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MOUVEMENT DES INTERMITTENTS ET PRECAIRES REGARD SUR LA SITUATION #1

mercredi 2 juillet 2014 , par Barbara Bouley - Contacter l'auteur - 3 coms
©pmaurieres

Lecteurs et lectrices de Bellaciao, engagé(e)s dans les mouvements sociaux,

Cela fait bien longtemps que je n’avais pas écrit d’articles politiques.

Il y a des jours où il est nécessaire de dire et de reprendre la plume. Aujourd’hui plus que nul autre.

Aujourd’hui en effet, 1er juillet 2014, l’accord du 22 mars 2014 relatif aux droits des chômeurs de ce pays vient de rentrer en vigueur (cf l’ensemble du texte).

Ces accords scellent définitivement le mariage entre l’Etat et le "gouvernement socialiste". Ces accords scandaleux jettent à la rue des milliers de personnes, en précarisent des milliers d’autres.

C’est ce que le mouvement des intermittents tente de dénoncer depuis des semaines malgré les dénigrements successifs d’une presse complice.

Voici un premier regard sur la situation de ce mouvement des intermittents et précaires afin de vous tenir informés (toutes les infos sur le site de la CGT spectacle et celui de la CIP-IDF).

by ananasius vershiyi_oiseaux à bonendalé

« Quand la brèche entre riches et pauvres s’élargit les choses deviennent barbares » Edward Bond

Combien nous faudra-t-il user d’intelligence, d’écrits restés lettres mortes, de marches dans les rues, de larmes dans nos foyers et de mines de désespoirs en assemblées générale contre ce gouvernement qui n’use face à tout cela que de vils stratagèmes ?

Les accords iniques du 22 mars relatifs au chômage ont donc été agrée par le gouvernement et prendront effets néfastes à partir du 1er juillet.

Il nous reste à ne pas nous démobiliser durant cet été.

Dans ce pays le gouvernement socialiste allié au Medef, après avoir négocier pour jeter plus facilement les citoyens de leur travail, sans scrupule, vient de décider de les jeter à la rue, sans aucun remord. Sous les acclamations et les des hourras des stades brésiliens. Là bas tout va bien. La France gagne. Ici le pays va mal. Le gouvernement socialiste ne recule devant rien. Pour conserver les privilèges des plus nantis, le faste des tables bien garnies, il n’hésite pas à voler ce qu’il reste sur la table des plus pauvres.

Prenons un exemple concret : les intérimaires qui dépendaient de l’annexe 4 ont calculé qu’ils allaient perdre à partir de mercredi, plus d’un chariot plein de nourriture par mois. Ce qui signifie qu’ils ne mangeront rien une semaine par mois. Eux. Leur famille. Plusieurs personnes qui ne se soignaient déjà plus, ne vont plus pouvoir manger décemment. Le plus pauvres, les plus précaires, les plus fragiles d’entre nous se serrent la ceinture dans la douleur. Les nantis rient et s’engraissent.Quant-à nous artistes et techniciens, intermittents du spectacle, dépendants des annexes 8 et 10, qu’allons-nous perdre ? Chacun de nous a fait le calcul. Les compagnies, les petites structures audio-visuellles vont devoir payer 2 % de charges patronales en plus. Nous avons déjà perdu de l’énergie dans cette lutte. Certains ont même du renoncer à jouer. Un comble ! Il va être difficile de retrouver l’espace de nos plateaux, nos sourires et les jours heureux. Le gouvernement composé par M.Hollande vient d’assombrir nos jours. Plus d’Horizon pour beaucoup d’entre nous. Et que dire de l’horizon des intérimaires, des précaires, des chômeurs…

AG la vilette 29 juin ©BBF Droits réservés un excursus, cip-idf et cgt spectacle

Et maintenant ?

Le mouvement des intermittents et précaires va traverser un moment critique. Quoi de plus normal après le tourbillon des annonces successives du gouvernement des dernières semaines et le coup de massue définitif du 26 juin. Fatigués, inquiets de nos avenirs, des lendemains pour nos familles, abasourdis et sonnés. Il semble nécessaire d’abord de retrouver nos esprits. D’importantes décisions sont à prendre. Des décisions décisives pour la suite Quid de la « négociation » ? Irons nous où non à la table ronde proposée par le triumvirat (…). Et en attendant : Quid d’Avignon ?

Faut-il céder à l’urgence ? J’ai appris que dans la panique, notre meilleur aillé c’est le temps. Il me semble nécessaire de retrouver les liens entre nous d’abord. Des liens qui tendent, sous l’effet des multiples pressions, à se défaire. Le combat s’annonce long et rude. Nous devons tenir. Et pour tenir, nous devons être unis. Nous avons déjà gagné une chose ensemble. Et pas n’importe laquelle : La lucidité fasse aux stratégies de ce gouvernement. Nous les connaissons. Nous les avons amené à tomber certains de leur masque. C’est déjà une victoire. Nous avons vu de près les méthodes, techniques, stratagèmes et manipulations de ceux que nous allons devoir affronter durant plusieurs semaines afin que les droits au chômage de tous les citoyens soient de nouveau respectés dans ce pays.

Nous aurons besoin de ruses autant que de force. Il est encore des victoires à arracher face à ce gouvernement « socialiste », sourd.

Quel choix nous laissent-ils : Plier l’échine sous les coups successif ou marcher la tête haute. Fières. Décidé(e)s.

Nous n’accepterons pas d’être les prochaines victimes.

Nous marcherons.

Mais…

Qu’est ce qu’on fait maintenant ? (Vladimir)*

On attend. (Estragon)

Et en attendant ?

Tout se décide au cours de nos Assemblées générales.

Pensons aussi à nous reposer (un peu) afin de retrouver l’ensemble de nos esprits éparpillés, nos forces et le gout joyeux de lutter ensemble.

Barbara Bouley
Metteur en scène & Dramaturge

Cie Un Excursus // www.unexcursus.fr

* En attendant Godot de Samuel Beckett

manif 1936
Mots clés : Arts, Spectacle, Culture / Barbara Bouley / Emploi-chômage /

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