupération de leur histoire).

      La période que nous vivons est bien celle des tentatives d’unification du monde par la bourgeoisie, à coups de canons ou d’unions douanières.

      Ce processus d’unification du monde, par le développement des forces productives, se fait comme la bourgeoisie, ou d’autres classes dominantes prédatrices, l’ont toujours fait, rudement et violemment, en écrasant des sociétés entières, en unifiant au forceps sans respect des peuples.

      Mais, disons que nous sommes, vis à vis du monde, comme en 1834 en Allemagne (Deutscher Zollverein), dans les batailles pour de vastes unions douanières continentales, voir mondiales.

      Il y a la question de la violence par laquelle la bourgeoisie agit et unifie (même entre bourgeoisies, les bruits de botte de la Chine contre le Vietnam, les Philippines, et le Japon pour se saisir de vastes zones maritimes, les guerres impérialistes des USA, de la France et de la Grande Bretagne pour se saisir de ressources pétrolières, etc), plus prosaïquement dans la façon dont des unions douanières mondiales se créent au travers de l’OMC.

      Ces processus ont continué dans l’unification de l’Europe qui se fait avec une immense violence sociale, comme contre les classes popualires de Grèce, Italie, Espagne, Portugal, Irlande, etc.

      Mais le camp de la résistance est bien la classe, et pas la nation . L’échelon de résistance, pour des raisons pratiques que l’histoire nous a légué, est souvent au niveau des états-nations, mais c’est dans la capacité réelle d’unir des classes ouvrières (au sens moderne du terme) de plusieurs pays qu’on pourra faire face à un adversaire qui lui raisonne maintenant, pour les forces dominantes au sein de la bourgeoisie, à échelle mondiale.

      Quand des politiciens montent des mayonnaises cousues dans les habits des états-nations dominants ils en viennent fatalement à clamer que leur combat concerne les citoyens et pas les autres, ceux qui n’ont pas la citoyenneté, le flamand, le balte, le corse, le basque, l’allemand, etc, deviennent l’ennemi .

      JLM caresse la tête du nationalisme des XIX et XXeme siècle, qui ont été des terribles machines de guerre contre les peuples, il porte des ambiguïtés pénibles.
      Il soumet alors la souveraineté sociale à la souveraineté nationale , c’est à dire il estime que le pouvoir populaire est cornaqué par une réalité supérieure pour lui qui est l’état nation .

      Nous sommes pour le pouvoir des prolétariats modernes sur leurs propres existences, mais également sur les états-nations, empires, unions, etc. Pour des questions pratiques leurs batailles commencent dans des zones nationales, mais triompherons par leur capacité à parler au delà des frontières, de casser les frontières, sauf celles qui permettent de traquer la bourgeoisie.

      JLM c’est l’inverse et encore bien plus précis : soumission du prolétariat moderne à l’état nation à l’exclusion des autres échelons . Il va vociférer contre les nationalités opprimées, en leur déniant le droit d’apprendre leur langue à l’école, car il sacralise l’état nation dominant (le sien évidemment), et contre les échelons supérieurs, de l’UE à d’autres zones.

    • Absolument et entièrement d’accord avec cette analyse résumée de façon magistrale.

      (J’allais même plus loin après la piteuse séquence d’Hénin Beaumont, en analysant que JLM , avec ses idées nauséabondes de nation, de souveraineté nationale, de patriotisme, de laïcité le + souvent dirigée exclusivement contre les ayatollahs etc ....bien que prétendant ensuite être dans l’antiracisme et l’universalisme, est en partie responsable de la poussée du FHaine - sans qui il aurait eu bcp plus de mal à exister pdt la campagne, sois dit en passant,).

      Certains camarades m’ont dit que j’en faisais trop. je n’en suis toujours pas convaincue, et quand j’entends ce genre de discours je suis même plutôt carrément convaincue du contraire...Je n’en ai pas dit assez !)

