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Non au terrorisme

jeudi 13 février 2003 - Contacter l'auteur

jeudi 13 février 2003, par José Movidas Rubio

Tout le talent des faux-culs qui accèdent à des postes importants au parti

socialiste est cristallisé dans ces déclarations de Bertrand Delanoë cherchant à se justifier après avoir fait appel à la police pour qu’elle évacue le gymnase Japy : "[Cette] évacuation répond à la nécessité d’assurer le bon fonctionnement du service public et de ne pas priver les jeunes (...) d’un accès à cet équipement (...) en particulier ceux qui ne peuvent partir en vacances" a-t-il déclaré dans un communiqué. Et il s’empresse d’ajouter : "Sur un sujet humainement si sensible, aucune place ne doit être laissée à la démagogie". On avait compris. Il faudra également beaucoup de talent à Sarkosy pour justifier la violence incroyable avec laquelle cette « évacuation » s’est déroulée :

Les policiers ont commencé -comme à Saint Bernard-, par briser la porte de secours du gymnase pour y pénétrer. Puis, plusieurs personnes affirment avoir été témoins sur place, d’un « tabassage systématique de tous les occupants à l’intérieur et même à l’extérieur (du gymnase), ainsi que de brutalités policières d’une dimension particulière et inouïe ».

Toujours selon ces informations transmises par des témoins visuels pendant l’évacuation, le bilan serait le suivant :

un blessé dans un état grave a été transporté à l’hôpital Saint Antoine.
un homme a la clavicule cassée (Ahmed Meguini).
un autre semble avoir la jambe cassée, il a été gardé à l’intérieur de la salle par les policiers.
une femme a un problème au bras ( tordu ou cassé) (Gridissa Kaïna de la coordination 93).
une femme a le visage ensanglanté suite à des coups de botte reçus en pleine figure.

Pourquoi, alors que les actions des sans-papiers et de leurs soutiens ont toujours été non-violentes, se livrer à une répression aussi démesurée ?

Réponse : pour que ces gens aient peur de prendre des coups ou de mourir et arrêtent de protester, de réclamer ce que l’état refuse de leur accorder ; pour que la prochaine fois, il y ait moins de manifestants, moins de soutiens. D’ailleurs, la prochaine fois on cognera encore plus fort pour terroriser un peu plus.

Le mot est lâché : terreur !

C’est pour terroriser les sans papiers (et ceux qui les soutiennent) et les empêcher de s’exprimer qu’il faut cogner fort. Jusqu’à l’intérieur des avions lors des expulsions (voir notre article du 24 janvier 2003). C’est pour terroriser les syndicalistes qu’on les jette en prison. Pour terroriser les anti- mondialisation qu’on les frappe systématiquement ou qu’on les tue parfois, comme ce fut le cas à Gênes.

C’est pour empêcher la population de s’exprimer qu’il faut la terroriser, et c’est ce que font tous les ministres de l’intérieur. On dirait qu’ils sont là pour ça. Sarkosy se débrouille bien, Chevènement avait excellé dans ce domaine, Debré et Pasqua avaient également brillé...

Même Papon, lorsqu’il envoyait les Juifs dans les camps de la mort, puis plus tard, lorsqu’il ordonna les massacres des Algériens le 17 octobre 1961, puis le carnage de Charonne quatre mois plus tard, avait au-dessus de lui un ministre de l’intérieur terroriste.

Mots clés : Expulsions / Les « sans-papiers » - Immigration / Police - Répression /
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