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Olivier Besancenot se cherche une majorité

lundi 14 décembre 2009 - Contacter l'auteur - 6 coms

Olivier Besancenot se cherche une majorité dans son parti, en pleines turbulences (le Monde du 15/12)
lundi 14 décembre 2009

Le Nouveau Parti anticapitaliste vit sa première crise de croissance. Et Olivier Besancenot son premier trou d’air. La direction de l’organisation, réunie samedi 12 et dimanche 13 décembre à Paris, a réussi à sauver les apparences en retrouvant une majorité après un vote des adhérents qui l’en avait privé. Mais le signal d’alarme est tiré.

Voilà des semaines que le leader du NPA paraît moins sur les écrans. L’agenda politique, entre le sommet de Copenhague et le débat sur l’identité nationale, lui laisse peu d’espace médiatique. La situation sociale, depuis les échecs des journées d’action syndicale du printemps, semble plus morose. Olivier Besancenot continue à aller soutenir quelques conflits locaux, mais l’humeur des travailleurs n’est plus à la grève générale. "C’est devenu difficile pour la gauche radicale", note un responsable de la direction.

L’approche des régionales ne s’annonce guère plus riante. Les négociations avec le Front de gauche pour une alliance électorale ont tourné court. Le PCF a décidé de partir sans le PS dans une majorité de régions et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon suit. La tactique dite de "la démonstration" - démontrer que ce sont les autres qui sont responsables de la désunion - n’a pas fonctionné. Aux yeux de la gauche radicale, ce sont bien les amis de M. Besancenot qui n’ont pas voulu de listes communes.

Le NPA prépare donc seul sa campagne, essentiellement axée sur la confrontation contre la politique de Nicolas Sarkozy. "C’est le dernier rendez-vous électoral avant la présidentielle de 2012 ", explique-t-on un dirigeant. Les sondages ne s’annoncent guère prometteurs : 4 % contre 7 % au Front de gauche selon les études confidentielles commandées à l’IFOP. Les élections locales sont généralement moins porteuses pour l’organisation contestataire, il n’empêche. "C’est la seconde séquence consécutive où le NPA va se retrouver seul face au Front de gauche, en termes de dynamique, cela risque de peser comme lors des européennes", remarque Jérôme Fourquet, directeur de l’institut.

Olivier Besancenot continue cependant de collectionner les bons sondages. Selon le tableau de bord politique IFOP pour Paris Match (réalisé les 3 et 4 décembre auprès de 1 002 personnes), il atteint pour le troisième mois 57 % de bonnes opinions. Mais le dernier palmarès Ipsos pour Le Point lui fait perdre neuf points et cinq places. Sa popularité est encore forte, surtout comparée à d’autres à gauche, mais elle ne profite pas à son organisation. "Il se passe au NPA ce qui est arrivé au MoDem : il existe comme machine pour un leader, peu comme parti", note Vincent Tiberj, chercheur au Centre d’études européennes de Sciences Po.

En interne, les lendemains du congrès de fondation sont aussi moins prometteurs que prévu. Alors que l’organisation claironnait avoir eu 9 123 adhérents à son lancement en février, elle en compte 8 000 aujourd’hui. "Nous avons connu une petite contraction. On a moins le vent dans le dos qu’au printemps", avoue la direction. Construire une organisation "nouvelle" et "en rupture avec la vieille gauche" n’est pas si facile.

De nombreux militants venant du mouvement social ou de l’altermondialisme désireux d’unir la gauche radicale se sont lassés. Du coup, ce sont les "durs" issus de petits courants révolutionnaires, comme ceux venus de Lutte ouvrière, qui ont pris du poids et appuyé pour qu’une ligne plus identitaire encore soit affirmée. Le NPA a aussi du mal à imposer d’autres porte-parole. En dehors d’"Olivier ", personne n’a émergé.

Début décembre, c’est à une vraie crise de direction que le NPA a été confronté quand les adhérents ont refusé l’orientation pour les régionales proposée par leur leader. A la question faut-il ou non s’allier avec le PCF et le Parti de gauche, les militants ont répondu en se divisant en trois tiers : 36% pour la position défendue par le facteur - pas d’alliance nationale mais une possibilité dans certaines régions avec le PG là où le PCF part avec le PS au premier tour -, 28,5% sur une position de refus de toute alliance, et 31,5% pour des listes communes avec le Front de gauche.

Avec ce résultat, l’organisation n’avait plus de majorité. Après un appel à "l’unité de l’organisation" lancé par la direction, 70% des membres du conseil politique national se sont retrouvés, dimanche, pour sauver les meubles, en votant une résolution sur les régionales : le NPA part seul en campagne à l’exception de quelques tentatives d’union en Lorraine, en Basse-Normandie et en Bretagne. "Il n’y a pas de crise de direction. On a dépassé les divergences ouvertes par le vote", affirmait un proche de M. Besancenot. "La ligne sectaire de la direction n’est comprise ni à l’intérieur ni à l’extérieur", tacle Yann Cochin, chef de file de la minorité.