      Tout ceci est cousu de fil blanc , Mélenchon est et restera toute sa vie ce qu’il a toujours été, un lamberto vieille école, comme on n’en voit quasiment plus, qui fait le révolutionnaire mais fabrique la réaction et la collaboration de classe. mais bon. Manifestement certains ne voient pas encore....et d’autres ont intérêt (matériellement ou psychologiquement ou financièrement) à ce que la partie non consciente du prolétariat ne voie pas....Affaire à suivre...

      LL

    • """Enfin merde pour gérer la cité, il faut bien que cette cité soit délimitée !"""

      enfin tu crois que c’est une question de géographie la lutte de classe ?
      que le probléme c’est de cerner physiquement le territoire d’action ?
      c’est pas de dans et hors de nos frontieres organiser notre classe en classe révolutionnaire en acte ?

      patrie en 1793 oui en 2012 absolument non !

      c’est chaque fois que le mot "France " est prononcée,c’est une occasion de ratée de parler classe et donc de désarmer le prolétariat
      Et je suis persuadé que Melenchon sait trés trés bien ce qu’il en est de cet utilisation du mot "PAtrie"
      à moins qu’il soit tout jeune en politique ;-)

    • Défendre notre langue est primordial car ,est ce accidentel si la langue anglaise est celle du "chancre de la planète ,de l’Empire du mal " comme Montherlant qualifiait les ricains dés 1956 ??, et cette langue n’en déplaise à WILLIAM SH. est tout de mème le signe de ralliement de tous les "etats puppets "(fantoches ) qui gravitent autour de l’engeance immonde susnommée ,et qui dictent au reste du monde leur volonté d’hégémonie totale par l’OTAN.

      Défendre "notre langue" ou défendre toutes les langues ?
      Tiens, le Corse par exemple, ou le Basque, ou le Catalan...

      Le Français ne se résume pas à être la langue de l’impérialisme français, mais ce dernier n’en existe pas moins et il a imposé sa langue dans ses colonies. On peut dire la même chose de l’Espagnol...
      L’Anglais ne se réduit pas davantage à la langue de l’impérialisme américain et nombre d’écrivains anglophones valent bien Montherland.

  • Mélenchon à la Fête de l’Huma : « Ceux qui prêchent le consensus sont des endormeurs ! »

    Reportage Invité à une « carte blanche » par son Parti de gauche, l’ex-candidat à la présidentielle a relancé samedi à la Fête de l’Humanité ses appels à la « révolution citoyenne » et laissé ses critiques contre Hollande de côté... pour une journée.

    Par LILIAN ALEMAGNA

    L’an passé, il avait eu droit à dix minutes sur la grande scène de la Fête de l’Humanité. Privilège ultime pour un non-communiste accordé grâce à son statut d’alors : « candidat commun » du Front de gauche à la présidentielle. Cette année, Jean-Luc Mélenchon était de retour sous le chapiteau de son Parti de gauche (PG). Loin des grands rassemblements en plein air de la présidentielle. Le député européen a eu droit ce samedi à une « carte blanche » sous la tente rouge et verte du PG bourrée à craquer. Les personnes s’arrêtent pour l’écouter, bloquent l’allée. Il rassemble ici plus de monde que la « rencontre des forces de gauche », au même moment, entre Pierre Laurent (PCF), Pascal Durand (Europe Ecologie – Les Verts) et Martine Billard (PG).

    Après une arrivée entourée de ses proches, d’un léger service d’ordre, et d’un drapeau rouge au carré fixé sur un bâton, Mélenchon disserte sur la « révolution citoyenne » qui « se manifeste et s’est déjà manifestée dans de nombreux pays ». Comme à la Bastille en mars, le député européen en appelle à un « changement profond » en France. Que ce soit pour la « constitution et des lois », les « droits de propriété et des salariés » et « dans les libertés et les droits reconnus à la constitution humaine ».

