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Potere Al Popolo

vendredi 9 février 2018 , par Mathieu Dargel via RF - Contacter l'auteur - 2 coms

Point culminant d’une initiative lancée cette automne, la première Assemblée Nationale de la liste « Potere al Popolo » s’est tenue à Rome le dimanche 17 décembre. Plus de 1000 personnes issues de collectifs militants, centres sociaux, associations, mouvements écologiques, syndicats et partis politiques, se sont réunies pour adopter le principe d’une liste unique de la gauche antilibérale et anticapitaliste aux prochaines élections législatives du printemps 2018, après plus de 80 réunions préparatoires au niveau local.

Le projet « Potere Al Popolo » est né d’un collectif militant napolitain, Je so Pazzo, (je suis cinglé), qui a transformé un hôpital psychiatrique désaffecté en centre social et espace de mobilisation. Ce projet vient après de nombreuses expériences, ces derniers mois, de constituer un « nouveau sujet politique » à la gauche du Parti Démocrate. Plusieurs tentatives ont eu lieu « par le haut » autour de la structure « Sinistra Italiana », principalement animée par les élus de Socialisme Ecologie et Liberté et des dissidents du Parti Démocrate, sous l’œil intéressé et critique de Rifondazione Comunista. Aujourd’hui, cette expérience se limite, pour l’essentiel à un groupe parlementaire. Pour dépasser les limites de cette première tentative, les animateurs de la campagne du Non au référendum constitutionnel ont lancé au printemps un processus constituant pour une liste de gauche, hors Parti Démocrate et refusant toute insertion dans un projet de recomposition d’un soi-disant « centre-gauche ». C’est ce que l’on a appelé le processus « Brancaccio » du nom du théâtre où s’est déroulée la première assemblée du projet.

Mais cette initiative, après quelques premiers succès, s’est embourbée dans des batailles d’appareils impulsées par les scissionnistes de gauche du Parti Démocrate, ex PCI, comme M. D’Alema et P. Bersani, qui ont décidé de créer leur propre parti, le MDP, mouvement démocratique et progressiste. Les débats complexes qui en ont découlé, les confusions entretenues dans les rapports avec les composantes politiques de « centre-gauche » ont abouti, ces dernières semaines, à la constitution d’une liste pour les élections,Liberi E Uguali (libres et égaux), présidée par Pietro Grasso, ancien président du Sénat. Liste attrape-tout, peu claire sur les questions européennes et sur les alliances politiques.

C’est dans cette situation que les forces radicales impliquées dans le processus Brancaccio ont répondu à l’appel du collectif napolitain « Je So Pazzo »et se sont engagées à soutenir le défi lancé depuis la base. Au-delà des collectifs locaux, des forces politiques comme Rifondazione, le « nouveau » PCI, Sinistra Anticapitalista et d’autres groupes autour de revues comme Contropiano, ont participé à l’Assemblée du 17 décembre à Rome. Assemblée à laquelle participait également l’ambassadrice de Palestine en Italie et des délégations de la France Insoumise et de Unidos Podemos.

En affirmant : « nous ne sommes pas la troisième liste de gauche, mais la seule », l’Assemblée a adopté le manifeste ci-dessous.

On pourra également lire (en anglais et en français) sur le site de Potere Al Popolo, un texte qui décrit les débuts de cette initiative innovante dans la reconstruction d’une gauche anticapitaliste en Italie.

https://poterealpopolo.org

https://www.ensemble-fdg.org/content/potere-al-popolo

Mots clés : Dazibao / Elections-EluEs / Italie / Roberto Ferrario /

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