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Occupation israélienne des territoires : la pente savonneuse de l’expulsion

Publie le mercredi 6 septembre 2006 par Open-Publishing
4 commentaires

de Amira Hass

Lorsqu’un officier de l’Administration Civile, à la base militaire de Beit El, a prolongé le visa touristique de Sam Bahour, un homme d’affaires palestinien-américain de Ramallah, et a écrit sur ce visa "dernier permis", il ne l’a pas fait de sa propre initiative.

Lorsque cet agent a signifié à Bahour la durée qu’il lui reste avant d’être déporté de la ville dans laquelle sa famille a vécu depuis de nombreuses générations et dans laquelle il a lui-même vécu pendant 14 ans avec sa femme et ses deux filles, cet agent n’était que le messager.

Lorsqu’un fonctionnaire des frontières au Pont Allenby a refusé l’entrée, il y a deux semaines, à une femme palestino-jordanienne, qui arrivait avec son mari, un jeune médecin de Ramallah, il appliquait les ordres.

Comme l’ont fait les fonctionnaires des frontières qui n’ont pas autorisé la femme espagnole de R.I., de Ramallah, à rentrer avec leur fille âgée de 2 ans, et comme l’ont fait ceux qui ont empêché S.A., un Palestinien né à Ramallah doté de la citoyenneté suédoise, de rentrer avec sa femme et ses enfants (et de retrouver son travail) à Bir Zeit. Le fonctionnaire qui a, par deux fois, refusé l’entrée à P.Z., un Palestinien-américain qui a investi 300 millions de dollars [220 M€] dans les territoires et qui est directeur exécutif d’une société d’investissement palestinienne, obéissait à de nouvelles règles dictées par le ministre de l’intérieur israélien.

Lorsque les porte-parole du Ministère de l’Intérieur soutiennent régulièrement que ce ne sont pas les nouvelles règles d’entrée, mais plutôt un "toilettage" des procédures existantes, ils ne jouent pas les imbéciles de leur propre initiative. Pas plus que le responsable de l’Administration Civile qui a expliqué à Zahi Khouri - un homme d’affaires palestinien-américain proéminent, qui a échappé, jusqu’à présent, au tampon "dernier permis" - qu’il s’agissait d’un "malentendu administratif". Cette phrase bien aseptisée, et qui n’a pas été inventée par ce fonctionnaire, signifie, ne serait-ce que jusqu’à maintenant, que Khouri et les autres, qui sont dans la même situation que lui, ont reçu des visas touristiques tous les trois mois et que ce n’était qu’un "malentendu".

Un "malentendu administratif ?" Cette pratique a permis à des milliers de Palestiniens et à leurs épouses de vivre en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza dans une sorte de zone d’ombre : ne recevant pas d’Israël le droit de résidence, mais allant et venant comme des touristes afin de pouvoir vivre comme des Palestiniens dans leur pays d’origine, avec leurs familles, pendant de nombreuses années - 10, 15, voire 30 ans. Et tout d’un coup, quelqu’un d’énergique au Ministère de l’Intérieur a découvert le malentendu et dit à ces gens de partir ?

En 2000, des règlements "toilettés" de la même veine, concernant les Palestiniens dont les épouses avaient une citoyenneté arabe, c’est à dire non-occidentale, furent émis. Ceux-ci n’étaient pas autorisés à retourner dans leurs foyers. Entre 1994 et 2000, pendant les années d’Oslo [entre la signature des Accords d’Oslo et la première Intifada], des instructions furent données qui ralentirent le processus de "regroupement familial", pour lequel attendent dans les territoires occupés des dizaines de milliers de familles, au minimum. Ces familles ne vivent pas à Haïfa ou à Ashkelon, mais en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. Et malgré cela, en 2000, même ce processus minimal de regroupement familial, que seul Israël a l’autorité d’accorder, a été gelé. En conséquence, des milliers de familles furent condamnées à une séparation cruelle - entre pères et enfants, femmes et maris, grands-parents et petits-enfants.

En 1996, ces mêmes décideurs - le gouvernement Travailliste et le gouvernement Likoud-Shas - émirent un ordre similaire : retirer le droit de résider à Jérusalem aux Palestiniens nés à Jérusalem et qui étudient ou travaillent à l’étranger ou qui ont construit leurs maisons en proche banlieue de Jérusalem parce que les politiques discriminatoires de longue date les ont empêchés de construire à Jérusalem-Est. Dans ce même esprit de manipulation démographique, Israël interdit aux Palestiniens de déménager de Gaza vers la Cisjordanie et, les habitants de Gaza vivant en Cisjordanie sont considérés comme des "étrangers illégaux" et sont déportés vers Gaza.