    Le Front de gauche au pouvoir dans la décennie

    « Gouverner la patrie des Français dans un processus de révolution citoyenne. Voilà ce que nous sommes dès maintenant ! Dès maintenant ! Dès maintenant ! » scande Mélenchon. L’ex-candidat a la présidentielle en reste convaincu : « inéluctablement », le Front de gauche arrivera au pouvoir « dans la décennie qui vient ».

    Mélenchon reparle de « convocation d’une assemblée constituante », critique la sociale-démocratie européenne et vante la politique menée par les gouvernement de gauche en Amérique du Sud. Le leader du Front de gauche parie sur une « refondation politique de la France », dénonce le « libéralisme » qui « a fracassé notre société » et les « concepts pourris du racisme et de la xénophobie ».

    « Tout est en place pour qu’il y ait une nouvelle crise », annonce-t-il. D’où viendra-t-elle ? « Peut-être » de « l’explosion de la dette étudiante ». Mais « l’événement le plus catastrophique », poursuit l’ancien ministre de Jospin, c’est « la décision prise de mener en Europe une politique d’austérité sans fin ».

    « La lutte ! La lutte ! » lance-t-il sous les applaudissement et les « Ré-sis-tan-ce ! ». « Ne laissez pas une seule usine, […] pas une seule classe être fermée ! » « Celui qui déserte le poste de combat, prévient-il, travaille contre son camp ». Et il n’y aura, dit Mélenchon, « aucune complaisance et aucune compréhension » à l’encontre de « ceux qui peuvent lutter et qui ne le font pas ».

    L’ancien socialiste le jure, il n’y a ni « chicayas » ni « compétitions d’egos » entre lui et les communistes. Il préfère reprendre ses explications sur la « catastrophe mondiale » « qui se prépare en Europe » et les « problèmes de l’écosystème ». « Il s’agit d’en finir de rompre avec les manières de produire et de consommer, dit-il. Changer ses manières de vivre, ses manières de consommer ». Mélenchon appelle les siens à « mener profondément la bataille culturelle », « contre le capitalisme vert » et pour « l’écosocialisme ».

    « Les ministres préfèrent le Medef à la Fête de l’Huma »

    La longue leçon de révolution « citoyenne » - plus d’une heure trente – tourne – très brièvement - à la critique de la politique de François Hollande. Tout juste se contente-t-il de reprocher aux ministres d’avoir préférer l’université d’été du Medef à la Fête de l’Humanité et d’avoir ainsi « dégradé le rapport de force » avec le patronat. Puis vise le président de la République lorsqu’il fustige « ceux qui vous prêchent l’absence de conflit, le consensus, ne sont que des endormeurs qui ne défendent qu’une chose : l’ordre établi ! »

    « Nous avons élu François Hollande pour nous débarrasser de Nicolas Sarkozy, rappelle le leader Front de gauche, Nous ne sommes les bagages accompagnés de personne ! » L’assistance enchaîne leurs nouveaux slogans - « Pas de muselière ! Nous en sommes fiers ! » et « Ouh ! Ah ! Toute la gauche est là ». Le message est lancé : on s’occupe du Front de gauche. Pas des socialistes. Mélenchon lance un dernier rappel à ses troupes à venir manifester le 30 septembre à Paris : « Que l’Europe entière voit que les drapeaux rouges qui sont sortis à la Bastille sont toujours là ! »

    Le meeting se termine sur l’Internationale, la Marseillaise et leur hymne de campagne, « On lâche rien ! » Même enchaînement musical qu’avant le 22 avril 2012 et les 11,1% récoltés au premier tour de la présidentielle. Quelques minutes avant, Mélenchon avait pris soin de préciser : « Nous n’allons pas tourner la page de notre campagne présidentielle ». On avait remarqué qu’ils n’avaient pas décroché.

    http://www.liberation.fr/politiques/2012/09/15/melenchon-a-la-fete-de-l-huma-ceux-qui-prechent-le-consensus-sont-des-endormeurs_846605

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