Deux jours avant, dans une petite salle de cinéma parisienne, la réalisatrice Camille de Casablanca projetait son film sur la naissance du NPA, C’est parti, qui doit sortir en février. On y voit des militants jeter des ouvrages de Lénine dans une benne et l’enthousiasme des militants à "créer du neuf à gauche". A la sortie, on se disait qu’on en est aujourd’hui bien loin.
Sylvia Zappi

Mots clés : Partis politiques / Sylvia Zappi /

Messages

  • Le journaliste du Monde une fois de plus fait un amalgame en bonifiant le culte de la personnalité. A mon avis, la décision du NPA est la synthèse du vote des adhérants et n’a que peu de rapport avec une quelconque responsabilité de Besanscenot, qui n’est en fait que le porte parole du NPA. C’est la continuité de la politique spectacle à la Sarkozy que ces journaleux tentent de péréniser comme si cela était plus important que le débat d’idée.

    Ca me fait rire, parce que j’ai faillit écrire qu’il faudrait les censurer pour manque de respect vis à vis de l’information de fond. Comme je suis un défenseur de la liberté d’expression je n’irais pas jusque là, mais ils mériterait que l’on monte une charia sur ce genre de canard. A défaut de leur balancer dse caillasses, des oeufs pourris seraient les biens venus pour maculer ce genre canard à la limite de la fausse information.

    • Zut, je n’avais pas vu de qui était l’article, mais cela ne m’étonne pas de cette nullité. Elle serait mieux dans un canard people où les feuilles contenant les élucubrations de cette "tache" ne seraient même pas bonnes à emballer le poisson.

    • " aux yeux de la gauche radicale ce sont les amis d olivier besancenot qui sont responsables....Sur quelle source s appuie S Zappi qui, de journaliste est devenue une sorte de lefevre porte flingue contre le npa ! Bien sur ,le pc n a pas rompu les accords dans 5 regions en s alliant avec le ps au 1er tour ? Dans plusieurs régions bretagne,langudoc roussillon le fg a donné comme consigne de casser l accord conclu avec le npa par sa base ! Le fg pietine ses partenaires :les affiches du 1er meeting parisien de la campagne est signée pg pcf et gu ou sont les alternatifs ,la fede le pcof ? Quel mepris de s zappi pour la democratie du npa qui a fait voter ses militants difficile mais démocratique ! le pg lui n a pas eu de problemes car ses militants n ont pas voté . Par exemple quand jl melenchon cherche un accord ^politique de 2 eme tour avec le liberal cohn bendit qu en pensent ses militants ,il est vrai qu il dit plus souvent "je " que "nous" a la différence d olivier besancenot qui lui est un vrai porte parole et respecte ses mandats ! Ne pas gérer les regions avec le ps social liberal et ne pas faire le contraire de ce pourquoi on a été élu ( en privatisant par exemple) est ce incohérent ? Cet article comme au moment des europennes veut faire porter le chapeau de la division au npa sans redire d ailleurs que c est lui qui avait initié le processus,sans doute la faute du npa a été de sousestimer les divergences avec le pc et sa satellisation chronique par le ps et le manque de coherence du pg qui s est contredit plusieurs fois dans la negociation et qui cherche sans doute a mettre sur orbite melenchon 2012 Pour sa part le npa menera une campagne anti capitaliste et continuera à débattre.

  • La seule chose qu’on peut reprocher à la direction du NPA,c’est de ne pas avoir trouver un accord avec LO,ce qui parait assez incompréhensible .

    Espérons que pour les intérets des travailleurs ,ces 2 partis s’unieront pour les prochaines élections .

    • La direction du npa lors de la toute première reunion unitiare avait invité toutes les orgas à la gauche du ps LO était d ailleurs present en se definissant comme observateur puis n est pas revenu.C est dommage car cela aurait evité au npa de se retrouver comme seul courant revolutionnaire face au pg et au pc D une façon generale lo refuse les propositions d unité ,le npa le regrette.

    • à S.Bolivar.

      - Je comprend ta déception de ne pas voir le NPA et LO fairent liste commune, et je partage ton incompréhension d’une situation qui apparait ridicule

      - En 2004, militant de la LCR, j’ai fait la campagne des européenne avec LO. Nous avons eu la chance de faire, ici, cette campagne avec la fraction de LO, qui depuis a en majorité à rejoint le NPA, dans une ambiance chaleureuse et constructive.

      - Mais en fin de campagne, nous avons été rejoint par la majorité de LO et le climat est devenu insupportable : des fantasmes sécuritaires inimaginables, un sectarisme délirant faisant fuir tous les militants, et hélas je ne pense pas que les choses est changées depuis puisqu’ils ont refusés toutes discussions programmatrices, ce qui est fort dommage.

      - Nous partirons donc seul, sauf surprise énorme, mais dans la situation sociale qui ne saurait perdurer longtemps sans explosion populaire inattendun rien n’est figé et d’ici mars 2010 tout peut arrivé.

      - Amitiés révolutionnaires. Raymond

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