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Projet "hôpital 2007" + vente de l’hôpital La Grave = mort de l’hôpital public à Toulouse

mercredi 10 mars 2004 - Contacter l'auteur - 1 com

Act Up Toulouse est une association de lutte contre le sida, crée en 1991
par des personnes séropositives. De part notre pathologie, et dans l’état
actuel des connaissances de la science et de la recherche, nous savons, plus
que n’importe qu’elle autre personne, que nous serons des usager-e-s à vie
de l’hôpital. Depuis notre création, nous ne cessons de nous battre pour que
le droit des personnes, les conditions de prise en charge et la qualité des
services et des soins que nous recevons ne se dégradent pas et/ou s’
améliorent. De plus en plus, malheureusement, nous constatons une remise en
cause de la qualité du service que tous et toutes sommes en droit d’
attendre de l’hôpital public. La baisse régulière des budgets alloués à l’
hôpital, la fermeture de lits, le manque de personnel, l’absence d’une
politique cohérente en matière de santé publique de la part de l’état (ou
plutôt la volonté du gouvernement actuel de vouloir privatiser notre
système de soins) nous alarme au plus haut point.

Aujourd’hui, Monsieur Mattei avec sa réforme « Hôpital 2007 » accélère la
casse du service public de santé basé sur la solidarité, au profit d’une
privatisation (qui ne dit pas son nom) de notre système de soins. Le nouveau
mode de financement des hôpitaux publics et privés, la tarification à l’
activité (T2A) commence déjà à précariser l’hôpital (pour exemple à
Toulouse, le budget 2004 du CHU est à hauteur de 661 millions d’euros au
lieu des 772 millions d’euros prévue, soit un manque de 111 millions d’
euros) par une baisse conséquente des budgets. Ces économies, faites sur le
dos des malades et du service public, ne font que s’ajouter aux mesures déjà
prise par le gouvernement (restriction de l’accès aux soins pour les
bénéficiaires de l’AME, augmentation de 8 à 10% des mutuelles
complémentaires après la baisse de remboursement de certain médicaments).

A Toulouse, Monsieur Douste-Blazy se targue de faire du CHU de la ville « 
une vitrine » par la construction de deux plateaux techniques modernes.

Mais à quel prix et pour qui ?
Ces changements vont restreindre l’offre de soins que chaque hôpital
(Rangueil et Purpan) fournissait aux toulousains et aux toulousaines. Le
regroupement des services va entraîner des restructurations et une
diminution des effectifs et de ce fait nuire à la qualité de service que les
usager-e-s recevront.
Le pire, c’est que pour financer « sa vitrine », le député/maire de
Toulouse, ancien ministre de la santé, est en train de démanteler l’Hôpital
La Grave, pour au final le vendre.
Il faut savoir que l’Hôpital La Grave est un hôpital public de proximité
situé au cour de la ville de Toulouse. On y trouve les services suivants :
le Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit, le centre de planification et d’
éducation familiale, la médecine sociale et humanitaire, la prise en charge
des dépendances (alcool, drogues), la santé mentale des enfants et
adolescents, des consultations de médecine générale et de dermatologie, une
pharmacie hospitalière et 160 lits de longs séjours médicalisés pour
personnes âgées dépendantes.
Tous ces services seront dispersés aux quatre coins de la ville. Ces
décisions vont à l’encontre du maintien d’une politique de santé publique
pour tous et toutes. Nous ne pensons pas que Messieurs Mattei et
Douste-Blazy soient irresponsables et incompétents, mais plutôt qu’ils
veulent nous imposer une logique marchande dans la gestion de la santé
publique et qu’ils ont programmé la mort de l’hôpital public.

Nous ne sommes pas des client-e-s de l’hôpital public mais des usager-e-s
qui entendons le rester en défendant ce service contre toute tentative de
privatisation.

Act Up Toulouse exige :

- l’arrêt du démantèlement de l’Hôpital La Grave

- le gel du projet « hôpital 2007 » et la mise en place d’un débat
public que l’on est en droit d’attendre sur la politique de santé et de la
place de l’hôpital public dans notre société.

Contact presse : Guy Molinier : 06 18 41 20 99

Mots clés : Hôpital / Service public /
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