Derrière les fonctionnaires et les porte-parole, dont les noms sont connus, derrière ces "procédures" qu’ils citent, se cachent ceux qui donnent les ordres. Qui sont-ils ? Les Premiers ministres (du Likoud, de la coalition Travailliste-Shas et Kadima) ou "seulement" leurs ministres de l’intérieur ? Peut-être sont-ils des directeurs-généraux du ministère, accompagnés de conseillers juridiques qui les soutiennent, qui savent de quel côté le vent tourne. On ne le sait pas. Après tout, ils ne publient pas ces décisions en y apposant leurs signatures. Dans 50 ans, les archives d’Etat qui contiennent les documents d’aujourd’hui seront rendues publiques et, alors, nous saurons !

Aujourd’hui, la chose importante est qu’une ligne directe relie diverses décisions similaires faites séparément, comme si elles n’étaient pas reliées entre elles. Les décideurs n’attendent que le bon moment pour les étendre, pour les durcir, pour y inclure plus de catégories de déportés. Et tout ceci se passe sans que personne ne s’y oppose - ni les organisations israéliennes, individuelles ou politiques, qui parlent avec hauteur de la paix, ni les pays occidentaux qui ne savent qu’exiger des gouvernements palestiniens, mais qui prétendent qu’ils ne peuvent pas intervenir lorsqu’il s’agit des décisions souveraines d’Israël. Les décisions souveraines de l’Etat occupant [!!!]

Si les décideurs anonymes ne se heurtent pas à une opposition courageuse, ils continueront d’inventer de nouvelles règles qui nous entraîneront de plus en plus loin vers la pente de l’expulsion.

Traduit par [JFG-QuestionsCritiques]

http://questionscritiques.free.fr/e...

Messages

  • Le sionisme aura un besoin illimité de territoires et de sources d’eau. Ne pouvant plus (provisoirement ?) faire des guerres de conquêtes, il fait tout sont possible, lentement mais surement, pour écoeurer la population palestinienne et la décourager de vivre en Palestine ; chaque petite touche, chaque petit pas ’en avant’, qui n’est pas dénoncé par les instances internationales, est une victoire. Les sionistes ont le temps devant eux.

    Il est question au niveau de l’Europe de considérer comme antisémitisme le fait de définir Israël comme étant un état juif !!! car dire que le sionisme est exclusivement réservé aux juifs, dans la négation du peuple palestinien, est comme nous le savons tous un acte de pur racisme !!! encore une petite victoire du sionisme ...

  • Je suis ecoeuré de voir un peuple comme israel avec autant de haine. Je ne pensais pas que tout un pays pouvait autant aimé la guerre et cultiver la haine de l’autre. Dans son comportement, Israel sacrifie des générations entières à la guerre et basant tout sur la menace de ses voisins ; pourtant ceuix qui n’ont rien pas de pâlace et de piscine pour se prelasser avec la peur au ventre de recevoir un Katoucha ils n’ont aucune idée de la determination à mourir de ceux qui n’ont rien et qui donc n’ont rien à perdre et sont condamnés à vivre comme des sous-humains parqué comme des betes et assoifés. Jamais Israel ne pourra eliminer les palestiniens meme si il tente de les bombarder tous car la vie pousse meme dans le desert ou dans les grottes de palestine ; alors Israel ferait mieux de revoir sa politique car la meilleur défense ce n’est pas l’attaque, mais simplement la paix du coeur. Il sauvera ainsi sa jeunesse et montrera autre chose ’l’humanite" qu’il a perdu.

  • Et le président de l’état israélien, que devient son histoire de harcèlement sexuel ?

    Cela ne fait pas la Une , comme pour Clinton ....

    Voyons la revue de presse du site de l’Ambassade de France en Israêl :

    http://fr.ambafrance-il.org/popup.a...

    >> Intérieur

    Le Président Katsav à nouveau interrogé

    Le Président de l’Etat, Moshé Katsav, a été à nouveau interrogé par la police. Selon le Yediot Aharonot, cinq femmes accusent maintenant le Président de viol ou d’attentat à la pudeur. En effet, à la plainte d’une ancienne employée de la présidence s’ajoutent celles de deux autres femmes qui accusent M. Katsav de les avoir forcé à avoir des relations sexuelles avec lui à l’époque où il était ministre du Tourisme et des Transports, dans les années 90. Deux autres femmes affirment que le Président les a harcelées sexuellement.

    De son côté, le Président continue à nier les faits. Selon son avocat, les plaignantes chercheraient à se venger après le rejet de leur candidature à un poste à la présidence.